Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans !

257 Flares 257 Flares ×

Si j’ai tant attendu pour trouver le métier qui est vraiment fait pour moi, c’est parce qu’il a fallu l’inventer. Dès lors qu’il a enfin été inventé, je ne veux plus l’abandonner. J’ai été patient, maintenant, je veux être persévérant.

Patience est un mot qui revêt une grande sagesse.

Ce matin, j’ai ouvert la fenêtre et le vent m’a susurré ces paroles :

« Sois patient avec moi ! »

Le vent n’est que le messager. Mais qui s’est exprimé ? Quel est l’auteur de ce message ?

Le pin maritime, les eucalyptus, l’amandier et les cyprès qui sont là plantés devant ma fenêtre ? Sans aucun doute.

Les hirondelles, les rouges-gorges, les tourterelles et les pies voleuses qui viennent s’abriter et picorer sur ces mêmes arbres. Là aussi, cela ne fait aucun doute.

Je suis d’humeur bucolique ce matin. C’est naturel pour une personne qui est née un 21 mars, le premier jour du printemps.

 

Pourquoi démissionner ?

« Sois patient avec moi ! »

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que j’entends ce message. Quel est ce Community Manager qui me parle comme dans un tweet en moins de 140 caractères ?

Son nom est encore plus court dans toutes les langues du monde. C’est un mot de 3 lettres en français, 4 en anglais, italien ou espagnol, 5 en allemand, 6 lettres en Sango (la langue nationale de la République Centrafricaine), etc.

C’est la VIE, LIFE, VITA, VIDA, LEBEN, DOUNIA…

Et vous, dans votre langue, comme s’appelle la vie ?

La vie me demande d’être patient. Et je vous en donne un exemple. J’ai 43 ans (2011) et j’ai enfin trouvé le métier fait pour moi ! Plus de 20 ans d’une carrière professionnelle à m’étalonner et tenter une dizaine de métiers.

J’énumère : journaliste local, journaliste sportif, vendeur d’encyclopédies, opérateur dans un call center, agent de change, hôte d’accueil, guide VIP trilingue, guichetier, responsable des objets trouvés, traducteur bilingue au service sécurité et parfois au commissariat, chef de gare, conducteur d’autobus impérial, formateur, écrivain, intégrateur html, conseiller clientèle, chef de projet web, chargé de la communication interne, responsable de la communication, rédacteur d’offres marketing, webmaster et quelques autres plus compliqués à définir comme en charge du Duty Manager Report ! Soit en fin de compte plus d’une vingtaine de fonctions différentes.

Je ne regrette rien. J’ai toujours appris quelque chose. Rien n’a été inutile. Pourtant, jamais je me suis dit : « Denis, tu feras ça toute ta vie ! »

Enfin, ça c’était hier, car en août j’ai eu l’intime conviction de pouvoir le dire vraiment. Quel est le meilleur moyen pour en être sûr ? S’éloigner !

Si vous voulez être certain de vouloir quelque chose dans votre vie, éloignez-vous de cette chose pendant quelques temps. Si elle vous manque vraiment alors il y a des chances que cette chose soit faite pour vous.

Vous aimez écrire, alors n’écrivez plus.

Vous aimez manger des pâtes, alors ne mangez plus de pâtes.

Vous aimez voyager, alors ne voyagez plus.

Vous aimez quelqu’un, alors séparez-vous ne serait-ce qu’une semaine.

Et n’ayez pas peur, l’éloignement temporaire mettra en lumière votre désir le plus grand.

Le 15 août 2011, j’ai démissionné de mon rôle de Community Manager. C’était nécessaire. Je devais le faire.

Le 5 septembre 2011, je reviens comme Community Manager. J’aurais pu revenir même avant. J’avais très envie de m’exprimer et de répondre à tous vos encouragements. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait les premiers jours. Par respect. Mais ce n’était pas la règle du jeu. Je devais m’éloigner sans faire semblant. Eteindre le courant. Respirer l’air marin.

Community Manager, c’est MON métier, je suis fait pour ça. Ecrire sur le web en 3000 ou 140 signes. Un article, un commentaire ou un tweet. Peu importe. Mais écrire sur le web avec un vrai savoir-faire et le faire savoir.

Même si j’ai 43 ans et que l’on me dit que c’est un métier pour les moins de 26 ans (1) ! Que voulez-vous, quand j’avais 26 ans (1994), le web était encore un OVNI en France. En 1995, j’avais déjà une connexion et un email. Quand je n’étais pas chez moi, je devais me brancher sur un minitel pour consulter mes mails ! On commençait aussi à parler d’intranet et j’ai développé avec 4 autres collègues le premier intranet d’Euro Disney. Au début, c’était un peu technique. Il fallait tout faire à la main. C’est comme ça qu’à l’époque on apprenait le HTML et on montait des sites. C’était une nouvelle aventure. Comme découvrir l’Amérique ou marcher sur la Lune. Ces références ne sont pas exagérées, voyez où l’internet nous a conduit aujourd’hui. Et ce n’est pas fini.

Moins de 26 ans mais pas encore capitaine !

Le capitaine

D’ailleurs, qu’il s’agisse de la Pinta, la Nina, la Santa-Maria ou Apollo, il y avait bien un capitaine ou un commandant à bord. Sur les réseaux sociaux, ce capitaine, c’est le Community Manager.

Et le capitaine avant de devenir capitaine est aussi passé par tous les postes. Un peu comme moi. Je vous l’ai dit et vous le répète, je suis fait pour ce rôle. L’expérience n’est jamais négligeable quel que soit le métier.

Mais l’expérience, ce n’est pas forcément 20 ans à faire la même chose. Ce n’est même pas du tout cela. C’est la richesse de vos expériences qui vous conduisent un jour à devenir le capitaine du navire. C’est pour cette raison (pour reprendre un vieux débat du début de l’année) qu’un stagiaire ne peut pas être recruté pour occuper un poste de chef de projet. (2)

Je suis Community Manager parce que j’ai conduit pendant 3 jours un bus impérial et pas parce que je suis inscrit sur Facebook !

Il y a d’autres raisons pour lesquelles j’ai la conviction que Community Manager est mon métier.

D’abord pour mon style. Balzac et Proust sont d’immenses écrivains. Mais la description du pot de fleurs dans les premières pages du Père Goriot n’aurait aucune chance de dépasser une centaine de lectures sur le web. Pourtant, on atteint un sommet de la littérature. Mais ce n’est pas ce qu’un internaute recherche. Je n’ai malheureusement pas le talent de ce cher Honoré alors j’ai décidé de me consacrer à un autre genre d’écriture. En revanche, je crois sincèrement qu’un Balzac aurait très bien pu s’adapter au style abrégé de la rédaction web. Le génie et la classe en plus !

Courtoisie et communauté

Ensuite pour ma courtoisie. Et j’insiste sur cet aspect. Un Community Manager est un modérateur. Il intervient notamment dans les débats où toutes les opinions s’expriment. Ce n’est pas son rôle le plus facile. Les dérapages existent et certains propos sont souvent agressifs, voire insultants. C’est comme naviguer dans une mer démontée. Le capitaine doit faire preuve d’une grande maîtrise. Et affronter la vague de face n’est pas forcément la bonne solution. Mais dans un débat, ce sont des personnes qui s’expriment et si ces personnes sont anonymes, elles ont la fâcheuse tendance à déraper un peu trop commodément. Si le Community Manager est le capitaine, alors il doit avoir un visage, il n’est pas un pirate. Je me sens bien dans ce rôle. Je n’ai aucun problème à dire qui je suis et à traiter avec la plus grande courtoisie tous mes invités. On m’en parle souvent et on me dit que c’est rare sur le web. J’en suis particulièrement fier.

Ensuite parce que grâce à mon style, à ma courtoisie et aux idées que je tente d’expliquer, j’ai réussi à réunir autour de mes débats et mes articles un public, ou si vous préférez pour rester dans le thème, une communauté. D’ailleurs, le mot communauté est mieux adapté. Le public assiste à une représentation. Les membres d’une communauté ne se contentent pas d’applaudir, ils agissent. Ils le font par leurs commentaires, par leurs tweets, en diffusant ou non l’info dans leurs réseaux et à leurs relations.

Je me sens, notamment grâce à mon blog, le capitaine d’une communauté qui a envie de participer à un web de qualité, à un espace de liberté, de créativité et d’échanges constructifs.

Enfin, dernier point. Je ne suis pas un tweeteur fou. Ou plus précisément, je n’aime pas passer ma journée à tweeter. C’est souvent ce que les entreprises recherchent quand elles recrutent un Community Manager. C’est pour cette raison qu’elles prennent des stagiaires. Mais elles se trompent sur la définition du rôle. Ce n’est pas un Community Manager mais un spammeur !

Cette vision réductive de la fonction du Community Manager est même impensable! Un Community Manager doit connaître tous les rouages d’une entreprise et avoir une idée précise des attentes des clients. Ce n’est pas en se contentant de tweeter du contenu déjà existant qu’il y arrivera. Cette expérience et cette connaissance, on peut les acquérir avant 26 ans, ce n’est donc que par la suite que l’on peut vraiment commencer à postuler au rôle de Community Manager.

Le Community Manager n’est pas un créateur de spams, mais un créateur de contenus. On éviterait bien des polémiques et des malentendus si on commençait toujours par définir les mots et expliquer les choses. C’est l’un des buts de ce blog et de son titre : MORE THAN WORDS. C’est aussi l’une des missions d’un bon Community Manager.

J’espère que les dirigeants d’entreprise et les DRH auront compris le message. Ou qu’ils le comprendront un jour prochain.

Patience !

(1) : « Une DRH me disait l’autre jour qu’il n’était pas question de recruter pour le Web au delà de 26 ans (génération Y). Le www est donc un métier éphémère dans un parcours de vie… », extrait des commentaires de « Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner« 

(2) : C’est le débat qui m’a permis de me faire connaître sur le web, celui qui m’a mis le pied à l’étrier : « Est-il normal de recruter un stagiaire pour un poste de Chef de Projet ?« , plus de 2200 lectures.

Denis Gentile

PS : en 2013, j’ai écrit une autre partie de mon histoire : « Il était une fois un Digital Storyteller ». Et en sous-titre : « Le Digital Storyteller, plus enchanteur que le Community Manager »

digital-storyteller-denis-gentile

 

A lire du même auteur en 2011 :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

– Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

– Y a-t-il un fantôme dans la machine ?

– Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner

Voir aussi la catégorie COLONNES.

34 réflexions au sujet de « Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans ! »

Laisser un commentaire