Le récit d’un storyteller est faussement autobiographique

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Je suis un blogueur qui fait du storytelling. En racontant des histoires sur des blogs, je prends des aspects de ma propre existence et je les mets en scène dans un autre contexte. Certains de ces aspects sont autobiographiques et ils sont le squelette qui va permettre à l’histoire de tenir debout. 

Retour à la réalité d'un jour de février en 2015
Retour à la réalité d’un jour de février en 2015

Mais l’imagination transforme la réalité. On peut donc dire que mon récit est faussement autobiographique. C’est évident quand j’évoque le futur, des faits qui n’ont pas eu lieu. Il y a un autre piège : croire que je m’invente le futur que je souhaite vivre. Ce n’est pas forcément le cas et encore moins dans « le blogueur et la tentation de l’île déserte ». Cette anticipation est une métaphore pour nous aider à mieux comprendre quelque chose de notre époque, mais elle n’est pas l’expression d’un désir de solitude sur une île déserte ou d’un voyage sur la Lune. Mes désirs pour mon avenir sont complètement différents et je ne les exprime pas dans ce scénario.

D’autant que ce scénario prendra un autre sens quand les autres chapitres viendront s’ajouter à celui-ci.

Sous le clavier du Digital Storyteller, votre histoire deviendra fascinante
Sous le clavier du Digital Storyteller, votre histoire deviendra fascinante

Ma prise de distance par rapport au caractère autobiographique de cette histoire s’exprime dans un détail : je ne donne pas de nom au protagoniste de l’histoire. Je me contente de le nommer en le désignant comme étant « le blogueur français ».

D’autre part, quand je dis que « l’imagination transforme la réalité », il ne s’agit pas seulement de l’imagination du storyteller, mais aussi de l’imagination du lecteur. Par exemple, j’ai des idées assez précises sur les caractéristiques de l’iMoon, je n’ai pas voulu les inclure dans ce texte pour laisser la liberté au lecteur de l’imaginer.

C’est l’un des rôles fondamentaux d’un bon storyteller. Le lecteur doit pouvoir s’approprier le texte. Pourquoi ? Afin qu’il puisse à son tour raconter cette histoire.  Il le fera s’il parvient à transformer le récit à sa façon en y ajoutant des détails que l’auteur n’a jamais mentionnés. 

L’histoire s’anime, elle est vivante et elle devient « multi-autobiographique ». Pardon , je voulais dire faussement « multi-autobiographique » !
Denis Gentile

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