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L’envie d’écrire va de pair avec l’envie de lire. Et j’aimerais vous donner envie de lire un bouquin. Un roman. Un roman étonnant. Comme son titre : WEBOPATHE. Ce roman a pour protagoniste les réseaux sociaux et Fanny, une community manager. Comment vous donner envie de lire ce roman ? A ma façon : à travers une interview inattendue et qui en dit long sur ce personnage et l’écrivain, Amélie Broutin.

Il existe souvent un rapport étroit entre un personnage de roman et son auteur. Il est inévitable de puiser en soi pour trouver l’inspiration. Il y a forcément quelque chose de soi en eux. On comprend alors qu’il n’est pas aisé pour le lecteur de distinguer l’un de l’autre. Cette confusion fait aussi tout le charme et le sel d’une histoire. Pour mieux percevoir la personnalité d’un personnage de roman, il peut être utile d’enquêter sur la vie de l’écrivain. Mais qui interroger ? Un ami ? Un parent ? Un collègue ? Les commerçants de son quartier ? L’auteur lui-même ? Ou qui sais-je encore ?

Réfléchissons ensemble. Qui connaît le mieux l’auteur d’un personnage ? La réponse ne vous semble-t-elle pas évidente ? Elle m’a sauté aux yeux ! Personne ne connaît mieux l’auteur que le personnage lui-même !

Amélie Broutin (lire l’article présentant son livre : « Internet est la bombe atomique de ce siècle !« ) a écrit WEBOPATHE. Le personnage principal de son roman est Fanny, une jeune community manager qui vit à Hambourg (comme Amélie !). J’ai demandé à Fanny de répondre à mes questions concernant son auteur, le community management et les blogs.

– Qui est Amélie Broutin ?

« Amélie Broutin, c’est la nana qui m’a créée. Tout droit sortie de son esprit de community manager surmené, je lui ressemble un peu, mais en dix fois pire. Elle est un peu rebelle certes, s’intéresse aux mécanismes des révolutions sur le web, mais de là à passer à l’action, pff, elle n’oserait jamais! Alors que moi…

Amélie, c’est aussi une française de 28 ans qui a passé plusieurs années en Allemagne. À la recherche de son identité, dit-elle. C’est qu’en fait elle est à moitié allemande de par sa mère. Mais moi je sais que dans le fond, elle est bien plus française qu’allemande.

Super active sur le web, elle le rejette autant qu’elle l’aime. Je crois que le web la fascine en fait. Et je pense que même si elle a voulu en décrire les dangers dans ce roman, elle y a exposé également le formidable potentiel qu’il recèle. Elle en a fait son métier, et je pense que ça lui convient à merveille. Cela lui permet de réconcilier ses paradoxes : la France et l’Allemagne, son goût pour l’introspection et pour les autres, la ville et la campagne, l’écriture et le plaisir de communiquer, le travail et la liberté. »

– Comment vous a t-elle annoncé que vous seriez le personnage central de son roman ?

« Oh, elle ne m’a rien dit ! Vous pensez bien, je me serais rebellée sinon ! Vous imaginez ? Maintenant fini l’anonymat, les rêves d’activisme, les idées révolutionnaires, maintenant je suis repérée, j’ai intérêt de me tenir à carreau ! Il faut que je me calme. Bon, mais ce n’est pas grave, j’étais un peu fatiguée en fait. Maintenant je vais beaucoup mieux. J’ai réussi à me libérer, à m’affirmer. Fini la petite Fanny naïve et ingénue. Maintenant je sais qui je suis, je sais où je vais et je peux partir en paix. »

– Comment vivez-vous cette nouvelle célébrité ?

« Et bien comme je viens de vous le dire, je m’en serais bien passé. J’espère que les flics ne vont pas me repérer maintenant, me mettre sur écoute, que sais-je encore. Non, honnêtement j’aurais préféré rester anonyme. Mais que voulez-vous? Elle l’a voulu ainsi, et je n’ai pas eu grand chose à dire.  »

– Pourriez-vous interpréter votre rôle au cinéma ?

« ….euh…je ne sais pas. Sans doute. »

Community Manager, le plus beau métier du monde

– Quel est le plus beau métier du monde ? Community Manager ? Et pourquoi ?

« Ah!…community manager oui, c’est un beau métier, c’est vrai. Il me permet de satisfaire mon goût immense pour l’expression et la communication, il me permet de m’intéresser à de très nombreux sujets, d’être « à la pointe de l’actualité », je sais tout ce qu’il se passe sur internet, tout le temps, il me donne à réfléchir et j’adore ça, et puis de lier les gens entre eux.

J’aime les humains, leur psychisme, leur façon de vivre ensemble. Gérer des communautés d’internautes, c’est étudier les mécanismes sociaux et humains, le community management, c’est une science humaine à part entière, on devrait d’ailleurs en faire une spécialité universitaire. C’est aussi un formidable moyen d’utiliser le pouvoir des mots, de l’écriture.

Pour la littéraire que je suis, c’est une chance inespérée. Et puis c’est un métier qui permet d’être libre. Enfin, si on sait bien s’y prendre. Tenez par exemple, Amélie, elle s’est mise à son compte le mois dernier, et depuis elle travaille de chez elle. Cela lui laisse le temps de monter à cheval tous les jours, et puis de se balader entre la France et l’Allemagne quand c’est nécessaire. Elle voit plein de gens, passe beaucoup d’heures devant son ordinateur certes, mais quand on aime, on ne compte pas, n’est-ce pas?  »

– Amélie vous a-t-elle parlé d’une suite de Webopathe ?

« Oui on en a parlé, mais je crois qu’elle a clos cette histoire et ce chapitre de sa vie. Le roman qu’elle prépare maintenant est de nature tout autre, plus posé, moins instinctif, mais « romantique et drôle », m’a t-elle dit. Je me demande ce que ça va donner… »

– Que pensez-vous des blogs ? Pensez-vous, comme je l’ai écrit, que le blog est l’avenir de la presse écrite ?

« Au niveau du style, je pense d’abord que les blogs ont beaucoup à apporter à la littérature moderne en général. Rapides, pertinents et bien construits, ils s’adaptent au lecteur d’aujourd’hui: impatient, paresseux, exigeant. Il faut lui donner de la matière et vite. Chercher coûte que coûte à capter et conserver son attention. Et ce n’est pas facile, je vous le dis!

Au niveau du fond ensuite, je dirais que les blogs sont un complément d’information et une démocratisation de l’accès à l’expression, tant pour le bloggueur lui-même que pour ses lecteurs, qui pourront commenter ensuite son article et partager ainsi leurs avis avec lui, ainsi qu’avec leur propre réseau de connaissances. Et c’est une très bonne chose. Fini le règne du quatrième pouvoir : désormais la presse doit s’adapter d’avantage à l’opinion publique et ne peut plus la manipuler aussi facilement qu’avant. Mais excusez-moi, c’est encore la révolutionnaire en moi qui prend le dessus…  »

– Merci pour votre sincérité Fanny. Je crois d’ailleurs qu’il est plus facile d’être sincère sur le web que dans la vie !

Portraits chinois croisés

Si vous le voulez bien, je vous propose une deuxième partie différente pour la suite de notre interview.  J’aimerais savoir si vous, Fanny  vous ressemblez à Amélie, ou plus exactement, si vous avez des intérêts similaires et les mêmes goûts. Pour le savoir, je vous propose ce petit jeu :

Des portraits chinois croisés entre Amélie et Fanny  :

Si vous étiez une spécialité culinaire, vous seriez…
Amélie : le steak
Fanny :  le sel (ou la moutarde).

Si vous étiez un personnage, vous seriez…
Amélie : une baronne aventurière du moyen-âge.
Fanny :  écrivain (haha).

Si vous étiez un animal, vous seriez…
Amélie : un écureuil ou une petite souris.
Fanny : et moi je serais…un chat? Ou un oiseau peut-être. Je ne sais pas bien. Quelque chose d’indépendant et libre en fait.

Si vous étiez une ville, vous seriez…
Amélie : un petit village du Tarn ou de l’Aveyron, avec des vieilles maisons en pierre et des grandes prairies autour.
Fanny : Hambourg
 

Fanny : si j'étais une ville, je serais Hambourg

Si vous étiez une chanson, vous seriez…
Amélie : un air de guitare de Francis Cabrel ou de Cat Stevens (haha!).
Fanny : « Nothing else mater » de Metallica ou « Thunderstruck » de ACDC.

Si vous étiez un blog ou un réseau social, vous seriez…
Amélie : Facebook, mais aussi : amelie-broutin.com
Fanny : Twitter, car c’est rapide, très rapide. Pratique quand on est une activiste comme moi !

Si vous étiez une devise, vous seriez…
Amélie : peut-être quelque chose du genre « Écoute ton coeur (et essaie de comprendre celui des autres) ». Ou bien « la maison, c’est là où est le coeur ».
Fanny : « pour vivre heureux, vivons cachés ».

Si vous étiez un mot, vous seriez…
Amélie : Impatience, tolérance, conscience, présence. J’aime bien la mélodie de ces mots-là.
Fanny : écrire, rire ou détruire. (haha)
Ou bien pour toutes les deux: li-ber-té.
 

Amélie : Si j'étais une ville, je serais un village du Tarn

Et ce sera d’ailleurs le mot de la fin. Car, si on devine bien les différences entre le personnage (Fanny) et son auteur (Amélie), on comprend bien que Fanny s’est complètement émancipée, au point de ne plus appartenir à Amélie. Il n’y aura certainement pas de suite et le style du prochain roman sera radicalement différent. Amélie, elle aussi, a réussi à se détacher de son personnage. L’un et l’autre ont repris leur LIBERTE !

 

Denis Gentile

 

PS : Je vous rappelle l’objectif de mon article, énoncé dans l’introduction : vous donnez envie de lire WEBOPATHE. Est-ce que je vous ai donné envie de lire le roman d’Amélie ?
Si la réponse est oui, cliquez sur ce lien : WEBOPATHE

Retrouvez Denis Gentile chaque lundi sur morethanwords.fr

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Donner sa chance


Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

7 commentaires

Alix Bayart · 24 juillet 2011 à 8 h 48 min

Excellent ! Bravo pour cette interview très originale et pleine d’humour ! On a envie de le livre et aussi de connaître l’auteur !

Nawel · 20 juillet 2011 à 20 h 36 min

Denis je l’ai lu en entier c’est super vraiment très drôle, une détente et une sérénité intense, en fin de journée cela fait du bien, ça relaxe.

Travail de recherche bien imaginé, beaucoup d’humour et de coeur aussi.

Au plaisir de te relire Denis.

Abdelhamid · 19 juillet 2011 à 7 h 19 min

Une interview d’une grande richesse qui donne envie de lire. Merci pour cette découverte Denis.

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