Archives de catégorie : Editoriaux

Les éditoriaux des auteurs de More Than Words.

Le futur est féminin ! Bonne fête à toutes les femmes

Cet article est dans la droite lignée de ce blog. Comment des mots peuvent tracer votre destin ?


Je me souviens d’une interview de Sting dans les années 80.

Il parlait du monde, de la situation politique et de la paix.

Mais surtout, il parlait des femmes.

Il faisait un raisonnement simple et tellement évident.

Tout part de la constatation que le monde est gouverné par les hommes depuis toujours. Et que retenons-nous de nos cours d’histoire ? Les guerres !

Les hommes au pouvoir ont fait du monde un immense champ de batailles.

Comment changer le cours de l’histoire ?

Si ça ne marche pas avec nous les hommes, alors pourquoi ne pas mettre le sort du monde dans les mains des femmes !

Ce n’est pas de la petite rhétorique ou de la basse démagogie, c’est une vérité remplie d’espérance.

Le monde de demain sera meilleur car la femme est l’avenir de l’humanité.

Parce que la femme est différente de l’homme. Et surtout pas identique ou égal. Elle est différente car elle a d’autres qualités. Des qualités qui la porte naturellement à vouloir la paix.

Dernièrement, j’ai répondu à une interview (pour un autre blog) très significative. En voici un extrait :

Le Top5 de nos enfants sera féminin

– Denis, quelle est votre passion ? Et pourriez-vous faire un TOP 5 sur ce thème (ex. sport alors vos 5 champions préférés, ou littérature alors vos 5 livres préférés, etc.)

Alors, je devrais choisir entre le sport, la musique, la philosophie ou l’art ?

Je choisis le sport pour citer des personnages contemporains.

1- le génie de Roberto Baggio

2- la folie d’Ayrton Senna

3- la classe de Roger Federer

4- la férocité de Marvin Hagler

5- l’indestructible Segueï Bubka

 

– Quels sont vos 5 personnages préférés (réels ou imaginaires, historiques, de romans, de films, de l’actualité, etc.) ? Pour l’un d’entre eux, ajoutez un adjectif pour le qualifier.

1- Michelangelo, il a mis l’Art au-dessus de tout.

2- Le guitariste Nuno Bettencourt, il met la musique au-dessus de tout.

3- Thomas d’Aquin qui commente la philosophie d’Aristote, ils ont mis la sagesse au-dessus de tout.

4- Socrate, il a mis la justice au-dessus de tout.

5- Jésus, il a mis l’amour au-dessus de tout

– Pourriez-vous nous raconter  quelque chose du futur ?

Du futur ? Les femmes seront au centre de l’humanité. Regardez mes TOP5 des personnages, il n’y a que des hommes. Je crois que dans le TOP5 de nos enfants, il n’y aura que des FEMMES. Le futur de l’humanité passe par ce renversement. C’est la nouvelle Renaissance.

 

Cette interview de Sting, c’était il y a plus de 20 ans et j’avais à peine 20ans. Mais je m’en souviens encore, ces mots ont marqué ma vie et ont tracé mon destin.Chaque article de ce blog devrait avoir cette empreinte. Des mots lus ou entendus et gravés en nous.

Bonne fête à toutes les femmes.

Permettez moi de citer mes rédactrices : Cécile Courtais, Florence Augustine, Céline Jyoti, Justine Neubach et Victoire de Changy. C’est mon Top 5 en ce jour de la journée de la femme.

Denis Gentile

 

Cliquez sur « J’aime », M comme… Montpellier !

Montpellier serait la plaque tournante du web en France. C’est en tout cas l’impression que l’on peut avoir quand on est sur les réseaux sociaux. On y passe pas une heure sans y croiser un Montpelliérain.

Pour preuve de ce dynanisme, l’innovation qu’apporte Otograff dans le domaine de la presse. C’est pourquoi j’ai demandé à Cécile Courtais de nous parler de sa ville. Qu’en est-il de Lyon ? Paris ? Strasbourg ? Nice ? Marseille ? Bordeaux ? Lille ? ou même Bruxelles ? Qui se pose en challenger de Montpellier ? C’est le défi que nous vous proposons de relever.

Il y a 20 ans que j’ai quitté Montpellier, il y a 2 ans que j’y suis revenue.

Et bien, en arrivant, je n’ai rien reconnu !

Montpellier est aussi une des rares villes à avoir une webcam en temps réel de sa place principale : http://www.montpellier.fr/150-webcam-comedie.htm (cliquez sur l’image)

Montpellier, c’est aujourd’hui la 8° ville française avec la plus forte croissance démographique du pays : 3 000 nouveaux arrivants par an, 280 000 habitants intra-muros dont 25% d’étudiants, plus de 390 000 habitants pour l’agglomération dont 43% de moins de 30 ans…

Vous commencez à comprendre pourquoi 20 ans plus tard, j’ai trouvé que Montpellier avait beaucoup changé ? Mais qu’est ce qui attire autant ? Mis à part nos 300 jours d’ensoleillement par an bien entendu… Parce qu’ici, il n’y a pas grand chose, les grandes entreprises se comptent sur les doigts d’une main, l’industrie est très peu représentée. Alors comment Montpellier a réussi à se développer ? Et bien tout simplement en misant sur les activités de services : la recherche, l’enseignement, le tourisme…

C’est ainsi que lorsque je suis arrivée il y a 2 ans et que j’ai commencé à prospecter, j’ai eu le vertige ! Aujourd’hui, Montpellier rassemble un nombre impressionnant d’agences de communication, de studios graphiques… Mais aussi et surtout des agences web dont certaines parviennent à avoir un rayonnement national, voire international. Et une présence sur les réseaux sociaux à tous les niveaux : des institutions comme Montpellier Agglomération avec près de 4 900 amis sur Facebook, jusqu’aux clubs de sport comme le MAHB et sa page qui rassemble plus de 14 000 fans… Ici, on ne fait pas que suivre la tendance, on la crée !

DIP Extended

D’ailleurs quand je suis arrivée, j’ai commis une grossière erreur : j’ai pensé qu’il me suffisait de prospecter par mail et de relancer par téléphone. Et bien ça n’a pas marché. En revanche, quand j’ai refait les mêmes demandes en passant par Viadeo, là, j’en ai rencontré du monde ! Et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Delphine Sauret. Elle est graphiste et dirige le studio Delf In Progress mais elle a aussi la volonté de travailler avec d’autres free-lance pour allier nos compétences et proposer un service complet et sur-mesure, c’est le concept DIP Extended dont j’ai la chance de faire partie avec Julie Beille Foltz, la troisième drôle de dame ! Ensemble, nous avons réalisé un magazine pour nous présenter :  http://madmagz.com/magazine/109406#/page/1

Et pour l’anecdote, Delphine Sauret est une vraie geek (c’est toi qui l’as dit, c’est pas moi !), présente sur tous les réseaux et surtout active. Enfin, c’est une vraie Montpelliéraine, depuis 5 générations et ici c’est plutôt rare vu le nombre de nouveaux arrivants par an ! Je laisse maintenant le clavier à Denis Gentile qui va vous présenter les community managers et les blogueurs de Montpellier !

Les Montpelliérains sur les réseaux sociaux

Voici quelques noms que je croise parfois sur les réseaux sociaux. Cette liste n’est pas exhaustive et pourrait être complétée à votre demande. Elle vous donne une idée du dynamisme des Montpelliérains. A commencer bien sûr par Cécile.

Patrice d’Arras est le directeur de la publication d’Otograff, un concept innovant qui unit la presse papier et le web 2.0. Je vous invite à en découvrir plus en lisant mon article « Ils veulent sauver le papier grâce à un nouvel algorithme ! »

Gilles Marc, Community Manager à  Montpellier Territoire Numérique.

Marco Feau, membre du groupe des Community Managers Francophones sur Facebook.

Muriel Cossard Guy, membre elle aussi des Community Mangers Francophones et de la page e-réputation et vous sur Facebook.

ForVip Montpellier, Community Manager vous propose des idées pour votre soirée à Montpellier.

Marie Laure Vie (Marilor Montpellier), Responsable nouveaux projets multimédia et Gestionnaire médias sociaux.

– #BoostMyKarma (BMK) est une plateforme fun et décalée qui rend les bonnes actions facilement accessibles au grand public. A lire cet article du Midi Libre, « … plusieurs étudiants de l’université de Montpellier qui bouillonnent d’idées… »

Frédéric Laumonier et son concept malin « Expédiez entre vous« , Site internet permettant l’envoi de colis lettres et objets à travers le monde entier, grâce aux voyageurs des 5 continents. Objectif, apporter un service économique, écologique et rapide.

Pierre Lafon, Community Manager, membre du projet HTag. Pierre nous suggère aussi : « Afin d’enrichir ta liste je citerai Maxime Berthelot CEO de Neiio, un projet ambitieux et innovant! www.neiio.com« 

Suite à notre article, nous vous signalons une nouvelle initiative de la part de Sylvain Sengbandith :

« Avis aux montpelliérains : Seriez-vous intéressés par l’organisation d’une conférence sur les Médias Sociaux? Et de ses enjeux? »

Vous pouvez répondre soit dans les commentaires de cet article, soit en allant sur le mur de la page facebook de Sylvain. Encore une preuve de l’activité et de la réactivité des montpelliérains.

– Sur Facebook, 75000 internautes aiment la page « I love Montpellier »

Et toute l’actu minute par minute sur Montpellier : http://www.toutmontpellier.fr/

Et les autres ? Venez relever le défi !

Nous lançons aussi un appel et un défi à Anthony Rochand (DooMiz) et Angelina Refnou (Caf’ Business) à Lyon, Alexi Tauzin et Benjamin Petit (Stras’tegic) à Strasbourg, à Sorin-Claudiu Marica (First-site Weddict) à Cannes, à Cécile Talec (Solutions Graphik’n Print) à Nice, à Jacques Tang à Bordeaux, à Olivier Jadzinski (EuKlide) à Grenoble (après correction),  à Djivan Minassian (My Community Manager) à Marseille, Eric Messeca (Humain au coeur du numérique) et Jean-François Ruiz (webdeux.info) à Paris, Stéphanie Michaux (Le petit Littéraire), Philippe de Casabianca (More Than Words) et Victoire de Changy (Victoire Magazine) à Bruxelles… et à tous les autres avec à leur tête Valérie Thuillier.

Votre mission, si vous l’acceptez, est de nous dire pourquoi votre ville est plus dynamique que Montpellier sur le web.

Quel est le challenger de Montpellier ? Montpellier qui vient d’ailleurs de recevoir le prix de la croissance verte numérique. Quelles sont les initiatives à hauteur de celle de Patrice d’Arras et son Otograff ?

Qui relève le défi ?

Cliquez ou commentez. Au plaisir de vous lire.

Cécile Courtais & Denis Gentile

 

Blog de presse: faut-il occire l’oxymore?

Blog de presse par ci, blog de presse par là, blog de moi même partout, les blogs de presse fleurissent ça et là sur internet oubliant par là la vocation de la presse qui est d’abord de produire de l’information… journalistique. Blog de presse? Une contradiction dans les termes. Mieux: comme une délicieuse guerre, un oxymore.

 
Pas de blogue ! J'suis journaliste moi.

L’oxymore est d’usage délicat. Car associer deux mots a priori incompatibles, comme l’idée du silence assourdissant ou de la délicieuse guerre, voilà qui peut donner lieu à de la carricature racoleuse. L’oxymore est une plante délicate qui ne peut donner toutes ses couleurs et offrir tout son parfum que dans le bon terreau.

Frapper les blogs de presse de l’opprobe de l’oxymore, tel un exercice de raccolage prohibé, n’est-ce pas en fait trop risqué ? Le blog de presse appartient-il vraiment à cette catégorie qui peut tomber dans le charme vénéneux sans crier gare ?

 

Le blog est incompatible avec la mission du journaliste

En réalité, dans l’ADN du blog, on trouve les gènes de l’auto-promotion. Ce blog ne déroge pas à cette règle. Cela n’est donc pas pour nous une tare. Avec le blog, l’internaute peut crier sans gène, à moi la célébrité sur internet: plus besoin donc de déambuler comme homme sandwich. Le blog sert d’abord à faire parler de soi, à échanger ensuite, l’un n’excluant pas du tout l’autre. S’il fallait rapprocher cet exercice d’un genre littéraire, sans doute faudrait-il le comparer au journal d’écrivain.
Et c’est là que le blog nous semble incompatible avec la mission d’information que doit poursuivre la presse. Certes, un journaliste talentueux, opiniâtre, équilibré fera forcément parler de lui. Certes aussi, son objectif demeure que les articles soient lus, que ses films soient visionnés, que ses sujets soient entendus de par les ondes. Mais en tant que tel, la mission d’un journaliste n’est pas celle d’un chanteur du prime time: il n’a pas à brûler les planches ni à exhiber son nombril par octets interposés.
Prenons l’exemple de The Economist. Dans sa version papier, nulle trace de signature car il ne s’agit pas de flatter l’égo des journalistes mais bien de rappeler qu’ils doivent s’effacer derrière leur mission de journaliste, derrière l’esprit d’équipe du titre. C’est un exemple à méditer.
Il est bien possible de trouver des journaux qui sur internet ont des blogs. Nous ne sommes pas sûrs que cela obéisse toujours à la définition de l’information car dans bien des cas, il s’agit alors de faire la promotion du nombril d’un journal qui, s’il restait fidèle à sa mission, pourrait se contenter de la qualité intrinsèque de ses propres sujets et articles. Du coup, c’est le blog qui deviendrait obsolète.
A y regarder de plus près, on peut donc observer que le blog répond à une logique de promotion, souvent un sport individualiste ou au profit d’un petit nombre d’émetteurs, tandis que l’information, même si elle est souvent émise à dessein, répond davantage à une logique d’intérêts collectifs des récepteurs, des publics cibles. Lorsqu’un journaliste traite d’un sujet, c’est d’abord pour être fidèle à sa mission d’information du public. Lorsqu’il écrit un post sur un blog, c’est d’abord pour faire parler de lui.

 

Le Canada Dry de l’info

Ca ressemble à de l'alcool, mais c'est pas de l'alcool !

Prenons le blog de Jean Quatremer sur Libération. C’est d’abord lui qu’il met en scène. S’il relate des informations, c’est d’abord en tant que porte parole de lui même. Est-ce la mission du journaliste ? C’est loin, très loin d’être certain. Au fond, cela ressemble à ces journalistes qui posent des questions en salle de presse alors qu’ils en connaissent la réponse. Le but ? Pavanner devant des confrères… Nous préférons penser que le blog de presse participe d’une opération de communication réalisée pour et par des journalistes, un oxymore, donc.

Nous n’en sommes cependant pas à dénier de charmes “les blogs de presse”. On peut y apprendre des éléments d’informations croustillantes, on peut y goûter à un autre style mais on se demande alors comment se fait-il qu’un journaliste qui s’est fait un nom par un organe de presse connu, se serve de cette réputation pour employer des techniques et des ficelles que son rédacteur en chef aurait réprouvées pour l’édition payante ? Deux poids, deux mesures ?
Il y a là un jeu de dupes. On ne pas reprocher au journaliste ces manquements à l’éthique de la presse et de l’information parce que ce n’est pas le site officiel du journal. Eh non, c’est un blog, donc c’est libre. Trop facile, non ? Cela ressemble à certains écrivains comme Dan Brown et don Da Vinci Code qui mettent le titre roman (comme cela; on évite les critiques des historiens) mais qui passent leur temps à habiller leur ouvrage du paquet cadeau du documentaire informatif quoi que mis en scène. En somme, un blog de presse, c’est le canada dry de l’info. Cela en a la couleur, l’apparence mais pas le reste. Bon appétit et faites attention aux mélanges.

 

Philippe de Casabianca

France Soir, le premier journal 100% web, a tenté de reprendre le souffle de son histoire

« Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! » L’annonce fait sensation. France Soir, le journal qui a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la presse en France, abandonne le support papier.

Mise à jour : France Soir n’a pas repris le souffle de son histoire. C’est un nouvel échec. Ce titre, comme la plupart des quotidiens, appartient au passé. Même si ce passé est glorieux, cela reste le passé. Récemment, j’écrivais dans un autre article sur la chute de la presse écrite : « je choisis le mot « chute » et non le mot « crise ».

Car la crise de la presse écrite date des années 80. En 2016, on peut parler d’une véritable chute.

D’ailleurs, la définition du mot chute dans le Grand Robert est particulièrement significative : « Fait de tomber plus bas, faute d’un support. »

Le support, c’était (et c’est encore) le papier journal. Dans l’Antiquité, le papyrus puis le parchemin ont été les supports de l’écriture. Aujourd’hui dans le monde digital, on ne peut plus raisonnablement dire que le papier est le principal support de l’écriture. Et cette évolution entraîne la chute au sens strict de la presse écrite.

La meilleure solution est donc de partir sur un nouveau modèle, un nouveau format, sans le poids d’un passé trop lourd. Quelque chose de léger avec de nouveaux acteurs et de nouveaux rédacteurs qui ont l’ADN du web. C’est ce que je vais tenter de faire avec le site PositivR et son fondateur Harold Paris. Je vous conseille de continuer la lecture de cet article car il est riche d’enseignements. D’ailleurs PositivR me rappelle France soir, c’est normal quand on prend un nouveau départ, on se raccroche à ce que l’on a déjà connu.

C’est le bon sens qui l’emporte avec cette décision. Francis Benett l’avait démontré en mars dernier dans l’article : « Le Blog est l’Avenir de la Presse ! » (Je vous invite à le lire ou relire !) Prophétique ? Non, l’analyse était simplement pertinente. Est-ce que cela suffira à relancer France Soir ? Et les autres titres de la presse suivront-ils cet exemple ? Pour mieux s’interroger sur le futur, remontons le temps.

L’arrivée du Tour

C’était dans les années 60. En 1963 précisément. C’est l’été. Mon père sort de la maison en courant. Il est impatient. Il veut savoir.  Il veut voir. L’édition du soir doit arriver d’ici quelques minutes. A la une, il y aura la photo du vainqueur. En plein effort sur les pentes du Grand Saint-Bernard ou le visage souriant en franchissant la ligne d’arrivée ? Bien sûr, son nom, il le connaît déjà. La radio couvre la course en direct. Mais ça ne suffit pas. Il manque les images et l’histoire. L’un et l’autre en noir et blanc.

Les vendeurs à la criée sortent des locaux de la mythique rue Réaumur et envahissent, par leur présence massive et leurs voix perçantes, les rues parisiennes. « Anquetil domine le grimpeur espagnol Bahamontès dans les Alpes et s’empare du maillot jaune ! »… « Tout sur le plus grand exploit de Jacques Anquetil ! » Les slogans des vendeurs à la criée n’ont rien à envier aux tweets d’aujourd’hui !

Vous l’aurez compris, mon père attendait l’une des 8 éditions quotidiennes de France Soir  pour tout savoir sur la victoire d’étape dans le Tour de France de Jacques Anquetil, ce 10 juillet 1963. Et c’était comme ça tous les jours. Autre époque, autres moeurs. Pourtant, c’était il y a moins de cinquante ans.

C’était d’ailleurs le même rite depuis 20 ans. Tous les soirs vers 19 heures, mon père allait acheter France Soir pour mon grand-père. C’était son internet à lui ! Son contact avec le monde. Sa façon de rester informé, et le lendemain, sur les marchés (il était vendeur de fruits et légumes) de pouvoir discuter avec les clients.

Le monde a changé. Les nouvelles technologies ont révolutionné la diffusion de l’information. En 1963, on pensait la même chose. Les progrès de l’imprimerie permettaient ce miracle quotidien. Huit éditions par jour ! L’actualité en léger différé de Youri Gagarine (Un Russe tourne autour de la Terre !) aux premiers pas sur la Lune (C’est le jour L !) en passant les évènements de 68 ou la mort de Fausto Coppi.

A bout de souffle !

Jean-Paul Belmondo dans « A bout de Souffle »

« A la grande époque, France Soir c’est 400 journalistes, huit éditions par jour, des vendeurs à la criée aux quatre coins de Paris, une vingtaine de correspondants dans le monde, des notes de frais astronomiques… Il détient même le record historique des ventes dans la presse française : son édition sur la mort du Général de Gaulle, le 10 novembre 1970, a été achetée par 2,2 millions de lecteurs. Pendant des années, son titre est apparu presque comme un nom commun, de la même façon que Frigidaire ou Klaxon. Preuve en est lorsque l’on se penche sur les films des années d’après-guerre ou les sketches des années 1960 à la télévision. On se souvient de Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle : « France Soir, c’est la dernière édition ? Oui, monsieur, Huitième dernière. »… » la suite sur http://presse-paris.univ-paris1.fr/spip.php?article23

50 ans après la question de Jean-Paul Belmondo, la réponse est cette fois définitive : « Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! »

Dans son édition du 10 octobre 2011, l’annonce : « France Soir va abandonner le support papier pour tenter sa chance sur le seul web ». C’est le premier quotidien en France à abandonner complètement le support papier.

Le Figaro a immédiatement commenté cette info en commençant un article avec la phrase suivante : « La chute de France-Soir se profile.» Même chose pour le Nouvel Observateur qui titre :  « Web ou pas, France Soir est un dinosaure en perdition« . Ces remarques me rendent plus inquiet pour Le Figaro et Le Nouvel Observateur que pour France Soir ! Car le sens de l’histoire (et du progrès) nous indique clairement que l’avenir de la presse est lié au web et non au papier. La sagesse de Salomon, un peu pour l’un et un peu pour l’autre (un peu pour le papier et un peu pour le web), ne vaudra qu’un temps. Et France Soir a décidé de suivre son ADN et d’être le pionnier en France. Les autres observeront comme un scientifique observe un cobaye.

Pionnier ou Cobaye ?

Etre le premier n’est pas une méthode qui fonctionne à tous les coups. Même si France Soir peut se targuer de grands succès en ce domaine, il a aussi essuyé quelques échecs. L’un d’entre eux, je peux en parler à la première personne du sujet. Bien sûr, je n’étais qu’un débutant à l’époque et je ne prenais pas les décisions, je les subissais !

Voici mon histoire.

L’actualité versaillaise sur France Soir Ouest

En 1987, France Soir vient de déménager et s’installe à Bercy, derrière le Palais Omnisports.  Je suis alors un humble stagiaire au Service des Sports, sous la tutelle de Jean Perez, le responsable du cyclisme. A la lumière du début de l’article, vous comprendrez que ce n’est pas rien. Je vais notamment suivre plusieurs étapes du Tour de France et suivre les Jeux Olympiques de Los Angeles à distance.

Ce stage est une réussite et je gagne un emploi l’année suivante (1) . Un journal va naître : France Soir Ouest. Un supplément gratuit hebdomadaire qui traite de l’actualité locale en Ile de France. Les dirigeants de France Soir avaient compris deux choses importantes. La première sur l’info régionale qui n’existait pas à Paris. Les meilleures ventes de journaux en France étaient désormais réalisées par les quotidiens régionaux, Ouest-France en tête. La deuxième est la gratuité. Avec près de 20 ans d’avance, ils ont tenté ce pari insensé. Au départ, la sauce a bien pris. Sur le long terme, après le lancement de France Soir Est, l’expérience a pris fin. L’idée était bonne, comme l’idée de ne publier qu’une édition web, mais elle n’a pas été couronnée de succès.

Etre un pionnier signifie être en avance sur son temps et sur les autres. C’était le cas de ce concept. Le problème est d’être trop en avance. Les lecteurs et les partenaires ne sont pas encore prêts. Tôt ou tard, c’est malheureusement l’échec assuré.

Si France Soir avait décidé il y a 10 ans de lancer une édition 100 % web, on peut raisonnablement dire que cela n’aurait pas marché.

Les règles du jeu

Mais en 2011, la situation est plutôt favorable. D’abord avec l’apparition des tablettes, l’iPad et ses concurrents. Comme le dit Francis Benett dans l’article « Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite » :  « Le support a changé les règles du jeu. » Et le premier participant à accepter les nouvelles règles, c’est France Soir.

C’est semble-t-il le bon moment. Mais attention, cela ne suffit pas encore pour transformer l’essai. Accepter les règles du jeu n’est pas la même chose que comprendre et savoir appliquer ces règles. Il y a des fautes, comme dans un match de foot, qui méritent un carte jaune et d’autres un carton rouge.

– Rédiger un article sur le web de la même façon qu’il serait rédigé sur l’édition papier. Carton jaune !

Le journaliste décide seul du contenu d’un article et veut influencer les opinions. Carton rouge !
Non, le contenu, c’est aussi celui des commentaires.
Ils sont aussi importants que votre article. Parfois plus importants.

– Se contenter de publier un contenu impersonnel et passe-partout. Exemples : reproduire bêtement les dépêches ou traduire des articles parus aux Etats-Unis. Carton jaune !

Il faut personnaliser chaque article et raconter des histoires, parfois, son histoire. C’est exactement ce que je tente de faire ici. On pourrait dire que ce n’est pas l’article d’un journaliste, mais d’un blogueur. C’est cela que l’on attend d’une édition en ligne. Les journalistes devront adopter l’esprit des blogueurs.

– Eviter la mise en scène du misérabilisme. Je me réfère à l’article du blog « le bidonville de La Campa ». Extrait : « France-Soir opère une dramatisation autour du bidonville de la Campa pour toucher le pathos de ses lecteurs. » Carton jaune ! Et si à ce misérabilisme s’ajoute la femme nue (une vieille tradition héritée des tabloïds anglais), les courses hippiques et les faits divers à outrance, alors deuxième carton jaune et donc carton rouge !

D’ailleurs, si un dirigeant de France Soir s’intéresse à nous, je lui conseille l’idée d’Eric Messeca et son mouvement naissant : Le mouvement BNFS : Bonnes Nouvelles de Fin de Semaine. Ca, c’est une vraie bonne idée, mais qui n’a jamais su être vraiment bien exploitée. Ca serait pour France Soir un vrai défi ! Une façon de prendre à contre-pied le monde de la presse.

– Faire une édition 100 % web ne peut pas être seulement une mesure d’économie. On fait ça parce que ça coûte moins cher. D’ailleurs, 200 salariés de France Soir ont manifesté devant le siège du quotidien pour défendre la survie du titre papier et contester le passage au tout numérique. Si c’est cela qui guide cette décision, alors cette expérience courageuse n’a aucun avenir. Carton rouge !

Si l’on veut un web de qualité, il faut enfin lui donner les moyens de ses ambitions. Le support web est un moyen de communication qui peut être aussi ou plus créatif que la pub ou le cinéma, plus fort culturellement que le livre et plus participatif (voire, pour employer les grands mots, démocratique) qu’une élection.

Avez-vous d’autres cartons à distribuer ? C’est vous l’arbitre.

France Soir en racontant l’histoire des français, de la France et du monde est devenu le plus grand quotidien du XXe siècle. Ses auteurs étaient de grands écrivains comme Joseph Kessel et des journalistes incomparables comme Pierre Lazareff. Aujourd’hui, ses auteurs pourraient être des blogueurs. Ils n’auront pas la même aura, mais un autre genre de réputation, une e-réputation !

Sur le web, les auteurs de France Soir devront reprendre ce chemin en racontant des histoires et le titre redeviendra la référence.

A la lumière de cet article et de l’évolution inéluctable de la presse, nous pourrions reprendre le bref historique cité plus haut et le traduire de la façon suivante :

« A l’époque du web, France Soir c’est 4000 blogueurs à travers le monde, huit éditions par jour, des community managers qui tweetent aux mille intersections de la toile, des milliers de commentaires pour chaque article, des débits ADSL astronomiques… Il détient même le record historique des lectures dans la blogosphère française : son édition sur les premiers pas de l’homme sur la planète Mars en 2031, a été consultée par 2,2 milliards d’internautes en un seul jour. Pendant des années, son titre est apparu presque comme un nom commun, de la même façon que Plasma ou iPad… »

France Soir a (pourrait avoir !) de nouveau rendez-vous avec l’histoire, son histoire.

Denis Gentile

J’ai raconté cette histoire en fouillant dans ma mémoire. Quelques imprécisions, voire erreurs peuvent s’être glissées dans la narration de l’histoire. Si vous aussi, vous connaissez bien l’histoire de France Soir ou France Soir Ouest, si vous avez participé à l’une de ses aventures en tant que journaliste, je vous invite à partager vos souvenirs et vos réflexions en intervenant dans les commentaires.

(1) Je suis alors en charge de la rubrique « Vie des Communes » puis « Cités » de l’édition de Versailles. Les autres éditions sont sous la responsabilité de Olivier Pelladeau, Vincent et Laurence. Notre rédacteur en chef est d’abord Arnaud Dingreville, puis Bruno Le Marcis. Parmi les journalistes jeunes et déjà expérimentés, il y avait Yves Thréard, actuel directeur adjoint de la rédaction du Figaro.

 

Noblesse, dangers et mort de l’opinion !

Les opinions règnent en maître sur le web. Est-ce une bonne chose ? Une mauvaise chose ? Avant de répondre et pour éviter de tomber dans le piège de… l’opinion, nous voulons d’abord définir avec rigueur le mot OPINION.

Nous avons donc demandé à Pascal Jacob, professeur de philosophie, de nous expliquer cette définition : « Un assentiment de l’intelligence qui adhère à une proposition en conservant un doute. »

L’opinion est suspecte. On la dit changeante, manipulable, et nécessairement fausse. En effet, par définition, l’opinion ne sait pas, elle n’est pas la science. Mais d’un autre côté nous trouvons la science prétentieuse, et la vérité dangereuse. Car prétendre avoir la vérité, c’est rejeter l’autre qui est dans l’erreur. Et nous savons ce qu’il en est de la science sans conscience.

Noblesse et dangers de l’opinion

Il y a une noblesse de l’opinion. Le philosophe la définit comme une adhésion de l’intelligence, une adhésion qui advient non pas du fait d’une évidence ou d’une démonstration, comme c’est le cas pour la science, mais du fait de la volonté. J’adhère non pas parce que je sais, mais parce que ma volonté m’incline à le faire. Cette adhésion est donc mêlée d’une certaine retenue, qui vient de ce que l’on est prêt, s’il le faut, à préférer la vérité à l’opinion. Encore faut-il le vouloir et y consentir. C’est là le problème de l’opinion, c’est que l’on s’y accroche. Car la volonté, qui fait que l’on consent à adhérer à une idée qui n’est pourtant pas évidente, la volonté donc peut elle-même être le jouet des passions, comme le désir ou la haine. Freud fait là-dessus une remarque intéressante : Distinguant l’erreur de l’illusion, il montre que l’illusion est une erreur dont le motif est notre désir. Sans doute y a-t-il des opinions manipulées par le désir, désir de domination, de sécurité et mille autres encore.

La véritable opinion, vécue comme telle, est une étape nécessaire, et parfois indépassable. Nécessaire, parce que la vérité ne nous apparaît que progressivement. C’est vrai, depuis Descartes nous aimons l’évidence. Mais de l’aveu même du philosophe français, nous ne pouvons facilement distinguer la vraie évidence de la fausse évidence.

On peut voir dans l’opinion une certaine humilité, et parfois un vrai réalisme. C’est qu’il y a des matières, que le philosophe appelle des matières contingentes, qui ne peuvent donner lieu qu’à des opinions : quel est le meilleur candidat aux présidentielles ? Faut-il abandonner l’euro ? 

Mort de l’opinion

Mais le défi majeur aujourd’hui est de discerner ce qui relève de l’opinion de ce qui relève de la science. Car il y a autant d’erreur à prétendre à la science dans ce qui relève de l’opinion (c’est l’erreur fréquente de Marx), que de prétendre que tout n’est qu’opinion quand on peut accéder  à la science. C’est l’erreur du relativisme.

Ainsi nous croyons parfois que tout est relatif, et que par conséquent toutes les opinions se valent. Or c’est là la mort de l’opinion. Aussitôt, l’opinion relativiste devient tyrannique, car elle prétend rendre absolue la position relativiste et ouvre ainsi la porte à tous les arbitraires. 

Ainsi, paradoxalement peut-être, la noblesse de l’opinion consiste à croire en la vérité.

Pascal Jacob
Professeur de Philosophie

L’opinion est plus réelle que Dame Vérité

Pour une définition actuelle de l’opinion, peut-être n’est-il pas la peine de monter sur ses grands chevaux philosophiques. Car j’en entends encore, platoniciens ou lycéens dans l’âme (allez savoir), qui se piquent d’opposer opinion/vérité (en donnant à cette dernière le double primat ontologique et axiologique) comme si cela suffisait. Bien sûr que cela a longtemps suffi : au siècle des classiques encore, Spinoza assénait son fameux « veritas est adequatio rei et intellectus »(1), et l’opinion, reléguée au rang malaimé des postulats et vraisemblances, ne valait guère le précieux sésame du jugement vrai.


Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Madame Vérité a lourdement chu de son trône : on lui préfère la connaissance scientifique, moins idéale, pour sûr, mais mieux palpable ; et bien peu commettent encore l’erreur de les confondre.

Pour comprendre ce revirement, il suffit par exemple, de constater l’affrontement et la complémentation des théories de la physique quantique et de la physique classique. Ou, face à un problème relatif au comportement de la lumière, d’hésiter un moment entre une approche ondulatoire et une approche particulaire de celle-ci. Ou même de voir quelle application mettent les scientifiques à recalculer des constantes pourtant connues de longue date ou à remettre en doute des théories que jusqu’alors on croyait « en béton ».Car une chose n’est vraie que jusqu’à preuve du contraire, et la science elle-même, après les grands emballements rationalistes du XVIIème siècle, a dû revoir ses prétentions à la baisse : son but n’est plus de saisir d’une seule poigne la vérité mais de la cerner de modélisations crédibles. Elle relève donc plus du postulat souple que de la certitude. Et c’est là que je souhaitais en venir : ne nous contentons-nous pas, souvent et même dans les domaines les plus rigoureux et pointus de l’existence, de vraisemblance plutôt que de vérité ?Et lorsqu’à l’image des philosophes nous planchons sur la vérité à tout prix, ne tombons-nous pas sur un os ?Et finalement, sur d’autres plans tout à fait étrangers à celui de la vérité (la politique, le que-faut-il-faire, les choix de vie), qu’est-ce qui nous guide ? Notre opinion, je crois. Cette si précieuse fréquentation du vraisemblable qui est la nôtre.

Justine Neubach

(1) : NDLR : Spinoza reprend alors une définition conçue quelques siècles plus tôt par Thomas d’Aquin. En Français : « La vérité est l’adéquation de l’intelligence au réel. »

Steve Jobs s’est enfin mis au vert

La disparition du fondateur d’Apple signe la chronique d’une mort annoncée. C’est aussi celle d’un élan médiatico-populaire qui rappelle l’enterrement de Lady Di entourée d’Elton John chantant Candle in the wind, autant d’éléments qui n’ont pas toujours un rapport évident avec la réalité.

La mort de Steve Jobs ne m’a pas fait orphelin. Je n’ai pas pleuré même si j’ai bien apprécié la une de Libération, l’une des plus inspirées et sans doute fidèle à Apple et à son esprit qui a si bien combiné marketing, sobriété et prospérité.

Une pomme pas vraiment verte

Steve Jobs enfin a pris le temps de faire face paisiblement à son destin et s’est préparé à sa mort avec une certaine dignité. Pas de quoi donc sombrer dans l’hystérie des post-it décorant les magasins d’Apple, autant d’éléments d’une belle promotion gratuite. Au-delà de son départ physique du monde matériel, Steve Jobs aura maintenant le temps de songer (et d’inspirer) à des produits qui soient aussi verts, voire plus, que la pomme de son entreprise.
Car au-delà de l’aspect brillant et même magnétique de ses créations, de l’Apple II à l’iPad, autant de jouets de haute technologie, les produits Apple ne comptent pas parmi les produits verts. Ils sont réputés pour tuer. Les ouvriers chinois surexploités qui les fabriquent à coups de cadences infernales, la nature quand on doit en extraire les produits toxiques et difficilement recyclables comme les batteries à usage limité. N’en jetez surtout pas plus !
Et surtout, surtout encore séchez vos larmes. Certes, il a révolutionné le monde… de la technologie, mais pas le monde en tant que tel. Le comparer à Einstein, c’est bon pour des politiciens qui rêvent de profiter de son prestige. Mort, il ne se risquerait pas à redescendre du ciel pour apporter un démenti.

 

Le computer est enfin devenu personnel

Mais ne mégotons pas : en rendant l’informatique et ses applications beaucoup plus séduisantes que les monstrueuses et inhumaines machines de 2001 l’Odyssée de l’espace, Steve Jobs a fait venir bien du monde sur les rives des octets et de leurs formes désormais aguichantes. C’est peut être, à défaut d’être révolutionnaire, une étape majeure.

Un informaticien qui se soucie de son public, c’est vrai que cela ne court pas toujours les rues. Bien souvent, c’est au public de se former pour comprendre l’informaticien. Avec Apple, le public s’est enfin extrait de ce rôle et c’est là que le computer est vraiment devenu personnel. Mais c’est peut être aussi là que l’ordinateur est devenu plus objet de design qu’instrument de gestion des données par l’utilisateur, enfin par celui qui croit en avoir besoin.

Les couleurs acidulées des iMacs, les écrans tactiles des iPhones, les concentrés de musique des iPod, mais qui donc pouvait y résister ? Autant de possibilités de se faire plaisir sans dépendre des autres… Dingue non ? Dément, je vous dis ! Ce n’est pas un hasard si la direction du design est juste en dessous de la direction générale d’Apple…

Steve Jobs ? Un vrai fil RSS

 

Certes, certes, mais parmi tous ces produits qui font si bien branchés et qui nous rapprochent si bien aussi de nos envies, combien réellement sont-ils l’œuvre de Steve Jobs ? Alors je sais, face à un informaticien qui se fait prendre en photo à la manière des Studios Harcourt, au fond plus comme un designer que comme un dompteur d’octets, la question peut sembler impertinente. Et pourtant, un peu comme Marck Zuckerberg, Steve Jobs n’a pas inventé tant que ça : il a passé une bonne partie de sa vie à perfectionner les inventions des autres, comme la souris, à les agréger et à soigner jusqu’à l’extrême le packaging. Steve Jobs ? Un vrai fil RSS.
Mais pas que cela. Un fil RSS qui se vend et qui fait vendre. Pas un croisé de la démarche scientifique qui publie et partage. Chacune de ses trouvailles, il a pris soin de la labelliser, d’en faire un objet propriétaire qu’on paye. On s’éloigne là du mythe du Web 2.0 et de sa communauté participative.
Apple a su rester à part : sans les virus du monde, il a développé son vers égocentrique comme Eve nous a donné et la pomme et les pépins.

Philippe de Casabianca


Le ‘Making of’ d’un thriller & blockbuster

Cet article ressemble aux suppléments que l’on trouve sur un DVD. Le film en question, pardon, je voulais dire l’article en question est « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! ».  Je vous invite à découvrir tous les secrets de fabrication, ou presque.

Avertissement : Cet article n’a d’intérêt seulement et seulement si vous avez déjà lu Quand Facebook nous remplit d’épouvante !. Puisqu’il s’agit de son ‘Making of’. De plus, s’agissant d’un ‘Thriller’, il vaut mieux le lire sans rien savoir de son déroulement et dénouement. L’emploi du mot ‘Blockbuster’ dans le titre s’explique car cet article a dépassé en 8 jours les 1000 lectures, les 120 ‘like’ sur Facebook, 200 tweets et retweets et surtout parce qu’il a fini dans le TOP 5 (4e) du concours organisé sur le blog ‘Virtuose Marketing‘ de Cédric Vimeux. Un résultat encourageant pour notre blog. Je vous invite à découvrir le classement des 5 meilleurs articles de ce concours en cliquant ici.

Mettre en scène des personnages et une histoire

Tout commence le 21 mars 2011 avec la publication de l’article « Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite ! ». Un certain Francis Benett nous explique comment le web a changé nos habitudes vis à vis de la presse, notre façon d’écrire et de lire. L’important nous dit-il est de mettre en scène une histoire et des personnages. Ce n’est plus simplement relater platement des faits, présenter des opinions, retranscrire une interview ou développer une réflexion. Ca, c’est l’ancienne méthode, celle qui s’imprimait sur du papier journal. Aujourd’hui, il faut être plus créatif pour intéresser le lecteur. Un article de fond et de réflexion (que certains qualifieront de difficile) qui a totalisé plus de 5000 lectures. Un autre ‘blockbuster’ !

Ce n’est pas une fiction !

Attention, il y a une part de vérité à respecter. Vous ne pouvez pas tout inventer. Ce n’est pas une fiction. Le lecteur doit croire à ce que vous écrivez. L’imagination est surtout là pour donner une forme à votre discours. Les éléments de votre article doivent avoir des racines dans la réalité. Quels sont ces éléments ? Ce sont les cailloux du Petit Poucet !

Les lecteurs suivent un chemin que vous avez tracé avec des mots et des idées. Ils vont évoquer dans son esprit quelque chose de familier.

Pourquoi familier ?

– Parce que dans vos précédents articles, vous en avez déjà parlé.

Par exemple, les agressions verbales de certains internautes. C’est l’un des points qui ont conduit à ma démission le 15 août dernier. Quand Ivan Pauleto m’agresse, c’est donc tout à fait plausible puisque c’est déjà arrivé et j’en ai déjà parlé.

Même raisonnement quand je parle de mon chien. Il est bien réel et en plus il a une identité sur le web puisqu’il a son propre blog.

– L’environnement est aussi familier. Le lieu de l’histoire est connu de tous les lecteurs. Il s’agit de Facebook. De plus, je suis Community Manager et j’ai donc des milliers de contacts. Il est donc parfaitement plausible que je ne me souvienne pas d’un nom.

– Des situations qui rappellent quelque chose. Dans les thrillers (mon correcteur automatique me dit que c’est un anglicisme et que je devrais dire films d’épouvante), Scream par exemple, tout commence par un coup de fil. Cette fois, j’ai modernisé la fable. Je reçois un message sur Facebook.

Le tout est cohérent

Un récit est vraisemblable s’il est cohérent. Ce texte a été spécialement écrit pour participer à un concours. Il était important d’intégrer dans le scénario de l’article la participation à ce concours. C’est un des éléments qui assure un lien logique entre les différentes parties du discours. Le concours ne vient pas comme un cheveu sur la soupe. Il fait partie de l’histoire. Cohérence.

Dans l’article : « Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner », j’évoque notamment le manque de temps pour me consacrer à d’autres activités comme la lecture et je cite différents livres que j’aimerais enfin pouvoir lire. Parmi eux, un thriller américain : « L’épouvantail ». Cet article a créé le buzz sur le web. Il a fait exploser les statistiques de mon blog et à susciter de nombreuses réactions sur tous les réseaux sociaux. Je devais donc profiter de ce nouvel élan. J’ai donc repris des éléments contenus dans cet article et j’annonce que j’ai pu enfin finir la lecture d’un livre. La belle affaire ? Non, car si je n’avais pas lu ce livre, je n’aurai jamais écrit cette histoire. Je m’en suis inspiré en réinventant sa trame et en l’adaptant à l’écriture d’un article pour la blogosphère. J’en tire plusieurs enseignements :

– D’abord une idée qui est présente dans mes derniers articles et notamment dans « Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans ! ». Etre Community Manager, ce n’est pas fouiner sur le web et tweeter à tout va 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Non, le bon Community Manager doit s’évader. Il doit prendre le temps de se déconnecter. Dans mon cas par exemple, ça signifie lire un bouquin, me promener avec mon chien, faire des pizze ou encore jardiner. Je me ressource et je trouve l’inspiration pour écrire. C’est la meilleure façon pour ne pas se répéter et tenter de trouver de nouvelles idées. Ma démission, même provisoire, a donc été salutaire.

Le blogueur n’écrit pas comme un journaliste-rédacteur. Il ressemble plus à l’écrivain. Dans un quotidien, le journaliste passe d’un sujet à l’autre avec maestria mais souvent sans continuité. Sur un blog, il y a des liens d’un article à l’autre. Les fameux cailloux mentionnés précédemment. Les articles d’un blog sont donc similaires aux chapitres d’un roman. J’ai bien dit ressemble à un écrivain. Avant de devenir un écrivain, le blogueur devra notamment travailler son style et son orthographe. Le blog est donc un bon exercice. Vos réactions montrent que l’exercice a été réussi. Merci.

– Si vous lisez bien mes articles, vous y trouverez les sujets des prochains. D’ailleurs, tout ce que dit Ivan Pauleto, vous pouvez le retrouver sur le web. Soit dans mes articles, soit dans mes différents profils. Le dialogue est donc parfaitement réaliste et cohérent.

Le Concepteur Rédacteur Web

« Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! » n’est pas l’article d’un Community Manager. C’est un article qui raconte l’histoire d’un personnage dont le métier est Community Manager. Celui qui signe cet article s’appelle CONCEPTEUR REDACTEUR WEB. Il ne se contente pas de résumer des infos qu’il a trouvées sur le web et de vendre ce contenu à des sites comme l’internaute ou d’une agence de voyages (ces textes sont rémunérés 3 centimes le mot). Ca, c’est un travail pur et simple de rédacteur. Il développe un sujet personnel et il le met en scène. Il y a un vrai scénario qui soutient ce texte. C’est pour cette raison qu’il n’est pas inexact de parler de ‘Thriller’, ‘Making of’ et ‘Blockbuster’. Le vocabulaire du cinéma est parfaitement adapté aux compétences d’un Concepteur Rédacteur Web.

Les moyens dans les mains d’un blogueur n’étant pas équivalent à ceux d’un réalisateur hollywoodien, il est à la fois scénariste, réalisateur et acteur. Il se met donc lui-même en scène et il en assure aussi la promotion. C’est ainsi que le Concepteur Rédacteur Web devient un Community Manager.

Ce ‘Making Of’ est pour moi indispensable. Je voudrais prendre « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! » comme une référence pour imprimer un style à More Than Words. Si vous aimez écrire et que vous adhérez à ce que j’essaie d’exposer avec pédagogie, alors je vous accueillerai volontiers sur mon blog. Avis aux amateurs.

Mais attention, il ne s’agit pas de refaire un thriller, il y a bien d’autres genres tout aussi passionnants.

Denis Gentile

A lire du même auteur :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

– Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner !

Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans

Quand Facebook nous remplit d’épouvante !

Voir aussi la catégorie COLONNES.

Peut-on guérir des Nouvelles Technologies ?

Toutes proportions gardées, les Nouvelles Technologies, c’est un peu comme la bombe atomique dans les relations internationales. On ne peut pas faire comme si elles n’existaient pas mais on ne doit pas non plus toutes les acquérir à tout prix ni à tout moment.

Car, si elles sont un prolongement usuel de l’Homme en ce sens où elles lui permettent d’extérioriser son intelligence et son désir de domination du monde, au besoin en passant par le patrimoine d’expériences mises en commun, on s’aperçoit vite qu’elles ne sont pas exemptes d’ambivalence, que ce soit vis-à-vis de l’Homme, qui les a créées, ou vis-à-vis de la science et du réel qui les ont rendues possibles.

Leur caractère présenté comme inéluctable n’est pas forcément une bonne nouvelle si un type d’information n’est véhiculé que sur un support, mettant à l’écart ceux qui ne le possèdent pas. Comme l’explique Jacques Ellul, « l’homme est modifié par ses propres moyens d’expression ». Dans la même veine, le romancier argentin Alberto Manguel (né en 1948) explique que « nous sommes ce que nous lisons » [1]!

Une éducation aux réseaux sociaux

Une forme d’éducation aux Nouvelles Technologies semble dès lors nécessaire pour se les réapproprier ou au contraire s’en détacher. L’automatisme de leur acceptation, pas plus que celui de leur rejet, ne semble être un dogme ou axiome. Leur omni présence ne doit pas signer leur omni potence ni leur omni science. Même leurs soutiens officiels, tels Christophe Ginisty, président de l’association l’Internet sans frontière, reconnaissent la nécessité d’une éducation des personnes pour bien se servir de leurs produits comme les réseaux sociaux sur internet[2] : une bien complexe simplicité.  Pour Monique Linard, c’est le rôle de l’enseignant qui se trouve défié et finalement renvoyé à ses fondamentaux : « Plutôt que transmetteurs de savoirs qui explosent, les enseignants deviennent guides des moyens et des raisons d’y accéder ».[3]

Au-delà de la formule qui a sons sens, –apprenons à pêcher et on donnera à l’Homme les moyens de son développement-, il ne faudrait cependant pas oublier que c’est la transmission directe de savoirs qui permet à l’élève d’aller chercher d’autres savoirs. On ne peut, même avec les Nouvelles Technologies, attendre que l’élève découvre tout par lui-même, sauf à prendre le risque de perte de temps et de contre vérités qui reposeraient par exemple sur une connaissance limitée à ce qui est posté sur internet…

Création ou reproduction ?

Cette éducation implique une certaine vigilance. Loïc Hervouet, directeur général de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, juge ainsi nécessaire de respecter certains commandements pour ne pas se faire abuser par des informations prospérant sur internet, autant d’informations qui peuvent s’affranchir de bien des règles et bien des contraintes. C’est un corpus de règles qui s’appliquent aux journalistes mais tout lecteur peut les avoir en tête. Ainsi, il demande de « se méfier de l’enquête virtuelle exclusivement menée sur le web, d’un journalisme totalement assis, où la production d’information, la création se limitent le plus souvent à de la reproduction »[4].

A nouveau, il faut donc prévoir une éducation des personnes à des outils eux-mêmes censés nous éduquer ou nous simplifier la vie. L’immédiateté des bénéfices des Nouvelles Technologies fait donc parfois défaut : elles doivent passer par des étapes, se coller au rythme plus lent de l’Homme, précisément en raison de leur inhumanité et de leur réticence à passer par les structures et rythmes de l’Homme. Il n’est pas dit que le culte de la vitesse ne pousse pas ensuite les promoteurs des Nouvelles Technologies à tenter de gommer ce défaut trop humain de la pédagogie progressive.

Cela suppose une réflexion sur ce qui épanouit vraiment l’Homme et sur la notion de progrès. Ce qui est vrai pour l’Homme ne l’est pas nécessairement pour son environnement : l’Homme a besoin de grandir, au moins en intelligence et en sagesse, même à l’âge adulte alors que, par exemple, la croissance économique n’est pas toujours souhaitable ni peut être même possible.

Plus vite, moins loin !

Peut-on tenir le même raisonnement pour les Nouvelles Technologies ? Leur évolution est polymorphe et bien malin celui qui pourrait en tracer le sillon définitif. Les tendances analysées par exemple sur l’évolution de la taille des transistors informatiques ne tiennent compte que d’une échelle de temps très réduite. Est-ce parce que nous allons plus vite que nos échantillons de comparaison devraient être plus courts ? C’est loin d’être certain. A force d’aller plus vite, on voit parfois moins loin.

Mais ce qui compte, au final, c’est la nature du lien humain authentique. Quelle réalité y mettons-nous ? Toutes les Nouvelles Technologies portent un jugement de valeur sur ce lien humain même si nous pouvons l’avoir oublié. A nous de décider si c’est aussi notre regard, si c’est vers là que nous voulons vraiment aller. A nous de bien déceler si, avec les Nouvelles Technologies, nous sommes encore capables de vivre en tant qu’Homme, cet individu en société. Doit-on par exemple privilégier le processus sur le produit comme nous y incitent les NTIC ? Car sur Facebook, on est d’abord considéré parce qu’on a adhéré à un groupe, puis parce qu’on a parlé et ensuite seulement en fonction de nos apports… Cette hiérachie ne manque pas d’être troublante.

L’objet prend le pas sur le sujet

Le curseur du bénéfice des Nouvelles Technologies est donc mobile. Et il semble peu discutable qu’il entre en zone rouge quand ces produits aboutissent à une réduction de l’épaisseur, de la densité humaine, quand c’est l’objet qui prend le pas sur le sujet créateur, quand ce dernier se dépossède de son savoir. C’est là qu’on mesure bien le fait que les Nouvelles Technologies ne sont pas que le prolongement de l’Homme : elles ont la capacité d’agir sur lui en retour, parfois en boomerang.

Prenons le cas de l’impératif d’immédiateté qui est lié à la soif de liberté absolue. Il est frappant de constater leurs effets pervers sur internet, notamment via les blogs et réseaux sociaux. On s’y permet des attitudes qui sont d’ordinaires sanctionnées dans la vie réelle comme le commentaire à tout va, la réflexion hors de propos. L’humoriste Gad Elmaleh a produit une scène très significative à cet égard montrant l’incongruité d’une communication réelle qui passerait par les smileys et autres gadgets internet : on n’envoie pas une demande d’amour à toute personne qu’on souhaite contacter… Sur internet, c’est possible…

Voler en bonne conscience !

De même, grâce à certains téléchargements illégaux, immédiats et aisés de dossiers comme des logiciels, des livres, des films, on se permet de voler en bonne conscience comme si le vol se limitait à la possession d’un acte physique… Pas vu, pas pris ?

Pour correspondre à leurs missions, les Nouvelles Technologies doivent donc rester au service de l’Homme. Forcer l’inverse serait en fait contre nature. Mais la tentation est vivace : il n’est pas dit que d’autres tours de Babel ne tentent pas de crever le ciel et de chercher encore plus de puissance. L’émancipation mène aussi, si elle est mal pilotée, à l’aliénation. Celle-ci est favorisée par des volontés d’hégémonie manifestée par des organisations comme Google ou Facebook.

Le vide éthique

Il nous faut donc d’autant plus rester vigilants pour gagner d’abord en profondeur, d’abord en humanité tirée vers le haut par plus grand qu’elle. Comme l’explique François Gros à propos des biotechnologies, « à la différence des systèmes qui se réclament d’une éthique de la connaissance et impliquent un choix délibéré de la recherche du vrai, les aventures présentes ne se réclament d’aucune éthique, d’aucune philosophie, d’aucun système de valeurs en particulier. Cette absence de fondement, qui les rend susceptibles du meilleur comme du pire, est précisément leur danger ».[5] Mais attention, absence de fondement éthique, ne veut pas dire neutralité. C’est aussi un choix.

Cette espèce de vide éthique, il faut l’occuper et se réapproprier ainsi les Nouvelles Technologies qui sont nécessaires. D’autres réflexes sont sans doute essentiels. Car si comme l’observe Michelle Blanc, consultante en stratégie sur internet, « 95% des vols d’identité ont lieu parce que l’on vole ce qu’il y a dans vos poubelles », tout le monde n’est peut être pas prêt à considérer son ordinateur ou le réseau social qu’on y développe comme une poubelle.

« Dave, mon esprit est en train de disparaître » criait l’ordinateur HAL à l’astronaute en train de le débrancher dans 2001, Odyssée de l’Espace… Reprendre les commandes n’est sans doute pas chose aisée pour l’Homme qui ne veut pas se faire accuser d’anachronisme ou d’iconoclasme. Combien d’ailleurs ont-ils peur de se faire accuser de marginalisme ? C’est probablement là un appel plus pressant à gagner en densité, en intériorité.

Comme on l’a évoqué plus haut, il est frappant d’observer l’opprobre dont sont frappés ceux qui demandent du recul face à la diffusion des Nouvelles Technologies. Hubert Guillaud ne décrète-il pas : « Comme on l’a vu avec Maryanne Wolf, les neuroscientifiques ne sont pas à l’abri de faire passer leurs intimes convictions pour des arguments scientifiques. Elle révèle surtout, le plus souvent, comment cette génération issue du livre est mal à l’aise avec les nouveaux outils technologiques pour ne voir l’internet que par ses défauts potentiels.”[6] C’est là une lecture partielle et partiale d’un inconditionnel des NTIC.

Internet stimulerait les neurones

Si l’on n’en voulait qu’une preuve, prenons le commentaire d’Hubert Guillaud dans le même article: « Les chercheurs semblent d’ailleurs vouloir lui donner raison : en effet, selon des neuroscientifiques de l’université de Californie, la stimulation cérébrale générée par la consultation de l’internet est plus forte que celle générée par la lecture traditionnelle.”[7]

Et maintenant prenons l’original du communiqué de presse qui fait référence à ces travaux, ceux de Gary Small : « Our most striking finding was that Internet searching appears to engage a greater extent of neural circuitry that is not activated during reading — but only in those with prior Internet experience, » said Small, who is also the director of UCLA’s Memory and Aging Research Center. In fact, researchers found that during Web searching, volunteers with prior experience registered a twofold increase in brain activation when compared with those with little Internet experience. »[8]

Que conclure de cette comparaison ? L’étude de Gary Small et de l’UCLA montrent que des internautes chevronés ont le cerveau davantage stimulés lorsqu’ils reviennent à l’internet que lorsqu’ils se contentent de lire des livres. Hubert Guillaud ne semble vouloir voir que l’effet de l’internet comme stimulant, qui existe certainement, sans considérer l’effet retour d’expérience… Stimuler une zone cérébrale après l’avoir déjà stimulée entraîne des réactions naturellement plus rapides. Et d’ailleurs, toute stimulation est elle bonne à prendre ? Ce commentaire montre une confirmation de l’intense focalisation sur la performance, l’intensité neurologique, quantifiée en quantité et pas tant que ça en qualité.

 

Passer de la quantité à l’intelligence quant bien même les zones du cerveau stimulées sont celles de la décision peut sembler un raccourci un peu sec. La mode et les usages sociaux fonctionnent sur ce registre. On connaît le même genre de raccourci avec des scientifiques qui veulent démontrer que l’Homme est le frère du singe, voire de la souris, en citant le pourcentage de gènes communs, manière de faire l’impasse sur le rôle et la qualité des gènes en question…

De même, il est intéressant de voir que pour décrédibiliser le discours de Maryanne Wolf, certains font observer qu’elle même admet que la lecture n’est pas forcément naturelle. Comme les NTIC ne poussent pas plus dans les champs, où serait donc le problème ? Là n’est sans doute pas la question : ce qui importe au delà de l’origine, à ne cependant pas négliger pour autant, c’est l’effet épanouissant sur l’Homme, celui que l’on a posé au début de cette étude comme le crible des Nouvelles Technologies. Ne nous arrêtons donc pas en chemin car ce sont des questions que nous rencontrons au quotidien.

Tout n’est pas perdu, puisqu’après quelques tergiversations, Hubert Guillaud admet enfin: « Mais rien ne dit que cette cette surstimulation facilite la compréhension ou l’assimilation des informations qu’on y parcourt. Ou qu’elle favorise la dimension associative censée nous amener à de nouveaux niveaux de conscience”. Il est difficile de se départir de l’impression que ce spécialiste de l’internet lâche cette concession à contrecoeur après avoir critiqué les neurologues Small et Wolf pour leur anachronisme. Cela montre en tout cas la nécessité, répétons le, de prendre du recul sur les Nouvelles Techologies et d’exercer un œil vraiment averti.

Que renferme l’expression Web 2.0 ?

Car les Nouvelles Technologies, en ce sens proches des chantres des théories du management et du marketing fourmillent de mots attrape tout. L’expression Web 2.0 en est une parfaite illustration. Comme l’expliquent Nathalie Boucher-Petrovic et Yolande Combès, chercheurs à l’Université Paris XIII, « le Web 2.0 s’apparente plus à une évolution des usages qu’à une révolution des technologies et il faut relever son ambivalence. Alors que sont généralement mises en avant la participation des usagers, créateurs de contenus et l’extension de l’expression et des échanges, les dimensions négatives (dérives marketing, services en grande partie réalisés par l’usager lui même, récupération des données personnelles, crédibilité de l’information…) restent souvent occultés. »[9] Alors si beaucoup s’exprime sur l’internet, cela ne signifie pas pour autant qu’il y ait un véritable échange de points de vue.

Tout prise de recul, tout iconoclasme sur les Nouvelles Technologies n’est donc pas à brûler ipso facto. Certains iconoclasmes ne sont d’ailleurs pas dénués de charme, ainsi Nicolas Carr dans Google nous rend-il stoopide ? : « Auparavant, j’étais plongeur dans une mer de mots. Désormais, je fends la surface comme un pilote de jet-ski ». Les techniciens de surface ont sans doute de l’avenir. Tout le monde veut-il donc postuler ?

Peut-on encore émettre des critiques ?

Se limiter à la surface des jours est en fait risqué. Car si les Nouvelles Technologies sont un formidable outil de partage de l’information et de la culture, elles sont aussi un vecteur de leur uniformisation, comme si elles avaient du mal à résister au classement numérique, et donc de leur appauvrissement. Un risque d’amnésie est donc bien là. Ne l’oublions pas. Car un regard critique sur les Nouvelles Technologies ne fait pas de nous le dernier des Mohicans.

On a vu que le caractère neuf de ces technologies pouvait être amené à être relativisé. Bien qu’elles évoluent beacoup, on dispose d’un certain retour sur expérience. C’est ce qui amène Monique Linard, à estimer que «cinquante ans d’expériences décevantes et de promesses non tenues montrent qu’il est vain de compter sur les seules machines pour faire apprendre. Les machines modifient les conditions de la connaissance humaine, non pas ses fondements ni ses processus qui sont d’abord socio-affectifs et culturels ».[10]  Il n’empêche que c’est encore sans doute à l’Homme de fixer ces conditions faute de quoi c’est son esprit qui pourrait disparaître…

Dave, Dave m’entends tu ?

La plus grande fécondité des Nouvelles Technologies sera sans doute d’arriver à en dépasser les limites.

[1]  Une histoire de la lecture, trad. Christine Le Boeuf, p.209, Babel n°416

[2]  « Les réseaux sociaux, proie facile des cybercriminels », Le Monde , 24 mai 2010.

 [3]  Un autre rôle pour les enseignants, Moniteur 92, académie de Versailles, le journal des technologies de l’information et de la communication, N°40, décembre 2000

[4]  Ethique et Nouvelles Technologies, colloque 25-26 septembre 2001, Beyrouth

[5]  L’ingéniérie du vivant, Odile Jacob, 1990, p 226-227.

[6]  Le papier contre l’électronique (2/4) : Lequel nous rend plus intelligent ? in Interactunet 10 février 2009, http://www.internetactu.net/2009/02/10/le-papier-contre-l%E2%80%99electronique-24-lequel-nous-rend-plus-intelligent  

[7]  idem

[8]  UCLA study finds that searching the Internet increases brain function, 14 octobre 2008, in http://newsroom.ucla.edu/portal/ucla/ucla-study-finds-that-searching-64348.aspx

[9]  in L’émancipation hier et aujourd’hui, sous la direction de Gaëtan Tremblay, Presses de l’université du Québec, 2009

[10]  Les TIC, des outils pour enseigner et apprendre autrement

Philippe de Casabianca

Cet article est la suite de « Idées Reçues : Les Nouvelles Technologies sauveront le monde ! »

 

Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans !

Si j’ai tant attendu pour trouver le métier qui est vraiment fait pour moi, c’est parce qu’il a fallu l’inventer. Dès lors qu’il a enfin été inventé, je ne veux plus l’abandonner. J’ai été patient, maintenant, je veux être persévérant.

Patience est un mot qui revêt une grande sagesse.

Ce matin, j’ai ouvert la fenêtre et le vent m’a susurré ces paroles :

« Sois patient avec moi ! »

Le vent n’est que le messager. Mais qui s’est exprimé ? Quel est l’auteur de ce message ?

Le pin maritime, les eucalyptus, l’amandier et les cyprès qui sont là plantés devant ma fenêtre ? Sans aucun doute.

Les hirondelles, les rouges-gorges, les tourterelles et les pies voleuses qui viennent s’abriter et picorer sur ces mêmes arbres. Là aussi, cela ne fait aucun doute.

Je suis d’humeur bucolique ce matin. C’est naturel pour une personne qui est née un 21 mars, le premier jour du printemps.

 

Pourquoi démissionner ?

« Sois patient avec moi ! »

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que j’entends ce message. Quel est ce Community Manager qui me parle comme dans un tweet en moins de 140 caractères ?

Son nom est encore plus court dans toutes les langues du monde. C’est un mot de 3 lettres en français, 4 en anglais, italien ou espagnol, 5 en allemand, 6 lettres en Sango (la langue nationale de la République Centrafricaine), etc.

C’est la VIE, LIFE, VITA, VIDA, LEBEN, DOUNIA…

Et vous, dans votre langue, comme s’appelle la vie ?

La vie me demande d’être patient. Et je vous en donne un exemple. J’ai 43 ans (2011) et j’ai enfin trouvé le métier fait pour moi ! Plus de 20 ans d’une carrière professionnelle à m’étalonner et tenter une dizaine de métiers.

J’énumère : journaliste local, journaliste sportif, vendeur d’encyclopédies, opérateur dans un call center, agent de change, hôte d’accueil, guide VIP trilingue, guichetier, responsable des objets trouvés, traducteur bilingue au service sécurité et parfois au commissariat, chef de gare, conducteur d’autobus impérial, formateur, écrivain, intégrateur html, conseiller clientèle, chef de projet web, chargé de la communication interne, responsable de la communication, rédacteur d’offres marketing, webmaster et quelques autres plus compliqués à définir comme en charge du Duty Manager Report ! Soit en fin de compte plus d’une vingtaine de fonctions différentes.

Je ne regrette rien. J’ai toujours appris quelque chose. Rien n’a été inutile. Pourtant, jamais je me suis dit : « Denis, tu feras ça toute ta vie ! »

Enfin, ça c’était hier, car en août j’ai eu l’intime conviction de pouvoir le dire vraiment. Quel est le meilleur moyen pour en être sûr ? S’éloigner !

Si vous voulez être certain de vouloir quelque chose dans votre vie, éloignez-vous de cette chose pendant quelques temps. Si elle vous manque vraiment alors il y a des chances que cette chose soit faite pour vous.

Vous aimez écrire, alors n’écrivez plus.

Vous aimez manger des pâtes, alors ne mangez plus de pâtes.

Vous aimez voyager, alors ne voyagez plus.

Vous aimez quelqu’un, alors séparez-vous ne serait-ce qu’une semaine.

Et n’ayez pas peur, l’éloignement temporaire mettra en lumière votre désir le plus grand.

Le 15 août 2011, j’ai démissionné de mon rôle de Community Manager. C’était nécessaire. Je devais le faire.

Le 5 septembre 2011, je reviens comme Community Manager. J’aurais pu revenir même avant. J’avais très envie de m’exprimer et de répondre à tous vos encouragements. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait les premiers jours. Par respect. Mais ce n’était pas la règle du jeu. Je devais m’éloigner sans faire semblant. Eteindre le courant. Respirer l’air marin.

Community Manager, c’est MON métier, je suis fait pour ça. Ecrire sur le web en 3000 ou 140 signes. Un article, un commentaire ou un tweet. Peu importe. Mais écrire sur le web avec un vrai savoir-faire et le faire savoir.

Même si j’ai 43 ans et que l’on me dit que c’est un métier pour les moins de 26 ans (1) ! Que voulez-vous, quand j’avais 26 ans (1994), le web était encore un OVNI en France. En 1995, j’avais déjà une connexion et un email. Quand je n’étais pas chez moi, je devais me brancher sur un minitel pour consulter mes mails ! On commençait aussi à parler d’intranet et j’ai développé avec 4 autres collègues le premier intranet d’Euro Disney. Au début, c’était un peu technique. Il fallait tout faire à la main. C’est comme ça qu’à l’époque on apprenait le HTML et on montait des sites. C’était une nouvelle aventure. Comme découvrir l’Amérique ou marcher sur la Lune. Ces références ne sont pas exagérées, voyez où l’internet nous a conduit aujourd’hui. Et ce n’est pas fini.

Moins de 26 ans mais pas encore capitaine !

Le capitaine

D’ailleurs, qu’il s’agisse de la Pinta, la Nina, la Santa-Maria ou Apollo, il y avait bien un capitaine ou un commandant à bord. Sur les réseaux sociaux, ce capitaine, c’est le Community Manager.

Et le capitaine avant de devenir capitaine est aussi passé par tous les postes. Un peu comme moi. Je vous l’ai dit et vous le répète, je suis fait pour ce rôle. L’expérience n’est jamais négligeable quel que soit le métier.

Mais l’expérience, ce n’est pas forcément 20 ans à faire la même chose. Ce n’est même pas du tout cela. C’est la richesse de vos expériences qui vous conduisent un jour à devenir le capitaine du navire. C’est pour cette raison (pour reprendre un vieux débat du début de l’année) qu’un stagiaire ne peut pas être recruté pour occuper un poste de chef de projet. (2)

Je suis Community Manager parce que j’ai conduit pendant 3 jours un bus impérial et pas parce que je suis inscrit sur Facebook !

Il y a d’autres raisons pour lesquelles j’ai la conviction que Community Manager est mon métier.

D’abord pour mon style. Balzac et Proust sont d’immenses écrivains. Mais la description du pot de fleurs dans les premières pages du Père Goriot n’aurait aucune chance de dépasser une centaine de lectures sur le web. Pourtant, on atteint un sommet de la littérature. Mais ce n’est pas ce qu’un internaute recherche. Je n’ai malheureusement pas le talent de ce cher Honoré alors j’ai décidé de me consacrer à un autre genre d’écriture. En revanche, je crois sincèrement qu’un Balzac aurait très bien pu s’adapter au style abrégé de la rédaction web. Le génie et la classe en plus !

Courtoisie et communauté

Ensuite pour ma courtoisie. Et j’insiste sur cet aspect. Un Community Manager est un modérateur. Il intervient notamment dans les débats où toutes les opinions s’expriment. Ce n’est pas son rôle le plus facile. Les dérapages existent et certains propos sont souvent agressifs, voire insultants. C’est comme naviguer dans une mer démontée. Le capitaine doit faire preuve d’une grande maîtrise. Et affronter la vague de face n’est pas forcément la bonne solution. Mais dans un débat, ce sont des personnes qui s’expriment et si ces personnes sont anonymes, elles ont la fâcheuse tendance à déraper un peu trop commodément. Si le Community Manager est le capitaine, alors il doit avoir un visage, il n’est pas un pirate. Je me sens bien dans ce rôle. Je n’ai aucun problème à dire qui je suis et à traiter avec la plus grande courtoisie tous mes invités. On m’en parle souvent et on me dit que c’est rare sur le web. J’en suis particulièrement fier.

Ensuite parce que grâce à mon style, à ma courtoisie et aux idées que je tente d’expliquer, j’ai réussi à réunir autour de mes débats et mes articles un public, ou si vous préférez pour rester dans le thème, une communauté. D’ailleurs, le mot communauté est mieux adapté. Le public assiste à une représentation. Les membres d’une communauté ne se contentent pas d’applaudir, ils agissent. Ils le font par leurs commentaires, par leurs tweets, en diffusant ou non l’info dans leurs réseaux et à leurs relations.

Je me sens, notamment grâce à mon blog, le capitaine d’une communauté qui a envie de participer à un web de qualité, à un espace de liberté, de créativité et d’échanges constructifs.

Enfin, dernier point. Je ne suis pas un tweeteur fou. Ou plus précisément, je n’aime pas passer ma journée à tweeter. C’est souvent ce que les entreprises recherchent quand elles recrutent un Community Manager. C’est pour cette raison qu’elles prennent des stagiaires. Mais elles se trompent sur la définition du rôle. Ce n’est pas un Community Manager mais un spammeur !

Cette vision réductive de la fonction du Community Manager est même impensable! Un Community Manager doit connaître tous les rouages d’une entreprise et avoir une idée précise des attentes des clients. Ce n’est pas en se contentant de tweeter du contenu déjà existant qu’il y arrivera. Cette expérience et cette connaissance, on peut les acquérir avant 26 ans, ce n’est donc que par la suite que l’on peut vraiment commencer à postuler au rôle de Community Manager.

Le Community Manager n’est pas un créateur de spams, mais un créateur de contenus. On éviterait bien des polémiques et des malentendus si on commençait toujours par définir les mots et expliquer les choses. C’est l’un des buts de ce blog et de son titre : MORE THAN WORDS. C’est aussi l’une des missions d’un bon Community Manager.

J’espère que les dirigeants d’entreprise et les DRH auront compris le message. Ou qu’ils le comprendront un jour prochain.

Patience !

(1) : « Une DRH me disait l’autre jour qu’il n’était pas question de recruter pour le Web au delà de 26 ans (génération Y). Le www est donc un métier éphémère dans un parcours de vie… », extrait des commentaires de « Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner« 

(2) : C’est le débat qui m’a permis de me faire connaître sur le web, celui qui m’a mis le pied à l’étrier : « Est-il normal de recruter un stagiaire pour un poste de Chef de Projet ?« , plus de 2200 lectures.

Denis Gentile

PS : en 2013, j’ai écrit une autre partie de mon histoire : « Il était une fois un Digital Storyteller ». Et en sous-titre : « Le Digital Storyteller, plus enchanteur que le Community Manager »

digital-storyteller-denis-gentile

 

A lire du même auteur en 2011 :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

– Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

– Y a-t-il un fantôme dans la machine ?

– Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner

Voir aussi la catégorie COLONNES.

Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner

Si vous lisez l’abondante littérature sur le Community Management, vous apprendrez qu’un Community Manager A.O.C. n’a plus de vie privée ! En effet, il doit être actif et en veille. Rien ne doit lui échapper sur Twitter, Facebook, Viadeo, LinkedIn, Scoop It, les blogs communautaires et pour ne rien gâcher, on vient de lui ajouter un nouveau joujou : Google + !

Alors voilà, en ce jour férié du 15 août 2011, j’ai pris une décision. Je démissionne de mon rôle de Community Manager !

Ce matin, je me suis levé à 6 heures du matin, comme tous les lundis. Mais je n’ai pas allumé mon ordinateur. Je l’ai laissé au repos dans la chambre à coucher.

Je suis allé dans la cuisine. J’ai pris de la farine, de la levure, de l’eau tiède, de l’huile d’olive et du sel. J’ai préparé la pâte pour faire des pizze (pluriel de pizza). Elle devra reposer au moins 6 heures. Elles seront donc prêtes vers 13 heures. C’est parfait.

Bon, j’ai bien dû faire une entorse à la règle. Si je ne publie pas la nouvelle édition du webzine, je dois au moins l’annoncer aux auteurs et aux lecteurs. J’ai donc pris 30 minutes pour rédiger mon annonce, ou si vous préférez, ma lettre (ou mon article) de démission.

Mes correspondances

Je dois y ajouter quelques tweets, quelques notifications, quelques messages, quelques publications, quelques flux, etc. Chaque média a attribué un nom a son espace de correspondance. Quel vieux mot ce correspondance ! Pourtant, si j’avais eu à créer un nouveau média social (rassurez-vous, je ne suis pas fou, je n’y ai jamais pensé) je l’aurais appelé comme ça : CORRESPONDANCES, au pluriel, en référence au poème fondamental des Fleurs du Mal.

Pourquoi le 15 août ne serait-il pas férié aussi pour les Community Managers ? Nous habitons bien sur la même planète !

Pourquoi les plages devraient-elles être désertées par les Community Managers ? Pourquoi ne pas mettre un panneau « Plage interdite aux Community Managers ! » ?

Je me suis posé ces questions essentielles toute la nuit et en me levant, j’y ai apporté la seule réponse raisonnable : je démissionne de mon rôle de Community Manager !

Mais surtout quand vous êtes en vacances, vous pouvez enfin réserver votre temps à d’autres activités. J’ai une liste impressionnante de bouquins à lire : L’épouvantail de Michael Connelly que mon nouvel ami Hieronymus Donnovan m’a conseillé, Trajectoires dans le cercle de Sophie Aman, Le Démon de Solange de Francis Gébère, LEITmotIVE, un recueil de nouvelles et le polar de Didier Brochon, Corps mort à Aiguebelle. Je dois aussi terminer Webopathe de Amélie Broutin puis relire Le vieil Homme et la mer de Hemingway et Novecento de Alessandro Baricco.

Passionné par l’artiste et l’homme, j’ai 3 nouvelles biographies sur Michelangelo à lire et étudier. Etudier car au début de l’année, j’avais commencé à écrire mon livre sur Michelangelo accompagné aussi d’un blog, mais mes différentes collaborations d’abord en tant que rédacteur puis en tant que Community Manager ne m’ont pas permis de continuer. Autant de bonnes raisons de démissionner, qu’en pensez-vous ?

Les araignées vont-elles tuer le Community Manager ?

Le World Wide Web est envahissant. Les Community Managers sont devenus la proie idéale des araignées. Les tweets (j’évite de répéter la liste de tous les espaces de correspondance de nos chers médias sociaux) ont eu raison de mon envie de communiquer.

En écrivant cet article, j'écoutais "Message in a bottle"

C’était pourtant un jeu fabuleux. Etre capable de dire la même chose de mille façons différentes est un véritable exercice de style. Raymond Queneau (à relire aussi !) aurait adoré faire le Community Manager. Gamin, j’aimais bien résoudre les rébus, les charades et les devinettes. Je les trouvais sur les carambars et sur Pif Gadget. Plus grand, je trouve tout ça dans les tweets. Ca sonne bien ! Non ?

Certains diront, surtout mes détracteurs, que ce sont les araignées qui m’ont tuées ! Les araignées ? Mais qui sont ces araignées ? Comme le nom l’indique ce sont des animaux de la classe des Arachnides (ça, diront-ils, c’est une belle phrase pour ne rien dire !). Elles chassent tout ce qui ne leur ressemble pas et qui n’émet pas le même son. Notamment les insectes. Moi, je serais plutôt une abeille ou une fourmi. Le genre d’animal qui d’instinct sait ce qu’il faut faire. Il le fait bien, mais le problème c’est qu’il obéit à une loi et à une communauté avec un chef à sa tête. Les araignées du web détestent ces bêtes. Elles le coincent dans leur toile (leur communauté), l’isolent et l’attaquent à coups d’insultes et d’interjections, voire d’onomatopées ! Vous devriez partager leur pensée unique. Le danger de vivre dans une toile est d’en devenir le prisonnier. N’est-ce pas Monsieur le Numéro 6 ? « I AM NOT A NUMBER, I AM A FREE MAN ! » (à revoir, la liste s’allonge !)

Mais ces morsures (lire l’article et les commentaires de « Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom ! »), comme dans la plupart des cas sont relativement, inoffensives. En tout cas, dans nos contrées. Elles n’ont donc rien à voir avec cette démission. A une exception : Si ces araignées réussissent à imposer l’anonymat comme la loi du web, alors dans cette jungle, le Community Manager sera contraint de rendre l’âme.

Un homme à la mer !

Non, vraiment, je démissionne parce qu’aujourd’hui j’avais envie de manger des pizze faites avec mes mains. Bien sûr, c’est une sorte de raccourci. Derrière, ou plus exactement dans la pizza, il y a d’autres ingrédients ou raisons plus profondes. Mais elles sont de l’ordre de la vie privée. Et un Community Manager, même si tous les internautes connaissent son nom et son visage, sa vie privée, il la garde pour lui. Il la protège comme le bien le plus précieux de l’univers. Pourtant, il en raconte des trucs sur lui, son expérience et ses réflexions. Mais cela ne suffit pas à percer son coeur.

Alors voilà, à midi je vais manger une pizza maison et en fin d’après-midi quand les touristes seront assez cuits pour rentrer à l’hôtel, j’irai faire un bain de côté de Bijou Plage sur la pointe de la Croisette. Y aura-t-il un vieil homme pour repêcher l’ex Community Manager à la mer ? Rien n’est moins sûr !

On verra ça à la rentrée des classes. Une pause de réflexion et une bouffée d’oxygène sont vitales.

Merci d’avoir lu mon article de démission.

Denis Gentile

Remerciements :
– L’article de Jean-Charles Yambélé m’a inspiré et a provoqué un déclic. Il est peut-être temps de tout remettre en cause !  Merci Jean-Charles 🙂 Top 5 : Comment gérer son temps quand on est rédacteur web ? (Part 2) – http://goo.gl/K1eRB  via @mtw_fr
– A Sophie Aman pour son message prémonitoire reçu ce matin :  « Bonjour Denis, en dépit de conditions climatiques capricieuses, permettez-moi tout de même de vous souhaiter d’agréables vacances. Même si j’ai l’impression, à vous voir sur tant de fronts, que vous avez un don d’ubiquité ! Rires…
Qu’elles vous apportent ce temps indispensable de récupération, de détente, afin d’être en capacité de mobiliser toutes vos ressources pour une rentrée dynamique et enthousiaste.  Puissent les « frémissements » économiques, sociaux, environnementaux qui secouent nos sociétés ne pas faire trop vaciller vos activités et vos projets. Peut-être aussi qu’ils permettront d’aller à l’essentiel et changer nos regards sur ces valeurs en évolution. Très cordialement, au plaisir de vous lire, Sophie »
– A Pascale qui un jour m’a écrit : « Vous avez une telle finesse d’écriture, probablement une éducation plutôt classique, comme moi… Comment supportez-vous que sur ces réseaux la parole soit donnée à n’importe qui ? C’est peut-être cela qui me dérange le plus. J’en ai fait les frais sur Facebook. Et je sens bien que sur Viadeo on peut vite lancer des petites phrases assassines. Je ne supporte pas les gens pas éduqués, ceux qui ne savent rien et énoncent des vérités. » C’était en février 2011 !
– A tous les auteurs de More Than Words : Philippe de Casabianca, Florence Augustine, Cécile Courtais, Didier Brochon, Céline Jyoti, Justine Neubach, Sébastien Coquard, Jean-Luc Mercier, Mathieu Le Bris, Benjamin Petit, Victoire de Changry, Liliane Collignon et Christophe Delattre. Vous avez apporté la preuve qu’un web différent -créatif, pédagogique et éduqué- est possible.
– A Yohan Fantino, de l’agence 1Elan2Com. Il est le seul professionnel à avoir concrétiser ses intentions.

INTRO : Y a-t-il un fantôme dans la machine ?

Pourquoi parler de fantôme ? Cela ne fait pas très sérieux ! Alors je préfère vous demander immédiatement : Etes-vous certain de vouloir lire cet article ? Cette question est légitime, même si elle ne représente pas la meilleure publicité pour mon article. Mais, j’insiste, elle est essentielle et vous devez absolument vous la poser. Pourquoi ? C’est l’objet justement, non seulement de cet article, mais aussi de cette édition d’été de notre blog.

Les fantômes représentent souvent des souvenirs. J’en ai justement un à vous raconter. C’était en octobre 1981. Et vous, que faisiez-vous en octobre 1981 ? Certains d’entre vous n’étaient pas encore nés. Moi, je me souviens de ce jour comme si c’était hier. La mémoire est sélective et elle garde en elle des bribes de vie inattendues. Par ‘inattendues’, j’entends quelque chose qui a priori n’a pas bouleversé notre existence et ne marque pas un tournant dans notre vie. Et je préfère ‘inattendues’ à ‘insignifiantes’, car on arrive toujours à y trouver un sens. Je vous laisse y réfléchir et voyager dans votre mémoire. Que faisiez-vous en octobre 1981 ? Ou cherchez un autre moment dans votre vécu, un moment ‘inattendu’. J’y reviens dans quelques lignes.

Comme les chapitres d’un livre

Après cette introduction, je vous pose à nouveau la question : êtes-vous certain de vouloir lire cet article ? J’insiste, ne continuez pas, si vous ne trouvez pas une vraie raison. D’autant que, je préfère vous avertir, si vous lisez cet article, vous devrez aussi lire les autres articles de cette nouvelle édition de More Than Words. Ils sont comme les chapitres d’un livre. Chaque article apporte sa pierre à l’édifice. Alors, si vous n’avez pas le temps de lire les 6 ou 7 autres articles de ce jour, ne continuez pas à lire celui-ci. C’est inutile. Ne perdez pas votre temps.

D’ailleurs, êtes-vous certain de ne pas avoir à faire autre chose de plus important ? Par important, j’entends par exemple surveiller l’eau qui boue, arroser les plantes, sortir votre chien, acheter une glace pour votre fils, mettre de la crème solaire, visiter une expo comme vous le conseille Liliane dans son article : De quel bagage artistique, culturel et émotionnel disposent les visiteurs d’une exposition ? ou dire à votre femme que vous l’aimez ! Plus important, ça peut aussi signifier, lire quelque chose de plus intéressant et plus valorisant. Lire fait partie des choses importantes de la vie et vous avez entièrement raison de lire. Mais plutôt que lire les mots et les phrases de Denis Gentile, vous pourriez utiliser ce temps de lecture pour lire de grands auteurs, comme le conseille Justine en vous recommandant 5 livres pour l’été dans son article : Les mots pour destination.

Mais tout cela, me direz-vous, est une question d’organisation. C’est exactement l’objet de l’article de Jean-Charles Yambélé : Comment gérer son temps quand on est rédacteur web ? A lire absolument, vous ne perdrez plus votre temps. Jean-Charles établit une sorte de hiérarchie entre les moments d’une journée d’un rédacteur web. Mais cela ne se limite pas au seul cas du rédacteur web. Il y a dans cet article des choses que l’on a tous tendance à oublier et qui pourrait faire évoluer la mentalité de la moitié de la population européenne. C’est de cette façon que l’on pourrait changer le monde. Et surtout pas en considérant les avancées technologiques comme les NTIC. Une idée reçue contre lequel Philippe de Casabianca lutte farouchement et intelligemment. Son article : Idées Reçues: Les Nouvelles Technologies sauveront le monde.

Connaissez-vous cette anecdote ? Une femme voulait tout abandonner pour suivre Mère Teresa et s’engager auprès d’elle pour servir les pauvres. Croyez-vous que Mère Teresa l’ait accueillie les bras ouverts ? Non, elle l’a tout simplement renvoyée chez elle ! Pourquoi ? Pour s’occuper de sa famille. Le jour où son mari et ses enfants n’auront plus besoin d’elle, alors elle pourra revenir. Mais pas avant. Peut-être jamais. Il faut aller où on a besoin de nous.

Je reformule donc ma question : êtes-vous certain qu’il s’agisse du meilleur moment pour lire mon article ? Si c’est le cas, alors lisez-le et j’en serai ravi.

Ghost in the machine

Vous êtes encore là ! Je vous remercie. Vous avez donc eu le temps de plonger dans votre mémoire. Que faisiez-vous il y a 30 ans en octobre 1981 ?

Moi, j’étais avec mes parents. je n’avais que 13 ans. (1) Je faisais les courses avec eux à Métro, un magasin accessible aux seuls commerçants. Il fallait avoir une carte pour y accéder. Mon père l’avait car il était primeur. Il vendait des fruits et des légumes sur les marchés d’Ivry-sur-Seine dans le Val de Marne. Une activité qu’avaient commencée mes grands-parents juste avant la guerre de 39. Quand on allait au Metro de Vitry-sur-Seine (à côté d’Ivry), je passais le plus clair de mon temps au rayon des disques. Bien sûr, les CD n’existaient pas et encore moins le MP3 ! Je m’en souviens comme si c’était hier. Ce jour-là, je savais ce que je voulais, mais je n’étais pas sûr de le trouver. Parfois, les nouveautés n’étaient pas encore arrivées.

Quelle joie quand je l’ai aperçu ! Une pochette noire avec des leds (comme sur les radio-réveils) rouges qui dessinaient des personnages. « Ghost in the machine », le nouvel album du plus grand groupe de l’époque, « The Police ».

Mais à la joie, succédait la crainte. Sur l’étiquette blanche qui venait altérer la pochette (il en restera des traces indélébiles), il y avait inscrit le prix. 30 francs ! C’est pas rien. J’avais peur que mon père ne veuille pas me l’acheter. Malgré sa grimace de désapprobation, il me donna le feu vert et je pouvais finalement savourer ma victoire.

Je rentrais chez moi avec le 33 tours sous les bras. J’allais pouvoir écouter l’un des albums majeurs de l’histoire du rock (sources wikipedia). Un album important, non seulement pour moi, non seulement pour le succès remporté, non seulement pour la qualité de la musique, des paroles, des clips, mais surtout parce que 30 ans plus tard, on en parle encore et que son contenu est criant d’actualité !

Le premier titre : « We are spirits in the material world » me fait penser à l’article de Philippe. Même refrain pour la chanson « Rehumanize Yourself » :

« I work all day at the factory
I’m building a machine that’s not for me
There must be a reason that I can’t see
You’ve got to humanise yourself »

Il y a aussi des paroles en français dans la chanson « Hungry for you ». Bon, l’accent de Sting dans la langue de Molière n’est pas parfait et l’argument était un peu osé pour mon âge :

« Mais nous pouvons faire ce que nous voulons, j’aurais toujours faim de toi ! » Ces paroles me font penser à l’article de Jean-Charles.

Comme un groupe rock !

J’ai d’ailleurs l’impression qu’avec Philippe et Jean-Charles, nous formons un groupe Rock comme The Police ! On est 3 et chacun d’entre nous a apporté ses notes à la composition.  J’aime cette idée car ce blog est d’inspiration musicale. En ce moment, je me sens un peu comme une rock star. D’ailleurs, je crois que les Community Managers sont comme des rock stars. On en a déjà parlé dans d’autres articles (COnnaissez-vous COco ?) Le web a remplacé MTV !

« Ghost in the Machine », c’était il y a déjà 30 ans. Et aujourd’hui on peut se poser les 3 questions suivantes :

1- « Rehumanize Yourself » chantait Sting en 1981. 30 ans plus tard, la situation est-elle critique ? Au point de voir dans les NTIC notre salut ! (Lire Part 1, Idées Reçues: Les Nouvelles Technologies sauveront le monde)

2- « J’aurais toujours faim de toi » chantait Sting en 1981. Pourtant, 30 ans plus tard, la machine n’a-t-elle pas pris le pas sur notre vie de couple ? (Lire Part 2, comment gérer son temps quand on est rédacteur web)

3- « Too much information running through my brain, Too much information driving me insane » chantait Sting en 1981. 30 ans plus tard, les infos nous submergent. Cela facilite-t-il la compréhension d’une oeuvre d’art par exemple ? (Lire Part 3, De quel bagage artistique, culturel et émotionnel disposent les visiteurs d’une exposition ?)

Bon, nous on est des rédacteurs, pas des musiciens. Donc on y a mis des paroles, voulez-vous y ajouter la musique ?

Denis Gentile

(1) Le but n’est pas de vous livrer un extrait de ma biographie. Si je vous raconte un épisode de ma vie, c’est pour tenter d’évoquer en vous d’autres souvenirs. Mon histoire, vous devez la remplacer avec votre histoire. N’hésitez pas, si vous le souhaitez, à venir nous la raconter. Les commentaires sont ici pour ça.

Retrouvez Denis Gentile chaque lundi sur morethanwords.fr

A lire du même auteur :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

– Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

Voir aussi la catégorie COLONNES.

Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

Je n’ai pas trouvé un titre plus court ! Mais il n’est pas trop long car il peut être diffusé sur Twitter et ses impératifs 140 caractères ! Il aurait pu s’appeler Vices et Vertus des mondes réel et virtuel. Ou il aurait pu simplement reprendre la première phrase de l’article :  Avez-vous déjà travaillé dans un Call Center ? Mais j’ai préféré : Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom ! J’aurais juste voulu ajouter : Heureusement !

Avez-vous déjà travaillé dans un call center ? Ou avez-vous déjà reçu un courrier suite à une réclamation ou à une réservation ? Et comment s’appelait la personne qui a signé cette lettre ? Il y a de fortes chances que son nom fut Claude ou Dominique Martin ! Et si Claude Martin voulait ouvrir un compte sur Google Plus,il (ou elle) pourrait être désactivé(e) ! Explications.

Le Métro ressemble au Call Center


Il n’y a rien de plus anonyme qu’un couloir de métro ou qu’une salle d’un call center !
Mais quand vous prenez le métro, vous savez précisément où vous vous trouvez, en revanche, quand vous appelez un call center, vous ne savez pas où vous avez bien pu atterrir !

La confusion et le côté cosmopolite sont comparables. Il n’est pas facile d’entendre votre interlocuteur quand vous passez un appel des couloirs de Châtelet-les-Halles, c’est souvent pareil quand vous tentez de joindre la hot line de free ! ‘Vous avez tout compris’, comme ils disent si bien dans leur pub.

Et puis, tout le monde ressemble à tout le monde. Dans le métro, c’est plus de notre faute. On n’est pas très attentif aux autres et on se noie par habitude dans un total anonymat. Dans un call center, chaque agent vous lit le même discours avec la même intonation.

Dans le métro, tout le monde pourrait donc s’appeler Claude Martin, le prénom étant androgyne et le nom largement répandu. Les responsables des centres d’appel le savent bien. Et quand il s’agit de signer une lettre, c’est un nom bien commode. En plus, cela fait bien français et c’est bien arrangeant, voire pensent-ils rassurants pour les clients, pour des centres qui sont souvent délocalisés dans un autre continent.

Le masque est de rigueur ! C’est une loi commune du monde réel. Celui de la dure réalité quotidienne. Et on doit s’y plier si l’on ne veut pas être écarté ou marginalisé. D’ailleurs, aux heures de pointe, toujours à Châtelet-les-Halles, il vaut mieux suivre le courant au risque d’être bousculé, voire renversé.

Il est bien triste le monde réel. On comprend aisément l’envie d’évasion et d’affirmation de soi. Ce monde si différent n’est pas utopique. Il existe. Je parle bien sûr du monde virtuel, celui du web et des réseaux sociaux.

L’anonymat dans le monde métropolitain

Les conventions éclatent, l’uniformisation explose en mille morceaux et l’anonymat est vraiment mal vu !

Sur Google+, vos vrais noms ou rien !

Et le géant du web, Google, l’a bien compris. Il vient de lancer son réseau social pour concurrencer Facebook : GOOGLE+.  Voici ce que l’on pouvait lire la semaine dernière à ce sujet (extrait de l’article « Vos vrais noms ou rien » de Nicolas Vincent sur Presse-Citron) :

« C’est déjà l’heure du ménage chez Google+. Effectivement, ces dernières heures, de nombreux comptes ont été désactivés… La raison ? Des utilisateurs se cacheraient derrière des pseudonymes au lieu d’utiliser leurs vrais noms et le moins que l’on puisse dire c’est que cela ne plait visiblement pas au géant du web qui n’a guère tardé pour agir. En agissant de la sorte, Google se démarque clairement de ses deux principaux concurrents, en l’occurrence Facebook et Twitter, sur lesquels il est tout à fait possible – pour chacun d’entre nous – de créer un ou de multiples comptes en y renseignant de fausses coordonnées dans le but d’usurper l’identité de n’importe qui… »

Dans le monde merveilleux de Google, on ne veut pas reproduire les mêmes erreurs que dans le monde réel. On ne veut pas des milliers de Claude Martin.

Le Community Manager a un nom

La richesse des blogs et des réseaux sociaux, c’est la personnalisation. Si on tentait d’y imiter la réalité, alors le web serait bien pâle. Les différences et le débat sont bien l’âme du web. En plus, le web a un visage. Ce visage, c’est celui de chacun d’entre nous.

Méfiez-vous de ceux qui n’affichent qu’un avatar ! Il est équivalent au masque de l’autre monde. Celui si triste du métro et du call center. C’est même pire, puisque dans la vie réelle, il s’agit d’une règle du jeu. Dans le virtuel, la règle est opposée. Les anonymes sont donc des tricheurs.

Bien sûr, nous ne voulons pas faire de l’intégrisme ‘googlien’. Et il y aura parfois de bonnes raisons de ne pas se montrer sous son vrai visage ou sous son vrai nom sur les réseaux sociaux. Mais, pour certains d’entre nous, la règle est professionnelle. Je parle des Community Managers.

Quel est l’objectif du Community Manager ? Instaurer une relation de confiance avec l’internaute. Feriez-vous confiance à une personne dont vous ne connaissez pas le nom ? Feriez-vous confiance à une personne dont vous ne connaissez pas le visage ? Feriez-vous confiance à une personne qui use des stratagèmes pour se cacher ? Je ne crois pas.

Je précise donc ma recommandation : méfiez-vous des Community Managers qui affichent un avatar ou si vous préférez, méfiez-vous des Community Managers qui s’appellent Claude Martin !

Car dans le monde virtuel, tout le monde ne peut pas s’appeler Claude Martin, à part Claude Martin, bien entendu !

« Difference is great »

Le Rédacteur Web a un visage

Autre exemple : le Rédacteur Web. D’ailleurs, le chemin qui va du Community Manager au Rédacteur Web est très court. On peut définir l’un par rapport à l’autre en disant que le rédacteur web est un Community Manager qui produit ses propres contenus. Lui aussi doit apparaître au grand jour sur le web.  C’est quand même plus agréable pour le lecteur de voir et de savoir qui lui parle (1).

J’ai toujours trouvé frustrant les journaux et les revues. J’aurais souvent voulu savoir qui écrit certains articles et pouvoir parfois leur envoyer un message. Tout cela est désormais possible grâce au web. Et c’est une amélioration incontestable. Les blogs et les réseaux sociaux ont apporté un peu de clarté, de dialogue et d’humanisme à notre civilisation métropolitaine.

Ni le monde réel, ni le monde virtuel n’est totalement vertueux. Mais il est intéressant de noter que le monde virtuel cherche souvent à se démarquer du monde réel en voulant éviter de répéter les mêmes erreurs ou même mieux, en essayant de corriger les erreurs de l’autre monde.

+ Le débat s’anime sur le web à ce sujet et c’est une bonne chose (c’est la raison pour laquelle j’ai remis cet article à la UNE du blog). Je vous invite à lire un autre point de vue sur OWNI : http://owni.fr/2011/08/08/google-plus-dictature-vrais-noms-anonymat-identite/ +

Denis Gentile

Retrouvez Denis Gentile chaque lundi sur morethanwords.fr

(1) J’utilise toujours mon vrai nom et mes photos. Vous pouvez aussi me suivre sur :

Nous allons compléter la page LES AUTEURS du blog afin de vous présenter les photos de tous les auteurs de More Than Words.

nb : Ce blog prend son titre d’une célèbre chanson. Elle en est la colonne sonore. Mais d’autres titres peuvent bien sûr inspirer nos auteurs. Avant d’écrire cet article par exemple, j’ai écouté « Charlotte Sometimes », The Cure. C’est la bande originale de l’article.

 

A lire du même auteur :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

Voir aussi la catégorie COLONNES

L’EDITO DE JUSTINE : Différents états d’une envie d’écrire

« Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ou plutôt, qui ? » Denis Gentile m’a envoyé cette belle question l’autre jour, et j’ai décidé d’y répondre.

Je le ferai peut-être sans nuance aux yeux de certains, car pour ma part je ne vois pas l’intérêt de distinguer le « qu’est-ce que » du « qui » : jamais je n’aurais connu cette tenace envie d’écrire s’il n’y avait eu que des sujets potentiels mais personne pour me montrer la voie d’une écriture qui bouscule celui qui la trace.

Qu’est-ce qui m’a donc donné l’envie d’écrire ? Ou plutôt, qu’est-ce qui me la donne ?

Je voulais écrire comme le docteur !

La première fois, cela m’est venu à cause d’un médecin. J’étais petite, ne savais même pas encore lire et pourtant , je me souviens que le geste de l’écriture sur l’ordonnance m’a fascinée. J’avais envie de le reproduire. De retour à la maison et parce que je manifestais le souhait d’écrire « comme le docteur », on m’a donné un stylo et un énorme agenda inusité. Je ne sais combien de temps j’ai pu passer alors, à tracer des lignes au hasard (et vides de sens puisqu’à l’époque je ne savais donc pas écrire), puis à interroger mes parents pour qu’ils me lisent ce que j’avais écrit. Mais invariablement ils me répondaient que je n’avais rien écrit du tout, que mes lignes ne signifiaient rien. Cela me perturbait, me frustrait. Comment n’avais-je rien écrit puisque j’avais tant écrit ? Visiblement, écrire, ce n’était pas le geste. Il y avait quelque chose de plus qu’un tracé dans l’écrit. Mon envie est donc d’abord une quête d’enfant sur la nature de l’écriture.

Le plaisir d’écrire (et de lire)

Plus tard, j’ai enfin appris à lire et écrire, et cela m’a plongée dans une sorte de frénésie de lecture. Vers mes huit ans, j’appréciais surtout les récits animaliers et les articles documentaires sur les bêtes. Mon tout premier désir d’écrire n’a pas tardé ; il descend en droite ligne de ce que je lisais alors : des textes comme La sauvage (Robert Newton Peck), Les mémoires d’un âne (Comtesse de Ségur), Croc-Blanc (Jack London), Kazan (James Oliver Curwood), Le chant de la baleine (Robert Siegel), Un chat dans l’œil (Silvana Gandolfi) et j’en passe. C’était alors une brute envie d’écrire les faits imaginaires qui me fascinaient. Je me souviens m’être beaucoup exaspérée de la lenteur et de la platitude de mon écriture : l’impression que j’avais d’avoir rédigé une histoire dense et vivante se trouvait réduite à peau de chagrin lorsque je relisais mon texte, finalement bien bref, maladroit et peu détaillé. Après chaque essai de ce genre, déçue de moi-même, je cessais d’écrire quelques temps. Car parler de l’envie d’écrire n’est pas tout, il faut aussi évoquer ce qui la met en sourdine : une intense et perpétuelle frustration à la relecture est un exemple parmi d’autres de ces freins. Je pense qu’on n’écrit pas si l’on n’en retire aucun plaisir.

Le déclic ? Mon blog !

Mon véritable déclic ne s’est produit que des années plus tard. J’étais alors au lycée. J’ai ouvert un blog sur une plateforme peu connue, mais dont l’esprit communautaire constituait pour moi, à l’époque, une véritable invitation à s’exprimer. J’avais toujours craint, par timidité, de m’adonner à un type d’écriture plus direct que la narration d’histoire. D’une certaine façon, celui qui invente une histoire reste en dehors de celle-ci, nettement détachable de la trame qu’il tisse ; à l’inverse, sur un blog, dans la plupart des cas, l’auteur partage directement ses ressentis, ses impressions, ses réflexions. Je n’aurais jamais osé cela sur une plateforme traditionnelle, où l’échange entre les blogueurs demeure souvent très limité.

Je me suis fait de véritables amis via ce blog, des amis d’écriture. Leur bienveillance à mon égard m’a beaucoup encouragée à écrire, car dans ce contexte, cela revenait à leur donner quelque chose.

Parallèlement, il y a eu ma professeur de français en classe de première : une femme tout à fait remarquable qui me semblait habitée par ce qu’elle enseignait. J’ai découvert grâce à elle des textes incroyables, des auteurs passionnants et surtout, surtout Baudelaire comme je ne l’avais jamais connu. C’est lui qui a provoqué chez moi un second type d’envie d’écrire. Il ne s’agissait plus d’une envie positive aisément réglable mais d’un véritable besoin, une sorte de mariage impossible entre le trop-plein et la faim. Cela n’arrivait pas souvent, peut-être une fois par mois, jamais plus ; je m’installais alors à mon bureau et j’oubliais tout pendant quelques temps, j’écrivais des vers libres. Ces premiers balbutiements poétiques sont toujours restés au placard. Evidemment, leur maladresse est exemplaire : on ne s’improvise pas poète ! Pourtant ils me tiennent à cœur et je ne les jette pas. Ils sont un peu le blason de mes premières inspirations – dans tous les sens du terme « inspiration ». Je ne me sentais pas « douée » en les composant, mais les relire était pour moi gratifiant car jamais je ne m’étais tant approchée de mes ressentis essentiels. (J’étais pourtant, et suis encore, loin de les cerner au point de pouvoir les écrire de façon satisfaisante).

Mon âme sœur

Enfin, il y a une dernière rencontre, déterminante, donc il faut que je parle. Je me félicite souvent d’avoir créé le blog d’écriture qui l’a rendue possible.

C’est un excellent ami, il est sensiblement plus instruit et âgé que moi, n’a jamais publié de livres et pourtant, il est écrivain. Je veux dire : il a composé des récits qui comptent à mon avis parmi les meilleurs d’aujourd’hui. Et je ne sais trop ce qui l’a mené à s’intéresser à moi, mais depuis des années que nous nous connaissons, je me sens progresser à pas de géant, grâce à lui, en matière d’écriture, de lecture et de réflexion. Il a toujours la critique juste à propos de mes textes et la plupart du temps il m’encourage, beaucoup. Et si bien des écrivains et écrivaillons d’aujourd’hui se revendiquent un « maître » de pensée, pour moi, petite scribouilleuse moderne, rien de tout cela, juste un frère d’écriture, grand et solide, ou une âme sœur des mots qui me tire vers le haut.

Voilà un peu l’histoire de mes rencontres avec l’écriture. Il manque ici la place pour parler des auteurs que j’aime et qui décuplent encore mon envie d’écrire, mais ce n’est que partie remise.

Et l’article n’est pas fini : vos propres témoignages, à vous qui nous lisez sur MoreThanWords, seraient évidemment de nature à le continuer. Qu’est-ce qui vous happe au pays de l’écriture ? Nous vous invitons cette semaine à vous exprimer à ce sujet à notre suite…

Justine Neubach

Retrouvez les mots de Justine Neubach chaque lundi sur morethanwords.fr

Du même auteur :

– « LEITmotIVE » : Vingt petites histoires de marée

– VOIX : ce qui traverse un bon poème

EDITO : Donner sa chance

Donner sa chance est l’une des prérogatives du Community Manager. Et c’est ce que j’ai tenu à exprimer cette semaine dans la nouvelle édition de notre webzine. Et quand on donne sa chance, on reste souvent debout !

Cette semaine, il n’ y a pas de place pour moi sur mon blog !  C’est un peu comme être chez soi avec vos invités. Il n’ y que 12 chaises et vous êtes 13 ! C’est donc le chef de famille qui reste debout.

Je suis donc debout. De toute façon, je passe mon temps en cuisine. Sinon, les invités ne mangeraient pas.

J’applique donc la même règle sur mon blog. Je m’exprime à travers les plats que l’on a préparés durant la semaine et ce petit édito.

Donner sa chance aux autres

 

 

Un édito sur mesure. Pourquoi ? Parce qu’il exprime parfaitement l’esprit de MoreThanWords.fr : DONNER SA CHANCE.

Donner sa chance, c’est aussi l’un des objectifs d’un Community Manager. On me demande souvent de définir ce métier. Jusqu’à maintenant, j’en ai souvent parlé dans les débats sur Viadeo et dans mes publications. Mais je n’ai jamais vraiment consacré un article complet sur ma définition et ma description de ce métier un peu fourre-tout. J’y viendrai prochainement. C’est promis.

Encore une fois, je ne donne ici qu’une seule indication. Mais elle est fondamentale. Le Community Manager est là pour donner sa chance aux autres.

Cette semaine, cette chance je la donne à :

Mathieu Le Bris. Je l’ai rencontré grâce à ses commentaires sur Viadeo. Il vient de lancer son blog et a écrit un article en pensant aux conseils que j’ai développés dans mes articles. Je le vois un peu comme mon élève. J’ai envie de le voir grandir chez moi d’abord, chez les autres aussi. Je suis partageur ! Les auteurs ne sont pas que dans les livres et les journaux. On les trouve ailleurs. Mathieu va vous expliquer ça. Lisez-le, il est jeune, il écrit bien et a plein d’idées : NOUVEAUX AUTEURS : Le jeu de rôles littéraire

Benjamin Petit. 24 ans, à peine plus vieux que Mathieu. Il est prestataire de services dans la publicité sur internet et le community management. Je l’ai découvert sur Viadeo et Facebook. Il écrit très bien et a toujours d’excellents conseils à donner. Il n’a pas une vocation d’écrivain, ou d’auteur au sens stricte du terme, mais il a du talent. Au centre de ce blog, il y a les mots. Les mots, il faut d’abord les définir. Par exemple, ce blog est un webzine. Qu’est-ce qu’un webzine ? La plupart d’entre vous ont découvert ce blog sur les réseaux sociaux, sur facebook. Comment définir les réseaux sociaux et facebook ? Et bien, Benjamin nous aidera à comprendre tout cela. Lisez-le, il est jeune, il écrit bien et a plein d’idées : CONSEILS : Page facebook ou site web ?

L’Afrique. Grâce notamment à deux spécialistes qui auront l’occasion d’intervenir souvent sur ce sujet.
Le premier est Jean-Charles Yambélé que vous connaissez déjà à travers sa rubrique ‘BOOMERANG. Il nous parle du retour des cerveaux en Afrique : EFFET BOOMERANG : Afrique, le retour des « cerveaux » !
Le deuxième est  Jean-Luc Mercier qui nous parle du tourisme solidaire. Ce n’est pas à Jean-Luc que je donne sa chance mais à Seydou Sogodogo, un jeune malien talentueux : SECRETS d’AFRIQUE : Toi, Seydou, et l’émotion que tu apportes !
Cela nourrit d’ailleurs le débat de la démocratie et du web en Afrique. Cécile Courtais a assisté à une conférence sur ce sujet, ce qui nous a donné l’idée de consacrer cette édition à l’Afrique : DEBAT : La démocratie passera-t-elle par le web ?

La poésie. Grâce à Justine Neubach que j’ai rencontrée au hasard d’un étonnant commentaire sur mon ancien blog. Si on ne parle pas de poésie dans un webzine qui s’intitule More Tahn Words, autant fermé la porte ! Lisez sa rubrique, elle est sincère et écrit merveilleusement bien : VOIX : ce qui traverse un bon poème

Les expressions. Grâce à Florence Augustine. Je l’ai souvent croisé sur Twitter où elle a souvent promu mes articles. C’est pour moi l’une des confirmations de ce blog. Il a décidé de consacrer une rubrique aux expressions. Elle s’intitule ‘le français dans tous ses états‘. C’est excellent. Cette semaine, elle cherche la petite bête : EXPRESSIONS : Chercher la petite bête !

L’Europe et les Féministes (et les idées reçues) ! Sous la plume de Philippe de Casabianca, ils passent un mauvais quart d’heure ! IDEES RECUES : L’Union européenne sans papiers et Les femmes n’aiment pas la barbe

Le webzine. Selon un sondage, mes lecteurs de webzine sont de plus en plus nombreux. C’est bien pour nous ! SONDAGE : Lisez-vous la presse et sur quel support ?

La semaine dernière, c’était au tour de Céline Jyoti et son article CULTE sur internet et la religion d’avoir sa chance : INTERNET : Un Nouveau Dieu

Et la semaine prochaine, vous découvrirez de nouveaux talents. Il serait aussi temps de présenter un peu mieux notre équipe.

A travers cet édito, je voulais donner un aperçu du rôle d’un Community Manager. Toutes ces personnes, je les ai rencontrées sur le web. Elles m’ont fait connaître en relayant (retweetant) et commentant mes publications depuis plusieurs mois. Toutes m’ont donné ma chance. Ces auteurs sont donc eux aussi des Community Managers.

Cette semaine, je m’efface et je les mets en avant. Je rend la pareille. Et je me sens moins auteur, plus Community Manager et toujours très heureux.

Bonnes lectures et à lundi prochain.

Denis Gentile

 

Retrouvez Denis Gentile chaque lundi sur morethanwords.fr

A lire du même auteur :

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