Il était une fois un Digital Storyteller

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En lançant ma version unplugged de More Than Words, j’ai voulu insister sur le storytelling. Mais quelle est la fonction de celui qui fait du storytelling ? Rien de mieux qu’une histoire pour l’expliquer !

Il était une fois un petit garçon qui comptait ses pas et faisait attention à ne pas mettre le pied sur les jointures et les crevasses entre les morceaux d’asphalte.

Il reste extrêmement concentré car il doit alterner des pas de fourmi, des pas de girafe et des sauts de kangourou. Il ressemble à un farfadet qui fait des acrobaties dans la grisaille banlieusarde.

Pour bien jouer, il doit éviter les pas de fourmi sinon il ne pourra plus battre son record. Son meilleur score date déjà d’il y a plus d’un mois, 463 pas entre l’école du Petit Ivry et le pavillon, pourtant, il a grandi et mesure déjà un mètre quarante. C’est le plus grand garçon de sa classe. Même s’il y a quatre filles qui le dépassent. Mais la roue tourne.

Son regard est toujours dirigé vers le bas. Le monde autour de lui est encore trop haut. Les H.L.M. sur sa gauche et les poteaux des lampadaires juchés en plein milieu du trottoir. S’il devait lever les yeux, il aurait un vertige à l’envers.

Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n'y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire.
Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n’y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire.

Dans son cartable, il a sa dernière rédaction. Le sujet était vaste. Il fallait raconter une histoire. Il avait choisi d’inventer une nouvelle aventure du Petit Nicolas et ses copains. Il a eu un excellent neuf sur dix. Sauf que, ce n’était pas la meilleure note. Pierre, un rouquin aux cheveux en brosse et avec des taches de rousseur, avait obtenu un dix sur dix. Mais il n’avait rien à redire, l’histoire de Pierre était bien meilleure et à pleurer de rire. Il avait tout simplement raconté un truc qui lui était arrivé le week-end d’avant alors qu’il jouait dans son jardin, il a senti un truc lui chatouiller les fesses. Il avait une guêpe dans son short. Quand il a lu sa rédaction, tous les élèves de la classe étaient pliés en deux.

Ce jour-là, il a compris que les meilleures histoires sont celles qui partent d’un fait qui t’a vu protagoniste parce que pour les autres c’est plus facile de t’imaginer dans la situation.

En plus de ça, son histoire était plus courte, elle n’était donc pas ennuyante comme certains livres que la maîtresse leur avait demandé de lire.

La semaine dernière, il avait dû déclarer forfait. Ni école, ni parcours olympique, une vilaine angine l’avait cloué au lit. C’était chouette d’être malade. Tu restes sous la couverture et on s’occupe de toi. Une vie de roi, comme le bon roi Dagobert, le personnage historique préféré des enfants. Encore une histoire de culotte, décidément c’est un thème populaire. Il était vraiment fort son ami Pierre.

On est au milieu des années 70 et il n’y a pas vraiment de programmes intéressants à la télé pour les enfants durant la journée. Il n’y a pas non plus d’ordinateurs. Il faut bien le préciser car cela peut sembler étrange pour un gamin né dans les années 2000.

L’athlète des mots

Mais il y avait bien mieux que tout cela. Il y avait tata et son gros livre de contes. Elle passait toute la journée à lui raconter ces histoires avec des princes, des princesses et des animaux. Parfois, elle était contrainte de la lire trois fois de suite. Enfin, la troisième fois, elle ne regardait même plus le texte !

Bien sûr, le petit garçon savait déjà lire mais malade, il se sentait trop faible pour le faire. Ecouter quelqu’un qui lisait pour toi, c’était vraiment moins fatigant.

Quelques années plus tard, il a compris que son imagination avait suivi un entraînement intensif et qu’il serait devenu un athlète des mots.

Comme la plupart des athlètes, il allait devoir sauter des obstacles et surtout souffrir de nombreuses blessures. Les deux plus graves portent des chiffres douloureux : trois et zéro ! On a changé de décennie et les copies ne sont plus notées sur dix mais sur vingt. Le petit garçon est devenu un adolescent blessé. Car tout le long de la saison scolaire, il récoltait souvent la meilleure note. Ce n’était donc que des accidents comme un tacle sur la cheville. Mais il revenait toujours plus fort qu’avant.

Devenu étudiant en philosophie, il allait s’en donner à cœur joie. Il écrivait tout le temps et partout. Pendant les cours, dans le métro, dans le train, dans son lit et même pendant les examens ! C’est d’ailleurs son coup de maître ou plutôt son plus grand coup de folie.

Il est assis sur un banc de la Sorbonne et il va défier les grands noms qui ont essuyé ces mêmes bancs pendant des siècles. Sur sa copie, il ne va pas disserter en trois parties comme cela était convenu, mais il va composer des vers. Quatre quatrains pour un poème qui s’intitule : « Divagations sur un sujet de philosophie ».

Ce que l’on peut retenir, au-delà des qualités lyriques du petit garçon, devenu un adolescent blessé et désormais un étudiant poète, c’est le caractère du personnage fait d’improvisations. Il improvise certains moments de sa vie et les transforment ainsi en autant de moments uniques qui empruntent des chemins déserts et souvent ne se répèteront pas.

Dessin de ©Koffi Apenou tiré du livre "Le Passant Florentin" de Denis Gentile
Dessin de ©Koffi Apenou tiré du livre « Le Passant Florentin » de Denis Gentile

Ce n’était certainement pas la meilleure façon de décrocher une mention et son PH101 (c’est le nom de l’examen), mais c’était une graine qui un jour deviendra un arbuste et rendra moins désertique les abords de son chemin.

Mais l’arbuste se révélera trop frêle pour se protéger des loups. Les loups peuplent son nouveau monde. Il est logiquement devenu journaliste rédacteur. Il écrit et en échange on le remunère. Que demander de plus ? C’est alors qu’il comprend que l’argent et la passion ne suffisent pas à son bonheur. Ce qui lui manque, c’est un modèle, ou si vous préférez, un mentor. Quelqu’un qui le guide dans cette jungle où seul l’égo et la prépotence permettent de survivre.

Le premier blog de l’histoire ?

Les blessures sont provoquées par des morsures et seule la fuite sera salvatrice. Il traverse la frontière alpine un dimanche 27 octobre et il va subir le plus grand choc de sa vie. Un véritable big bang personnel. Une rencontre avec la créativité à l’état pur dans la capitale de la Renaissance : Florence (Firenze). Il trouve enfin la matière qui lui manquait. Une matière qui ressemble à un remède pour panser ses blessures, ses égarements, ses morsures. Il allait enfin pouvoir remplir son monde comme le big bang a rempli l’univers.

Il décide de mettre tout ça noir sur blanc et il écrit son premier livre.

Oui, mais voilà, il n’écrit pas un roman. Il écrit un blog. On est en plein anachronisme car on vient de changer de décennie et si vous avez bien suivi, on est alors dans les années 90. On commence tout juste à lire des articles qui traite d’une nouvelle invention nommée internet mais ce n’est encore qu’un champ défriché.

Ses textes seront bien imprimés et distribués dans plusieurs librairies. On bascule alors dans une autre décennie, mieux encore, dans un nouveau siècle. Voici le moment clef, celui qui donne un sens à toute une vie.

L’action se déroule rue de Rivoli à Paris, le libraire engage la conversation avec une jeune italienne. Elle a pris en main le livre de l’écrivain anachronique. Avec enthousiasme, il lui explique le fonctionnement de ce livre pas comme les autres. Il lui donna des indications comme on en trouve sur une carte du trésor. Elle l’achète avec joie et s’installera sur un banc du jardin des Tuileries pour lire l’histoire du Passant Florentin. Quelques années plus tard, elle épousera son auteur. Vous savez, le petit garçon, l’adolescent blessé, l’étudiant poète, l’écrivain anachronique, l’athlète des mots et désormais l’éternel amoureux.

Vous voyez, cette histoire nous montre que les mots changent la vie. Surtout quand il s’agit de la vie d’un personnage dont les mots sont la vocation.

Vous comprendrez aussi clairement que son blog ne pouvait pas s’intituler autrement : More Than Words. Ce récit est l’illustration même de cette chanson d’amour.

Vous constaterez enfin qu’il a su interpréter ce que Pierre, son copain de classe, avait compris bien avant lui :

Pour raconter une histoire, il faut partir de son histoire.

C’est là le secret des plus grands conteurs. Des conteurs qui de nos jours s’expriment sur des blogs, un support numérique, c’est pourquoi on les appelle désormais des Digital Storytellers.

Je suis l’un d’entre eux.

Denis Gentile

DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile

 

A lire aussi sur le Digital Storyteller :
mon interview sur ma conception du métier de Digital Storyteller sur le blog de Chris Simon : « Il était une fois le Digital Storytelling »
le profil de Joel Buckland, un Digital Storyteller (en anglais) C’est un post de Joel sur Facebook qui m’a donné l’idée de cet article.
Un autre Digital Storyteller, un autre Denis explique le rôle de Digital Storyteller : « Une évolution du rôle de Community Manager »
– Je vous conseille l’ouvrage de mon ex-collègue Disney Sébastien Durand :« Storytelling, Réenchantez votre communication »
Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

32 Comments
  1. Très bel article, très personnel et pourtant qui rappelle l’histoire de bien d’autres personnes.
    Bravo d’avoir su rester dans les mots toutes ces années.
    Ici aussi le regard baissé, les bonnes notes mais comme ça faisait peur j’ai préféré redescendre dans le classement. Et j’ai enfoui les mots, loin, très loin, si loin que je les ai pensé disparus.
    Puis des rencontres, d’autres rencontres, un ultime blog et les mots sont réapparus, plus forts, tel un ventre de femme enceinte une fois le déni passé.
    Merci de t’ouvrir à nous, le miroir n’est jamais bien loin. Les miroirs, quand on lit aussi les nombreux et touchants commentaires.
    Merci et au plaisir de continuer à te lire encore longtemps !

  2. Ah Denis ! Je suis ta « soeur » première de la classe qui se souvient parfaitement de son seul et unique 0/20… en géographie… Ben quoi j’avais pas capté le coup des échelles ! Je suis ta soeur qui écrivait des romans dans sa tête en permanence, qui gardait la tête baissée et la bouche fermée de peur qu’on la voit ou l’entende (le premier qui dit « ouais ben ça a bien changé ! » aura des problèmes 😉 )… Contrairement à toi j’ai fais des études purement scientifique, tu rends tu compte que je suis ingénieur en agriculture (t’inquiète moi aussi j’ai encore du mal à le croire).
    Et pourtant, les mots ont été plus forts que tout, ils m’ont rappelée à eux. Mo’ pour mots.
    A très bientôt !!

  3. Il y a des articles qui soudain te donnent « le vertige à l’envers. »
    Je ne vais pas écrire une longue envolée,mais ressortir en silence sur la pointe des pieds, en refoulant l’émotion. J’ai l’impression d’avoir trouvé un jumeau, sensation perturbante pour ma zébrure carrelée. Merci pour cette si belle authenticité. Et très joyeux anniversaire, entouré de ceux que tu aimes, et qui t’aiment. Les mots sont des clés à jamais ….

  4. Quel bel article cher Denis ! Fan du storytelling depuis toujours, j’ai retrouvé dans ton propos des fragrances de ma vie d’étudiante.
    Merci encore pour cette belle histoire.
    Je ne sais pas encore si on peut me qualifier de digital storyteller mais je pars souvent de ma propre histoire pour mettre un sujet en lumière et le partager :)

  5. Bonsoir Denis,
    Petite apparition de mon côté Fleur Bleue : j’ai partiulièrement aimé le passage où la jeune italienne achète le livre « Le Passant Florentin »… Le story telling n’est-il pas là parfois pour nous dire qu’il n’y a pas vraiment de hasard…???
    Pour le reste, comme d’habitude, je me suis laissée emporter ! Nous avons tous des histoires, et il nous appartient de les rendre passionnantes, drôles (retrouver la guêpe qui nous chatouille), intrigantes, passionnantes et susciter tout sauf l’indifférence.
    Ce n’est pas qu’une question de maestria pour aligner les mots. C’est un travail sur soi-même. Et ce qui est rassurant, c’est que, sur ce point, nous sommes tous perfectibles. D’ailleurs, est-ce que nosu raconterons dans 10 ans, une même histoire de la même manière ?

  6. J’aime la manière dont Denis raconte de belles histoires que se soit à la manière madeinFrance ou en mode storytelling madeinUsa. Cela fonctionne bien. Car nous aimons qu’on nous raconte des histoires. Cela réactive des bons moments du passé. Nous aimons tellement les belles histoires que certains oublient même parfois de les vivre par eux même. La littérature,  le théâtre, le cinéma, la musique….depuis longtemps fonctionnent bien sur ces mécanismes. Mais j’aurai envie de dire, alors je vais le dire :-) que les chemins du numérique ouvrent sur « bien plus » de possibles que seulement numériser ce que certains savaient déjà faire avant l’ère du digital. Moi je vois dans cet article quelque chose de plus important. Comme par exemple les effets de ce texte générateur de nouveaux phénomènes inexistants auparavant. A commencer par donner envie à des humains qui ne se connaissent pas, qui n’habitent pas sur le même territoire et viennent de routes très différentes….de se retrouver au milieu de l’immensité du web, de se découvrir, d’oser partager leurs opinions et sensations et de se parler.

    Pour moi le plus important dans ce texte c’est ce qu’il induit en nous à distance. C’est aussi la force d’un humain qui a su écrire un texte sur un nouveau support, réunissant d’autres humains, sans limite de différence de cultures ou de générations. Denis est un artiste du 2.0 qui comme les bons artistes sait matérialiser sur un support ce que ressentent d’autres personnes. Bravi car privé de la force de la présence physique c’est encore plus complexe en mode virtuel. Les mots ont toujours attiré. Mais maintenant ils deviennent web attracteurs. Et la facilité d’accès au outils cache la complexité. Trop de gens croient qu’il suffit de savoir bien parler pour réussir sur le web.

    Denis merci pour ce bon moment passé en compagnie de tes mots et merci aussi pour me permettre, à travers la qualité et la sensibilité des commentaires de tes contributeurs, de découvrir de nouvelles personnes de valeurs.

    Ouuua !! c’était un peu long merci de m’avoir suivit jusqu’à la fin :-)

  7. Bonjour à tous! Je suis émerveillée par cette histoire qui montre combien l’auteur Denis est dotée d’une extrême sensibilité. Je n’ai qu’une envie, celle d’acheter le Passant Florentin. Le storytelling qui pour moi relève plus d’un procédé marketing que littéraire est l’art d’accoler une histoire personnelle pour enjoliver, pour faire naître une émotion car les gens aiment les émotions. Cependant est- il indispensable quand on a un talent de narration de vouloir toujours coller à ce procédé qui devient un systématisme maintenant dans la façon de présenter un produit, une entreprise etc…? Si l’histoire de Pierre a eu ce plébiscite cela tient peut être aussi au style spirituel ou au fait qu’il avait une cote d’amour auprès de ses camarades. Chacun s’est construit dans la vie différemment et recèle son propre mode d’expression. L’humour et le rire sont des armes redoutables, le pouvoir de sécréter des émotions aussi. Mais un beau texte doit-il appliquer des recettes comme les scénaristes américains le font pour un film à succès? Au bout d’un moment les gens vont s’habituer à voir les dessous de l’ėcriture et les recettes d’un bon scénario ne font pas un succés. De même un storytelling systématique n’est pas la garantie d’un bon papier. Il existe un ingrédient essentiel aussi, la sincérité et c’est ce qui me touche dans cet article. Si cet article ici parlait d’un autre que Dénis il toucherait également parce que la narration est conduite avec une jolie musique qui progresse jusqu’au point d’orgue. Quand on écrit ce qui importe c’est son authenticité qui donnera la singularité à son écrit et qui séduira un certain public. Nous ne sommes pas tous semblables, donc pas réceptifs aux mêmes choses mais il faut reconnaître que la sous culture engendre un public facilement manipulable. Reste à savoir si on veut entrer dans ces codes ou pas, ceux d’utiliser ce qui marche ou faire ce dont on a envie. Quand on écrit on a une tendance à observer ses semblables et on a souvent le sentiment d’être à part de ces êtres qui se laissent emporter par le rêve, l’imagination. Ces éléments sous tendent la création et c’est ainsi qu’en franchissant la frontière, en allant en Toscane on ne peut être qu’inondé de bonheur car cette région regorge de créations, qui pour la plupart sont l’expression du meilleur des artistes. La beauté et la profusion des œuvres sont un remèdes à tous les maux et les blessures qui nous atteignent comme des flèches sur Saint Sébastien quand on a une âme sensible. Un artiste a besoin d’être aimé plus qu’un autre et cela se retrouve dans ses œuvres ( autrefois quand l’art n’était pas une affaire financière). Alors faire ce qu’il faut pour être aimé ou bien dévoiler son intériorité par son écriture ou concilier les deux c’est l’éternelle question. Gentile cela veut dire cher en italien. Cher Denis il faut continuer de nous enchanter par des histoires.

    1. Exact, l’important, c’est l’authenticité. Ecrire n’a rien d’automatique. Je parle d’improvisation dans ce texte. Merci d’avoir rappeler cela Chantal. Je citerai de mémoire le compositeur de la musique qui donne le titre à ce blog, Nuno Bettencourt. Avec More Than Words il signe le plus grand succès de sa carrière. Et lui-même le dit, s’il y avait une recette il aurait écrit une vingtaine de succès comme celui-ci. Mais voilà, il n’y en a pas ou plutôt, il y en a qu’une et elle est valable une seule fois.

  8. Quelle belle histoire…d’ailleurs les plus belles histoires ne sont-elles pas celles qui font écho à notre enfance ?
    Est ce que c’est toi cet enfant un brin dégingandé ?

    1. Dégingandé ! Le mot me semble parfait, je n’y avais jamais pensé, merci Johanna. C’est sûr, lorsque je travaillerai à la version longue de ce texte (pour satisfaire les demandes que j’ai reçues en MP), je l’emploierai. Pour répondre à ta question : oui bien sûr.

  9. Bonjour Denis, j’ai adoré ton histoire, c’est un peu mon style d’écriture et je me retrouve dans tes écrits, désolée du retard mais j’étais en mission de 10 jours temps très serré, avec mon responsable très exigeant et non stop, beaucoup de boulot.

    Je te souhaite toute la réussite que tu mérite.

    Sincerement Nawel.

  10. Marina Lagorio

    Bonjour, un bien bel article en effet. Mais quand vous écrivez « pour raconter une histoire, il faut partir de son histoire », je me pose une question : serez-vous capable de vous détacher de votre histoire pour raconter celle des autres ?

    1. Excellente question Marina et qui mériterait un autre article. Oui, bien sûr, je peux me détacher de ma propre histoire. La réponse est dans l’expression « un athlète des mots ». Je suis entraîné pour écrire et je peux donc « courir » sur tous les terrains. C’est aussi la signification du texte de la dernière image : « Sous le clavier du Digital Storyteller, votre histoire deviendra fascinante. »
      Mais d’un autre côté, non, car ce n’est pas ce qu’on attend de moi. Du moins, jusqu’à maintenant. Et puis c’est le propre du blogueur de partir de son histoire. Enfin, ni oui, ni non, puisqu’on puise toujours en nous notre inspiration.

  11. J’ai lu tout l’article, du début à la fin, et j’ignore toujours ce qu’est un storyteller. Ici, c’est l’histoire d’un mec qui aime écrire des histoires. Sa conclusion, c’est que : « Pour raconter une histoire, il faut partir de son histoire ». Bon. Tout ça pour ça ? Et j’ai beau chercher, je ne vois pas le rapport entre le texte (charmant au demeurant) et la première photo, légendée : « Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n’y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire. » Bref, je suis restée sur ma faim.

    1. Je comprends votre déception et je suis partagé par l’envie de vous répondre avec précision et celle de vous dire simplement :  » tout est dans l’article !  » je sais c’est un peu facile mais si je commence à faire une explication de texte je ne fais plus du storytelling. J’ai envie de rester cohérent. Ici, je tente de raconter une histoire qui est un exemple de ce que peut être un Storyteller. Je n’écrirai pas un article en exposant les 10 qualités du Storyteller ou les 10 fonctions qui le caractérisent. Si je le fais, ce sera sur un autre blog. C’est un choix éditorial. Je vous donne quand même deux éléments. Le premier, vous n’êtes pas supposé le savoir j’ai travaillé 15 ans à Disney et c’est là que j’ai reçu cette approche du storytelling. La seconde, regardez bien la photo, il y a deux pères et deux enfants. Le père est souvent le premier conteur dans notre vie et l’enfant est le premier public. Regardez aussi les mains, l’une prend l’enfant par la main, l’autre est libre comme pour dire bonjour ou j’ai une idée ou j’ai envie d’écrire. Merci d’avoir lu et d’avoir pris le temps de commenter. Ce dialogue entre nous, c’est aussi du storytelling.
      Enfin, je vous invite à lire cet article qui est la colonne de mon blog : http://www.morethanwords.fr/2011/03/le-blog-avenir-de-la-presse-ecrite/

  12. c’est toujours avec grand plaisir que je te lis, toujours admiratrice d’un tel talent !! tu as trouvé la métaphore, tu es un réel athlète des mots !!!! :)

  13. Bonjour Denis,

    C’est toujours pour moi un honneur de voir mes commentaires atterrir sur le blog d’une personne très spéciale dont je suis fier de son amitié, c’est toi cher ami Denis.

    C’est sûr que la meilleure matière première pour raconter une histoire est de raconter sa vraie histoire, car il s’agit d’une histoire vraie et lorsqu’un visiteur la lit il sent qu’il est devant des faits vrais une histoire qui est vivante et qui lui parle.

    Même si dans certains passages de ton article je n’étais pas encore arrivé à ce monde, mais ton article m’a permis de plonger dans l’océan des souvenirs de mon enfance. Aussi ce qui m’a plu c’est le fait de parler de la philosophie une matière que j’aimais beaucoup au lycée, j’étais toujours le meilleur et le premier de la classe :) avec comme moyenne (15/20) et j’aimais plus le thème de la personnalité.

    Cher Denis, je t’écris ces mots pour te remercier de m’avoir donné l’occasion de vivre avec toi cette belle et exceptionnelle histoire qui contient une bonne dose de « l’Emotional Writing », ça m’a permis de vivre un moment de nostalgie même si je ne suis pas du tout vieux.

    Bravo Bravo Bravo et mille Bravo, un article très réussi et très émotionnel.

    No Comment ( après tout ce que j’ai dit )

  14. Sympa ton article Denis.
    Je suis aussi un fervent partisan de la création d’un article racontant une histoire (vécue) en lien avec la ligne éditoriale du blog. Je reconnais aussi que ce n’est pas toujours évident d’éviter le jargon professionnel et l’exposé théorique à mourir d’ennui 😉
    Merci pour ce partage.

  15. C’est confronté aux cicatrices du temps, à la grandeur des petits combats, aux futilités des êtres que se forge l’esprit. Il n’y a pas de boutique des sentiments. Seule la confrontation aux émotions permet d’accorder chair au récit. La base d’un digital storyteller, en fait… le concepteur rédacteur web dont les marques au vrai passé ont besoin!

  16. Je viens de lire un article qui fait peur :
    https://medium.com/p/4d49586643cb
    oui , les meilleures histoires n’ont rien à voir avec la théorie froide !
    Pour le lecteur, non seulement lire une histoire (même avec un but professionnel) est plus agréable, mais en plus, le coté « expérience », le vécu, donne une certaine légitimité à celui qui écrit.
    Je crois, Denis, que nous sommes à peu près de la même génération : peu de télé et pas d’ordinateur ! #nostalgie.
    Jeunes, nous avions des moments de désœuvrement complet. Les adultes ne nous contraignaient pas à des activités incessantes ( « pour nous occuper » ). Nous avons, donc, eu la chance de nous ennuyer !! Et ainsi de laisse vagabonder notre imagination, de nous inventer des histoires, de mettre en place des senari pour nos jeux : nous avons, naturellement, développer le muscle créativité !
    C’est ce qui nous permet, maintenant, de ne pas être des robots, de rester humains en gardant toujours du recul, et de conserver notre jardin (secret) que l’on sait entretenir.
    Perdre du temps nous régénère !
    Ta force Denis, vient de tous ces petits moments de révasserie. Continue à nous enchanter STP.

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