Archives de catégorie : Unplugged

L’essence même du blog qui plonge au plus profond de notre âme !

Le Fil de l’Inspiration

Béatrice Gentile a exposé deux de ses toiles « Xi-Ling » et « L’Oasis » au Salon International des Arts à la Galerie de Nesle à Paris (6e).  Je vous invite à découvrir cette jeune artiste.

Imaginez l’histoire de votre vie et laissez-la éclater en mille morceaux. Prenez un fil de soie, puis un par un, reliez tous les morceaux pour reconstituer à votre mode le fil de votre existence. Ce n’est pas facile, ça demande une fibre artistique. C’est un travail d’artiste.

C’est la première chose qui a piqué au vif ma curiosité en scrutant les dernières toiles de Béatrice Gentile.

Mais quel fil choisir ? Quel est le fil conducteur qui vous permettra de trouver un sens à cette reconstitution ? Quel est ce fil conducteur qui donnera sa cohérence à l’ensemble de la composition ?

Quel est ce désir qui brûle en vous ? Quelle est cette passion qui vous anime ? Quelle est cette volonté qui vous aiguille ? Quel est ce talent qui vous rend unique ?

Interrogez-vous, car c’est bien le propre de l’artiste de vous pousser à la réflexion. L’artiste devient alors votre ami car l’ami est celui qui vous connaît mieux que personne et qui est là dans tous les moments de votre vie. Et il vous tend sa main.

Il vous tend sa main comme on tend un fil sur lequel on peut marcher en équilibre comme un acrobate ou s’accrocher comme un alpiniste.

Quand on a trouvé ce fil, on ne met plus jamais un genou à terre. On avance à la lumière de ce que l’on a découvert de soi et on a confiance en ses propres moyens.

Même si ce fil conducteur se détend, vous ne serez pas perdu pour autant car il se transformera en fil d’Ariane, celui qui dans ce monde emmêlé vous permettra toujours de retrouver votre chemin.

Le regard de Xi-Ling

C’est tout cela que je vois dans les œuvres de Béatrice… c’est inutile de vous le cacher plus longtemps car Béatrice porte le même nom de famille que moi. On est cousins. Certains d’entre vous diront, et il y aurait d’autres exemples à vous livrer en ce sens, que nous sommes une famille d’artistes. Peut-on pour autant dire qu’il s’agisse de notre fil conducteur ?

Sans aller à me qualifier d’artiste, car le blogueur n’est pas encore reconnu comme tel (lire l’article en 3 parties : Le blogueur est-il un artiste ?), je préfère parler d’une tendance artistique qui nous fait aimer les arts et nous incite à créer.

En revanche, je n’ai aucune hésitation à dire que Béatrice est une artiste au vrai sens du terme. Le signe est évident : en observant Xi-Ling, je m’interroge. D’où je viens ? Qui suis-je ? Où vais-je ?

Nous avons les mêmes racines, alors comment se fait-il qu’elle aille en Orient pour trouver son inspiration alors que moi je plonge continuellement et inlassablement en Italie ?

J’éprouve le besoin d’un retour aux sources et mes choix sont irrévocables. Une nouvelle fois, notre nom de famille parle pour nous. Nous sommes les branches d’un même arbre dont les racines profondes ont leur terreau en Italie. Mais ma branche pointe vers le Sud, la sienne vers l’Est.

S’il est difficile de trouver le fil conducteur de sa vie, il est encore plus ardu de trouver le fil conducteur d’une famille.

xi-ling-beatrice-gentileJ’explore alors l’histoire de Xi-Ling et je lis alors quelque chose qui retient mon attention.

Qui est Xi-Ling ?

Une princesse qui selon la légende aurait trouvé le premier fil. Autrement dit, le secret du fil de soie dont elle comprend la magie.

On a longtemps cru que la soie était d’origine végétale. On la considère comme la laine des arbres.

On a dû attendre les observations d’un explorateur extraordinaire, l’un des plus grands voyageurs de l’histoire de l’humanité, pour percer le mystère de ce fil merveilleux et découvrir les trésors de cet autre monde.

Ce personnage qui a fait de l’imaginaire une réalité, c’est Marco Polo.

Je retrouve alors le fil conducteur de notre famille (Lire l’article : On est tous des électriciens). Celle d’un italien qui est parti en voyage. Comme nos ancêtres. Ils ont quitté leur terre d’origine pour s’installer dans un autre pays, la France.

Notre esprit ne se contente pas de ce qu’il voit autour de lui. Il veut aller plus loin. Mon regard passe constamment au-dessus des Alpes, le regard de Béatrice, c’est celui de Xi-Ling et il suit la route de la soie de Marco Polo.

Ces attirances vers d’autres peuples, d’autres cultures ne nous incitent pas pour autant à nous éloigner et à émigrer vers l’Eldorado. Ce n’est pas physiquement que nous nous déplaçons, c’est artistiquement.

Regardez toutes les couleurs de la toile de Béatrice,
elles composent les milliers de morceau des vies d’une famille.

Et ce qu’elle raconte en liant tous ces morceaux avec ce fil merveilleux, c’est l’histoire d’une famille

Une famille qui ne finira jamais de voyager physiquement, spirituellement, artistiquement, ironiquement ou « oniriquement ».

Peu importe le voyage, pourvu qu’on ait le fil.
Peu importe le fil, pourvu qu’on ait l’inspiration.
Denis Gentile

On est tous des électriciens

1961, le petit Luigi n’a pas encore quinze ans. Son père et son frère ainé sont partis quelques mois plus tôt en France. Lui est resté en Italie, avec sa mère, sa sœur et ses autres frères. Ils se réuniront au plus vite, le temps pour les deux éclaireurs de trouver du boulot dans une usine de la région parisienne et un toit pour abriter toute la famille.

Luigi (1 & 2) sait qu’il n’aura aucune difficulté à s’insérer dans ce nouveau monde. Il est jeune, fort, beau et en plus, c’est un as de la mécanique. Pas la peine de parler français pour désosser le moteur d’une voiture ! Il n’aura aucun mal à convaincre un garagiste à l’embaucher. Il en est certain.

Radio

En effet, à peine arrivé, c’est au quart de tour qu’il démarre dans son nouvel environnement. Au bout de quelques semaines, il parle déjà le français, il s’est fait plein de copains et s’est plongé dans une nouvelle passion : la radio. On peut désormais écouter de la musique au volant de sa voiture. C’est magique. Aujourd’hui, c’est un peu comme avoir accès au web où que vous soyez avec un iPad.

Si vos parents ou grands-parents écoutaient de la musique dans les années 60 quand ils partaient en voyage, c’est peut-être grâce à Luigi. C’est aussi un musicien au look de rocker avec son blouson en cuir et ses cheveux longs. Il gratte sur sa guitare acoustique les tubes du moment comme « Le Pénitencier », la version française de « The House of the Rising Sun ». Dans les années 90, il aurait pu jouer le titre de ce blog « More Than Words ».

Je me souviens quand il a installé l’autoradio dans la 304 de papa ! Les K7 audio étaient plus grosses que les futurs VHS et Betamax ! Plus tard, il installera aussi les alarmes. Indispensables pour ne pas se faire voler son autoradio. Et le métier va évoluer pendant plus de 20 ans. Le rôle de l’électricien automobile va prendre encore plus d’importance. L’expert qu’il est devenu va lui permettre d’occuper une place centrale et recherchée parmi les garagistes et concessionnaires.

C’est la belle époque. Oubliée la maison de rêve abandonnée en Italie, oublié le cabanon raffistolé de bric et de broc quand il est arrivé en France. Il habite désormais dans une grande maison avec sa femme et ses enfants. Sa maison, celle de sa famille et de la vie qu’il a réussi à construire. Je le considérais comme un héros. Et cette comparaison est bien réelle et vivante puisque je parle de lui quarante ans plus tard, comme si c’était hier.

Il y aurait tant à dire sur ce conte de fées de l’après-guerre et cela pourrait être l’objet d’un blog ou d’un roman. Je me contente d’un bref article pour illustrer l’évolution des mœurs et des structures.

Electronique

Mais le progrès technologique ne s’arrête plus et frappe un premier coup dans les années 80 et assénera le coup du K.O. dans les années 90.

L’électricité va être dépassée par l’électronique. Il va falloir assimiler de nouveaux schémas et souder de nouveaux circuits.

Depuis sa naissance, il a tout appris sur le tas, comme on dit. Son métier comme la langue française. A tel point qu’il a pratiquement oublié sa langue natale. Empiriquement et avec l’expérience, il est devenu un expert. Mais là, ce n’est plus possible. Il faut lire de longues notices, suivre des cours, prendre des notes et étudier le soir.

C’est trop de choses d’un coup ! Lui, le roi du garage, va être relégué dans un coin du hangar. On le laisse seul s’arracher les cheveux avec les composants électroniques. Malgré tout, cela fonctionne encore avec l’électricité. Et la couleur des fils n’a pas changé. Il y en a juste beaucoup plus.

On est tous des électriciens
On est tous des électriciens

On vit une époque où tout évolue de plus en plus rapidement. Luigi a été pendant plus de 20 ans le meilleur dans son domaine. Moi, si je ne m’intéresse pas à l’actualité des logiciels, des réseaux sociaux et des supports de communication, je ne resterai pas longtemps un spécialiste. Même chose pour les communicants d’aujourd’hui, du journaliste au pratiquant en marketing en passant par l’écrivain, s’ils s’accrochent (comme le journal Libération depuis quelques mois) au support  papier et au courrier postal, leur efficacité va s’effondrer ! Car même le courrier est devenu électronique.

Je vous laisse raconter vos histoires et compléter la liste des métiers. Car des exemples comme celui-ci on en connaît forcément et tous les métiers sont touchés par la révolution numérique. Pas seulement le mécanicien, l’électricien, le plombier, le journaliste ou le community manager, mais aussi l’assureur, le banquier ou encore les politiques.

Des banques (et les politiques bien sûr) qui ont plongé le monde dans une crise financière car, entres autres choses qui ne sont pas de ma compétence, elles n’ont pas bien assimilé le passage de l’électrique à l’électronique. (Et dire que c’est à eux que nous confions notre argent !) Ceux qui persisteront dans cette voie seront voués à provoquer d’autres crises. Irrémédiablement.

100% numérique

C’est aussi tout l’intérêt de développer une stratégie cent pour cent numérique avec une communication dans les mains des artisans du web 2.0. : chef de projet informatique, community manager, blogueur, web designer, consultant en référencement naturel, etc.

Et avec le métier, la relation avec le client évolue aussi. Aujourd’hui, il y a plus d’intérêt à vous réunir avec des internautes et dialoguer avec eux, que de faire des réunions en interne avec vos collaborateurs. C’est là que se décide le futur de votre entreprise et de votre marque.

Etes-vous prêt à suivre ce mouvement ?
Et immédiatement, car la prochaine nouveauté technologique ne vous attendra pas !

Si ça peut vous rassurer, on ne se salit plus les mains comme il y a 50 ans.

Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile
  1. Ce récit, parfois fictif, parfois réel, est dédié à mon oncle et à ma famille.
  2. Il s’agit d’un article paru pour la première fois en janvier 2013 sur un blog client. Il a été remixé (sans les références à ce client et sans les photos) pour pouvoir être publié sur mon blog. Il y a des choses plus importantes que le Duplicate Content dans la vie. C’est mon article le plus « Unplugged », mon préféré aussi, il avait donc sa place sur mon blog.

 

 

Si j’étais un dessin de Daniel Do, je serais…

A l’occasion de la publication du « Si j’étais un mot » de Daniel Do, j’ai voulu avec mes mots commenter l’un de ses dessins, celui que je préfère.

Il y a quelques temps, Daniel nous avait demandé sur sa fan page « Quelle est votre illustration préférée et pour quelles raisons. (…) L’important pour moi est de connaitre votre sensibilité. »

Voici mon choix et je vais tenter de l’expliquer.

©Daniel Do
©Daniel Do

D’abord le titre de ce dessin : la lecture.

Ce n’est pas mon activité favorite ! Non, je préfère écrire. Pour moi, lire est bien plus difficile. Je m’arrête à chaque phrase, mon imagination divague et ma raison voyage. Ton dessin exprime parfaitement cet état : les pages volent et se mélangent (et substituent) aux feuilles de l’arbre.

La lecture, c’est aussi le débat qui m’a fait connaître sur les réseaux sociaux. J’en parle régulièrement. C’était sur Viadeo (1) et j’avais réagi à une opinion courante : « les gens n’aiment pas lire sur le web ». J’ai lancé un défi pour prouver le contraire et en 24 heures, plus de mille personnes avaient lu mon article !

Ensuite, la citation, je me sens vraiment le disciple de « quelque mot profond ». Merveilleux, par exemple, ou étonnement. Que serait-on sans l’étonnement ? Pourrions-nous vraiment apprécier les choses de la vie sans l’étonnement ? L’étonnement nous sort de la torpeur et de l’indifférence. Il nous pousse à aller plus loin, à voir au-delà des mots et de l’apparence. Les acteurs de l’étonnement sont souvent des artistes comme Daniel Do.

C’est la raison pour laquelle j’ai imaginé et réalisé le questionnaire « Si j’étais un mot… » Pour mettre en valeur ces « quelque mot profond » que nous avons tous et raconter à travers ce choix de mots nos histoires.

Il y a aussi un fabuleux conte (Les contes merveilleux) de l’écrivain germano-suisse Hermann Hesse. Le sujet ? C’est un homme qui décida de devenir un arbre. On retrouve dans ce dessin la même analogie avec le livre qui symbolise le savoir et la créativité de l’homme. Connais-tu ce conte Daniel ? En tout cas, il colle à ton univers.

Enfin, ce dessin illustre parfaitement un texte qui n’a pas encore été publié. Il parle d’un objet enchanté, celui qui est au centre de ce dessin : le livre.  C’est un texte écrit pour un… livre, le livre d’une autre personne. Il attend donc d’être imprimé. Il doit se préparer, soigner ses pages et son caractère. Le livre a des caprices que le blog n’a pas. Mais le livre a la patience que le blog n’a pas !

Tu l’auras compris, j’aime ce dessin, pas seulement techniquement et esthétiquement, mais surtout parce qu’il me parle. Autrement dit, parce qu’il me dit quelque mot profond. C’est un dessin enchanté.

C’est bien sûr une invitation à découvrir les autres dessins enchantés de l’illustrateur Daniel Do, notamment les vidéos où le spectateur assiste à la création de l’œuvre picturale.

Merci Daniel.

Denis Gentile

Pour mes projets, blogs et livres, j’aime collaborer avec des illustrateurs :
– des photographes comme Delphine Sauret et Salomé Caillet,
– des peintres comme Koffi Apenou, Guy d’Agostino et Béatrice Gentile
et des dessinateurs, le premier d’entre eux, j’ai nommé Daniel Do. Il a bien compris l’intérêt de nos collaborations et c’est la raison pour laquelle il vient de lancer une offre pour les blogueurs intitulée « Illustrez vos écrits ». Comme il le dit si bien : « Ecrire, Dessiner : deux chemins, un même but. »

(1) Lire l’article : Monsieur Eastwood, est-il vrai que les gens n’aiment pas lire sur le web ? Parmi les personnes qui ont participé à ce débat en janvier 2011, je me souviens de Catherine Philibert Falk, Cécile Courtais, Christiane Lavanoux, Nancy Freyermuth, Nawel Merah, Valérie Thuillier, Eric Messeca, Jean-Charles Yambélé et Philippe de Casabianca. Merci d’être encore là.

 

La Fille de la Plage

J’ai rencontré Nawel sur Viadeo, il y a trois ans. On a la même passion, écrire. Cette semaine, je suis heureux de publier son texte. Ce n’est pas la première fois que Nawel publie un texte sur ce blog. J’avais lancé en 2011 une rubrique qui s’intitulait « Caffé Sospeso ». C’est une coutume italienne qui permet d’offrir un café à une personne que vous ne connaissez pas. Le géant américain Starbucks a dernièrement modernisé un peu cette idée avec le service « Tweet a Coffee » qui vous permet d’offrir une carte cadeau de 5 euros via Twitter !

L’idée de ma rubrique était d’offrir le texte (au lieu d’un café) d’un autre auteur sur mon blog (qui tient lieu de bar). Voici l’article de présentation publié sur mon ancien blog.

C’est une idée qui s’inscrit dans la nouvelle ligne éditoriale de ce blog, le storytelling. Alors que diriez-vous de relancer l’idée ? Et qui aimerait y participer ? Il suffit de suivre la lettre et l’esprit de l’article « Il était une fois un Storyteller » comme le fait ici Nawel Merah.

Je laisse le clavier à mon amie Nawel avec son texte « La Fille de la Plage ». Une histoire profonde, d’identité, tragique, émouvante mais surtout remplie d’espérance. Du vrai storytelling !

 

Je me sens toujours mieux quand je suis face à la mer, dans les bras de mon Algérie. Une vue à chaque fois plus belle, un air marin unique, un bleu magique du ciel qui se confond au firmament de la Méditerranée.

Une chose est sure, je ne suis jamais seul, il y a toujours quelqu’un, que je ne connais pas, mais qui a la même passion que moi, l’envie, ce désir, d’être là.

Juste pour apprécier ces instants, écouter ce bruit de vagues qui se brisent sur les rochers, à la quête de secrets enfouis dans ce sable encore humide.

la-fille-de-la-plage-sable

Je me dis souvent qu’un jour, peut être que le destin me fera rencontrer celle que je cherche depuis toujours, une âme dévouée et troublée par l’injustice de la vie.

Cette personne qui aimera comme moi ce pays, mon Algérie, et qui aura encore cet espoir que tout ira mieux et que tout sera différent et meilleur pour nous tous.

Chaque semaine je vais au même endroit, mon lieu de paix, ou je réfléchis longuement. J’admire ces pêcheurs qui ont la patience d’attendre face à leurs longues perches, des heures entières, une simple quête, un signe divin de la mer.

Et quand enfin le poisson est là, personne n’imaginera la joie qui se dessine sur leurs visages tannés tel l’éclat du soleil qui se reflète dans l’eau limpide et salée, mais si bonne, tellement fraiche, elle me fait toujours l’effet d’une cure balnéaire, à chaque fois que j’y plonge, pour en ressortir trempé, mais avec une forme que seule la mer peut me donner.

Face à elle, je m’oublie, je n’ai plus la notion du temps, qu’il pleuve, qu’il vente, je suis toujours là aussi fidèle que la première fois où j’ai vu cet endroit.

la-fille-de-la-plage-mer-2Très jeune déjà je venais avec mon père, qui n’est plus de ce monde, c’était comme un pèlerinage sacré, chaque mercredi, on y passait toute la matinée. Je me souviens comme si c’était hier, j’avais à peine cinq ans. Il était là, à me parler de ses rêves les plus fous, je ne comprenais pas tout ce qu’il disait, mais je me sentais bien entre ses deux bras forts, j’étais le plus heureux du monde.

Comme il me manque, il est parti trop jeune.

Et je reviens au présent encore une fois, et je pense à toi celle que je ne connais pas encore, mais tu existes, car je le sens, j’espère vraiment te rencontrer avant qu’il soit trop tard.

Les semaines passent, l’été 1990 touche à sa fin, de belles journées d’automne, nous sommes au mois de Septembre, je ne renonce pas je continue à venir comme d’habitude depuis que j’ai perdu mon père,  j’ai juré de revenir même sans lui, pour me noyer dans mes plus beaux souvenirs d’enfance.

Puis un jour je te vois, je ne te connais pas encore, mais tu sembles venue d’ailleurs. Une grande peine sur ton visage, des larmes sans gêne, tu n’es que le reflet de mon malaise.

Qui es-tu ? Que fais-tu là ? Est-ce  mon rêve qui devient réalité ? Est-ce le fruit mon imagination qui me joue des tours ? Peut-être que tu es juste une illusion, juste un fantôme qui rôde dans cette plage déserte.

Soudain, je ne te vois plus, et je me dis, je deviens fou, à force de trop vouloir m’isoler. Peut-être que je fais une dépression, que je perds complètement la raison.

Mais tu es bien réelle, je te vois à présent, tu es tout près de moi.

Tu me souris, tu ne parles pas, tu fais des signes de la main, es-tu muette ???? Dieu que tu es belle, un ange venu du ciel, des yeux aussi bleus que la mer. Tu te contentes de rester, tu as senti mon désarroi, tu es là, c’est le plus important pour l’instant.

Pour une fois, j’apprécie ce silence interminable, entre nous, c’est parfait je le sens, une lueur d’espoir brille au fond de mes yeux, mon cœur rebat à nouveau, c’est le début d’une belle histoire.

C’est la fin de mon cauchemar, je t’aime mon Algérie, malgré tous ces attentas, ce terrorisme. Je ne connais pas encore ton prénom ni ton histoire mais j’ai hâte de tout savoir.

Je ne comprends rien à ce que tu essaie de me dire mais j’ai trouvé un moyen, je prends un bout de bois et j’écris sur le sable :

– Je m’appelle Farid, et je veux te connaître fille de la plage.

Soudain ton rire joyeux retentit et rompît ce silence devenu trop pesant. Tu écris à ton tour juste à côté de ma phrase :

– Moi c’est AMEL, tu es très drôle Farid, j’aime beaucoup le surnom que tu m’as donnée.

Elle s’appelle  « Espoir » me dis-je à moi-même, c’est incroyable, j’étais si ému, tellement heureux, est-ce possible que mon souhait soit exaucé après une si longue attente.

Depuis ce jour, je t’écris fille de la plage, et ma vie a changé, depuis ta rencontre.

la-fille-de-la-plage-soleilTu vis-là, et c’est suffisant pour moi, tu seras à présent ma lumière, ma paix intérieure, mon espoir, je serai celui qui se battra pour toi, comme je le ferai pour mon pays.

J’ai dû apprendre tous les gestes pour communiquer avec toi, et chaque semaine je te voyais, je découvrais un nouveau chapitre de ta vie.

Je ne voulais pas te forcer à tout me raconter, mais tu comptes beaucoup pour moi, je me sens bien avec toi, je ne veux plus te quitter.

Amel tu as tellement souffert, tu as perdu ta maman à l’âge de deux ans, ton père ne tarda pas à se remarier. Ta belle-mère est une vraie peste, elle est habile dans l’art des combines et du mal. Elle t’empoisonne ta vie, ne ratant pas une occasion pour t’humilier ou te faire subir les pires médisances.

Malgré tout, Amel tu n’as jamais cédé, tu es brillante dans tes études, même ton handicap n’a pas réussi à te désespérer, tu as une force en toi, que tu puises de ta foi en Dieu. Tu es seule, mais tu as l’amour de tes camarades de classe, de tous ceux qui te connaissent. Tu dégages une douceur incroyable et une bonté d’âme rare de nos jours. La couleur de tes yeux apaiserait n’importe qu’elle personne souffrant du pire des maux.

Tel était ton portrait fille de la plage.

Mon amour pour toi grandissait, chaque jour encore plus, mais je ne voulais pas te brusquer.

Puis un jour tu arrivas, tes yeux étaient plein de larmes, tu me dis :

Farid je ne pourrai plus venir te voir, je dois disparaitre de ta vie.

J’étais très surpris, complètement désemparé :

– Mais pourquoi Amel, qu’est il arrivé, tu veux me tuer, tu sais très bien combien je t’aime ????????

– Farid regarde moi bien, je ne suis pas Amel, tu n’arrives plus à me reconnaître et cela me fend le cœur…

– Je ne te comprends pas, qui es-tu alors ?

– Je suis Selma,

– Selma, c’est impossible, tu es Amel, la femme que j’aime, est-ce que tu m’as menti ?

– Farid je dois vraiment partir, car tu dois revivre, je veux que tu quittes cette plage maudite, sinon tu vas mourir…

Tu es là pour moi, je le sais, donc je dois te sauver, la seule solution c’est de disparaître, afin que tu te réveilles de ce cauchemar.

– Mais serais-tu devenue folle, je suis bien réel et toi aussi, alors arrête de me faire souffrir…

– Farid je suis morte depuis longtemps, je t’en prie crois-moi…

– Je ne veux pas te croire, tu n’es pas bien c’est tout mais je vais t’aider à te sentir mieux, laisse-moi essayer…

– Non, tu dois vraiment vivre pour Amel.

– Adieu mon Farid, n’oublie jamais à quel point je t’ai aimé…

– Amel, Amel, Amel reviens…

– Je ne suis pas celle que tu crois. Adieu mon bien-aimé…

Je sentais ma tête tourbillonner, les battements de mon cœur s’accéléraient à me couper le souffle.

Ce qui fût pour moi la réalité n’était en fait qu’un terrible rêve, mais je l’ignorais, car je dormais d’un profond sommeil.

la-fille-de-la-plage-coquillage

Oui, j’étais alité depuis plus d’un mois à l’hôpital, dans un coma, tout en moi fonctionnait sauf mon cerveau qui demeurait attaché à cette fille de la plage.

La vérité je ne l’ai su qu’à mon réveil. En réalité, et après tout ce temps, je me suis enfin réveillé dans la vraie vie, ou tout pour moi allait basculé.

J’étais amnésique, je ne me souvenais plus de rien, mais l’image de cette fille de la plage ne me quittait pas une seconde, son rire, son visage, toutes nos discussions, des semaines entières dans cette plage.

Je fus entouré par des gens qui semblaient me connaître, et m’aimer, mais je ne reconnaissais aucun d’entre eux, je voyais les médecins s’agiter autour de moi, mais je n’arrivais pas à encore réaliser, je ne comprenais rien.

Je me sentais très fatigué, des courbatures dans tout le corps des bleus partout, une douleur dans le dos, j’avais des bandages sur la tête, un plâtre de la cuisse au pied, le cou dans une minerve, je commençais à craindre le pire. Mais qui suis-je, que m’est-il arrivé ????????????????

Un homme s’approcha de moi en blouse blanche :

– Vous revenez de loin Monsieur, je suis le professeur Remadna, le chirurgien qui vous a opéré, vous avez été victime d’un terrible accident, vous avez eu un traumatisme crânien, plus des fractures, vous êtes tombé dans le coma durant quarante-cinq jours. Je ne veux pas vous fatiguer plus longtemps.

– Professeur, je ne me souviens de rien, pourriez-vous me dire qui je suis ?

– Vous vous appelez Farid. C’est normal, il va falloir un peu de temps, pour recouvrer votre mémoire, et vos souvenirs, je vais vous laisser avec votre maman, elle s’est fait beaucoup de soucis pour vous.

– D’accord, Merci Professeur.

– Farid, mon fils, tu ne me reconnais pas je suis ta mère, oh mon Dieu merci, merci de m’avoir rendu mon fils.

Je ne reconnaissais pas ma propre mère, c’est terrible cette sensation de ne plus savoir qui on est, vers où aller, la seule chose qui me hantait c’est l’image de Amel, ou Selma, je ne savais plus vraiment ou j’en étais.

– Qui est Amel ??????? Qui est Selma ?

Ma mère commença à pleurer, un vieux se rapprocha de moi, il n’arrivait pas à retenir ses sanglots, il me dit :

Amel est ta fille, Selma était ton épouse.

Le professeur, leur conseilla de me laisser me reposer, mais je voulais savoir, je ne pouvais plus attendre,

– J’ai une fille, mais où est ma femme alors ? Pourquoi n’est-elle pas là ? que s’est-il passé ??? Par pitié je souffre trop, dites-moi la vérité, je veux connaître la paix, car je vis dans un tourbillon, je ne sais plus rien, est-ce que je suis dans le rêve ou dans la réalité.

– Monsieur Farid, vous avez été victime d’un terrible attentat terroriste. Votre frère a été très courageux…

– Oh mon Dieu que s’est-il passé ?

– On a tout fait pour vous sauver, mais on l’a perdu !

– Sauver qui ? je ne comprends rien…

– Votre femme était à terme, vous alliez avec votre frère à l’hôpital pour l’accouchement, malheureusement en cours de route vous êtes tombé sur un faux barrage, et des hommes ont commencé à tirer sur vous, votre frère a accéléré, mais vous avez été grièvement blessé, vous à la tête, votre femme a perdu les eaux, et le bébé s’est retourné dans son ventre…

– On a pu sauver que le bébé, votre épouse était épuisé elle a fait une hémorragie, je suis désolé, vraiment je ne sais pas quoi vous dire…

– Amel est ma fille, mais je deviens fou, je crois que je rêve encore, dites-moi que c’est juste un cauchemar, qui est Selma alors ?

– Selma c’était ta femme Farid, tu ne te souviens pas d’elle…

– Non, tout est si confus…

J’hurlais, je me débattais comme un fou. J’avais si mal, je n’arrivais plus à respirer, le choc était terrible. Des images, des flashs me revenaient, comme une pluie. J’étais inondé par tous mes souvenirs, chacun voulait prendre la première place, mais je refusais de la leur donner, je n’admettais pas que j’étais dans la réalité. Je voulais revoir la fille de la plage, je voulais être avec elle pour toujours.

Le lendemain, après un repos forcé, j’étais de nouveau dans ce monde que je haïssais. Ma mère était là avec d’autres personnes que je ne reconnaissais pas.

Et puis mon regard tomba sur cette chose, qui pleurait. Enveloppée dans une couverture blanche, posée juste là à mes côtés.

Ma mère, s’approcha de moi et me dit :

– Rachid, je te présente ta fille Amel.

la-fille-de-la-plage-mouetteJe fus aussitôt attiré par ses yeux bleus de la couleur de la mer, et sa beauté, elle était si belle, elle dégageait cette paix, qui apaisait toute personne vivant le plus terrible drame.

Et sans que je me rende compte, ma fille était là dans mes bras. J’ai pleuré ce jour-là comme jamais un homme pourrait pleurer. J’ai enfin su qui était la fille de la plage, c’était ma femme Selma, l’amour de ma vie, qui m’a appelé, pour revenir vers la vie.

A cet instant, j’ai compris qui était Amel, c’est le prénom qu’on avait choisi ensemble pour notre fille. Dans mon coma j’étais remonté au premier jour de ma rencontre avec Selma en 1990, et tous mes beaux souvenirs m’ont aidé à revenir à la vie.

Pour elles, je devais retrouver la paix, pour ma mère, pour mon Algérie.

Je savais que j’allais mettre du temps pour retrouver tous mes souvenirs, pour me reconstruire, mais je serai patient. Je me battrai pour le bonheur de Amel.

J’attendrai qu’elle soit un peu plus grande, pour l’emmener sur cette plage, ou j’ai rencontré sa maman. Je lui parlerai d’elle, de mon père, de nos traditions des années noires du terrorisme, des êtres chers que nous avons perdus à cause des bombes, des attentats, des faux barrages et des embuscades.

Je lui inculquerai nos valeurs, l’amour de notre pays, je lui ferai visiter des endroits magiques de la Kabylie, je l’emmènerai voir les belles dunes du sud, les belles grottes de Jijel et Béjaia, et les plages féériques de Mostaganem.

Elle sera ma belle étoile, je ferai tout pour son bonheur, je le dois, c’est ma nouvelle raison de vivre, c’est l’espoir, c’est elle qui m’apportera la paix, c’est elle qui éteindra le feu qui brûle mon cœur, c’est elle ma nouvelle Algérie.

Il était une fois un Digital Storyteller

En lançant ma version unplugged de More Than Words, j’ai voulu insister sur le storytelling. Mais quelle est la fonction de celui qui fait du storytelling ? Rien de mieux qu’une histoire pour l’expliquer !

Il était une fois un petit garçon qui comptait ses pas et faisait attention à ne pas mettre le pied sur les jointures et les crevasses entre les morceaux d’asphalte.

Il reste extrêmement concentré car il doit alterner des pas de fourmi, des pas de girafe et des sauts de kangourou. Il ressemble à un farfadet qui fait des acrobaties dans la grisaille banlieusarde.

Pour bien jouer, il doit éviter les pas de fourmi sinon il ne pourra plus battre son record. Son meilleur score date déjà d’il y a plus d’un mois, 463 pas entre l’école du Petit Ivry et le pavillon, pourtant, il a grandi et mesure déjà un mètre quarante. C’est le plus grand garçon de sa classe. Même s’il y a quatre filles qui le dépassent. Mais la roue tourne.

Son regard est toujours dirigé vers le bas. Le monde autour de lui est encore trop haut. Les H.L.M. sur sa gauche et les poteaux des lampadaires juchés en plein milieu du trottoir. S’il devait lever les yeux, il aurait un vertige à l’envers.

Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n'y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire.
Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n’y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire.

Dans son cartable, il a sa dernière rédaction. Le sujet était vaste. Il fallait raconter une histoire. Il avait choisi d’inventer une nouvelle aventure du Petit Nicolas et ses copains. Il a eu un excellent neuf sur dix. Sauf que, ce n’était pas la meilleure note. Pierre, un rouquin aux cheveux en brosse et avec des taches de rousseur, avait obtenu un dix sur dix. Mais il n’avait rien à redire, l’histoire de Pierre était bien meilleure et à pleurer de rire. Il avait tout simplement raconté un truc qui lui était arrivé le week-end d’avant alors qu’il jouait dans son jardin, il a senti un truc lui chatouiller les fesses. Il avait une guêpe dans son short. Quand il a lu sa rédaction, tous les élèves de la classe étaient pliés en deux.

Ce jour-là, il a compris que les meilleures histoires sont celles qui partent d’un fait qui t’a vu protagoniste parce que pour les autres c’est plus facile de t’imaginer dans la situation.

En plus de ça, son histoire était plus courte, elle n’était donc pas ennuyante comme certains livres que la maîtresse leur avait demandé de lire.

La semaine dernière, il avait dû déclarer forfait. Ni école, ni parcours olympique, une vilaine angine l’avait cloué au lit. C’était chouette d’être malade. Tu restes sous la couverture et on s’occupe de toi. Une vie de roi, comme le bon roi Dagobert, le personnage historique préféré des enfants. Encore une histoire de culotte, décidément c’est un thème populaire. Il était vraiment fort son ami Pierre.

On est au milieu des années 70 et il n’y a pas vraiment de programmes intéressants à la télé pour les enfants durant la journée. Il n’y a pas non plus d’ordinateurs. Il faut bien le préciser car cela peut sembler étrange pour un gamin né dans les années 2000.

L’athlète des mots

Mais il y avait bien mieux que tout cela. Il y avait tata et son gros livre de contes. Elle passait toute la journée à lui raconter ces histoires avec des princes, des princesses et des animaux. Parfois, elle était contrainte de la lire trois fois de suite. Enfin, la troisième fois, elle ne regardait même plus le texte !

Bien sûr, le petit garçon savait déjà lire mais malade, il se sentait trop faible pour le faire. Ecouter quelqu’un qui lisait pour toi, c’était vraiment moins fatigant.

Quelques années plus tard, il a compris que son imagination avait suivi un entraînement intensif et qu’il serait devenu un athlète des mots.

Comme la plupart des athlètes, il allait devoir sauter des obstacles et surtout souffrir de nombreuses blessures. Les deux plus graves portent des chiffres douloureux : trois et zéro ! On a changé de décennie et les copies ne sont plus notées sur dix mais sur vingt. Le petit garçon est devenu un adolescent blessé. Car tout le long de la saison scolaire, il récoltait souvent la meilleure note. Ce n’était donc que des accidents comme un tacle sur la cheville. Mais il revenait toujours plus fort qu’avant.

Devenu étudiant en philosophie, il allait s’en donner à cœur joie. Il écrivait tout le temps et partout. Pendant les cours, dans le métro, dans le train, dans son lit et même pendant les examens ! C’est d’ailleurs son coup de maître ou plutôt son plus grand coup de folie.

Il est assis sur un banc de la Sorbonne et il va défier les grands noms qui ont essuyé ces mêmes bancs pendant des siècles. Sur sa copie, il ne va pas disserter en trois parties comme cela était convenu, mais il va composer des vers. Quatre quatrains pour un poème qui s’intitule : « Divagations sur un sujet de philosophie ».

Ce que l’on peut retenir, au-delà des qualités lyriques du petit garçon, devenu un adolescent blessé et désormais un étudiant poète, c’est le caractère du personnage fait d’improvisations. Il improvise certains moments de sa vie et les transforment ainsi en autant de moments uniques qui empruntent des chemins déserts, qui souvent ne se répèteront pas.

Dessin de ©Koffi Apenou tiré du livre "Le Passant Florentin" de Denis Gentile
Dessin de ©Koffi Apenou tiré du livre « Le Passant Florentin » de Denis Gentile

Ce n’était certainement pas la meilleure façon de décrocher une mention et son PH101 (c’est le nom de l’examen), mais c’était une graine qui un jour deviendra un arbuste et rendra moins désertique les abords de son chemin.

Mais l’arbuste se révélera trop frêle pour se protéger des loups. Les loups peuplent son nouveau monde. Il est logiquement devenu journaliste rédacteur. Il écrit et en échange on le remunère. Que demander de plus ? C’est alors qu’il comprend que l’argent et la passion ne suffisent pas à son bonheur. Ce qui lui manque, c’est un modèle, ou si vous préférez, un mentor. Quelqu’un qui le guide dans cette jungle où seul l’égo et la prépotence permettent de survivre.

Le premier blog de l’histoire ?

Les blessures sont provoquées par des morsures et seule la fuite sera salvatrice. Il traverse la frontière alpine un dimanche 27 octobre et il va subir le plus grand choc de sa vie. Un véritable big bang personnel. Une rencontre avec la créativité à l’état pur dans la capitale de la Renaissance : Florence (Firenze). Il trouve enfin la matière qui lui manquait. Une matière qui ressemble à un remède pour panser ses blessures, ses égarements, ses morsures. Il allait enfin pouvoir remplir son monde comme le big bang a rempli l’univers.

Il décide de mettre tout ça noir sur blanc et il écrit son premier livre.

Oui, mais voilà, il n’écrit pas un roman. Il écrit un blog. On est en plein anachronisme car on vient de changer de décennie et si vous avez bien suivi, on est alors dans les années 90. On commence tout juste à lire des articles qui traite d’une nouvelle invention nommée internet mais ce n’est encore qu’un champ défriché.

Ses textes seront bien imprimés et distribués dans plusieurs librairies. On bascule alors dans une autre décennie, mieux encore, dans un nouveau siècle. Voici le moment clef, celui qui donne un sens à toute une vie.

L’action se déroule rue de Rivoli à Paris, le libraire engage la conversation avec une jeune italienne. Elle a pris en main le livre de l’écrivain anachronique. Avec enthousiasme, il lui explique le fonctionnement de ce livre pas comme les autres. Il lui donna des indications comme on en trouve sur une carte du trésor. Elle l’achète avec joie et s’installera sur un banc du jardin des Tuileries pour lire l’histoire du Passant Florentin. Quelques années plus tard, elle épousera son auteur. Vous savez, le petit garçon, l’adolescent blessé, l’étudiant poète, l’écrivain anachronique, l’athlète des mots et désormais l’éternel amoureux.

Vous voyez, cette histoire nous montre que les mots changent la vie. Surtout quand il s’agit de la vie d’un personnage dont les mots sont la vocation.

Vous comprendrez aussi clairement que son blog ne pouvait pas s’intituler autrement : More Than Words. Ce récit est l’illustration même de cette chanson d’amour.

Vous constaterez enfin qu’il a su interpréter ce que Pierre, son copain de classe, avait compris bien avant lui :

Pour raconter une histoire, il faut partir de son histoire.

C’est là le secret des plus grands conteurs. Des conteurs qui de nos jours s’expriment sur des blogs, un support numérique, c’est pourquoi on les appelle désormais des Digital Storytellers.

Je suis l’un d’entre eux.

Denis Gentile

DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile

 

A lire aussi sur le Digital Storyteller :
mon interview sur ma conception du métier de Digital Storyteller sur le blog de Chris Simon : « Il était une fois le Digital Storytelling »
le profil de Joel Buckland, un Digital Storyteller (en anglais) C’est un post de Joel sur Facebook qui m’a donné l’idée de cet article.
Un autre Digital Storyteller, un autre Denis explique le rôle de Digital Storyteller : « Une évolution du rôle de Community Manager »
– Je vous conseille l’ouvrage de mon ex-collègue Disney Sébastien Durand :« Storytelling, Réenchantez votre communication »

Vamos « A LA PLAGIAT » !

J’aime cette définition du Grand Robert de la langue française, « Plagiat : une imitation non avouée ».

Voici l’histoire que j’ai écrite le jeudi 26 septembre 2013 un peu avant minuit après avoir éteint mon Ipad. Unplugged !

(Premier avertissement : ce titre est un détournement, il risque l’accusation de plagiat ! Il s’inspire d’un énorme tube des années 80 du groupe italien Righeira : « Vamos a la playa », paroles en espagnol !)

Connaissez-vous ce lieu insolite où tout ressemble à tout ? Tout ce qui existe dans ce lieu, existe déjà dans un autre lieu.

C’est le règne de l’orgueil ! S’attribuer un mérite qui appartient à un autre. Ils affichent tous la même pancarte : « Elle est bonne mon idée ». Mais cette idée n’était pas la leur, alors on les a envoyés sur une île : la plagiat ou l’île des objets copiés.

Un mot hybride né d’un mélange du français plage et de l’italien spiaggia !

il fallait trouver un nom avec une origine absurde qui ne risque pas l’accusation de plagiat !

Leur séjour sur cette île est bref, juste temps d’y déposer l’objet du crime. Ils ont l’occasion d’exprimer par ce geste l’inconditionnelle considération qu’ils ont d’eux-mêmes en choisissant l’emplacement où il sera exposé.

Ils cherchent la meilleure place, de préférence près d’un objet célèbre. Le téléphone d’Alexander Graham Bell (déposé le 11 juin 2002 suite à la sentence du congrès américain qui a reconnu la paternité de l’invention du téléphone au Florentin Antonio Meucci) n’est même plus visible, submergé par d’autres copies médiocres.

Saviez-vous que vous pouviez visiter ce lieu comme un musée ? Il y a des agences spécialisées qui proposent ce voyage insolite. J’ai vu ça sur le blog d’une voyageuse et j’ai pris immédiatement mon billet. Je vous conseille cette visite. Je trouve cela très éducatif et même idéal pour une sortie scolaire. Qui n’a pas, au moins une fois dans sa scolarité, copié sur le devoir de son voisin de pupitre ? Ca serait rédhibitoire, ne trouvez-vous pas ?

photo de Faiçal Oulharir (1)
photo de Faiçal Oulharir (1)

Petite description du lieu : c’est une île de forme sinusoïdale qui semble décrire un algorithme et, son nom ne nous trompe pas, il s’agit bien une plage. Il n’y a que du sable comme dans le désert. Il n’y a pas d’arbres, de plantes ou de constructions. Les objets gisent et parfois s’enlisent dans le sable sous un soleil torride. Mais surtout et c’est la raison pour laquelle ce lieu a été choisi, il n’y a pas d’ombre. Aucun des objets entreposés n’a le droit, ni la capacité de faire de l’ombre à l’autre et encore moins à son modèle original. C’est le triste destin de l’objet plagié !

Ces objets vivent un véritable enfer.

En ce premier jour de l’automne, la température reste étouffante. Notre guide qui accompagne un groupe d’une trentaine de personnes nous indique les « plagieurs » que l’on peut reconnaître à l’allure courbée. Ils sont là à la recherche d’une place pour leur invention, leur chanson ou leur histoire.

Soudain, on entend un cri : « Mais pourquoi ? » On se retourne et l’on voit ce drôle d’énergumène se redresser ! On s’approche et je crois reconnaître ce visage. Quelle surprise, c’est mon ami Ghazzal.

– Que fais-tu là ?

– Je viens de recevoir un tweet qui m’a envoyé directement ici !

– Comment est-ce possible ?

– C’est une nouvelle fonction de l’application, dès qu’un blogueur s’estime plagié, il envoie un tweet et au premier RT, tu es propulsé ici.

– Sans pouvoir te défendre ?

– Non, tu sais, c’est souvent le cas avec les nouvelles technologies, on n’a pas le temps de réfléchir aux conséquences avant leur lancement et au début elles nous privent de notre liberté.

– Je crois que je vais fermer mon compte twitter ou mettre un pseudo ! Au moins, les anonymes ne risquent rien. Qu’est-ce que tu as dans les mains ?

– C’est mon blog, je vais devoir télédécharger mon dernier article.

– Alors tu l’as vraiment plagié ?

– Non, je te jure que non !

– Alors, c’est le règne de la loi des rumeurs, de la loi de celui qui hurle, de la loi du plus rapide. Il serait temps d’instaurer un peu plus de lenteur, de bon sens, de courtoisie et de calme.

– C’est ce que j’ai essayé de faire mais cela a provoqué une palanquée de RT. Et là, c’est la loi du nombre qui a gagné.

– Et tu as préféré mettre un genou à terre ?

– Oui, je télédécharge mon article et je me remets au travail avec encore plus d’ardeur et de conviction. Mais ça fait quand même sacrément mal au moral.

– Je comprends. Est-ce que je peux te donner un conseil ?

– Bien sûr Denis.


– J’ai vu une belle place à côté de la chanson des Coldplay «Viva la Vida » (encore en espagnol !), ils ont omis d’indiquer que la musique avait été composée par le guitariste Joe Satriani, le titre « If I could fly ». Eux non plus ne reconnaissent pas l’imitation malgré l’évidence.

– Ce n’est pas mon cas Denis, les phrases sont différentes. Le thème de l’article est identique mais on peut quand même parler d’un thème qui a déjà été traité, non ?

– Je suis bien d’accord avec toi. Sinon, ce serait de la tyrannie.

– Merci pour ton soutien mon ami.

– Regarde, c’est juste là. Le temps que tu télédécharges, je t’attends confortablement installé dans cette copie du fauteuil de Le Corbusier.

– Je prends alors mon iPad et écrit les premiers mots de cette fable moderne dédiée à mon ami des réseaux qui ne manque jamais de me parler des merveilles de son pays, le Maroc. J’ai de la chance, quand je l’écoute, j’ai l’impression de voyager.

FIN

Le quartier de naissance de Ghazzal à Rabat
Le quartier de naissance de Ghazzal à Rabat

(Deuxième avertissement : cette histoire s’inspire de faits ayant réellement existés et de personnes réelles mais la mise en blog et les dialogues sont une pure invention du rédacteur, en l’occurrence Denis Gentile. A moins qu’une autre personne puisse en prouver le plagiat !)

(Et une recommandation : quand vous publiez un post sur les réseaux sociaux ou un commentaire sur un blog, n’oubliez jamais qu’il est adressé à un être humain, pas à une machine.)

(1) Merci à Faiçal Oulharir, pour la photo de la plage ! Retrouvez-le sur facebook : www.facebook.com/tizart37  Vendredi, on pouvait lire sur le profil facebook de Faiçal, cette citation prophétique : « If You Steal From One Author, It’s Plagiarism; If You Steal From Many, It’s Research. » J’adore ce genre de coïncidences.

Avec quelle marque aimeriez-vous collaborer ? 13 Community Managers répondent

J’avais l’idée de cet article ludique depuis un moment et les 150 ans de Martini m’ont poussé à la concrétiser. Comment est-elle née ? (1)

J’ai travaillé 15 ans pour une marque qui représente un rêve pour beaucoup et qui figure dans le top 10 des marques les plus connus au monde : Disney.

Parmi les choses que j’ai apprises sur le terrain de cette longue expérience, il y a cette conviction :

Dans le monde impitoyable du travail, si tu ne demandes rien, tu n’auras rien !

Tout a commencé au département des relations V.I.P. J’avais suivi la formation pour être guide et accompagner les célébrités pendant leur séjour dans le parc d’attraction. Mais les premiers mois, on ne m’avait pas encore appelé pour « partir en tour » comme on dit dans le jargon des CM (l’employé disney est un Cast Member).

On est en 1993 et une amie m’apprend que mon « dream tour » (encore du jargon CM !) vient visiter le parc. Je suis aux anges 🙂 Oui mais voilà, il a été attribué à un autre guide expérimenté. A partir de ce moment, j’ai usé de toute mon influence (déjà !) auprès des managers pour pouvoir d’une façon ou l’autre y participer et rencontrer enfin le chanteur qui a composé la bande originale de ma jeune existence : Eros Ramazzotti. Et ça a fonctionné. Il y aura deux guides pour ce tour, Danielle l’expérimentée et Denis l’apprenti.

EuroDisney - 1993 - Eros Ramazzotti avec Danielle et Denis
EuroDisney – 1993 – Eros Ramazzotti avec Danielle et Denis

J’ai influencé ma communauté pour obtenir ce que je désirais et j’ai démarré une nouvelle carrière. Je suis devenu le guide officiel des joueurs de foot. Le premier, celui qui deviendra un ami (c’était plus de 10 ans avant facebook), Marco Simone. Ensuite, c’est Marco qui a fait intervenir sa communauté, car lorsque un autre joueur de Milan arrivait aux portes du parc, il demandait à rencontrer Denis !

Cet exemple s’est vérifié dix fois. Le plus parlant est lorsque j’ai demandé à intégrer l’équipe qui devait développer le premier intranet de la société. Décisif puisque cette équipe deviendrait l’équipe internet !

Alors voilà aujourd’hui, j’ai d’autres rêves et je me suis dit que mes collègues CM (cette fois-ci pour dire Community Managers) en avaient aussi.

Et cet article sera notre moyen de communication pour en parler et pourquoi pas pour influencer la communauté qui nous conduira à la réalisation de ce rêve.

Voici les 3 questions à lesquelles Anthony Rochand, Carole Blancot, Eric Messeca, Frédéric Hinix, Haydée Bouscasse, Hervé Loevenbruck, Isabelle Clément, Jacques Tang, Muriel Cossard Guy, Sophie Trinquand, Valérie Thuillier et Abdelmoujib Ghazzal (qui a encore beaucoup à apprendre sur le Community Management, mais surtout qui a envie d’apprendre et de bien faire) ont eu bien voulu répondre :

« Et si vous pouviez choisir la marque pour laquelle vous aimeriez mener des actions en tant que Community Manager :
1 – Quelle est-elle ? (une seule marque)
2 – Citer une bonne raison ?
3 – Quel serait le premier tweet ? »

J’ai classé les réponses en trois catégories subjectives : les humanitaires, les passionnés et les professionnels. Ne vous attachez pas trop à ces étiquettes, chaque Community Manager cité ayant bien évidemment un esprit humanitaire, passionné et professionnel.

Les humanitaires

Valérie Thuillier

Pas une marque à proprement parler mais plutôt une cause ? La Chaîne de l’Espoir
? La cause des enfants malades et blessés est plus que motivante ! Opérée du coeur je suis particulièrement sensibilisée à ces enfants qui manquent d’argent pour être opérés !
Tweet :  Rejoignez la page de La Chaîne de l’Espoir pour nous aider à sauver des #enfants malades ou blessés. www.facebook.com/chainedelespoir

Frédéric Hinix (Prospection Ciblée)

Même si je sais qu’ils ont une excellente Community Manager, je citerais la marque Talentéo
? J’apprécie particulièrement leur vocation souhaitant permettre de faciliter la rencontre entre entreprises et professionnels en situation de handicap.
Tweet : Et si nous démontrions ensemble que talents et handicap peuvent être compatibles ?

Les passionnés

Carole Blancot (Spot Pink)

Yamaha
? Parce que je roule en FZ8
Tweet : Twello le BtoC, à moto on circule plus vite 😉

Haydée Bouscasse (Travel Plugin)

commeuncamion.com 
? Drôle et décalé, ce site de mode masculine m’interpelle car j’attache beaucoup d’importance à l’élégance de l’homme (j’ai relooké tous mes mecs), le dirigeant est humain et très compétent et je le connais personnellement.
Tweet : Fini d’être habillé comme un sac @commeuncamion sort enfin son livre http://bit.ly/16FaUek Offrez le en cadeau à quelqu’un que vous aimez

Hervé Loevenbruck 

Canterbury
? Marque historique du rugby et des All Blacks
Tweet : #Rugby #Maillots Canterbury, la marque, vous connaissez ? Maintenant oui ! http://bit.ly/SsKni4 Cc @RugbyramaFR Merci pour le RT

Eric Messeca (Humain au cœur du numérique)

France
? Parce que ses belles régions différentes sont habitées par des gens de talents.
Tweet : La France, maintenant vous ne la verrez plus comme avant. Now you will not see France as before. Ora non vedrete più la Francia come prima.

metro-mtw
un Community Manager pour sortir de l’anonymat

Les professionnels

Isabelle Clément (The social guideline)

J’aimerais mener des actions de Community Management pour la RATP !
? Parce que je suis persuadée qu’il faut travailler l’e-réputation de cette institution en lançant des actions de sensibilisation (montrer l’envers du décor sous un aspect informationnel, ouvrir le dialogue sur la gestion des régie des transports, exploiter le potentiel des artistes du métro, etc.). Je ne manque pas d’idées sur le sujet !!)
Le premier tweet serait un message sybillin du genre : » Découvrez-nous autrement » ou « Dans le ventre du monstre ».

Muriel Cossard Guy (UrbanBike Montpellier)

Donatello
? J’ai envie de voyager  rien qu’en regardant la page de couverture de leurs catalogues
Tweet : les voyages en liberté une envie d y goûter dès la première page

Sophie Trinquand (Web ‘n Vous)

Barbera (Huile d’Olive)
? Source infinie d’inspiration
Tweet :  Souviens-toi de vivre #huiledolive. Metti l’olio d’oliva nel tuo piatto

Abdelmoujib Ghazzal (Razketing)

Lacoste
? Les valeurs qu’elle représente pour moi à savoir : Classe, Unique et Simple
Tweet : Etre Unique est un privilège qui n’est pas donné à tout le monde

Jacques Tang

Biocoop
? J’aime bien les explorateurs entrepreneurs.
Tweet : DU beau, du bon, du bio!

Anthony Rochand (Les cafés d’Anthony)

Je serais tenté de travailler pour Oasis,
? Une marque sérieuse qui ne se prend pas trop au sérieux avec une stratégie digitale originale. Notamment avec la création de ses personnages humoristiques et de ses slogans qui font le buzz régulièrement.
Tweet, un call to action : Please RT si vous aimez « adoptez la #fruitattitude avec nos 2 nouveaux sujets fruités »

Denis Gentile

A mon tour de participer à ce tour de table. La marque, je l’ai annoncée en introduction : Martini.
? Tout simplement parce que c’est le produit alimentaire que je préfère et que c’est une marque italienne ! Pour être précis, il s’agit du Martini Bianco comme James Bond. J’aime aussi le côté artistique de leurs publicités.
Et mon tweet ? Welcome to the #Martini#BlogStorming#Party : pour chaque commentaire, un verre de Martini pour votre équipe !

Une dernière remarque : je ne comprends pas les sociétés qui passent une annonce pour trouver un Community Manager. Le métier d’un CM est d’être présent sur les réseaux sociaux. Il suffit donc de jeter un coup d’œil attentif sur les communautés qui traitent des thèmes proches à la marque en question et de faire une recherche sur google, cela me semble être du bon sens et ne demande pas plus de temps que de lire des centaines de CV, la plupart ne correspondant pas d’ailleurs au profil recherché.

Une marque qui cherche son Community Manager peut facilement le trouver. Ce qui manquait était d’en faire la demande. Voilà, c’est fait.

Et ça continue dans les commentaires ci-dessous et sur les réseaux sociaux. Vous pouvez tous y participer, même si vous n’êtes pas un Community Manager.

les verres Martini, l'objet de design par excellence
les verres Martini, l’objet de design par excellence

(1) Cet article est la deuxième partie d’un article paru en 2012 : Le Community Manager peut il choisir ses clients ?

Qu’est-ce que je n’ai pas encore fait pour en être arrivé là ?

« C’est la semaine internationale du livre », combien de fois avez-vous déjà lu cette phrase sur facebook ?

Ce matin, j’ai joué le jeu. La règle : ouvrir un livre et recopier une phrase, la cinquième de la page 52. C’est amusant. (1)

J’avais quatre livres en italien (dont deux sur mon iPad) sur mon bureau et un seul en français. J’ai choisi celui en français et je ne le regrette pas. Voici la phrase recopiée :

« Moi qui n’ai pas la moindre expérience dans ce domaine, ils seraient prêts à me donner ma chance là où d’autres ne me convoquent même pas en entretien alors que j’ai les bons diplômes et l’expérience correspondante ! »

Extrait du livre de ma collègue rédactrice Alexandra Le Dauphin « Au boulot, Chômette ! »

au-boulot-chomette-livreJe me reconnais dans cette citation et je me pose immédiatement la question suivante :

« Comment se fait-il que je sois de ce côté de la barrière ? Du côté de celui qui doit toujours et encore franchir l’obstacle ? Qu’est-ce que je n’ai pas fait pour ne pas être de l’autre côté ? Du côté de celui qui observe, de celui qui juge, de celui qui décide pour les autres ? »

Un peu plus loin, je lis un post de Syl Vie Becquet (avec les commentaires de Nancy Freyermuth et Vincent Barberot notamment) posant une autre question : s’adapter ou se différencier ?

Et automatiquement, j’ai répondu :

« Je suis un inadapté ! »

Je trouve alors une première réponse à ce que je n’ai pas fait pour en arriver là :

« Je ne me suis pas adapté. »

Qu’est-ce que cela signifie ? J’y réponds en deux points :

Le premier : l’inadapté est celui qui n’est pas là au bon moment. Cela semble plutôt négatif  comme remarque, et pourtant… c’est le propre d’un visionnaire. C’est prendre un chemin où il n’y a encore personne. C’est écrire un livre dans les années 90 en notant un email sur chaque page, à une époque où peu de personnes en avaient une. Bien sûr, je n’ai reçu que trois ou quatre réponses.

Son destin ? Se justifier sans arrêt ! Par exemple, expliquer depuis plus de trois ans qu’il est important d’avoir un blog, qu’il faut être présent sur les réseaux sociaux et qu’il est important de savoir bien écrire. Ca finit par être fatiguant, j’aimerais bien passer au chapitre suivant. Qu’est-ce que je n’ai pas encore fait pour en être arrivé là ?

Je me répète : « Et pourtant, voyez ce qui se passe aujourd’hui. L’idée était bonne. »

Le deuxième : un créatif ne peut pas s’adapter, ce sont les autres qui doivent s’adapter ou si vous préférez, qui doivent le suivre !

Je viens d’écrire cet article en cinq minutes pour tenter de m’adapter car en règle générale, j’ai besoin de plusieurs heures. Aujourd’hui, il faut faire vite car les moyens de communication sont rapides, du TGV à l’ADSL.

Est-ce que j’ai bien fait ? Est-ce que j’ai su m’adapter ?

Et vous, pourriez-vous m’aider à répondre à cette question qui me trotte dans la tête et qui m’inquiète :

Qu’est-ce que je n’ai pas fait pour en arriver là ?

Merci pour vos réponses.

Denis Gentile

1 – C’est le plus Unplugged des articles de la nouvelle saison du blog mais il inaugure aussi une nouvelle série qui s’intitule « impro » (pour improvisation). Des articles qui s’inspirent d’un post lu sur un fil d’actu et publiés dans la foulée.

 

Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? (Part III)

Suite et fin de l’article « Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? », lire la première partie : « Le blogueur et la fascination du lieu » et la deuxième partie : « Le blogueur est le prototype de l’artiste moderne ! »

On a perdu la notion du temps

Notre époque a perdu une notion fondamentale, la notion du temps.

On en revient à la première partie de cet article. Il faut installer le sujet d’un article dans son contexte. Lui donner une atmosphère et donc prendre le temps de respirer, de souffler, de s’asseoir. Lui donner une épaisseur avec des mots qui nous permettront de prendre place dans un fauteuil plus confortable. Chercher les racines avant de monter sur les branches de l’arbre.

Et ça demande du temps. Pour moi, le temps d’écrire un article en trois parties et pour vous, le temps de le lire. Ce temps est lenteur et cette lenteur va à contre-courant des règles édictées sur le web.

Frank Zöllner  évoque aussi dans son texte à propos de Michel-Ange de : « son indépendance », des « entorses aux conventions » et de « l’autonomie esthétique ».

Un blog, s’il veut devenir un jour une œuvre d’art devra donc prendre en compte ces points. En écrivant ce type d’article non conventionnel, on s’engage sur cette voie.

Il y a aussi ces expressions répétées : « à un degré inconnu avant lui » ou « sans précédent pour son époque ». 

Il ne faut pas chercher le sujet d’un art ou d’un blog dans ce qui a été déjà fait et surtout, il ne faut pas suivre une mode. Se mettre devant les autres, c’est ce que Michel-Ange préconisait et que tout artiste-blogueur devrait avoir à l’esprit.

La rapidité qui caractérise notre époque devrait nous faire prendre conscience d’une chose fondamentale : rien n’est inscrit dans le marbre. Tout change, tout évolue. L’homme est un scientifique qui ne connaît pas ses limites. Cet homme de science continuera d’inventer de nouveaux supports et chaque support pourra devenir l’objet d’un art nouveau. (Lire l’article en collaboration avec Francis Benett « Le Blog est l’avenir de la presse écrite ! »)

Nuno Bettencourt, compositeur de More Than Words et guitar hero !
Nuno Bettencourt, compositeur de More Than Words et guitar hero !

La musique est une bonne illustration de nos propos. J’ai grandi à une époque où la guitare électrique était considérée comme un instrument sauvage, impropre à l’art. Qui oserait sérieusement contester aujourd’hui que Jimmy Page, Ritchie Blackmore, Ed Van Halen ou Nuno Bettencourt (compositeur de More Than Words) soient des virtuoses et donc des artistes ? Il a fallu quelques décennies. Il a fallu du temps.

Et en étudiant l’histoire de l’art, on comprend qu’il a même fallu des siècles pour que les peintres, les sculpteurs et les architectes soient considérés comme des artistes.

Si Michel-Ange avait un blog, ce sujet serait l’un des principaux. Il parlerait de la primauté des arts. Il revendiquerait que la sculpture est un art plus grand que la peinture sur toile ou sur bois. Pourquoi ? D’abord pour se différencier de son plus grand rival Leonardo qui excellait dans l’art de peindre. Mais aussi et surtout pour donner ses lettres de noblesse à la sculpture. Car le sculpteur n’était alors considéré que comme un artisan, pas un artiste. Et cela a été la même chose pour les autres arts.

Par exemple l’architecture. Connaissez-vous la Coupole de la Cathédrale (Duomo) de Florence (Firenze), Santa Maria Del Fiore ?

Pour les architectes, il s’agit d’une référence absolue, l’un des plus grands chefs-d’œuvre de tous les temps. Filippo Brunelleschi a conçu une coupole sans armature. Aujourd’hui encore, c’est une énigme. Comment se fait-il qu’elle ne s’écroule pas ?

Nous sommes au début du XVe siècle et l’architecte n’est qu’un ouvrier en chef. Si bien que Brunelleschi est considéré par les autorités florentines, en raison de son incontestable prouesse, comme un ingénieur. Le désigner comme un simple architecte aurait été indigne de son rang et de son talent.

Mais c’est grâce à cette œuvre monumentale que l’architecture deviendra enfin un art à part entière.

La Coupole de Brunelleschi (Duomo Santa Maria Del Fiore à Firenze) sous la main de mon copan d'avant Xavier Capodano
La Coupole de Brunelleschi (Duomo Santa Maria Del Fiore à Firenze) sous la main de mon copain d’avant Xavier Capodano (1)

Il a fallu des centaines d’années et des centaines de cathédrales avant de reconnaître à sa juste mesure la valeur de l’architecte et de l’élever au rang d’artiste. Il faudra des milliers de blogs et des milliers de jours pour qu’un blog devienne une référence artistique. Le temps que cette nouvelle figure entre définitivement dans les mœurs.

Au XXe siècle on a vu l’éclosion de nouvelles formes d’art comme la bande dessinée et le cinéma.

Au XXIe siècle, l’histoire se répète pour le blogueur. Sa reconnaissance vis à vis des autres formes d’écriture comme le roman ou la poésie viendra en son temps.

Je laisse à Michel-Ange le soin de conclure cet article :

« Le plus grand danger qui nous menace n’est pas de regarder trop haut et  de ne pas réussir à atteindre notre objectif mais de regarder trop bas et de l’atteindre ! » (2)

Certains blogueurs deviendront des artistes et ils pourront légitimement se prendre pour Michel-Ange !

Qui veut tenter sa chance ? Qui aura le talent de construire un blog comme Brunelleschi a conçu sa Coupole ou comme Michel-Ange a sculpté son David ? Qui veut prendre ce risque ?

Je m’inscris sur la liste d’attente !

 Fin.

Denis Gentile

1 – 2 – 3

 

Cliquez sur l'image pour m'envoyer un mail
Cliquez sur l’image pour m’envoyer un mail

(1) Merci infiniment à Xavier de m’avoir « prêté » ses photos. On était dans la même classe aux Francs-Bourgeois, on a joué au basket ensemble (il était bien meilleur que moi, le meilleur de l’école même), depuis on ne s’est plus vu mais le miracle facebook fait qu’on se retrouve presque tous les jours et qu’on découvre 30 ans plus tard qu’on a des passions en commun.

(2) « Il più grande pericolo per noi non è che miriamo troppo in alto e non riusciamo a raggiungere il nostro obiettivo ma che miriamo troppo in basso e lo raggiungiamo »

Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? (Part II)

Suite de l’article « Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? », lire la première partie : « Le blogueur et la fascination du lieu »

Le blogueur est le prototype de l’artiste moderne !

Frank Zöllner est un historien d’art allemand et professeur à l’université de Leipzig. Voici ce qu’il a écrit dans l’avant-propos de l’Œuvre complet de Michelangelo.

J’ouvre le livre situé à ma droite et je recopie fidèlement ses mots :

«… Michel-Ange dut son ascension rapide au rang de premier artiste d’Italie à la fois à son talent et à son excellent tissu de relations sociales;

– que son succès fulgurant lui permis très tôt de traiter pratiquement d’égal à égal avec ses commanditaires;

– que son statut tout à fait exceptionnel le prédestina à devenir le prototype de l’artiste d’expression moderne qui put se prendre lui-même pour sujet de son art et ce à un degré inconnu avant lui

– que son indépendance le plaça dans une position qui lui permit de faire presque à sa guise des entorses aux conventions iconographiques, et même au principe d’imitation de la nature qui venait de s’imposer dans l’art;

– enfin que Michel-Ange put ainsi conférer à ses œuvres une multiplicité de plans sémantiques et une autonomie esthétique qui allaient couler de source après lui, mais qui était sans précédent à son époque

Relisez ce texte, une fois, deux fois, autant de fois que nécessaire. Puis reprenez le cours de cet article. Ou bien, arrêtez-vous là, vous avez lu l’essentiel, le reste est superflu.

J’ai mis en caractère gras, les points qui correspondent au descriptif du blogueur.

Voici donc notre syllogisme :

Michel-Ange est un artiste (le plus grand)
Les caractéristiques du blogueur sont les caractéristiques de Michel-Ange
Le blogueur est donc un artiste !

Mon syllogisme est-il bien présenté ? Je compte sur mes copains de fac et profs de philo, Xavier Bodinaud et Pascal Jacob (cours-philosophie.fr le cours par internet de Pascal Jacob), pour me corriger… sans complaisance ! (1)

Face à l'œuvre de Michel-Ange, je me sens petit forcément, mais j’en subis aussi l’influence.
Face à l’œuvre de Michel-Ange, je me sens petit forcément, mais j’en subis aussi l’influence.

Revenons avec Francis Benett au texte de Frank Zöllner.

– Précisons immédiatement mon cher Francis que le talent de Michel-Ange est incomparable et on ne se mesure pas à lui.

Mais le talent n’appartient pas seulement au plus grand artiste de tous les temps. Au contraire, tout le monde a du talent ! Plus ou moins, c’est certain. Mais le degré d’évaluation de ce talent nous importe peu ici. L’important est d’être conscient d’avoir du talent, de l’exercer et de l’exprimer. Si chacun d’entre nous ouvrait un blog pour parler de son talent alors le paysage de l’information se transformerait complètement. Exit les drames, exit les médisances, exit les guerres, on pourrait enfin déjeuner en paix !

– Exact Denis, le talent est le point commun de tous les êtres humains. Le blog qui permet enfin à chacun d’entre nous de le faire savoir. On a donc tous la vocation à devenir des blogueurs.

– Un bémol tout de même : en France, contrairement à d’autres pays où le problème est moins répandu, beaucoup (et je vous laisse chiffrer ce beaucoup) ne savent pas écrire.

Savoir écrire ne signifie pas être un écrivain. Il s’agit simplement d’être capable de construire des phrases (sujet + verbe + complément et… ponctuation) avec une orthographe correcte qui ne soit pas une entrave à la compréhension du texte.

– Tu es donc en train de dire qu’il y a un besoin crucial et urgent de rédacteurs web.

– Oui, pour rendre l’air de la blogosphère plus sain et respirable. Les mots sont l’oxygène des blogs. (Cela nous permet de faire le lien avec l’article précédent  : Le Community Manager et la Ville Fantôme)

redacteurs-web-blog

– L’avenir appartient vraiment aux rédacteurs web ! Crois-tu que Michel-Ange aurait ouvert un blog ?

Ma réponse fuse sans la plus petite hésitation :

– Oh que oui ! Je vois au moins deux bonnes raisons. Michel-Ange aime écrire. D’ailleurs, il n’est pas seulement reconnu comme sculpteur, dessinateur, peintre et architecte, c’est aussi un poète. Ensuite, il a entrenu une importante correspondance avec sa famille, ses amis, ses commanditaires, mécènes, fournisseurs et collaborateurs. Le blog lui aurait facilité la vie. Il aurait obtenu des réponses plus rapides et le blog lui aurait permis de faire pression sur certains de ses interlocuteurs.

– En raison notamment de son excellent tissu de relations sociales ?

– Exactement. Tu n’imagines pas l’impact qu’un tweet ou un article de blog de Michel-Ange aurait pu provoquer. Et il a fait tout ça sans nos moyens de communication modernes. C’est phénoménal.

Le David de Michel-Ange à la Galleria dell'Accademia, Firenze
Le David de Michel-Ange à la Galleria dell’Accademia, Firenze

C’est ce que chacun d’entre nous construit sur les réseaux à sa propre échelle. Facebook, Twitter, Google Plus, LinkedIn, Viadeo, Copains d’avant & Cie nous permettent de créer un tissu social. Ce tissu social fait de nous des Community Managers. Et cela s’exprime simplement quand on transmet des messages sur ce que l’on aime.

Le tissu de relations sociales de Michel-Ange est constitué de véritables amis, de personnes qu’il a rencontrées et qui ont toutes été subjuguées par son talent. Il a changé leurs vies et tous rêvaient d’être un jour à ses côtés, à son service.

– Il y avait donc une vraie communauté autour de Michel-Ange dont il était l’incontestable « Manager ».

– Oui Francis et le cœur de cet engouement est la reconnaissance par tous de son talent. Car vois-tu, il détestait les mondanités, il détestait les attitudes hypocrites, il détestait la futilité. Une chose est certaine, il valait mieux ne pas trahir sa confiance. Il n’allait pas dans les salons pour distribuer des sourires et des compliments. Bien au contraire, il avait un caractère irascible, prêt à exploser à tout moment.

– Si je te suis bien, son moyen de communication idéal aurait donc été le blog ?

– Absolument, en 2013, Michel-Ange aurait aussi été un blogueur.

– Mine de rien, on vient d’ajouter une troisième raison et on va en évoquer une quatrième. Car selon Frank Zöllner, Michel-Ange est « Le prototype de l’artiste d’expression moderne qui put se prendre lui-même pour sujet de son art » C’est l’argument le plus évident puisque le sujet d’un blog ou son origine, c’est son auteur. Sinon, ce n’est pas un blog, c’est un site.

michel-ange-more-than-words– Si aujourd’hui nous pouvons nous prendre comme sujet de nos blogs, c’est parce que Michel-Ange l’a fait cinq cents plus tôt avec un talent inégalé. Il a ouvert la voix et lui a donné ses lettres de noblesse.

Le talent de Michel-Ange est une loi, une loi que chacun d’entre nous peut appliquer à lui-même. Ce n’est donc ni de l’égoïsme, ni de l’égo mal placé, c’est être civilisé.

– Et c’est, dans certains cas, être un artiste.

– En effet Francis, dans certains cas !

– Avoir une passion, parler de sa passion et devenir une référence dans ce domaine ne sont pas des éléments suffisants pour définir l’artiste.

– Non, il faut identifier le sujet d’un art. L’œuvre du sculpteur est la sculpture, l’œuvre du peintre est le tableau ou la fresque, l’œuvre d’un écrivain est le roman, l’œuvre d’un acteur est son interprétation d’un rôle, mais quelle est l’œuvre du blogueur ?

– Son blog !

– Alors, il doit faire en sorte que son blog ait des qualités esthétiques remarquables et une créativité qui permette d’établir que son œuvre soit originale. Le blog ne doit pas être la copie d’une œuvre déjà existante. Il doit exister par lui-même.

– Et tu en connais ?

– Non !

– Moi non plus, le blogueur n’est donc pas un artiste même s’il en a les caractéristiques.

– Pas encore Francis.

– Tu exclues donc aussi que Denis Gentile soit un artiste ?

– Oui, j’aimerais bien te dire le contraire, mais je n’ai pas encore créé une œuvre originale, qui n’existerait pas sans ce support. Aujourd’hui par exemple, on discute comme des philosophes sur la méthode. Notre dialogue n’a aucune valeur littéraire.

– On a donc répondu à la question de notre article. Il nous reste à conclure.

– Pas du tout Francis, je vais t’expliquer pourquoi.

la suite…

Denis Gentile

pascal-jacob-philosophie(1) : Voici l’expertise (et la leçon) du professeur de philosophie Pascal Jacob sur ce syllogisme :

« Deux observations : La première, c’est que les termes d’un syllogisme ne sont jamais des singuliers. Mais ce n’est pas trop grave.

La seconde, c’est que tel qu’il est construit, ton moyen terme est insuffisant. 
Michel-Ange est un artiste (le plus grand)
Les caractéristiques du blogueur sont les caractéristiques de Michel-Ange
Le blogueur est donc un artiste !
Ton moyen terme est double : Michel-ange n’est pas la même chose que ses caractéristiques (ce ne pourrait-être le cas que si Michel Ange était Dieu)
En fait il faut soit partir de la définition du prédicat de ta conclusion (artiste), soit construire ton argument comme un exemple (donc avec 4 termes)… »

Je choisis la deuxième solution, il faut donc 4 termes. Merci Pascal.

Vous pouvez retrouver Pascal sur son site : cours-philosophie.fr

 

xavier-capodano-a-firenzeEnvie de lire la suite ? C’est ici : « On a perdu la notion du temps …Ce temps est lenteur et cette lenteur va à contre-courant des règles édictés sur le web… »

1 – 2 – 3

 

Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? (Part I)

En 2011, je publie l’article « l’étonnement est le début du blog ». Un tweet retient mon attention : « Comparez les blogueurs à des philosophes, il fallait oser ! Brillant ! »
Cette fois-ci, je récidive et fais un pas supplémentaire en comparant les blogueurs à des artistes. C’est le plus grand artiste de tous les temps qui m’en donne l’opportunité en me suggérant le moyen terme.

Le blogueur et la fascination du lieu

Je suis fasciné par les lieux (voir mon texte de présentation ci-dessous « je suis un passant qui va d’un lieu à l’autre ») et je trouve qu’un réseau comme Facebook soit un bon moyen pour satisfaire cette fascination.

Ravenna en Emilie-Romagne, photo de Pierre Cappell
Ravenna en Emilie-Romagne, photo de Pierre Cappell

Le post classique sur facebook est la photo du lieu où l’on se trouve. Aujourd’hui (1), mon copain d’avant Xavier Capodano a publié une photo du marché central de Firenze, une jeune femme qui lui confectionne son panino. Au même moment, mon confrère Pierre Cappelli publie une photo de la devanture d’une boutique spécialisée dans les produits typiques de l’Emilie-Romagne à Ravenna.

Je connais bien ces lieux et je me suis immédiatement mis en situation ou devrais-je plutôt dire : mis à leur place.

Mon corps n’a pas bougé, il est resté confortablement ancré dans mon fauteuil Ikea. Mais l’esprit lui s’est envolé pour retrouver des couleurs, des parfums et des sons qui le font frétiller de bonheur. Quand il s’agit de nourriture, les sens s’éveillent encore plus facilement.

Se mettre en situation, comprendre le contexte et ressentir l’atmosphère de celui ou ceux qui vous transmettent un message ou une information, c’est la meilleure façon que je connaisse pour ne pas rester superficiel et aller au fond des choses.

C’est ce que j’essaie de faire dans mes article : raconter une histoire en mettant en scène un scénario et en décrivant un lieu.

 

 

Mercato Centrale à Firenze, photo Xavier Capodano
Mercato Centrale à Firenze, photo Xavier Capodano

Mon esprit voyage et moi je suis banalement installé devant mon bureau. Avez-vous déjà tenté de l’imaginer ? Alors voici quelques éléments indispensables à la bonne compréhension de cet article. Sur mon plan de travail transparent, il y a sur ma gauche l’œuvre complet de Leonardo da Vinci, sur ma droite l’œuvre complet de Michelangelo. Ces deux ouvrages, édités chez Taschen, des deux acteurs majeurs de l’art pèsent plusieurs kilos. Ils sont les colonnes sur lesquelles je construis mes textes.

Je suis là avec mon MacBookPro entre les deux. Je me sens petit forcément, mais j’en subis aussi l’influence. Ce qui me met d’étranges idées en tête, comme celle annoncée dans le titre de l’article. Moi, le simple blogueur, je me sens un peu comme un artiste ! (cf. Les ingrédients de base d’un bon et vrai blog professionnel)

Vanité, orgueil, prétention, on peut m’accuser de tous les maux et les péchés. Mais j’assume, mieux encore, je persiste.

A m’en convaincre, mon ami 2.0, le journaliste Francis Benett.

J’ouvre le livre consacré à Michel-Ange et je commence à lire l’avant-propos de Frank Zöllner. Un passage retient plus particulièrement mon attention, me surprend et m’intrigue.

Il y a dans les mots et les explications de cet immense historien de l’art, la clef de l’histoire de l’homme depuis cinq cents ans.

Rassurez-vous, je ne suis pas Dan Brown et je ne vais pas en faire un roman ! Plus modestement un article de blog.

C’est Francis Benett en bon journaliste qui m’a suggéré le titre.

Il n’y a pas cent titres possibles, il n’y en a qu’un, si tu veux rester en phase avec le texte de Frank à propos de Michel-Ange :

Denis Gentile se prend pour Michel-Ange !

Puis pour passer du cadre particulier au cadre général, tu ajoutes cette question :

Le blogueur est-il un artiste ?

– O.K. Francis, je prends le risque ! C’est d’ailleurs mon rôle de Community Manager de porter à la connaissance de tous un texte comme celui-ci. Et c’est celui d’un concepteur rédacteur web de savoir le mettre dans un autre contexte en l’immergeant dans le monde d’aujourd’hui.

Voici ce que j’ai lu…

la suite…

Denis Gentile

(1) : article écrit le 9 août 2013

 

Le David de Michel-Ange à la Galleria dell'Accademia, Firenze

Envie de lire la suite ? C’est ici « Part II : Le blogueur est le prototype de l’artiste moderne ! »

« Frank Zöllner est un historien d’art allemand et professeur à l’université de Leipzig. Voici ce qu’il a écrit dans l’avant-propos de l’Œuvre complet de Michelangelo… »

1 – 2 – 3

Le CV d’un blogueur, community manager et concepteur rédacteur web

Cet article est mon CV et ma lettre de motivation. J’ai choisi de me présenter de cette façon pour attirer l’attention des personnes et des entreprises qui souhaitent s’attacher mes services.
pieds-florentins
Extrait du livre « Le Passant Florentin »,
dessin de Koffi Apenou.
2 passants font un pas…
l’un vers l’autre.

Commençons par une définition : Je suis un Passant Florentin.

Le Passant Florentin est le titre de mon premier livre publié en 2002. Je me suis identifié à mon protagoniste romanesque qui un beau jour d’automne met les pieds à Florence (Firenze). Ses premiers pas dans la capitale de la Renaissance vont complètement transformer sa vie. L’histoire de ce livre est tout simplement le récit de cette métamorphose : comment et pourquoi Denis Gentile est devenu le Passant Florentin.

Il va découvrir des choses dont il n’imaginait même pas l’existence. Il a de nombreux points communs avec des personnages que nous connaissons bien comme Candide, Socrate ou le Petit Prince. Sur son chemin, il rencontre Dante, Michel-Ange, Brunelleschi et tous les génies qui ont rendu ce lieu unique.

A son tour, il veut laisser une trace et contribuer à la mesure de son talent à rendre unique ce qu’il fait.

C’est cette philosophie qui me guide et que l’on retrouve dans mon parcours : passé, présent et bien sûr futur.

C’est comme si tout commençait par cette idée : « Avant d’arriver ici, je ne savais pas que cela existait ! » La transformation peut alors s’opérer.

Disney

Avant de travailler à Euro Disney (1992-2007), je ne savais pas ce qu’était une attraction ! Un manège oui, mais une attraction non. Pourtant ils m’ont engagé et j’y suis resté 15 années. Ce n’est pas rien comme expérience.

J’y ai exercé tous les métiers ou presque : opérateur dans un call center, agent de change, hôte d’accueil, guide VIP trilingue, guichetier, responsable des objets trouvés, traducteur bilingue au service sécurité et parfois au commissariat, chef de gare, conducteur d’autobus impérial, formateur, intégrateur html, conseiller clientèle, chef de projet web, chargé de la communication interne, responsable de la communication, rédacteur d’offres marketing, webmaster et quelques autres plus compliqués à définir comme en charge du Duty Manager Report ! Soit en fin de compte une vingtaine de fonctions différentes.

Aujourd’hui, c’est pour moi une matière inépuisable lorsque je cherche une idée ou un exemple pour un article ou un projet.

Revenons sur 3 de ces métiers :

Avant de travailler à Euro Disney, je ne savais pas ce qu’était l’internet. Mais en 1992, c’était normal. Je suis passé entre 1996 et 2007 des rudiments du web à l’expertise. J’ai appris une cinquième langue pour dialoguer avec la machine : le HTML et faire des sites. J’ai été formé à tous les métiers du web, sauf blogueur. Mais ça, c’est venu plus tard.

La Guest Relations Team devant le Château de la Belle au Bois Dormant. M'avez-vous reconnu ?
La Guest Relations Team devant le Château de la Belle au Bois Dormant. M’avez-vous reconnu ?

Avant de travailler à Euro Disney, je n’avais jamais encore rencontré les héros de mon adolescence. Mieux , je n’aurais jamais imaginé que certains d’entre eux seraient devenus mes amis comme l’ancien joueur du PSG : Marco Simone ou l’actuel entraîneur de la Fiorentina : Vincenzo Montella. Je garde d’excellents souvenirs en tant que guide V.I.P., notamment avec Didier Deschamps, Frank Sauzée, Roberto Baggio, Eros Ramazzotti et même Diego Maradona.

Avant de travailler à Euro Disney, je ne connaissais pas le parcours d’un objet perdu. En quelques mois, j’ai tout appris pour pouvoir organiser de fond en comble ce département et en définissant les procédures légales et pratiques. Pour la première fois, j’ai expérimenté cette observation qui me colle à la peau : comment rendre intéressant un sujet qui ne l’est pas !

Pour en savoir plus sur mes années Disney, je vous conseille ces deux articles :

Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans !

Un Community Manager raconte ce que vous ne lirez pas ailleurs sur les 20 ans de Disneyland Paris

Mes autres expériences professionnelles

Avant de suivre les formations à l’Institut Equilibrio de Grasse en 2014, je ne savais que le coach était l’héritier de Socrate.

Avant de développer le blog d’Assurance de Prêt Online (2012-13), je ne savais pas que j’allais inventer un concept, le BlogStorming, qui allait faire trembler la blogosphère et les réseaux sociaux. Tout est né d’une question du responsable du projet.

Pour en savoir plus sur le BlogStorming, je vous conseille la lecture de ces 2 articles :

Le Community Manager, cet étrange chevalier qui lutte contre le marketing !

Une Battle de Blogueurs

Quand un CV se transforme en storytelling
Quand un CV se transforme en storytelling

Avant de collaborer avec M. Guy Couturier (2012-13), je ne savais pas que l’enchantement du client était la nouvelle tendance du marketing. Cela m’a réconcilié avec cette discipline. Ce blog mériterait une suite car le mur de l’enchantement a malheureusement rejoint cette ville fantôme nommée World Wide Web !

Mais surtout, je ne savais pas que j’aurais participé à la rédaction d’un livre sur le Marketing de l’Enchantement (paru le 2 novembre 2015 aux éditions Kawa).

Avant de collaborer au blog des blogueurs (NetZ en 2011), je ne connaissais pas WordPress. C’est devenu le logiciel que je maîtrise le mieux. J’ai pu publié l’article qui est devenu la colonne portante de mon travail : « Le blog est l’avenir de la presse écrite! » (version remix)

Avant d’écrire l’article « Glutamate E621 : Quand lire peut vous sauver la vie » (2011), je ne savais pas que cet article deviendrait une référence sur Google.

Avant de lancer mes premiers débats sur Viadeo (2010-11), je ne savais pas que je pouvais en quelques phrases provoquer l’intérêt de milliers d’internautes en quelques jours et même quelques heures.

Avant de devenir journaliste-rédacteur à France-Soir, je ne connaissais rien de la fabrication d’un journal.  Aujourd’hui, je suis encore choqué de la façon dont un rédacteur en chef peut travestir la réalité. Et bien sûr je ne savais pas que vingt ans plus tard le blogueur allait prendre le contre-pied de ce système.

Avant d’écouter la chanson More Than Words du groupe Extreme (1991), je ne savais pas que ce titre serait devenu celui de mon blog. Et je ne savais pas que ce blog deviendrait une référence en matière de rédaction web (cf. interview sur le blog de Frédéric Canevet).

Avant d’écouter mon prof de philo (1986-90), je ne savais pas qu’une matière scolastique puisse m’intéresser autant qu’un match de foot ou qu’un album de Sting ! C’est bien plus tard que j’ai compris que mes profs m’avaient donné « des seaux, des cartons, des sacs et des valises. »

Avant de voir Santa Maria del Fiore (1991), le Ponte Vecchio, le David et la Naissance de Vénus, je ne savais pas que l’art deviendrait ma plus grande passion et Michel-Ange mon héros préféré.

En conclusion car c’est l’objectif de cet article :

Avant de recevoir votre message, je ne savais pas encore que nous pourrions collaborer sur ce projet, transformer et rendre unique votre communication web (ou celle de vos clients) ! Ensemble, nous allons progresser.

Voyez-vous, l’étonnement est le début du blog !

J’invite mes relations sur les réseaux, mes amis et ceux qui viennent de me découvrir, à laisser un commentaire en commençant leur message par l’expression « Avant de connaître Denis Gentile, je ne savais pas … » Merci.

Cliquez sur l'image pour m'envoyer un mail
Cliquez sur l’image pour m’envoyer un mail

Mes nouveaux projets en 2015 : Le développement du groupe #jeblogue sur Facebook et un ebook dont les principaux textes seront d’abord publiés sur ce blog, premier rendez-vous le 10 mars 2015 : Le blogueur et la tentation de l’île déserte

Lire la version italienne de ce CV (version 2013)

Télécharger cet article en pdf

Denis Gentile

A lire aussi pour compléter cet article : « Il était une fois un Digital Storyteller »

Il CV di un blogger, community manager e redattore web

Questo articolo è il mio CV e la mia lettera di motivazioni. Ho scelto di presentarmi in questo modo per attirare l’attenzione di persone e società che desiderino usufruire dei miei servizi.

pieds-florentins
Tratto dal libro « Le Passant Florentin »,
disegno di Koffi Apenou.
2 passanti fanno un passo,
l’uno verso l’altro.

Cominciamo con una definizione: Io sono un Passante Fiorentino.

« Le Passant Florentin » è il titolo del mio primo libro, pubblicato nel 2002. Mi sono identificato con il protagonista del mio romanzo, che un bel giorno d’autunno mette piede per la prima volta a Firenze. Questi suoi primi passi nella capitale del Rinascimento trasformeranno la sua vita. La storia di questo libro è semplicemente il racconto di questa metamorfosi: come e perché Denis Gentile è divenuto il Passante Fiornetino.

Scoprirà cose di cui non immaginava neppure l’estistenza. Ha numerosi punti in comune con personaggi che conosciamo bene come Candido, Socrate o il Piccolo Principe. Nel suo percorso incontra Dante, Michelangelo, Brunelleschi e tutti i geni che hanno reso questo luogo unico.

A sua volta, vuole lasciare una traccia e contribuire in base al suo talento per rendere unico ciò che fa.

Questa è la filosofia che mi guida e che si ritrova nel mio percorso: passato, presente e certamente futuro.

E’ come se tutto cominciasse da questa idea: “Prima d’arrivare qui, non sapevo che tutto questo esistesse!” La trasformazione può allora cominciare.

Disney

Prima di lavorare a Euro Disney (1992-2007), non sapevo cosa fosse un’attrazione ! Una giostra si, ma un’attrazione no. Eppure mi hanno assunto e ci sono rimasto per 15 anni. Non è da poco come esperienza lavorativa.

In questa società ho esercitato tutti i mestieri o quasi: operatore di call center, agente di cambio, persona addetta all’accoglienza, guida per VIP trilingue, cassiere, responsabile oggetti perduti, traduttore bilingue al servizio sicurezza e a volte al commissariato, capo stazione, conducente dell’autobus inglese a due piani , formatore, integratore html, consigliere alla clientela, capo progetto web, incaricato della comunicazione interna, responsabile di comunicazione, redattore d’offerte di marketing, webmaster e altri ruoli più difficilmente descrivibili in poche parole come, in carica del Duty Manager Report! Ovvero in fin dei conti una ventina di diverse funzioni.

Oggi, è per me una fonte inesauribile durante la ricerca di spunti per un’idea, un esempio per un articolo o un progetto.

Analizziamo 3 di queste funzioni:

Prima di lavorare a Euro Disney, non sapevo cosa fosse internet. Ma nel 1992 era normale. Sono passato, negli anni tra il 1996 ed il 2007, dalle nozioni di base del web alla competenza in materia. Ho imparato una quinta lingua per dialogare con la macchina: l’HTML e fare siti web. Ho avuto una formazione per ogni mestiere del web, tranne il blogger. Ma questo è arrivato dopo.

La Guest Relations Team devant le Château de la Belle au Bois Dormant. M'avez-vous reconnu ?
La Guest Relations Team davanti al Castello della Bella Addormentata nel Bosco. Mi hai riconosciuto ?

Prima di lavorare a Euro Disney, non avevo mai incontrato i miti della mia adolescenza. O meglio, non avevo mai immaginato che alcuni di loro sarebbero diventati miei amici come l’ex giocatore del Milan : Marco Simone o l’attuale allenatore della Fiorentina: Vincenzo Montella. Ho dei piacevoli ricordi di quando ero guida V.I.P., soprattutto con Didier Deschamps, Frank Sauzée, Roberto Baggio, Eros Ramazzotti e persino con Diego Maradona.

Prima di lavorare a Euro Disney, non conoscevo il percorso degli oggetti smarriti. In pochi mesi ho imparato tutto il necessario per organizzare questo servizio definendone le procedure legali e pratiche. Per la prima volta, ho sperimentato questa “osservazione” che mi calza a pennello: come rendere interessante qualcosa che non lo è!

Per saperne di più sugli anni che ho passato a Disney, vi consiglio questi due articoli (in francese) :

Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans !

Un Community Manager raconte ce que vous ne lirez pas ailleurs sur les 20 ans de Disneyland Paris

Le altre mie esperienze professionali

Prima di sviluppare il blog di Assurance de Prêt Online (2012-13), non sapevo che avrei inventato un concetto inedito,il BlogStorming, che avrebbe fatto tremare la blogosfera e i social networks. Tutto è nato da una domanda del responsabile del progetto.

Per saperne di più sul BlogStorming, vi consiglio la lettura di questi 2 articoli :

Le Community Manager, cet étrange chevalier qui lutte contre le marketing !

Une Battle de Blogueurs

Prima di collaborare con Guy Couturier (2012-13), non sapevo che « l’enchantement du client » fosse la nuova tendenza marketing. Questo mi ha riconciliato con questa disciplina. Questo blog meriterebbe un seguito poiché le mur de l’enchantement ha purtroppo raggiunto questa città fantasma chiamata World Wide Web!

Prima di collaborare al blog dei blogger (NetZ nel 2011), non conoscevo WordPress.. Ora posso dire di avere un’ottima padronanza del programma. Ho potuto pubblicare l’articolo che è diventato la colonna portante del mio lavoro : « Le blog est l’avenir de la presse écrite! » (version remix)

Prima di scrivere l’articolo « Glutamate E621 : Quand lire peut vous sauver la vie » (2011), non sapevo che questo articolo sarebbe diventato una referenza su Google.

Prima di lanciare i miei primi dibattiti su Viadeo (2010-11), non sapevo che avrei potuto in poche frasi provocare l’interesse di migliaia d’internauti in pochi giorni e persino in poche ore.

Prima di diventare giornalista redattore a France-Soir, non sapevo nulla sulla realizzazione di un quotidiano. Oggi, sono ancora scioccato della maniera in cui un capo redattore può trasformare la realtà. E non sapevo di certo che vent’anni dopo il blogger avrebbe preso in contro piede il sistema.

Prima di ascoltare la canzone More Than Words del gruppo Extreme (1991), non sapevo che questo titolo sarebbe diventato quello del mio blog. E non sapevo che questo blog sarebbe diventato una referenza in materia di redazione web (cf. Intervista sul blog di Frédéric Canevet).

Prima di seguire il mio professore di filosofia (1986-90), non sapevo che una materia scolastica potesse interessarmi tanto quanto una partita di calcio o un album di Sting! E’ molto più tardi che ho capito che i miei professori mi avevano dato « dei secchi, dei cartoni, dei sacchi e delle valige. »

Prima di vedere Santa Maria del Fiore (1991), IL Ponte Vecchio, IL David et la Nascita di Venere, non sapevo che l’arte sarebbe diventata la mia più grande passione e Michelangelo il mio artista preferito (il mio mito)

In conclusione visto che è l’obiettivo di quest’articolo :

Prima di ricevere il tuo messaggio (2013-14), non sapevo ancora che avremmo potuto collaborare su questo progetto, trasformare e rendere unica la tua comunicazione web (o quella dei tuoi clienti)! Insieme, noi cresceremo.

Vedete ! Lo stupore è l’inizio del blog ! (l’étonnement est le début du blog)

Invito le mie relazioni sui social, i miei amici e quelli che mi conoscono ora, a lasciare un commento incominciando il loro messaggio con l’espressione “Prima di conoscere Denis Gentile, non sapevo…” Grazie.

Cliccare sull'immagine per inviarmi un mail
Cliccare sull’immagine per inviarmi un mail

Leggere la versione francese di questo CV

Scaricare questo CV in versione pdf

Denis Gentile

Le Community Manager et la Ville Fantôme (Troisième partie)

suite et fin de l’article « Le Community Manager et la Ville Fantôme », lire la première partie : « La Ville Fantôme » et la deuxième partie : « Mais n’ont-ils pas de Communty Managers dans cette profession ? »

« … A trente mètres de l’hôtel, il y a une brasserie sympathique qui n’était même pas indiqué sur le plan de l’iPad. Mine de rien, une paire de jambes et une paire d’yeux, on n’a jamais rien inventé de mieux… »

Le rédacteur web est le fournisseur officiel du Community Manager

« Eureka, j’ai compris. »

Mon lecteur interrompt enfin son silence investigateur.

« Le web, c’est comme une quincaillerie. On peut y trouver son bonheur, mais ce n’est pas sûr. Et sans le quincaillier, pour trouver le bon clou au milieu de milliers d’autres, c’est plus difficile ! »

La quincaillerie de la rue Montorgueil dans le quartier des Halles à Paris
La quincaillerie de la rue Montorgueil dans le quartier des Halles à Paris

« J’aime votre métaphore cher lecteur. Et savez-vous comment s’appelle ce quincaillier sur le web ? »

« Un Community Manager, n’est-ce pas ? »

« Exactement, je vous félicite. Mais croyez-vous que cela soit suffisant ? »

« Euh ! Je ne sais pas. »

« Bon, nous allons éviter un nouveau silence investigateur et je vais tenter de vous expliquer cela. »

Ce quincaillier, ou tout autre commerçant, a des fournisseurs qui lui confient leurs produits : des vis, des clous, des boulons, des planches, etc. Sans ces produits, il n’aurait rien à présenter dans les rayons de sa boutique et il n’aurait donc rien à vendre.

Le Community Manager a besoin lui aussi d’un fournisseur qui lui donne des produits qu’il pourra mettre en évidence dans les rayons de Google. Pour cela, il utilisera notamment les réseaux sociaux.

Le principal fournisseur du Community Manager, c’est le rédacteur web. Il y en a d’autres comme le photographe, le dessinateur et l’infographiste. Leur but est de concevoir des produits que l’on nomme « contenus ». Ce sont donc des producteurs (ou créateurs) de contenus. (Lire l’article « Des sceaux, des cartons, des sacs et des valises, l’interview d’un blogueur »)

Le contenu du pâtissier, c’est le gâteau. Le contenu du pizzaiolo, c’est la pizza. Le contenu du sommelier, c’est le vin. Le contenu du libraire, c’est le livre. Le contenu du couturier, c’est le vêtement.

Cette règle est universelle, mais sur le web, on l’oublie trop souvent. On fabrique des sites sans même définir avant ce que l’on va mettre dedans. Cela n’a aucun sens. Quand vous allez au supermarché, dans les bouteilles de vin, il y a du vin, dans les paquets de pâtes, il y a des pâtes, dans les boîtes de conserve de petits pois, il y a des petits pois, etc.

Le web, c’est une bouteille de vin, le web, c’est un paquet de pâtes, le web, c’est une boîte de conserve. Mais cette bouteille est vide, ce paquet et cette boîte aussi. Il faudra bien les remplir.

Alors quand nous naviguons et que nous trouvons éparpillés des bouteilles, des paquets et des boîtes vides, on a vraiment l’impression d’être dans une sorte de ville fantôme ou pire, dans une décharge.

sea-trash-web
Le World Wide Web aujourd’hui quand nous naviguons ! Sans personne à la barre, ni rédacteur, ni community manager, on part à la dérive ! A quand la prise de conscience ? Avez-vous déjà pensé engager l’un d’entre eux ?

Parodiant le personnage le plus célèbre de tous les temps, nous pouvons nous servir ces mots : « que celui qui n’a jamais jeter (justement !) des bouteilles, des paquets et des boîtes vides sur le web, jette la première pierre. »

Ce blog n’avait pas été mis à jour depuis plusieurs mois [sic], d’autres blogs ont été abandonnés au bout de quelques semaines, des sites attendent leur premier contenu ou leur première mise à jour depuis des années.

Sur le web, il y a encore plus d’objets abandonnés et d’objets bancals que d’objets entretenus et bien conçus. Il y a dans ce créneau des milliers d’emplois à créer, tellement d’emplois à créer que les politiques pourraient y voir une opportunité pour résorber le chômage.

Le web est aujourd’hui une décharge, la plus grande de l’univers, que l’algorithme de Google ne réussira pas à trier et organiser.

Le web est aujourd’hui une ville fantôme dans laquelle inconsciemment nous nous complaisons. Car, malgré tout, nous sommes ravis d’y être ! Quel paradoxe !

Comme dirait Baudelaire, cette série d’articles est une « invitation au voyage », destination le web, la blogosphère, les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

Tout le monde y est cordialement invité. Les commerçants pour ne plus trouver des locaux abandonnés, les artistes pour nous donner envie de nous émerveiller et d’apprendre, et tous les autres, sans discrimination, pour animer une communauté, un blog ou donner un conseil dans un forum.

Le web est encore loin de la réalité, trop loin. Sans nous, sans les êtres humains, il le restera encore longtemps.

C’est mon métier de transformer cette réalité. Je ne suis pas le seul. Community Managers, Rédacteurs web et Blogueurs, nous sommes là pour rendre le web plus propre, plus beau et plus utile. C’est l’instrument le plus puissant que l’homme n’a jamais inventé.

Nous sommes des experts en maniement de cet instrument. Confiez-nous vos sites, vos réseaux sociaux et vos blogs, le web ne sera plus une ville fantôme. L’humanité pourra enfin prospérer.

Fin.

Denis Gentile

1 – 2 – 3

 

Le Community Manager et la Ville Fantôme (Deuxième partie)

suite de l’article « Le Community Manager et la Ville Fantôme », lire la première partie : « La Ville Fantôme »

« S’ensuit un long silence, le lecteur s’est perdu et pour retrouver sa route, il a besoin d’un repère. J’en profite pour faire un petit retour en arrière, justement, pour mieux situer cette ville fantôme… »

Mais n’ont-ils pas de Communty Managers dans cette profession ?

La voiture est chargée, même surchargée ! C’est enfin le départ pour les grandes vacances. Plus besoin de cartes routières et de guides touristiques, une tablette ou même un smartphone et l’affaire est dans le sac. D’ici trois ou quatre jours, la famille au complet se retrouvera sous un parasol d’une plage méditerranéenne. Première étape, pour rendre le voyage plus sûr et plus agréable, Lyon.

Ils arrivent en fin d’après-midi. Le père de famille s’allonge sur le lit de sa chambre d’hôtel avec son iPad. La connexion WIFI est instantanée. Il sent la faim lui titiller l’estomac. Il cherche un bouchon, ces fameux bistrots spécialisés en cuisine lyonnaise. En écartant l’index et le majeur, il agrandit l’image de la carte sur son écran. Plusieurs restos sont indiqués. C’est vraiment pratique, car se dit-il, « fatigué comme je suis, je n’ai pas envie d’arpenter la presqu’île en long (surtout) et en large pour trouver un restaurant. »

Il va vite déchanter.

Imaginez une seconde que ces avis soient affichés sur la porte du restaurant à la place des stickers du Petit Futé ou du Guide du Routard. C’est exactement ce qu’il se passe sur le web.
Imaginez une seconde que ces avis soient affichés sur la porte du restaurant à la place des stickers du Petit Futé ou du Guide du Routard. C’est exactement ce qu’il se passe sur le web.

C’est dimanche, comme souvent et un peu partout en France, la plupart des restaurants sont fermés le dimanche soir. Mais ça, l’application de son iPad ne le sait pas. Il faut donc aller sur chaque site en le recherchant sur Google. Parfois, il ne clique même pas sur le site en question. Sur la première page du moteur de recherche, il a déjà lu quelques avis négatifs du genre : « Le chef de ce restaurant est un virtuose du four à micro-ondes, tout est réchauffé ! », ou encore « Le sourire du serveur n’a d’égal que la tristesse de mes trois quenelles ! ». Mais comment se fait-il que ces avis soient la première chose que l’on puisse lire ? Ils n’ont pas de Community Managers dans cette profession ? 

Imaginez une seconde que ces avis soient affichés sur la porte du restaurant à la place des stickers du Petit Futé ou du Guide du Routard. C’est exactement ce qu’il se passe sur le web.

D’autres n’ont pas de sites ou s’ils en ont un, ils n’apparaissent pas sur la fameuse première page de Google. Pour un internaute comme notre chef de famille affamé, fatigué et avachit depuis une trentaine de minutes sur son lit d’hôtel, ce restaurant n’existe pas. En fin de compte, il en trouvera des traces sur « cityvox » ou « lafourchette ». Et là encore les avis des clients seront déterminants. Mais, c’est une autre perte de temps. Il faut appeler pour savoir s’ils sont ouverts le dimanche soir. Il prend son téléphone, compose le numéro et… personne ne répond. C’est donc fermé. Eux non plus n’ont pas de Community Managers, ni même de blogueurs ou de rédacteurs web.

Imaginez une seconde que sur la devanture ne figure ni le nom ni même la mention, restaurant ou bistrot ou bouchon ou pizzeria ou crêperie, etc. C’est exactement ce qu’il se passe sur le web.

Le web ressemble étrangement à cette image. La pochette interne de l’album Pornograffitti du groupe Extreme, publié en 1991, dont est extraite la chanson titre de ce blog More Than Words. Sur la page suivante, un montage de l’album NeverMind de Nirvana, publié à la même époque. Ce blog joue sur le contraste et la complémentarité entre ces deux albums. Voir la troisième partie de cet article.

Enfin, il y a ceux qui ont un site. Il y a les sites qui ressemblent à une brochure avec un document pdf qui s’ouvre à chaque fois que vous cliquez sur un lien. Et là, au troisième clic, il trouve les infos pratiques : fermé le dimanche soir et le lundi toute la journée ! Il y a aussi ceux qui ont un site à vous en mettre plein la vue avec une animation en flash en ouverture. Manque de chance, l’iPad ne lit pas le flash et il se retrouve sur une page blanche. Ils n’ont pas misé sur le bon cheval :  infographiste ou chef de projet web. C’est la loi du marché. Les agences web préfèrent vendre une animation qu’ils pourront faire payer plusieurs milliers d’euros que des textes qu’ils n’osent même pas facturer au client ! Bah bien sûr, tout le monde sait écrire, le client sera bien le faire lui-même.

Imaginez-vous une seconde, confortablement assis et attablé, le serveur du resto ne vous entend pas et ne parle pas. Il n’a pas le logiciel adapté à votre interface ! C’est exactement ce qu’il se passe sur le web.

Le web est encore loin de la réalité. Quand vous voyagez l’impression est nette et décevante.

Nous étions à Lyon, nous aurions pu vivre la même expérience à Paris, Marseille, Nice, Strasbourg, Montpellier, Nantes, Bordeaux ou toute autre ville en France ou à l’étranger. (Lyon est aussi le lieu des articles publiés en 2011 sur le blog NetZ : Monsieur Eastwood, est-il vrai que les gens n’aiment pas lire sur le web ? et L’éternel débat du fond et de la forme)

Qu’ils le veuillent ou non, papa, maman et les enfants devront sortir sans savoir où aller. Mais est-ce si dramatique ? Ils s’apercevront immédiatement que non. A trente mètres de l’hôtel, il y a une brasserie sympathique qui n’était même pas indiqué sur le plan de l’iPad. Mine de rien, une paire de jambes et une paire d’yeux, on n’a jamais rien inventé de mieux.

 la suite…

Denis Gentile

sea-trash-webEnvie de lire la suite ? C’est ici « PART III : Le rédacteur web est le fournisseur officiel du Community Manager« 

« « Eureka, j’ai compris. » Mon lecteur interrompt enfin son silence investigateur. »

1 – 2 – 3