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Qui veut écrire avec moi ?

C’est une invitation à venir bloguer le temps d'un article avec l’un des auteurs de ce blog en version acoustique ! Pour en savoir plus, cliquez sur MORE dans le menu.


Cet article est dans la droite lignée de ce blog. Comment des mots peuvent tracer votre destin ?


Je me souviens d’une interview de Sting dans les années 80.

Il parlait du monde, de la situation politique et de la paix.

Mais surtout, il parlait des femmes.

Il faisait un raisonnement simple et tellement évident.

Tout part de la constatation que le monde est gouverné par les hommes depuis toujours. Et que retenons-nous de nos cours d’histoire ? Les guerres !

Les hommes au pouvoir ont fait du monde un immense champ de batailles.

Comment changer le cours de l’histoire ?

Si ça ne marche pas avec nous les hommes, alors pourquoi ne pas mettre le sort du monde dans les mains des femmes !

Ce n’est pas de la petite rhétorique ou de la basse démagogie, c’est une vérité remplie d’espérance.

Le monde de demain sera meilleur car la femme est l’avenir de l’humanité.

Parce que la femme est différente de l’homme. Et surtout pas identique ou égal. Elle est différente car elle a d’autres qualités. Des qualités qui la porte naturellement à vouloir la paix.

Dernièrement, j’ai répondu à une interview (pour un autre blog) très significative. En voici un extrait :

Le Top5 de nos enfants sera féminin

- Denis, quelle est votre passion ? Et pourriez-vous faire un TOP 5 sur ce thème (ex. sport alors vos 5 champions préférés, ou littérature alors vos 5 livres préférés, etc.)

Alors, je devrais choisir entre le sport, la musique, la philosophie ou l’art ?

Je choisis le sport pour citer des personnages contemporains.

1- le génie de Roberto Baggio

2- la folie d’Ayrton Senna

3- la classe de Roger Federer

4- la férocité de Marvin Hagler

5- l’indestructible Segueï Bubka

 

- Quels sont vos 5 personnages préférés (réels ou imaginaires, historiques, de romans, de films, de l’actualité, etc.) ? Pour l’un d’entre eux, ajoutez un adjectif pour le qualifier.

1- Michelangelo, il a mis l’Art au-dessus de tout.

2- Le guitariste Nuno Bettencourt, il met la musique au-dessus de tout.

3- Thomas d’Aquin qui commente la philosophie d’Aristote, ils ont mis la sagesse au-dessus de tout.

4- Socrate, il a mis la justice au-dessus de tout.

5- Jésus, il a mis l’amour au-dessus de tout

- Pourriez-vous nous raconter  quelque chose du futur ?

Du futur ? Les femmes seront au centre de l’humanité. Regardez mes TOP5 des personnages, il n’y a que des hommes. Je crois que dans le TOP5 de nos enfants, il n’y aura que des FEMMES. Le futur de l’humanité passe par ce renversement. C’est la nouvelle Renaissance.

 

Cette interview de Sting, c’était il y a plus de 20 ans et j’avais à peine 20ans. Mais je m’en souviens encore, ces mots ont marqué ma vie et ont tracé mon destin.Chaque article de ce blog devrait avoir cette empreinte. Des mots lus ou entendus et gravés en nous.

Bonne fête à toutes les femmes.

Permettez moi de citer mes rédactrices : Cécile Courtais, Florence Augustine, Céline Jyoti, Justine Neubach et Victoire de Changy. C’est mon Top 5 en ce jour de la journée de la femme.

Denis Gentile

 

Montpellier serait la plaque tournante du web en France. C’est en tout cas l’impression que l’on peut avoir quand on est sur les réseaux sociaux. On y passe pas une heure sans y croiser un Montpelliérain.

Pour preuve de ce dynanisme, l’innovation qu’apporte Otograff dans le domaine de la presse. C’est pourquoi j’ai demandé à Cécile Courtais de nous parler de sa ville. Qu’en est-il de Lyon ? Paris ? Strasbourg ? Nice ? Marseille ? Bordeaux ? Lille ? ou même Bruxelles ? Qui se pose en challenger de Montpellier ? C’est le défi que nous vous proposons de relever.

Il y a 20 ans que j’ai quitté Montpellier, il y a 2 ans que j’y suis revenue.

Et bien, en arrivant, je n’ai rien reconnu !

Montpellier est aussi une des rares villes à avoir une webcam en temps réel de sa place principale : http://www.montpellier.fr/150-webcam-comedie.htm (cliquez sur l’image)

Montpellier, c’est aujourd’hui la 8° ville française avec la plus forte croissance démographique du pays : 3 000 nouveaux arrivants par an, 280 000 habitants intra-muros dont 25% d’étudiants, plus de 390 000 habitants pour l’agglomération dont 43% de moins de 30 ans…

Vous commencez à comprendre pourquoi 20 ans plus tard, j’ai trouvé que Montpellier avait beaucoup changé ? Mais qu’est ce qui attire autant ? Mis à part nos 300 jours d’ensoleillement par an bien entendu… Parce qu’ici, il n’y a pas grand chose, les grandes entreprises se comptent sur les doigts d’une main, l’industrie est très peu représentée. Alors comment Montpellier a réussi à se développer ? Et bien tout simplement en misant sur les activités de services : la recherche, l’enseignement, le tourisme…

C’est ainsi que lorsque je suis arrivée il y a 2 ans et que j’ai commencé à prospecter, j’ai eu le vertige ! Aujourd’hui, Montpellier rassemble un nombre impressionnant d’agences de communication, de studios graphiques… Mais aussi et surtout des agences web dont certaines parviennent à avoir un rayonnement national, voire international. Et une présence sur les réseaux sociaux à tous les niveaux : des institutions comme Montpellier Agglomération avec près de 4 900 amis sur Facebook, jusqu’aux clubs de sport comme le MAHB et sa page qui rassemble plus de 14 000 fans… Ici, on ne fait pas que suivre la tendance, on la crée !

DIP Extended

D’ailleurs quand je suis arrivée, j’ai commis une grossière erreur : j’ai pensé qu’il me suffisait de prospecter par mail et de relancer par téléphone. Et bien ça n’a pas marché. En revanche, quand j’ai refait les mêmes demandes en passant par Viadeo, là, j’en ai rencontré du monde ! Et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Delphine Sauret. Elle est graphiste et dirige le studio Delf In Progress mais elle a aussi la volonté de travailler avec d’autres free-lance pour allier nos compétences et proposer un service complet et sur-mesure, c’est le concept DIP Extended dont j’ai la chance de faire partie avec Julie Beille Foltz, la troisième drôle de dame ! Ensemble, nous avons réalisé un magazine pour nous présenter :  http://madmagz.com/magazine/109406#/page/1

Et pour l’anecdote, Delphine Sauret est une vraie geek (c’est toi qui l’as dit, c’est pas moi !), présente sur tous les réseaux et surtout active. Enfin, c’est une vraie Montpelliéraine, depuis 5 générations et ici c’est plutôt rare vu le nombre de nouveaux arrivants par an ! Je laisse maintenant le clavier à Denis Gentile qui va vous présenter les community managers et les blogueurs de Montpellier !

Les Montpelliérains sur les réseaux sociaux

Voici quelques noms que je croise parfois sur les réseaux sociaux. Cette liste n’est pas exhaustive et pourrait être complétée à votre demande. Elle vous donne une idée du dynamisme des Montpelliérains. A commencer bien sûr par Cécile.

- Patrice d’Arras est le directeur de la publication d’Otograff, un concept innovant qui unit la presse papier et le web 2.0. Je vous invite à en découvrir plus en lisant mon article « Ils veulent sauver le papier grâce à un nouvel algorithme ! »

- Gilles Marc, Community Manager à  Montpellier Territoire Numérique.

- Marco Feau, membre du groupe des Community Managers Francophones sur Facebook.

- Muriel Cossard Guy, membre elle aussi des Community Mangers Francophones et de la page e-réputation et vous sur Facebook.

- ForVip Montpellier, Community Manager vous propose des idées pour votre soirée à Montpellier.

- Marie Laure Vie (Marilor Montpellier), Responsable nouveaux projets multimédia et Gestionnaire médias sociaux.

- #BoostMyKarma (BMK) est une plateforme fun et décalée qui rend les bonnes actions facilement accessibles au grand public. A lire cet article du Midi Libre, « … plusieurs étudiants de l’université de Montpellier qui bouillonnent d’idées… »

- Frédéric Laumonier et son concept malin « Expédiez entre vous« , Site internet permettant l’envoi de colis lettres et objets à travers le monde entier, grâce aux voyageurs des 5 continents. Objectif, apporter un service économique, écologique et rapide.

- Pierre Lafon, Community Manager, membre du projet HTag. Pierre nous suggère aussi : « Afin d’enrichir ta liste je citerai Maxime Berthelot CEO de Neiio, un projet ambitieux et innovant! www.neiio.com« 

Suite à notre article, nous vous signalons une nouvelle initiative de la part de Sylvain Sengbandith :

« Avis aux montpelliérains : Seriez-vous intéressés par l’organisation d’une conférence sur les Médias Sociaux? Et de ses enjeux? »

Vous pouvez répondre soit dans les commentaires de cet article, soit en allant sur le mur de la page facebook de Sylvain. Encore une preuve de l’activité et de la réactivité des montpelliérains.

- Sur Facebook, 75000 internautes aiment la page « I love Montpellier »

Et toute l’actu minute par minute sur Montpellier : http://www.toutmontpellier.fr/

Et les autres ? Venez relever le défi !

Nous lançons aussi un appel et un défi à Anthony Rochand (DooMiz) et Angelina Refnou (Caf’ Business) à Lyon, Alexi Tauzin et Benjamin Petit (Stras’tegic) à Strasbourg, à Sorin-Claudiu Marica (First-site Weddict) à Cannes, à Cécile Talec (Solutions Graphik’n Print) à Nice, à Jacques Tang à Bordeaux, à Olivier Jadzinski (EuKlide) à Grenoble (après correction),  à Djivan Minassian (My Community Manager) à Marseille, Eric Messeca (Humain au coeur du numérique) et Jean-François Ruiz (webdeux.info) à Paris, Stéphanie Michaux (Le petit Littéraire), Philippe de Casabianca (More Than Words) et Victoire de Changy (Victoire Magazine) à Bruxelles… et à tous les autres avec à leur tête Valérie Thuillier.

Votre mission, si vous l’acceptez, est de nous dire pourquoi votre ville est plus dynamique que Montpellier sur le web.

Quel est le challenger de Montpellier ? Montpellier qui vient d’ailleurs de recevoir le prix de la croissance verte numérique. Quelles sont les initiatives à hauteur de celle de Patrice d’Arras et son Otograff ?

Qui relève le défi ?

Cliquez ou commentez. Au plaisir de vous lire.

Cécile Courtais & Denis Gentile

 

Blog de presse par ci, blog de presse par là, blog de moi même partout, les blogs de presse fleurissent ça et là sur internet oubliant par là la vocation de la presse qui est d’abord de produire de l’information… journalistique. Blog de presse? Une contradiction dans les termes. Mieux: comme une délicieuse guerre, un oxymore.

 

Pas de blogue ! J'suis journaliste moi.

L’oxymore est d’usage délicat. Car associer deux mots a priori incompatibles, comme l’idée du silence assourdissant ou de la délicieuse guerre, voilà qui peut donner lieu à de la carricature racoleuse. L’oxymore est une plante délicate qui ne peut donner toutes ses couleurs et offrir tout son parfum que dans le bon terreau.

Frapper les blogs de presse de l’opprobe de l’oxymore, tel un exercice de raccolage prohibé, n’est-ce pas en fait trop risqué ? Le blog de presse appartient-il vraiment à cette catégorie qui peut tomber dans le charme vénéneux sans crier gare ?

 

Le blog est incompatible avec la mission du journaliste

En réalité, dans l’ADN du blog, on trouve les gènes de l’auto-promotion. Ce blog ne déroge pas à cette règle. Cela n’est donc pas pour nous une tare. Avec le blog, l’internaute peut crier sans gène, à moi la célébrité sur internet: plus besoin donc de déambuler comme homme sandwich. Le blog sert d’abord à faire parler de soi, à échanger ensuite, l’un n’excluant pas du tout l’autre. S’il fallait rapprocher cet exercice d’un genre littéraire, sans doute faudrait-il le comparer au journal d’écrivain.
Et c’est là que le blog nous semble incompatible avec la mission d’information que doit poursuivre la presse. Certes, un journaliste talentueux, opiniâtre, équilibré fera forcément parler de lui. Certes aussi, son objectif demeure que les articles soient lus, que ses films soient visionnés, que ses sujets soient entendus de par les ondes. Mais en tant que tel, la mission d’un journaliste n’est pas celle d’un chanteur du prime time: il n’a pas à brûler les planches ni à exhiber son nombril par octets interposés.
Prenons l’exemple de The Economist. Dans sa version papier, nulle trace de signature car il ne s’agit pas de flatter l’égo des journalistes mais bien de rappeler qu’ils doivent s’effacer derrière leur mission de journaliste, derrière l’esprit d’équipe du titre. C’est un exemple à méditer.
Il est bien possible de trouver des journaux qui sur internet ont des blogs. Nous ne sommes pas sûrs que cela obéisse toujours à la définition de l’information car dans bien des cas, il s’agit alors de faire la promotion du nombril d’un journal qui, s’il restait fidèle à sa mission, pourrait se contenter de la qualité intrinsèque de ses propres sujets et articles. Du coup, c’est le blog qui deviendrait obsolète.
A y regarder de plus près, on peut donc observer que le blog répond à une logique de promotion, souvent un sport individualiste ou au profit d’un petit nombre d’émetteurs, tandis que l’information, même si elle est souvent émise à dessein, répond davantage à une logique d’intérêts collectifs des récepteurs, des publics cibles. Lorsqu’un journaliste traite d’un sujet, c’est d’abord pour être fidèle à sa mission d’information du public. Lorsqu’il écrit un post sur un blog, c’est d’abord pour faire parler de lui.

 

Le Canada Dry de l’info

Ca ressemble à de l'alcool, mais c'est pas de l'alcool !

Prenons le blog de Jean Quatremer sur Libération. C’est d’abord lui qu’il met en scène. S’il relate des informations, c’est d’abord en tant que porte parole de lui même. Est-ce la mission du journaliste ? C’est loin, très loin d’être certain. Au fond, cela ressemble à ces journalistes qui posent des questions en salle de presse alors qu’ils en connaissent la réponse. Le but ? Pavanner devant des confrères… Nous préférons penser que le blog de presse participe d’une opération de communication réalisée pour et par des journalistes, un oxymore, donc.

Nous n’en sommes cependant pas à dénier de charmes “les blogs de presse”. On peut y apprendre des éléments d’informations croustillantes, on peut y goûter à un autre style mais on se demande alors comment se fait-il qu’un journaliste qui s’est fait un nom par un organe de presse connu, se serve de cette réputation pour employer des techniques et des ficelles que son rédacteur en chef aurait réprouvées pour l’édition payante ? Deux poids, deux mesures ?
Il y a là un jeu de dupes. On ne pas reprocher au journaliste ces manquements à l’éthique de la presse et de l’information parce que ce n’est pas le site officiel du journal. Eh non, c’est un blog, donc c’est libre. Trop facile, non ? Cela ressemble à certains écrivains comme Dan Brown et don Da Vinci Code qui mettent le titre roman (comme cela; on évite les critiques des historiens) mais qui passent leur temps à habiller leur ouvrage du paquet cadeau du documentaire informatif quoi que mis en scène. En somme, un blog de presse, c’est le canada dry de l’info. Cela en a la couleur, l’apparence mais pas le reste. Bon appétit et faites attention aux mélanges.

 

Philippe de Casabianca

« Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! » L’annonce fait sensation. France Soir, le journal qui a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la presse en France, abandonne le support papier.

C’est le bon sens qui l’emporte avec cette décision. Francis Benett nous l’avait démontrés en mars dernier dans l’article : « Le Blog est l’Avenir de la Presse ! » (Je vous invite à le lire ou relire !) Prophétique ? Non, l’analyse était simplement pertinente. Est-ce que cela suffira à relancer France Soir ? Et les autres titres de la presse suivront-ils cet exemple ? Pour mieux s’interroger sur le futur, remontons le temps.

L’arrivée du Tour

C’était dans les années 60. En 1963 précisément. C’est l’été. Mon père sort de la maison en courant. Il est impatient. Il veut savoir.  Il veut voir. L’édition du soir doit arriver d’ici quelques minutes. A la une, il y aura la photo du vainqueur. En plein effort sur les pentes du Grand Saint-Bernard ou le visage souriant en franchissant la ligne d’arrivée ? Bien sûr, son nom, il le connaît déjà. La radio couvre la course en direct. Mais ça ne suffit pas. Il manque les images et l’histoire. L’un et l’autre en noir et blanc.

Les vendeurs à la criée sortent des locaux de la mythique rue Réaumur et envahissent, par leur présence massive et leurs voix perçantes, les rues parisiennes. « Anquetil domine le grimpeur espagnol Bahamontès dans les Alpes et s’empare du maillot jaune ! »… « Tout sur le plus grand exploit de Jacques Anquetil ! » Les slogans des vendeurs à la criée n’ont rien à envier aux tweets d’aujourd’hui !

Vous l’aurez compris, mon père attendait l’une des 8 éditions quotidiennes de France Soir  pour tout savoir sur la victoire d’étape dans le Tour de France de Jacques Anquetil, ce 10 juillet 1963. Et c’était comme ça tous les jours. Autre époque, autres moeurs. Pourtant, c’était il y a moins de cinquante ans.

C’était d’ailleurs le même rite depuis 20 ans. Tous les soirs vers 19 heures, mon père allait acheter France Soir pour mon grand-père. C’était son internet à lui ! Son contact avec le monde. Sa façon de rester informé, et le lendemain, sur les marchés (il était vendeur de fruits et légumes) de pouvoir discuter avec les clients.

Le monde a changé. Les nouvelles technologies ont révolutionné la diffusion de l’information. En 1963, on pensait la même chose. Les progrès de l’imprimerie permettaient ce miracle quotidien. Huit éditions par jour ! L’actualité en léger différé de Youri Gagarine (Un Russe tourne autour de la Terre !) aux premiers pas sur la Lune (C’est le jour L !) en passant les évènements de 68 ou la mort de Fausto Coppi.

A bout de souffle !

Jean-Paul Belmondo dans "A bout de Souffle"

« A la grande époque, France Soir c’est 400 journalistes, huit éditions par jour, des vendeurs à la criée aux quatre coins de Paris, une vingtaine de correspondants dans le monde, des notes de frais astronomiques… Il détient même le record historique des ventes dans la presse française : son édition sur la mort du Général de Gaulle, le 10 novembre 1970, a été achetée par 2,2 millions de lecteurs. Pendant des années, son titre est apparu presque comme un nom commun, de la même façon que Frigidaire ou Klaxon. Preuve en est lorsque l’on se penche sur les films des années d’après-guerre ou les sketches des années 1960 à la télévision. On se souvient de Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle : « France Soir, c’est la dernière édition ? Oui, monsieur, Huitième dernière. »… » la suite sur http://presse-paris.univ-paris1.fr/spip.php?article23

50 ans après la question de Jean-Paul Belmondo, la réponse est cette fois définitive : « Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! »

Dans son édition du 10 octobre 2011, l’annonce : « France Soir va abandonner le support papier pour tenter sa chance sur le seul web ». C’est le premier quotidien en France à abandonner complètement le support papier.

Le Figaro a immédiatement commenté cette info en commençant un article avec la phrase suivante : « La chute de France-Soir se profile.» Même chose pour le Nouvel Observateur qui titre :   »Web ou pas, France Soir est un dinosaure en perdition« . Ces remarques me rendent plus inquiet pour Le Figaro et Le Nouvel Observateur que pour France Soir ! Car le sens de l’histoire (et du progrès) nous indique clairement que l’avenir de la presse est lié au web et non au papier. La sagesse de Salomon, un peu pour l’un et un peu pour l’autre (un peu pour le papier et un peu pour le web), ne vaudra qu’un temps. Et France Soir a décidé de suivre son ADN et d’être le pionnier en France. Les autres observeront comme un scientifique observe un cobaye.

Pionnier ou Cobaye ?

Etre le premier n’est pas une méthode qui fonctionne à tous les coups. Même si France Soir peut se targuer de grands succès en ce domaine, il a aussi essuyé quelques échecs. L’un d’entre eux, je peux en parler à la première personne du sujet. Bien sûr, je n’étais qu’un débutant à l’époque et je ne prenais pas les décisions, je les subissais !

Voici mon histoire.

L'actualité versaillaise sur France Soir Ouest

En 1987, France Soir vient de déménager et s’installe à Bercy, derrière le Palais Omnisports.  Je suis alors un humble stagiaire au Service des Sports, sous la tutelle de Jean Perez, le responsable du cyclisme. A la lumière du début de l’article, vous comprendrez que ce n’est pas rien. Je vais notamment suivre plusieurs étapes du Tour de France et suivre les Jeux Olympiques de Los Angeles à distance.

Ce stage est une réussite et je gagne un emploi l’année suivante (1) . Un journal va naître : France Soir Ouest. Un supplément gratuit hebdomadaire qui traite de l’actualité locale en Ile de France. Les dirigeants de France Soir avaient compris deux choses importantes. La première sur l’info régionale qui n’existait pas à Paris. Les meilleures ventes de journaux en France étaient désormais réalisées par les quotidiens régionaux, Ouest-France en tête. La deuxième est la gratuité. Avec près de 20 ans d’avance, ils ont tenté ce pari insensé. Au départ, la sauce a bien pris. Sur le long terme, après le lancement de France Soir Est, l’expérience a pris fin. L’idée était bonne, comme l’idée de ne publier qu’une édition web, mais elle n’a pas été couronnée de succès.

Etre un pionnier signifie être en avance sur son temps et sur les autres. C’était le cas de ce concept. Le problème est d’être trop en avance. Les lecteurs et les partenaires ne sont pas encore prêts. Tôt ou tard, c’est malheureusement l’échec assuré.

Si France Soir avait décidé il y a 10 ans de lancer une édition 100 % web, on peut raisonnablement dire que cela n’aurait pas marché.

Les règles du jeu

Mais en 2011, la situation est plutôt favorable. D’abord avec l’apparition des tablettes, l’iPad et ses concurrents. Comme le dit Francis Benett dans l’article « Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite » :  « Le support a changé les règles du jeu. » Et le premier participant à accepter les nouvelles règles, c’est France Soir.

C’est semble-t-il le bon moment. Mais attention, cela ne suffit pas encore pour transformer l’essai. Accepter les règles du jeu n’est pas la même chose que comprendre et savoir appliquer ces règles. Il y a des fautes, comme dans un match de foot, qui méritent un carte jaune et d’autres un carton rouge.

- Rédiger un article sur le web de la même façon qu’il serait rédigé sur l’édition papier. Carton jaune !

- Le journaliste décide seul du contenu d’un article et veut influencer les opinions. Carton rouge !
Non, le contenu, c’est aussi celui des commentaires.
Ils sont aussi importants que votre article. Parfois plus importants.

- Se contenter de publier un contenu impersonnel et passe-partout. Exemples : reproduire bêtement les dépêches ou traduire des articles parus aux Etats-Unis. Carton jaune !

Il faut personnaliser chaque article et raconter des histoires, parfois, son histoire. C’est exactement ce que je tente de faire ici. On pourrait dire que ce n’est pas l’article d’un journaliste, mais d’un blogueur. C’est cela que l’on attend d’une édition en ligne. Les journalistes devront adopter l’esprit des blogueurs.

- Eviter la mise en scène du misérabilisme. Je me réfère à l’article du blog « le bidonville de La Campa ». Extrait : « France-Soir opère une dramatisation autour du bidonville de la Campa pour toucher le pathos de ses lecteurs. » Carton jaune ! Et si à ce misérabilisme s’ajoute la femme nue (une vieille tradition héritée des tabloïds anglais), les courses hippiques et les faits divers à outrance, alors deuxième carton jaune et donc carton rouge !

D’ailleurs, si un dirigeant de France Soir s’intéresse à nous, je lui conseille l’idée d’Eric Messeca et son mouvement naissant : Le mouvement BNFS : Bonnes Nouvelles de Fin de Semaine. Ca, c’est une vraie bonne idée, mais qui n’a jamais su être vraiment bien exploitée. Ca serait pour France Soir un vrai défi ! Une façon de prendre à contre-pied le monde de la presse.

- Faire une édition 100 % web ne peut pas être seulement une mesure d’économie. On fait ça parce que ça coûte moins cher. D’ailleurs, 200 salariés de France Soir ont manifesté devant le siège du quotidien pour défendre la survie du titre papier et contester le passage au tout numérique. Si c’est cela qui guide cette décision, alors cette expérience courageuse n’a aucun avenir. Carton rouge !

Si l’on veut un web de qualité, il faut enfin lui donner les moyens de ses ambitions. Le support web est un moyen de communication qui peut être aussi ou plus créatif que la pub ou le cinéma, plus fort culturellement que le livre et plus participatif (voire, pour employer les grands mots, démocratique) qu’une élection.

Avez-vous d’autres cartons à distribuer ? C’est vous l’arbitre.

France Soir en racontant l’histoire des français, de la France et du monde est devenu le plus grand quotidien du XXe siècle. Ses auteurs étaient de grands écrivains comme Joseph Kessel et des journalistes incomparables comme Pierre Lazareff. Aujourd’hui, ses auteurs pourraient être des blogueurs. Ils n’auront pas la même aura, mais un autre genre de réputation, une e-réputation !

Sur le web, les auteurs de France Soir devront reprendre ce chemin en racontant des histoires et le titre redeviendra la référence.

A la lumière de cet article et de l’évolution inéluctable de la presse, nous pourrions reprendre le bref historique cité plus haut et le traduire de la façon suivante :

« A l’époque du web, France Soir c’est 4000 blogueurs à travers le monde, huit éditions par jour, des community managers qui tweetent aux mille intersections de la toile, des milliers de commentaires pour chaque article, des débits ADSL astronomiques… Il détient même le record historique des lectures dans la blogosphère française : son édition sur les premiers pas de l’homme sur la planète Mars en 2031, a été consultée par 2,2 milliards d’internautes en un seul jour. Pendant des années, son titre est apparu presque comme un nom commun, de la même façon que Plasma ou iPad… »

France Soir a (pourrait avoir !) de nouveau rendez-vous avec l’histoire, son histoire.

Denis Gentile

J’ai raconté cette histoire en fouillant dans ma mémoire. Quelques imprécisions, voire erreurs peuvent s’être glissées dans la narration de l’histoire. Si vous aussi, vous connaissez bien l’histoire de France Soir ou France Soir Ouest, si vous avez participé à l’une de ses aventures en tant que journaliste, je vous invite à partager vos souvenirs et vos réflexions en intervenant dans les commentaires.

(1) Je suis alors en charge de la rubrique « Vie des Communes » puis « Cités » de l’édition de Versailles. Les autres éditions sont sous la responsabilité de Olivier Pelladeau, Vincent et Laurence. Notre rédacteur en chef est d’abord Arnaud Dingreville, puis Bruno Le Marcis. Parmi les journalistes jeunes et déjà expérimentés, il y avait Yves Thréard, actuel directeur adjoint de la rédaction du Figaro.

 

Les opinions règnent en maître sur le web. Est-ce une bonne chose ? Une mauvaise chose ? Avant de répondre et pour éviter de tomber dans le piège de… l’opinion, nous voulons d’abord définir avec rigueur le mot OPINION.

Nous avons donc demandé à Pascal Jacob, professeur de philosophie, de nous expliquer cette définition : « Un assentiment de l’intelligence qui adhère à une proposition en conservant un doute. »

L’opinion est suspecte. On la dit changeante, manipulable, et nécessairement fausse. En effet, par définition, l’opinion ne sait pas, elle n’est pas la science. Mais d’un autre côté nous trouvons la science prétentieuse, et la vérité dangereuse. Car prétendre avoir la vérité, c’est rejeter l’autre qui est dans l’erreur. Et nous savons ce qu’il en est de la science sans conscience.

Noblesse et dangers de l’opinion

Il y a une noblesse de l’opinion. Le philosophe la définit comme une adhésion de l’intelligence, une adhésion qui advient non pas du fait d’une évidence ou d’une démonstration, comme c’est le cas pour la science, mais du fait de la volonté. J’adhère non pas parce que je sais, mais parce que ma volonté m’incline à le faire. Cette adhésion est donc mêlée d’une certaine retenue, qui vient de ce que l’on est prêt, s’il le faut, à préférer la vérité à l’opinion. Encore faut-il le vouloir et y consentir. C’est là le problème de l’opinion, c’est que l’on s’y accroche. Car la volonté, qui fait que l’on consent à adhérer à une idée qui n’est pourtant pas évidente, la volonté donc peut elle-même être le jouet des passions, comme le désir ou la haine. Freud fait là-dessus une remarque intéressante : Distinguant l’erreur de l’illusion, il montre que l’illusion est une erreur dont le motif est notre désir. Sans doute y a-t-il des opinions manipulées par le désir, désir de domination, de sécurité et mille autres encore.

La véritable opinion, vécue comme telle, est une étape nécessaire, et parfois indépassable. Nécessaire, parce que la vérité ne nous apparaît que progressivement. C’est vrai, depuis Descartes nous aimons l’évidence. Mais de l’aveu même du philosophe français, nous ne pouvons facilement distinguer la vraie évidence de la fausse évidence.

On peut voir dans l’opinion une certaine humilité, et parfois un vrai réalisme. C’est qu’il y a des matières, que le philosophe appelle des matières contingentes, qui ne peuvent donner lieu qu’à des opinions : quel est le meilleur candidat aux présidentielles ? Faut-il abandonner l’euro ? 

Mort de l’opinion

Mais le défi majeur aujourd’hui est de discerner ce qui relève de l’opinion de ce qui relève de la science. Car il y a autant d’erreur à prétendre à la science dans ce qui relève de l’opinion (c’est l’erreur fréquente de Marx), que de prétendre que tout n’est qu’opinion quand on peut accéder  à la science. C’est l’erreur du relativisme.

Ainsi nous croyons parfois que tout est relatif, et que par conséquent toutes les opinions se valent. Or c’est là la mort de l’opinion. Aussitôt, l’opinion relativiste devient tyrannique, car elle prétend rendre absolue la position relativiste et ouvre ainsi la porte à tous les arbitraires. 

Ainsi, paradoxalement peut-être, la noblesse de l’opinion consiste à croire en la vérité.

Pascal Jacob
Professeur de Philosophie

Pour une définition actuelle de l’opinion, peut-être n’est-il pas la peine de monter sur ses grands chevaux philosophiques. Car j’en entends encore, platoniciens ou lycéens dans l’âme (allez savoir), qui se piquent d’opposer opinion/vérité (en donnant à cette dernière le double primat ontologique et axiologique) comme si cela suffisait. Bien sûr que cela a longtemps suffi : au siècle des classiques encore, Spinoza assénait son fameux « veritas est adequatio rei et intellectus »(1), et l’opinion, reléguée au rang malaimé des postulats et vraisemblances, ne valait guère le précieux sésame du jugement vrai.


Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Madame Vérité a lourdement chu de son trône : on lui préfère la connaissance scientifique, moins idéale, pour sûr, mais mieux palpable ; et bien peu commettent encore l’erreur de les confondre.

Pour comprendre ce revirement, il suffit par exemple, de constater l’affrontement et la complémentation des théories de la physique quantique et de la physique classique. Ou, face à un problème relatif au comportement de la lumière, d’hésiter un moment entre une approche ondulatoire et une approche particulaire de celle-ci. Ou même de voir quelle application mettent les scientifiques à recalculer des constantes pourtant connues de longue date ou à remettre en doute des théories que jusqu’alors on croyait « en béton ».Car une chose n’est vraie que jusqu’à preuve du contraire, et la science elle-même, après les grands emballements rationalistes du XVIIème siècle, a dû revoir ses prétentions à la baisse : son but n’est plus de saisir d’une seule poigne la vérité mais de la cerner de modélisations crédibles. Elle relève donc plus du postulat souple que de la certitude. Et c’est là que je souhaitais en venir : ne nous contentons-nous pas, souvent et même dans les domaines les plus rigoureux et pointus de l’existence, de vraisemblance plutôt que de vérité ?Et lorsqu’à l’image des philosophes nous planchons sur la vérité à tout prix, ne tombons-nous pas sur un os ?Et finalement, sur d’autres plans tout à fait étrangers à celui de la vérité (la politique, le que-faut-il-faire, les choix de vie), qu’est-ce qui nous guide ? Notre opinion, je crois. Cette si précieuse fréquentation du vraisemblable qui est la nôtre.

Justine Neubach

(1) : NDLR : Spinoza reprend alors une définition conçue quelques siècles plus tôt par Thomas d’Aquin. En Français : « La vérité est l’adéquation de l’intelligence au réel. »

La disparition du fondateur d’Apple signe la chronique d’une mort annoncée. C’est aussi celle d’un élan médiatico-populaire qui rappelle l’enterrement de Lady Di entourée d’Elton John chantant Candle in the wind, autant d’éléments qui n’ont pas toujours un rapport évident avec la réalité.

La mort de Steve Jobs ne m’a pas fait orphelin. Je n’ai pas pleuré même si j’ai bien apprécié la une de Libération, l’une des plus inspirées et sans doute fidèle à Apple et à son esprit qui a si bien combiné marketing, sobriété et prospérité.

Une pomme pas vraiment verte

Steve Jobs enfin a pris le temps de faire face paisiblement à son destin et s’est préparé à sa mort avec une certaine dignité. Pas de quoi donc sombrer dans l’hystérie des post-it décorant les magasins d’Apple, autant d’éléments d’une belle promotion gratuite. Au-delà de son départ physique du monde matériel, Steve Jobs aura maintenant le temps de songer (et d’inspirer) à des produits qui soient aussi verts, voire plus, que la pomme de son entreprise.
Car au-delà de l’aspect brillant et même magnétique de ses créations, de l’Apple II à l’iPad, autant de jouets de haute technologie, les produits Apple ne comptent pas parmi les produits verts. Ils sont réputés pour tuer. Les ouvriers chinois surexploités qui les fabriquent à coups de cadences infernales, la nature quand on doit en extraire les produits toxiques et difficilement recyclables comme les batteries à usage limité. N’en jetez surtout pas plus !
Et surtout, surtout encore séchez vos larmes. Certes, il a révolutionné le monde… de la technologie, mais pas le monde en tant que tel. Le comparer à Einstein, c’est bon pour des politiciens qui rêvent de profiter de son prestige. Mort, il ne se risquerait pas à redescendre du ciel pour apporter un démenti.

 

Le computer est enfin devenu personnel

Mais ne mégotons pas : en rendant l’informatique et ses applications beaucoup plus séduisantes que les monstrueuses et inhumaines machines de 2001 l’Odyssée de l’espace, Steve Jobs a fait venir bien du monde sur les rives des octets et de leurs formes désormais aguichantes. C’est peut être, à défaut d’être révolutionnaire, une étape majeure.

Un informaticien qui se soucie de son public, c’est vrai que cela ne court pas toujours les rues. Bien souvent, c’est au public de se former pour comprendre l’informaticien. Avec Apple, le public s’est enfin extrait de ce rôle et c’est là que le computer est vraiment devenu personnel. Mais c’est peut être aussi là que l’ordinateur est devenu plus objet de design qu’instrument de gestion des données par l’utilisateur, enfin par celui qui croit en avoir besoin.

Les couleurs acidulées des iMacs, les écrans tactiles des iPhones, les concentrés de musique des iPod, mais qui donc pouvait y résister ? Autant de possibilités de se faire plaisir sans dépendre des autres… Dingue non ? Dément, je vous dis ! Ce n’est pas un hasard si la direction du design est juste en dessous de la direction générale d’Apple…

Steve Jobs ? Un vrai fil RSS

 

Certes, certes, mais parmi tous ces produits qui font si bien branchés et qui nous rapprochent si bien aussi de nos envies, combien réellement sont-ils l’œuvre de Steve Jobs ? Alors je sais, face à un informaticien qui se fait prendre en photo à la manière des Studios Harcourt, au fond plus comme un designer que comme un dompteur d’octets, la question peut sembler impertinente. Et pourtant, un peu comme Marck Zuckerberg, Steve Jobs n’a pas inventé tant que ça : il a passé une bonne partie de sa vie à perfectionner les inventions des autres, comme la souris, à les agréger et à soigner jusqu’à l’extrême le packaging. Steve Jobs ? Un vrai fil RSS.
Mais pas que cela. Un fil RSS qui se vend et qui fait vendre. Pas un croisé de la démarche scientifique qui publie et partage. Chacune de ses trouvailles, il a pris soin de la labelliser, d’en faire un objet propriétaire qu’on paye. On s’éloigne là du mythe du Web 2.0 et de sa communauté participative.
Apple a su rester à part : sans les virus du monde, il a développé son vers égocentrique comme Eve nous a donné et la pomme et les pépins.

Philippe de Casabianca


Cet article ressemble aux suppléments que l’on trouve sur un DVD. Le film en question, pardon, je voulais dire l’article en question est « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! ».  Je vous invite à découvrir tous les secrets de fabrication, ou presque.

Avertissement : Cet article n’a d’intérêt seulement et seulement si vous avez déjà lu Quand Facebook nous remplit d’épouvante !. Puisqu’il s’agit de son ‘Making of’. De plus, s’agissant d’un ‘Thriller’, il vaut mieux le lire sans rien savoir de son déroulement et dénouement. L’emploi du mot ‘Blockbuster’ dans le titre s’explique car cet article a dépassé en 8 jours les 1000 lectures, les 120 ‘like’ sur Facebook, 200 tweets et retweets et surtout parce qu’il a fini dans le TOP 5 (4e) du concours organisé sur le blog ‘Virtuose Marketing‘ de Cédric Vimeux. Un résultat encourageant pour notre blog. Je vous invite à découvrir le classement des 5 meilleurs articles de ce concours en cliquant ici.

Mettre en scène des personnages et une histoire

Tout commence le 21 mars 2011 avec la publication de l’article « Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite ! ». Un certain Francis Benett nous explique comment le web a changé nos habitudes vis à vis de la presse, notre façon d’écrire et de lire. L’important nous dit-il est de mettre en scène une histoire et des personnages. Ce n’est plus simplement relater platement des faits, présenter des opinions, retranscrire une interview ou développer une réflexion. Ca, c’est l’ancienne méthode, celle qui s’imprimait sur du papier journal. Aujourd’hui, il faut être plus créatif pour intéresser le lecteur. Un article de fond et de réflexion (que certains qualifieront de difficile) qui a totalisé plus de 5000 lectures. Un autre ‘blockbuster’ !

Ce n’est pas une fiction !

Attention, il y a une part de vérité à respecter. Vous ne pouvez pas tout inventer. Ce n’est pas une fiction. Le lecteur doit croire à ce que vous écrivez. L’imagination est surtout là pour donner une forme à votre discours. Les éléments de votre article doivent avoir des racines dans la réalité. Quels sont ces éléments ? Ce sont les cailloux du Petit Poucet !

Les lecteurs suivent un chemin que vous avez tracé avec des mots et des idées. Ils vont évoquer dans son esprit quelque chose de familier.

Pourquoi familier ?

- Parce que dans vos précédents articles, vous en avez déjà parlé.

Par exemple, les agressions verbales de certains internautes. C’est l’un des points qui ont conduit à ma démission le 15 août dernier. Quand Ivan Pauleto m’agresse, c’est donc tout à fait plausible puisque c’est déjà arrivé et j’en ai déjà parlé.

Même raisonnement quand je parle de mon chien. Il est bien réel et en plus il a une identité sur le web puisqu’il a son propre blog.

- L’environnement est aussi familier. Le lieu de l’histoire est connu de tous les lecteurs. Il s’agit de Facebook. De plus, je suis Community Manager et j’ai donc des milliers de contacts. Il est donc parfaitement plausible que je ne me souvienne pas d’un nom.

- Des situations qui rappellent quelque chose. Dans les thrillers (mon correcteur automatique me dit que c’est un anglicisme et que je devrais dire films d’épouvante), Scream par exemple, tout commence par un coup de fil. Cette fois, j’ai modernisé la fable. Je reçois un message sur Facebook.

Le tout est cohérent

Un récit est vraisemblable s’il est cohérent. Ce texte a été spécialement écrit pour participer à un concours. Il était important d’intégrer dans le scénario de l’article la participation à ce concours. C’est un des éléments qui assure un lien logique entre les différentes parties du discours. Le concours ne vient pas comme un cheveu sur la soupe. Il fait partie de l’histoire. Cohérence.

Dans l’article : « Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner », j’évoque notamment le manque de temps pour me consacrer à d’autres activités comme la lecture et je cite différents livres que j’aimerais enfin pouvoir lire. Parmi eux, un thriller américain : « L’épouvantail ». Cet article a créé le buzz sur le web. Il a fait exploser les statistiques de mon blog et à susciter de nombreuses réactions sur tous les réseaux sociaux. Je devais donc profiter de ce nouvel élan. J’ai donc repris des éléments contenus dans cet article et j’annonce que j’ai pu enfin finir la lecture d’un livre. La belle affaire ? Non, car si je n’avais pas lu ce livre, je n’aurai jamais écrit cette histoire. Je m’en suis inspiré en réinventant sa trame et en l’adaptant à l’écriture d’un article pour la blogosphère. J’en tire plusieurs enseignements :

- D’abord une idée qui est présente dans mes derniers articles et notamment dans « Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans ! ». Etre Community Manager, ce n’est pas fouiner sur le web et tweeter à tout va 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Non, le bon Community Manager doit s’évader. Il doit prendre le temps de se déconnecter. Dans mon cas par exemple, ça signifie lire un bouquin, me promener avec mon chien, faire des pizze ou encore jardiner. Je me ressource et je trouve l’inspiration pour écrire. C’est la meilleure façon pour ne pas se répéter et tenter de trouver de nouvelles idées. Ma démission, même provisoire, a donc été salutaire.

- Le blogueur n’écrit pas comme un journaliste-rédacteur. Il ressemble plus à l’écrivain. Dans un quotidien, le journaliste passe d’un sujet à l’autre avec maestria mais souvent sans continuité. Sur un blog, il y a des liens d’un article à l’autre. Les fameux cailloux mentionnés précédemment. Les articles d’un blog sont donc similaires aux chapitres d’un roman. J’ai bien dit ressemble à un écrivain. Avant de devenir un écrivain, le blogueur devra notamment travailler son style et son orthographe. Le blog est donc un bon exercice. Vos réactions montrent que l’exercice a été réussi. Merci.

- Si vous lisez bien mes articles, vous y trouverez les sujets des prochains. D’ailleurs, tout ce que dit Ivan Pauleto, vous pouvez le retrouver sur le web. Soit dans mes articles, soit dans mes différents profils. Le dialogue est donc parfaitement réaliste et cohérent.

Le Concepteur Rédacteur Web

« Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! » n’est pas l’article d’un Community Manager. C’est un article qui raconte l’histoire d’un personnage dont le métier est Community Manager. Celui qui signe cet article s’appelle CONCEPTEUR REDACTEUR WEB. Il ne se contente pas de résumer des infos qu’il a trouvées sur le web et de vendre ce contenu à des sites comme l’internaute ou d’une agence de voyages (ces textes sont rémunérés 3 centimes le mot). Ca, c’est un travail pur et simple de rédacteur. Il développe un sujet personnel et il le met en scène. Il y a un vrai scénario qui soutient ce texte. C’est pour cette raison qu’il n’est pas inexact de parler de ‘Thriller’, ‘Making of’ et ‘Blockbuster’. Le vocabulaire du cinéma est parfaitement adapté aux compétences d’un Concepteur Rédacteur Web.

Les moyens dans les mains d’un blogueur n’étant pas équivalent à ceux d’un réalisateur hollywoodien, il est à la fois scénariste, réalisateur et acteur. Il se met donc lui-même en scène et il en assure aussi la promotion. C’est ainsi que le Concepteur Rédacteur Web devient un Community Manager.

Ce ‘Making Of’ est pour moi indispensable. Je voudrais prendre « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! » comme une référence pour imprimer un style à More Than Words. Si vous aimez écrire et que vous adhérez à ce que j’essaie d’exposer avec pédagogie, alors je vous accueillerai volontiers sur mon blog. Avis aux amateurs.

Mais attention, il ne s’agit pas de refaire un thriller, il y a bien d’autres genres tout aussi passionnants.

Denis Gentile

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Voir aussi la catégorie COLONNES.

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