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L’accès des femmes à des fonctions de hautes responsabilités ou du moins à des métiers qu’on croyait réservés aux hommes nous amène à nous poser quelques questions quant à la féminisation des noms de métier. Qu’en est-il pour des mots dépourvus de féminin ? Si certaines difficultés ont été résolues par l’usage, certains féminins suscitent parfois de vives polémiques. Polémique soulevée à nouveau récemment quand des associations ont lancé une pétition demandant la modification de la règle de grammaire selon laquelle le masculin l’emporte quand plusieurs noms doivent être accordés avec un adjectif.

Il est des métiers où seul le prénom permet de faire la différence sur un écriteau ou un organigramme. Ainsi si Élise est infirmière, Céline est médecin. Linguistiquement, ces deux personnes, pouvant travailler dans le même lieu, ne sont pas traitées de la même manière. Certaines féminisations restent épineuses, comme nous le verrons ultérieurement.

Féminisation des noms de métier


Les féminins traditionnels

Certaines féminisations sont souvent anciennes : apprentie, domestique, employée, marchande, ouvrière, patronne… si quelques-uns de ces métiers étaient traditionnellement ouverts aux femmes, l’égalité était respectée dans le vocabulaire, le nom étant le féminin normal du mot masculin : blanchisseur/blanchisseuse ; boulanger/boulangère ; comédien/comédienne ; couturier/couturière ; cuisinier/cuisinière ; instituteur/institutrice…

Pour l’essentiel, des métiers réservés aux femmes : bonne, dentelière, lingère, nourrice, sage-femme.

Les féminins problématiques

Il est vrai que certains noms de métier se prêtent mal à la forme féminine, en raison du sens différent : chauffeur/chauffeuse (désignant une chaise basse) ; chef/cheftaine (qui s’emploie chez les scouts) ; chevalier/chevalière (sorte de bague) ; ingénieur/ingénieuse (féminin de l’adjectif ingénieux) ; médecin/médecine (profession elle-même) ; cuisinier/cuisinière (fourneau), mais aussi du fait que la forme féminine risque de paraître ridicule : procureur/procureuse ; professeur/professeuse ; pompier/pompière…

L’on emploie un « secrétaire » (un meuble) ou un « patron » (un bout de papier).

Apposition du mot « femme »

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, me direz-vous. On pourrait tout aussi bien dire « cinq professeurs femmes… », les « femmes chauffeurs de camions… ». Mais si la logique veut que l’on dise « des députés femmes » et des « sénateurs femmes », pourquoi dans ce cas ne dirait-on pas des « députés hommes » ou des « sénateurs hommes » ? Députées et sénatrices ne sont-ils pas d’un usage plus simple ?

Les grades et les titres

Les grades de l’armée sont restés masculins. Le Conseil d’État a émis le 28 novembre 2003 un arrêt reconnaissant qu’« il n’est pas contraire aux textes statutaires régissant le corps des contrôleurs des armées d’utiliser le cas échéant des termes féminisés pour désigner les membres de ce corps ». Pour autant, soldate reste rare, officière ne s’emploie pas plus et l’on conserve « le sergent-chef Sophie… », « le commandant Sophie… ».

Certains titres portés par des femmes étaient ceux de leur mari qui correspondaient aux plus hauts grades de l’armée et des grandes administrations : duchesse, comtesse, ambassadrice, préfète, présidente…

On maintiendra le masculin pour les décorations dans les divers ordres de la République (Légion d’honneur, Mérite, des Palmes académiques, des Arts et des Lettres). Une femme qui reçoit la légion d’honneur est nommée chevalier, commandeur, grand-croix.

Comment féminiser le titre de maître donné aux avocats, avoués, huissiers et notaires, maîtresse étant employé pour maîtresse d’école. On dira donc « mon cher Maître ».

Il faudra passer par le langage familier pour y remédier : la proviseur, la prof.

Pourtant on constate cette féminisation dans les administrations, dans la langue courante, notamment dans les médias.

Nom masculin + article masculin

L’Académie française préconise dans ces cas d’écrire Madame le ministre, Madame le député, Madame le juge, Sophie… procureur général. Cas qui se rencontrent dans les métiers de la magistrature, du droit, de l’enseignement (Sophie, professeur d’anglais), de l’administration (Sophie, agent de catégorie…) ou encore le Docteur Sophie…

Certaines tournures de phrases ne peuvent être qu’incongrues : « le chauffeur portait une jupe… », « mon professeur est grande et blonde ».

Les féminins récents

Le vocabulaire utilisé a dû s’adapter et les règles ont été mises à contribution pour ces emplois qui se sont féminisés : un(e) comptable ; un avocat/une avocate ; un conseiller/une conseillère ; un laborantin/une laborantine ; un greffier/une greffière ; un coiffeur/une coiffeuse…

Depuis le début du XXe siècle, la remarque prévaut dans les sports : une basketteuse, une joueuse de tennis, une nageuse, une skieuse.

Concernant les féminins en –esse, les emplois de poétesse, doctoresse, mairesse se font rares.

A contrario, certains métiers ont dû recourir à une « remasculinisation » du moins pour ceux que l’on voie moins prisés par les hommes (hôtesse d’accueil, femme de ménage) où par exemple il a fallu recourir à des mots étrangers comme steward pour hôtesse de l’air.

Quand le masculin l’emporte sur le féminin

En 1984, après que le gouvernement eut pris une première initiative en faveur de « la féminisation des titres et fonctions et, d’une manière générale, le vocabulaire concernant les activités des femmes », l’Académie française, publia une déclaration rappelant le rôle des genres grammaticaux en français. En voici la conclusion :

« En français, la marque du féminin ne sert qu’accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification, permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d’indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l’accord des adjectifs, la variété des constructions nominales… Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu’un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibérés dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. ».

Le Premier ministre d’alors avait souhaité que la féminisation des appellations professionnelles entre dans nos mœurs et a demandé aux administrations, par sa circulaire du 6 mars 1998, « de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant (par exemple, la secrétaire générale, la directrice, la conseillère) ». Celui-ci avait également demandé à la commission générale de terminologie de faire le point sur l’état de la question et à l’Institut national de la langue française (INaLF) d’établir un guide pour les usagers qui contienne des recommandations concernant les formes féminines les mieux adaptées à nos usages. Ce fut fait avec le guide publié à la Documentation française sous le titre Femme, j’écris ton nom, accompagné d’une préface du Premier ministre. Guide qui démontra qu’il n’y avait aucun obstacle à la féminisation des noms de métiers.

Encore une fois, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Si pour désigner un groupe de personnes composé d’hommes et de femmes, et répéter le même substantif ou le même pronom au féminin puis au masculin « les électrices et les électeurs », « les informaticiennes et les informaticiens », « toutes celles et tous ceux » nous ne dirions pas uniquement « les électeurs », « les informaticiens », « tous ceux ». Ou encore éviter d’indiquer entre parenthèses ou après une barre oblique la marque du féminin : « les adhérent(e)s », « les animateurs/trices ». De même au singulier, « recrutement d’un/une technicien(ne) diplômé(e) »

. Qu’apportent ces surcharges ? Pour le moins, elles ne facilitent pas la lecture, tout au plus, elles s’opposent à la règle, très générale en français, de l’accord du pluriel au masculin. Il semble incongru d’écrire « Que les hommes et les femmes soient belles ».

Certains diront que cette féminisation « à outrance » rend malaisée la formulation des phrases les plus simples.

L’Académie française, pour qui en français, le genre et le sexe n’ont aucun rapport, déconseillerait d’employer les néologismes tels que professeure, ingénieure, auteure, proviseure, chercheure à la place de chercheuse, instituteure à la place d’institutrice, écrivaine ou encore députée, sénatrice tant pour l’oreille que pour une question d’intelligence grammaticale. Toujours d’après l’Académie française, du fait que le genre masculin a la capacité de représenter les éléments relevant de l’un et l’autre genre, il peut traduire la nature indifférenciée des titres, grades, fonctions, donc le maintien du genre non marqué – entendons par là le genre masculin – serait indispensable et cette dernière va même jusqu’à dire que le « choix systématique et irréfléchi de formes féminisées établit au contraire, à l’intérieur même de la langue, une ségrégation qui va à l’encontre du but recherché ».

L’Académie française mettrait en exergue l’illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société. Peut-on targuer pour autant l’Académie française de pas être l’avant-garde du féminisme ?

Pour une langue égalitaire

Quatre associations L’égalité, c’est pas sorcier, La Ligue de l’enseignement, Le Monde selon les Femmes et Femmes Solidaires  ne voient pas cela du même œil et lancent un cri « Que les hommes et les femmes soient belles ! », relayé par le blog de Philippe Jacqué sur Lemonde.frCes quatre associations demandent la modification de la règle de grammaire selon laquelle « le masculin l’emporte » quand plusieurs noms doivent être accordés avec un adjectif, au profit de la règle dite « de proximité », qui veut que l’adjectif s’accorde avec le nom le plus proche.

Une règle de grammaire apprise dès l’enfance sur les bancs de l’école qui d’après les pétitionnaires « façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin » édictée en 1676, par le père Bouhours, en la justifiant : « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte ».

Pourtant, il faut savoir que « avant le XVIIIe siècle, la langue française usait d’une grande liberté. Un adjectif qui se rapportait à plusieurs noms, pouvait s’accorder avec le nom le plus proche. Cette règle de proximité remonte à l’Antiquité : en latin et en grec ancien, elle s’employait couramment », nous signalent les initiateurs de cette pétition.

Pour la règle de la proximité

À cette règle de proximité, plusieurs y sont favorables. La linguiste, Josette Rey-Debove, l’une des premières collaboratrices des dictionnaires Le Robert, disait à ce sujet : « J’aime beaucoup la règle ancienne qui consistait à mettre le verbe et l’adjectif au féminin quand il était après le féminin, même s’il y avait plusieurs masculins devant. Je trouve cela plus élégant parce qu’on n’a pas alors à se demander comment faire pour que ça ne sonne pas mal. ».

Henriette Zoughebi, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France, une des conceptrices de l’exposition « L’égalité, c’est pas sorcier ! », répond : « Qu’y a-t-il de plus fort comme expression de la domination masculine que le simple énoncé d’une règle de grammaire qui dit : le masculin l’emporte sur le féminin, point. Toutes les petites filles et tous les petits garçons l’apprennent dès leur enfance. C’est un élément symbolique lourd. La langue est vivante, on peut la faire bouger. En instituant la règle de proximité (que les hommes et les femmes soient belles), on donne à la langue du jeu, du possible, de la créativité. Mener la bataille pour changer le symbolique dans la grammaire, c’est possible».

Est-ce dans la langue française qu’il faille y placer le combat féministe ?

La lutte pour instaurer l’égalité des sexes dans la langue française ne date pas d’aujourd’hui. Si d’aucuns voient cette réforme égalitaire et artistique, certains taxent ce combat de futile par ces temps très difficiles. D’autres voient là l’occasion de changer les mentalités.

N’y a-t-il pas d’autres combats à mener, que diable ! me rétorqueront certains. Certes, mais est-ce que les combats bien souvent menés d’une minorité ne sont pas devenus dans bien des cas ceux adoptés par une majorité ?

L’on pourrait se dire que ce qui caractérise la langue française, c’est sa non-neutralité. L’on y verrait la création d’un langage neutre comme essentielle et incontournable. Ce pourrait être ou serait le meilleur moyen de déconstruire le caractère sexué de la langue ?

Mais qu’en est-il pour ceux qui verraient dans la féminisation de la langue française un moyen de sortir les femmes de l’invisibilité ?

Est-ce que cette problématique linguistique ne serait-elle qu’insufflée par des bobos et militants féministes ? L’on pourrait invoquer que les féministes s’appuient plus sur des états d’âme que sur des considérations linguistiques, pour autant est-il nécessaire d’être une femme ou féministe à tout prix pour traiter de féminisation ? Et après tout, peut-on voir une quelconque incompatibilité entre la linguistique et une vision féministe du monde ?

Féminiser la langue : un nécessaire combat ?

L’idée de réformer en féminisant la langue française ne ferait-elle pas fi d’une longue histoire culturelle ? Cette réforme n’aurait-elle pas qu’une portée symbolique ?

Quitte à vouloir réclamer la parité, est-ce que cela relève de la dominance du genre masculin sur le genre féminin ou vive versa qui seule doit être défendue ? Ne serait-ce pas le fait d’instaurer un genre neutre ? Comme nous l’avons vu précédemment, ce genre dit neutre, non marqué est pour les Académiciens le genre masculin. Alors les féministes ne l’entendent pas de cette oreille.

La féminisation ne serait-elle pas la bête noire non seulement des bien-pensants de l’Académie française et des machos, mais aussi de nombreuses femmes.

Qu’en est-il chez nos voisins ?

Allons voir ce qu’il en est chez nos voisins. Il semble que la réflexion soit plus avancée chez nos amis québécois.

Joséphine Dandurand lance Le Coin du feu, la première revue féminine québécoise en 1893, suivie en 1902 par Robertine Barry qui fonde Le Journal de Françoise. En 1912, c’est au tour de Georgina Bélanger et de Marie Lacoste Gérin-Lajoie (en collaboration avec Caroline Dessaulles Béique) de créer leur propre périodique : Pour vous Mesdames et La Bonne parole. Madeleine emboîtera le pas en 1919 avec La Revue Moderne. Les chroniqueuses commencent à créer des dénominations féminines pour désigner les titres de fonctions et de professions. Une bonne partie de ces titres ont été féminisés dans leurs écrits avant même que les femmes ne puissent exercer ces professions ou occuper ces fonctions, dont avocate, ambassadrice et bachelière.

On féminise aussi beaucoup la langue anglaise vers le milieu du XIXe siècle aux États-Unis, comme par exemple, dans la première revue féminine américaine fondée par Sara Hale, American Ladies’ Magazine (1828-1836), ainsi que dans la première revue féministe Lily, fondée par Jane Frohock (1849-1856).

Bon nombre d’attestations de titres de fonctions féminisés et de professions non traditionnelles chez les femmes figurent dans le chapitre « Professions et carrières : professions ouvertes aux femmes », du livre Les femmes du Canada, ainsi que dans les écrits journalistiques qui traitent des questions de suffrage féminin et de féminisme : chairwoman, femme associée, femme idéologue, inspectrice ou une M.D., qui contrastent avec les métiers traditionnels féminins de brayeuse (femme qui broie de lin), fille engagère (servante), de modeuse ou de modiste (couturière) recensés par les glossairistes canadiens. Un guide paraît sur l’actualisation des noms de professions en 1976. Au Québec, désormais l’adjonction du mot « femme » comme dans « femme écrivain » ne serait plus employée, on dira forcément « écrivaine ». Pour autant, maints subterfuges sont employés pour contourner le problème : une note pour expliquer qu’on utilise le générique masculin uniquement « pour alléger le texte »… Plutôt que d’écrire « les employé(e)s » on écrira « le personnel » ou bien on reformulera une phrase de telle sorte qu’au pluriel, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin.

Linguiste, Louise-Laurence Larivière dans son livre intitulé Pourquoi en finir avec la féminisation linguistique (chez les éditions Boréal) affirme que « la langue a tout ce qu’il faut, grammaticalement parlant, pour féminiser les noms, sa morphologie étant parfaitement équipée pour traduire la distinction en genre des noms de métiers et de fonctions et pour former de nouveaux féminins en offrant une abondance de possibilités ».

Elle dénonce la confusion créée par l’utilisation du mot « homme » comme terme générique englobant les hommes et les femmes et par la prétendue neutralité du masculin. Peut-on être égale sans être visible ? Incontestablement non, d’après elle. Le refus de la féminisation tend « à renvoyer les femmes dans la marginalité et à leur nier toute identité propre. Il est évident qu’en reflétant les changements sociaux, la langue transformera à son tour les mentalités ».

« La masculinisation systématique de la langue n’est pas innocente, mais vise à rendre invisible la présence des femmes tant dans la langue que dans le monde », comme le souligne Louise-Laurence Larivière. Si les titres professionnels féminisés paraissent menaçants aux hommes qui craignent que les femmes occupent leurs postes et acquièrent autant ou plus de pouvoir, de gloire et de rémunération qu’eux, la féminisation fait également peur à certaines femmes, d’après elle.

Tout comme pour les femmes qui peuvent craindre « de perdre le prestige qui leur vient du statut « supérieur » de leur mari » ou « quant aux femmes qui ont déjà un certain pouvoir dans la société, ou dans une entreprise, elles ne veulent pas compromettre leur situation en se démarquant » pour une question de rhétorique. Ces dames iraient-elles jusqu’à penser que le terme féminin serait « discriminatoire » ?

Pour que ça change, pour que la féminisation des mots nous paraisse familière, il importe nous dit Louise-Laurence Larivière, « de mettre en pratique les règles de la féminisation dans nos écrits et qu’il y ait des cours sur la féminisation linguistique dans tous les programmes de français ». Même si certains peuvent avancer que l’on ne peut utiliser certains termes faute de ne pas être dans le dictionnaire, n’est-ce pas l’usage d’un mot qui le fait entrer dans le sacro-saint dictionnaire ?

Le masculin : l’unique donnée de la langue ?

Qu’en pensent ces messieurs ?

Marcel Boiteux, académicien de l’Académie des sciences morales et politiques, de formation scientifique, mathématicien et ancien professeur d’économie, constate, dans sa vie professionnelle, en tant que directeur général d’une des plus grandes entreprises françaises, EDF, l’impérieuse nécessité d’une langue précise, logique, concise, indispensable dans les négociations notamment syndicales.

Or, la féminisation des mots de la langue française, selon lui, risque d’introduire des équivoques dangereuses. Il convient que la langue française ne peut se passer d’un genre non marqué, le neutre. Il suffirait, d’après lui – tout simplement – « d’enseigner plus clairement dans la grammaire qu’en français le genre neutre n’est pas inexistant mais qu’il est porté par le masculin ».

D’invoquer que la féminisation risque d’introduire des équivoques n’est-il pas un réflexe de mauvaise foi qui permet une fois de plus que le masculin l’emporte sur le féminin ?

Rien de définitif ? La société bouge, la langue française évolue. La suppression de la règle de prévalence du masculin sur le féminin au profit d’une règle que les pétitionnaires qualifient de bon sens, d’esthétique visuelle, d’harmonie auditive et d’équité n’est sans doute pas pour demain. Qu’à cela ne tienne, les femmes, du moins les féministes en tant qu’utilisatrices de la langue se prévalent d’avoir le droit, le devoir et la possibilité d’éradiquer les archaïsmes qui les entravent.

Et quand bien même la féminisation de la langue serait une évidence, tout à chacun, femmes, hommes, sommes-nous prêtes et prêts à changer nos habitudes grammaticales, à révolutionner les écrits, les correcteurs d’orthographe, à bousculer un peu la société, les mentalités pour plus d’égalité dans les textes ?

Et si tout ne dépendait pas finalement de la façon dont on perçoit les mots ?

Florence Augustine

J’ai voulu commenter à ma façon le sujet de cet article : LA vie est UNE dame, n’en déplaise aux misogynes.