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Et si on racontait une histoire… au Social Selling (Telling ?!)  Forum de Nice

Lors du Social Selling Forum de Nice le 26 octobre 2018, j’ai animé avec plusieurs collègues (Danielle Fazzio, Katia Blanc, Siegfried Haack, Lionel Clément, Simon Deldique) l’atelier sur le Storytelling. Les questions posées étaient :

« Pourquoi adopter le storytelling ? Comment créer des histoires importantes pour le Social Selling ? »


Il ne s’agit pas de mon intervention, mais de mon travail préparatoire pour cet atelier. Bien sûr, j’ai repris certains de ces points durant mes interventions.

Je vous pose une question, si vous deviez citer l’un des plus grands succès commerciaux dans le monde du tourisme, quel nom de marque vous vient à l’esprit ? Quel lieu ? Et d’après vous, comment s’est construit ce formidable succès ?

Moi, je vais vous en citer un, il y a de grandes chances que ce soit celui auquel vous aviez pensé : Disney, les parcs d’attraction Disney. Pour nous en Europe, DisneylandParis.

J’ai pris cet exemple pour 2 raisons principales. J’y ai travaillé 15 ans et je connais donc assez bien ce lieu. La deuxième, c’est parce que Disneyland, c’est le royaume du storytelling,  c’est là que j’ai été formé au storytelling, que j’ai tout appris.

Walt Disney, le roi des storytellers

J’en parlais dernièrement avec Sébastien Durand qui est un des experts en France du Storytelling et qui est aussi l’un de mes anciens collègues. Il me rappelait que Walt Disney disait :

« Je suis un Storyteller. De toutes les choses que j’ai faites, je voudrais qu’on se souvienne de moi en tant que Storyteller ! »

Disneyland : le Royaume du Storytelling et son Roi

Connaissez-vous le nom que l’on donne à un employé chez Disney ? C’est un Cast Member. Car lorsqu’on travaille à Disney, on fait partie d’un spectacle qui se joue tous les jours de l’année et chaque employé fait donc partie du « cast ». A quel moment devient-il un acteur ? Dès qu’il entre en scène et la scène, c’est le Royaume Magique (Magic Kingdom), la plus grande scène à ciel ouvert du monde. Chacun y a son rôle. Si vous êtes à Adventureland, vous pourriez interpréter un pirate ou même Peter Pan ! Si vous êtes à Frontierland, vous pourriez être un cowboy. Moi, j’étais à City Hall ou si vous préférez, en français dans le texte, l’Hôtel de Ville. C’est un bâtiment qui se situe près de l’entrée à Main Street (la rue principale).

Main Street justement, savez-vous ce que représente cette rue ? C’est une ville comme Walt Disney l’a connue pendant son enfance à Marceline dans le Missouri. On est donc habillé à la mode du début du XXe siècle. Walt Disney nous raconte ses souvenirs en commençant par son enfance. En tant que Cast Member, on devient les acteurs d’une histoire dans laquelle Walt Disney nous entraîne, comme s’il nous prenait par la main.

Autre exemple, à Frontierland, il raconte l’histoire de son pays à travers le Far West, ou encore à Fantasyland, on y retrouve la plupart des contes de fées qu’il a portés à l’écran. Ces dessins animés sont d’ailleurs des adaptations des histoires originales. C’est déjà un travail de storytelling. De Blanche-Neige à Dumbo en passant par Alice au Pays des Merveilles ou La Belle au Bois Dormant. 

A propos de Blanche-Neige, Sébastien Durand m’a rappelé cette anecdote révélatrice du storytelling de Walt Disney. Lors de l’ouverture du premier parc près de Los Angeles, l’attraction Blanche-Neige était sans Blanche-Neige ! Son personnage n’était représenté par aucun audio-animatronics, c’est le nom que l’on donne à aux automates qui sont présents dans les attractions. Bien sûr, les visiteurs s’en étonnaient. Alors Walt Disney leur répondait : 

« Mais Blanche-Neige, c’est vous  ! Quand vous êtes dans l’attraction, vous voyez avec les yeux de Blanche-Neige. »

Et Sébastien précise :

« Mais cette réalité augmentée avant la réalité augmentée était trop novatrice pour l’époque : en 1992, pour la version Disneyland Paris, les Imaginers ont réintégré Blanche-Neige dans les Audio-Animatronics pour faciliter la compréhension de l’histoire. »

Minnie ou l’éternelle jeunesse : elle (et Mickey aussi) aura 90 ans le 18 novembre 2018

5 enseignements sur le storytelling

J’en retire 5 types d’enseignement à propos du storytelling :

  • Le Storyteller est souvent un visionnaire. Et c’est justement le fait de raconter des histoires qui lui permet d’être en avance sur son temps, il va plus loin que le présent grâce au storytelling. D’ailleurs à Disney, il y a un lieu réservé aux visionnaires : Discoveryland.

  • Avec le Storytelling, on devient acteur. Cette interaction est à la base du monde du web et des réseaux sociaux. C’est donc souvent la méthode la plus adaptée non seulement pour capter l’attention de l’internaute, mais aussi pour le rendre partie prenante de votre projet.

  • Il ne faut pas limiter le storytelling à la seule narration, à la lecture d’une histoire. Il y a mille façons de faire du storytelling, par exemple en adaptant un conte de fées au cinéma ou en concevant un parc d’attraction, etc.

  • Souvent, le Storyteller n’invente pas une nouvelle histoire. Mais il la réinvente. En prenant des histoires originales, il en fait une adaptation qui prend en compte le support, le format et l’époque.

    Le support ? on ne raconte pas de la même façon une histoire dans un livre, dans un film, au théâtre, sur les réseaux sociaux ou un blog, dans une attraction ou un jeu vidéo, etc. Le format ? Il prend en compte notamment la durée ou la longueur. L’époque ? C’est parfois une mise à jour. Par exemple, les personnages des dessins animés sont inspirés de certains acteurs. Le plus célèbre, c’est le génie d’Aladdin qui prend les traits de Robin Williams (et la voix dans la version en anglais).

    Petite remarque : les artistes de la Renaissance faisait la même chose. Il mettait en scène les personnages de l’époque dans les fresques. Dans « L’école d’Athènes » de Raphaël par exemple, Héraclite est interprété par Michel-Ange et Platon par Léonard de Vinci. Les peintres de la Renaissance étaient aussi des storytellers.
     
  • Enfin, et c’est le premier enseignement, pour bien raconter une histoire, il faut partir de son histoire. De cette façon, vous devenez plus crédible aux yeux des autres, car vous ne trichez pas, vous êtes authentiques. Vous vous mettez en scène à un moment ou l’autre dans l’histoire. Comme Walt Disney dans ses parcs ou, pour citer un autre exemple, dans l’histoire de l’art, comme Michel-Ange qui s’est représenté deux fois dans la fresque du Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine.

    A ce sujet, je vous invite à lire mon histoire en cliquant ici.
Au milieu des années 90, Internet était encore balbutiant. Lancer un site, c’était un grand saut dans l’inconnu. Et expliquer aux autres l’importance de tenter une telle aventure était une mission quasi impossible. Sauf pour un storyteller. Il fallait être capable de mettre en scène une présentation qui montre le futur avec des éléments qui nous sont familiers. Un peu comme si l’histoire de Star Trek prenait forme devant nos yeux. A Disneyland Paris, l’entreprise où je travaillais à l’époque, le capitaine Kirk, c’était Sébastien Durand. Et j’ai compris ce jour-là à la fois la révolution que provoquerait internet et l’impact du storytelling. Plus 20 ans plus tard, je m’en souviens, avec quelques imprécisions, mais je m’en souviens encore. C’est aussi ça la force du storytelling, marquer durablement la mémoire. Et parfois, creuser des sillons. Merci Sébastien pour cette dédicace.

Ce n’est qu’un article de blog sur le storytelling. Si vous avez envie d’en apprendre plus, je vous conseille fortement le nouveau livre de Sébastien Durand : « Le Storytelling » (en vente sur Amazon). C’est le guide parfait pour raconter efficacement votre marque, ré-enchanter votre marketing et votre communication.

Si un jour, vous avez envie de plonger littéralement dans une expérience de storytelling à 360°, alors rendez-vous à Disneyland Paris en ayant à l’esprit cet article. Vous entrerez dans le royaume du storytelling et vous y retrouverez son Roi : Walt Disney. Comme le disait X. Atencio, un des Imagineers de légende (Haunted Mansion, Pirates etc.)  :

«Walt was a storytebler above all. He told stories better than anyone else around and he got the people around him to turn his stories into movies and theme park attractions »

Si vous souhaitez recevoir le texte de cet article en version PDF, merci de remplir le formulaire de contact en cliquant ici


Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

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