•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Son métier : traquer les fautes ! Zérofaute propose des prestations de relecture, de correction mais aussi de rédaction complète des documents de toutes sortes, d’un simple courrier jusqu’à un roman complet.
Béatrice Mira est également rédactrice publicitaire. Retrouvez-la sur www.zerofaute.net.

L’importance des commentaires

Même si nous sommes dans du virtuel, de la distance et une certaine forme d’anonymat, chaque lecteur reste néanmoins quelqu’un qui porte un intérêt à ce qui a été rédigé par quelqu’un d’autre… Alors, que les rédacteurs se questionnent sur l’image qu’ils souhaitent véhiculer, le degré de pertinence qu’ils veulent apporter à leurs écrits, et l’attention respectueuse qu’ils pensent offrir à leurs lecteurs en soignant leur orthographe.

Un côté rassurant

Si le lecteur n’est pas lui-même sûr de son orthographe, il sera d’autant plus indulgent avec l’auteur de l’écrit. Il en découle évidemment l’inverse si le lecteur est un parfait rédacteur, et de surcroît s’il est en position de force (client ou recruteur). L’âge, le niveau d’études, le domaine d’activité et l’expérience viennent aussi influer sur les habitudes rédactionnelles de chacun.
Ne connaissant pas toujours ces paramètres par rapport à son correspondant, il devient alors sécuritaire, voire indispensable, de soigner ses écrits ! Cela devient d’autant plus évident lorsqu’on publie sur Internet et que l’on ne connaît forcément pas ses lecteurs.

Les grandes familles de fautes

Au travers de mon activité de correctrice orthographique, j’ai la chance de lire et corriger de nombreux documents totalement éclectiques, ce qui me permet d’analyser la récurrence des erreurs et d’identifier les grandes « familles » de fautes. 
Au cours de ces corrections, je constate une aggravation notoire des erreurs de conjugaison. Il y a aussi les grands classiques comme l’accord du participe passé, le « à » avec ou sans accent, et les difficultés orthographiques pures, comme les consonnes doubles et les mots rares, ou sophistiqués.

La conjugaison cependant est une discipline à part entière, qui s’apprend par coeur, et qui ne laisse que très peu de doutes au final. J’ai remarqué que certaines erreurs de conjugaison sont liées au fait de mal identifier le sujet d’un verbe, voire de conjuguer un verbe qui devrait être à l’infinitif. J’ai pu lire des phrases du genre « Il devait leur direNT » ou « Je reviens vers vous afin de vous rappeleZ notre entretien« . Avec un peu d’application, ces fautes pourraient être décelées par le rédacteur avant d’être diffusées. 
D’autre part, du fait de l’utilisation généralisée et « non dactylographique » du clavier d’ordinateur, on trouve beaucoup de fautes de frappe, d’inversion ou d’oublis de lettres et parfois même de mots entiers.
Cette constante augmentation du nombre de fautes, tout comme leur aggravation, font partie des éléments qui m’ont vraiment décidée à me lancer dans mon activité de correctrice. Certains diront que, comme le niveau général baisse, finalement faire quelques fautes c’est se fondre dans la masse. Pour citer Bernard Werber « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort, qu’ils ont raison » ! Ne rêvons pas, le formalisme est extrêmement présent en France, même sur Internet et à l’heure des textos phonétiques. Dans notre pays, l‘orthographe est une question de respect, de politesse et surtout de rigueur. Le choix de la facilité engendre malheureusement une image très dévalorisante aux yeux du lecteur.

La solution ? Se relire !

Un effort personnel me paraît nécessaire à qui souhaite progresser en orthographe et en grammaire : SE RELIRE ! Cela semble simpliste, mais pourtant, c’est déjà accepter que l’on n’a pas forcément rédigé correctement dès la première fois, c’est admettre ses erreurs, et c’est aussi un moyen de se poser les bonnes questions, à savoir celles qui vont vous permettre d’acquérir, petit à petit, les règles que vous ne maîtrisez pas encore.
Ce que je propose toujours aux personnes qui me font confiance en me remettant leurs documents à corriger, c’est de leur rendre le document en deux parties : le texte prêt à être diffusé, et le même texte avec les fautes indiquées en couleur, et leur correction apparente. Cela permet à l’auteur du texte d’avoir accès à ce qui lui fait personnellement défaut. Je vous assure que chacun a ses propres « bêtes noires » orthographiques, il suffit souvent de revoir 2 ou 3 règles et astuces pour éviter la majorité des fautes. Nous avons tous nos habitudes rédactionnelles, et de la même manière nos défauts sont pour la plupart récurrents. Alors, courage, tout n’est pas perdu !!!

Propos recueillis par Denis Gentile

 

Tous les lundis, de nouvelles interviews sur morethanwords.fr


Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

5 commentaires

Eric · 11 juillet 2011 à 13 h 19 min

Merci pour cet article qui me permet d’éclairer une constatation.

N’est Il est préférable d’avoir quelques fautes sur du « Fond » qu’aucune sur du « Vide » ?

La recherche systématique de la forme nous écarte souvent de l’observation de la beauté, de la créativité ou de l’intelligence d’un contenu original.

Bien sur !! ce blog n’est ni à reprendre coté forme ou coté fond.

Mais c’est loin d’être pareil ailleurs sur le web. Force de constater que parfois (pour pas dire souvent) derrière la forme il n’y a aucun fond ou alors du copier/coller des idées des autres surtout en provenance de l’autre coté de l’atlantique (parfois simple traduction). Car avoir du fond c’est aussi avoir une différence et oser l’exposer tout en acceptant l’engagement. Rester dans la critique est une posture bien plus confortable.

Si nous apprenons à regardez autrement, nous découvrirons que d’autres humains peuvent avoir une pensée sans savoir correctement la rédiger. Cela devrait réjouir les rédacteurs ils ne seront pas au chômage 🙂 Nous avons tous appris les mêmes codes et parfois ils nous aveuglent. Certains pensent que seule une écriture correcte peut transmettre. C’est en faite une pensée qui limite l’humain et son potentiel de rencontre avec l’autre.

On peut ne pas savoir écrire la musique et immédiatement jouer avec d’autres musiciens.

Le web nous montre aussi que l’écriture n’est pas la seule composante de la transmission ou de la communication. Il y a bien des manières d’échanger que seulement l’écriture sans faute. Je suggère que tout en promotionnant la belle écriture et leurs écrivains, nous puissions nous ouvrir à d’autres modes de communication. Regardez l’écriture SMS. Un exemple qui a permis de développer d’excellents rédacteurs (trices) web bien plus efficaces que d’autres en micro écriture sur Twitter.

Selon ma vision, le web est un espace de rapprochement des humains venant de chemins différents avec des bagages potentiellement complémentaires. L’internet n’est pas uniquement le terrain de jeux de ceux qui ont eu la chance d’avoir des parents pour leur offrir l’école et atteindre le plus haut niveau de l’orthographe. Il est sur que c’est mieux d’écrire « sans faute » mais cela ne doit pas cacher les autres intelligences et capacités qui peuvent s’exprimer aussi dans les espaces numériques.

Regardez ce qui se passe avec la photographie et la vidéo sur le web. Observez aussi la créativité de cette nouvelle forme d’écriture qui consiste à écrire avec le contenu multimédia des autres dans les réseaux sociaux. Le web ouvre la porte à tous les humains de la planète quelque soit sa culture, son éducation, sa formation ou sa génération. Faisons en sorte en combinant ces différences de créer des valeurs ajoutées même si elles ne s’emboîtent pas forcément tout de suite avec nos codes. Innovons.

Je connais des autodidactes qui écrivent comme ils parlent et dont la pensée à plus de profondeur et de réalisme que celle de certains « masters » copieurs qui pillent « sans faute » et sans vergogne les idées des autres se souciant peu des droits d’auteurs. Ou encore des doctorants « plagieurs » qui n’hésitent pas à tromper leurs entourages. Mais tout cela ne dure pas longtemps sur le terrain du mérite 🙂

Je suggère de regarder maintenant les différences humaines avec un œil nouveau. Une sorte « d’openattitude » permettant de voir d’abord où il y a du bon avant de chercher ce qui ne va pas.

Ps : merci de corriger mes fautes avec bienveillance et de dialoguer avec objectivité sur le fond.

Jérôme · 9 juillet 2011 à 15 h 23 min

Bon article.
Mais les coquilles se glissent décidément partout :
« Ce n’est pas parce QUE QU’ils sont nombreux à avoir tort, qu’ils ont raison »

😉
cordialement.

saloua · 27 juin 2011 à 10 h 48 min

Et pourtant, l’intégration des correcteurs automatiques un peu partout (Word, PowerPoint, etc.) aide beaucoup lors de la rédaction, il suffit de faire attention aux petits soulignements rouges et bleus …

J’apprécie beaucoup le conseil de Béatrice: se relire, quoique parfois on devient incapable de relever ses propres fautes!

    Béatrice · 27 juin 2011 à 20 h 14 min

    Pour réagir par rapport à l’intervention très pertinente de Laurent, j’ajouterai que même les « blogueurs-touitteurs » devraient penser à limiter les dégâts … Inconsciemment ou pas, notre esprit sélectionne ce qu’il estime être fiable. Comment accorder de la crédibilité à une phrase de ce genre ? : « Je panse que de toute fassons s’est moi qui est réson  » !!!
    Saloua, même si les correcteurs automatiques sont utiles, ils peuvent se révéler de sérieux faux-amis ! J’ai fait un test en soumettant un texte avec quarante fautes au logiciel Word : 19 fautes sont restées, soit presque la moitié ! Quant à l’auto correction, je vous donne une astuce : relisez-vous en partant du principe qu’il y a des fautes et qu’il faut les trouver, et non pas que vous avez dû faire tout juste ! Vous verrez, c’est efficace.

Laurent · 27 juin 2011 à 9 h 59 min

Lu ce matin sur Marianne2.fr : « Mais quant est-il réellement » écrit, sûrement pas relu, mais publié, donc signé par Emmanuel Levy sur http://www.marianne2.fr/Les-banques-detournent-l-argent-du-livret-A_a207682.html
Et j’entends autour de moi 1 ou 2 journalistes que je corrige régulièrement (après publication), je leur dis « mais relis-toi bon sang » ils me répondent: « j’ai pas le temps! » (SOUPIR)
Que les blogueurs-touitteurs fassent des fautes, certes. Mais les journalistes…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.