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« C’est la semaine internationale du livre », combien de fois avez-vous déjà lu cette phrase sur facebook ?

Ce matin, j’ai joué le jeu. La règle : ouvrir un livre et recopier une phrase, la cinquième de la page 52. C’est amusant. (1)

J’avais quatre livres en italien (dont deux sur mon iPad) sur mon bureau et un seul en français. J’ai choisi celui en français et je ne le regrette pas. Voici la phrase recopiée :

« Moi qui n’ai pas la moindre expérience dans ce domaine, ils seraient prêts à me donner ma chance là où d’autres ne me convoquent même pas en entretien alors que j’ai les bons diplômes et l’expérience correspondante ! »

Extrait du livre de ma collègue rédactrice Alexandra Le Dauphin « Au boulot, Chômette ! »

au-boulot-chomette-livreJe me reconnais dans cette citation et je me pose immédiatement la question suivante :

« Comment se fait-il que je sois de ce côté de la barrière ? Du côté de celui qui doit toujours et encore franchir l’obstacle ? Qu’est-ce que je n’ai pas fait pour ne pas être de l’autre côté ? Du côté de celui qui observe, de celui qui juge, de celui qui décide pour les autres ? »

Un peu plus loin, je lis un post de Syl Vie Becquet (avec les commentaires de Nancy Freyermuth et Vincent Barberot notamment) posant une autre question : s’adapter ou se différencier ?

Et automatiquement, j’ai répondu :

« Je suis un inadapté ! »

Je trouve alors une première réponse à ce que je n’ai pas fait pour en arriver là :

« Je ne me suis pas adapté. »

Qu’est-ce que cela signifie ? J’y réponds en deux points :

Le premier : l’inadapté est celui qui n’est pas là au bon moment. Cela semble plutôt négatif  comme remarque, et pourtant… c’est le propre d’un visionnaire. C’est prendre un chemin où il n’y a encore personne. C’est écrire un livre dans les années 90 en notant un email sur chaque page, à une époque où peu de personnes en avaient une. Bien sûr, je n’ai reçu que trois ou quatre réponses.

Son destin ? Se justifier sans arrêt ! Par exemple, expliquer depuis plus de trois ans qu’il est important d’avoir un blog, qu’il faut être présent sur les réseaux sociaux et qu’il est important de savoir bien écrire. Ca finit par être fatiguant, j’aimerais bien passer au chapitre suivant. Qu’est-ce que je n’ai pas encore fait pour en être arrivé là ?

Je me répète : « Et pourtant, voyez ce qui se passe aujourd’hui. L’idée était bonne. »

Le deuxième : un créatif ne peut pas s’adapter, ce sont les autres qui doivent s’adapter ou si vous préférez, qui doivent le suivre !

Je viens d’écrire cet article en cinq minutes pour tenter de m’adapter car en règle générale, j’ai besoin de plusieurs heures. Aujourd’hui, il faut faire vite car les moyens de communication sont rapides, du TGV à l’ADSL.

Est-ce que j’ai bien fait ? Est-ce que j’ai su m’adapter ?

Et vous, pourriez-vous m’aider à répondre à cette question qui me trotte dans la tête et qui m’inquiète :

Qu’est-ce que je n’ai pas fait pour en arriver là ?

Merci pour vos réponses.

Denis Gentile

1 – C’est le plus Unplugged des articles de la nouvelle saison du blog mais il inaugure aussi une nouvelle série qui s’intitule « impro » (pour improvisation). Des articles qui s’inspirent d’un post lu sur un fil d’actu et publiés dans la foulée.

 


Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

12 commentaires

Catherine · 26 septembre 2013 à 11 h 46 min

Ah, ces cases dans lesquelles il faut toujours rentrer au chausse-pied et dans la douleur… Cela me fait penser à Steve Jobs (RIP) qui nous manque depuis bientôt 2 ans.
« Almost everything, external expectations, pride or fear of embarrassment or failure, these things just fall away in the face of death, leaving only what is truly important. Remembering that you are going to die is the best way I know to avoid the trap of thinking you have something to lose. You are already naked, there is no reason not to follow your heart.”

Surtout la dernière phrase.

Delphine Sauret · 26 septembre 2013 à 11 h 19 min

Bonjour Denis ! Et merci pour ce billet ! Il me rassure (car je me sens moins seule) sur une de mes inquiétudes quotidiennes, car moi aussi je me demande souvent ce que je n’ai pas fait… Et je peux à présent mettre des mots sur ce questionnement : je suis une inadaptée inquiète ! 😉
J’ai donc décidé de me demander dorénavant, que puis-je faire mieux ou différemment ? Et ceci m’induit une autre question : dois-je faire mieux ou différemment ou simplement être patiente ?
C’est vrai que nous sommes dans un monde de l’immédiateté, et des fois j’aimerais pouvoir arrêter le temps pour le prendre !
Bonne journée que tu sauras adapter à ton rythme !

Vincent Barberot · 24 septembre 2013 à 14 h 57 min

Merci Denis pour cette réflexion. Quelqu’un qui traite un autre d’inadapté et quelqu’un qui refuse le point de vue de l’autre. C’est pourquoi que dans le fil de discussion sur le sujet que tu mentionnes, j’ai indiqué que pour moi, c’est s’adapter et se différencier.

J’ai toujours pour habitude de dire que personne n’a raison, ni n’a tord : c’est juste une question de point de vue. Par ailleurs je dis aussi que l’on ne se bat par contre des personnes mais pour des idées.

Denis Gentile · 24 septembre 2013 à 10 h 05 min

J’ai l’habitude de lier mes articles les uns aux autres. Quand hier j’ai décidé d’écrire celui-ci, j’ai pensé à Michel-Ange. Pourquoi ? Parce que l’inquiétude est l’une des caractéristiques principales du génie florentin. L’une des dernières biographies s’intitulant même « Michel-Ange, une vie inquiète » d’Antonio Forcellino.
L’inquiétude serait donc pour certains d’entre nous une source d’inspiration qui ne trouve la paix que dans la réalisation d’une œuvre ou dans l’accomplissement d’un acte.
Pour moi, c’est la publication de cet article, un article extrêmement imparfait. Il serait plus juste de dire, incomplet. Comme la plupart des œuvres de Michel-Ange justement.
C’est pour cela qu’elles traversent les siècles et suscitent encore l’intérêt de nos jours.
C’est pour cela que les articles de blog suscitent des commentaires. Les commentaires sont l’âme des blogs, ils lui donnent une forte vitalité. Vous avez raison de remettre en cause l’emploi du mot inadapté. Mais sans ce mot, auriez-vous réagi avec autant de pertinence ? Peut-être, en tout cas, merci d’y avoir contribué.

    Cécile Courtais · 24 septembre 2013 à 10 h 22 min

    Bonjour Denis, tu sais que je lis tout tes articles avec attention. Mais là j’avoue, j’ai du mal à te suivre. Qu’essaies-tu de faire ou de prouver en écrivant ainsi ? Qu’est ce qui te tourmente s’il y a quelque chose qui te tourmente ? Quel est ton objectif si tu en as un ? C’est peut être pour cette raison que je ne commente pas, je ne sais pas quoi t’écrire !

      Denis Gentile · 24 septembre 2013 à 14 h 46 min

      je vois que je t’ai transmis mon inquiétude Cécile, désolé (c’était facile à faire comme remarque:))
      Plus sérieusement, tout est dans la phrase du livre d’Alexandra. Il y a un décalage entre ce que l’on est et ce que l’on nous offre (décalage est moins fort que le mot inadapté et plus juste). Et je me suis demandé si un jour j’étais du côté de ceux qui décident je pourrais prendre des décisions moins absurdes, plus adaptées. C’est comme un entraîneur de foot qui fait jouer l’attaquant en défense. Ca ne fonctionne qu’une fois sur 100. Surtout quand tu as déjà d’autres défenseurs qui ne demandent qu’à être titularisés.
      Ensuite, ce que je dis est une pièce du puzzle, mais il y en a 999 autres et il ne faut pas tout expliquer avec cette pièce unique. C’est vrai que celle-ci est particulièrement esquintée ! Ca arrive, non ? Et je trouve que c’est bien de l’exprimer et qu’un blog est parfait pour cela.
      Enfin, j’essaie de dire que l’inquiétude est aussi une force. Ca nous rend plus attentifs et plus créatifs. Merci, ton commentaire est comme toujours excellent.

Nancy Freyermuth · 23 septembre 2013 à 18 h 34 min

Mais de quoi parle-t-on quand on parle d’inadapté ? inadapté à qui ? à quoi ? A un environnement déjà « réglé » et cadré par d’autres, à un environnement qui évolue sans cesse, à un espace temps où nos idées nos visions ne parlent à personne ou du moins pas encore.
Nous sommes des inadaptés sous le regard des autres mais pas pour soi.
Pour soi on est dans le bon car on le sent là au creux de soi.
Vous n’êtes pas adapté au poste, votre comportement n’est pas adapté à la situation, votre langage est inadapté…par rapport à des dictats, des habitudes, des règles, des comportements singuliers jugés par d’autres comme étant ceux qu’il faut avoir…
Soyons différents tu es différent je suis différente… dire à quelqu’un vous êtes inadapté il y a quelque chose de presque pathologique dans ces mots là.. c’est fort, interrogateur et destructeur.
Ne dit-on pas à de jeunes élèves son comportement est inadapté…ils s’en souviennent longtemps de ce mot là.
Le problème c’est l’autre et son prisme personnel qui le fait juger parfois un peu vite et nous même qui parfois sommes peu clairs pour expliquer nos choix ou nos comportements.
Je pense que l’on peut tout dire si l’on offre des axes de progressions à défaut de solution.
Pour répondre à ta question : tu as fait tout ce qu’il fallait c’est le temps qui va jouer en ta faveur maintenant. Mais le temps va vite sur le web. Les artistes dont tu parles souvent ne deviennent-ils pas célèbres après leur mort parfois ? Toffoli par exemple.
Le problème est le suivant : le temps c’est de l’argent. Maintenant tu voudrais vivre pleinement de ton métier et de ton talent de rédacteur mais le temps est lent sur cet aspect. Continues tel que tu fais et patience…
Ma fille dit quelqu’un d’inadapté est quelqu’un qui ne s’intègre pas. Tu t’intègres parfaitement dans l’air du temps des communications mais te faut-il peut-être maintenant revoir tes voies…pour ne pas dérailler 😉

Julie · 23 septembre 2013 à 17 h 57 min

Tu as suivi un autre chemin … le tiens, et c’est très bien.
Et je dirais que rentrer dans certaines cases c’est parfois complexe :

Drôle de Plume · 23 septembre 2013 à 15 h 02 min

Je ne sais pas quoi te répondre, vu que pour moi, tu as tout bien fait^^
Alors, continue, ça finira bien par se remarquer 🙂

catherine · 23 septembre 2013 à 11 h 26 min

bonjour Denis,
Cette question est aussi la mienne…. Est ce la question quand on est à la croisée d’un chemin ? Est la réponse que l’on attend pour avancer….

MonEncre · 23 septembre 2013 à 11 h 12 min

Tu as tout fait parfaitement mais le monde n’ était pas prêt. Les visionnaires sont souvent mis de côté. Tu as montré la lune et certains ont regardé ton doigt. Penses un peu plus à toi. Voilà ce que tu devrais faire.

    sylvie · 23 septembre 2013 à 15 h 10 min

    je pense que le terme « inadapté » est très dur à lire et à entendre !! tant pour toi que pour les autres ….. c’est mon impression, tu es juste différent, comme chacun d’entre nous, tu as une personnalité, tu possèdes un don pour l’écriture, tu as des idées . C’est ce que fait la richesse d’une personne. Continue d’avancer
    , Reste toi-même sans te préoccuper des autres … 🙂

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