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Aristote raconte l’histoire d’amour d’Elvis et Juliette

C’est une histoire vraie racontée par Aristote en août 2007 sur le blog « Parole d’Aristote ». Voici l’intégrale des 5 épisodes.

Aristote est le labrador chocolat de Denis Gentile, rédacteur web, community manager et blogueur. A l’époque Aristote n’avait que deux ans, aujourd’hui, il a huit ans et il est devenu un vieux baroudeur. Il était déjà rédacteur, il n’était qu’un blogueur débutant utilisant blogger de Google et il n’était pas pas encore Community Manager. Peu de personnes avaient donc lu cette histoire merveilleuse. Ce remix devrait lui permettre de remporter enfin le succès qu’elle mérite. Parole d’Aristote !

Elvis cherche compagne (1er août 2007)

Elvis est un âne d’une race en voie d’extinction. Il vit en Italie et a 7 ans. D’un caractère très doux et jovial, il a soudain perdu le moral. Vainqueur de nombreuses courses au cours d’une glorieuse carrière, il cherche l’âme sœur, seul remède pour guérir de sa dépression et retrouver le bonheur. Véritable star, ses proches amis mais aussi ses fans s’inquiètent. Alors, ils ont passé une annonce dans les journaux que j’ai décidé de rapporter dans mon blog. C’est ça, la solidarité animale. Parole d’Aristote !

Elvis et Juliette (5 août 2007)

Merveilleux, Elvis a reçu une réponse à sa petite annonce. Miraculeux, cette réponse vient de la ville d’Assise, celle où est né Saint François, le protecteur des animaux ! Celui-là même qui venait au secours des animaux en difficulté. Etonnant, le nom de l’heureuse élue de race romagnole est le plus romantique qui soit, elle s’appelle Juliette !
Elvis se prépare pour le voyage, il sera long, mais au bout, il trouvera sa Juliette, il trouvera l’amour. Vous voyez, les contes de fées existent vraiment. Parole d’Aristote !

elvis-juliette

La tragédie d’Elvis et Juliette (12 août 2007)

Elvis est un coureur exceptionnel qui a gagné de nombreuses compétitions. Mais son statut de star en a fait aussi un coureur de jupons, si j’ose dire ! Mais aujourd’hui, il n’a plus qu’une envie, celle de trouver l’âme sœur et après 5 heures de voyage dans une sorte de carrosse avec intérieur cuir et foin à volonté, il arrive à Assisi. Mais Juliette n’est pas en reste. Elle aussi, belle comme le jour, attise les convoitises et a sa cour de prétendants. Et Elvis va tomber des nues. Il voit sa Juliette, le museau fin, les oreilles droites et les yeux en amande, mais le ventre engrossé. Elle est enceinte. Elvis va devoir repartir, dans sa campagne, seul. Suite au prochain épisode. Parole d’Aristote !

La rage d’Elvis (16 août 2007)

La blessure d’Elvis n’est pas seulement une blessure d’amour propre, de jalousie ou d’honneur. C’est une affaire de famille et une question de survie. La race romagnole est en voie d’extinction et la mission d’Elvis est d’avoir une descendance. L’amour qu’il souhaitait vivre avec Juliette était comme un ultime espoir. Mais qui aujourd’hui peut comprendre la rage d’un âne ? Les hommes n’ont plus besoin d’eux ni pour se déplacer, ni pour transporter des marchandises, ni pour labourer les champs. Pourtant, on a tant de choses à apprendre des animaux. Parole d’Aristote !

Les fiançailles d’Elvis et Juliette (28 août 2007)

Dès le premier regard, Juliette et Elvis sont tombés amoureux. Au même instant, Elvis a pardonné à sa Juliette son aventure d’un soir. Sa rage était à la mesure de ses sentiments. Dans un cas comme dans l’autre, il s’est enflammé. Et il a fini par faire fondre le cœur de Francesco, le papa de Juliette, et apaiser celui d’Angelo, son papa. Le cœur des hommes est bon. Juliette va repartir avec Elvis. Les voilà fiancés. Ils devront patienter le temps d’un accouchement pour vivre pleinement leur amour. Comme nous le savons déjà, les animaux ont une grande patience (1) et l’amour finit toujours par triompher. Parole d’Aristote !

expo-rurale-2013

Ce remix est publié à l’occasion du salon Expo Rurale qui se déroule dans la ville de Florence (Italie) du 12 au 15 septembre 2013. Pour ceux qui veulent passer trois jours à la campagne, rencontrer des animaux comme Elvis et Juliette, tout en restant en ville ! Plus d’infos

Denis Gentile

  1. Message du 22/08/07

J’estime que la patience est la qualité principale du chien. Si le chat, d’après ses dires, est indépendant, le chien, lui, dépend du bon vouloir de ses maîtres et des règles qu’ils ont instaurées. Ainsi, je ne mange pas avant qu’ils aient fini leur repas. Autre exemple, quand ils vont faire les courses, je dois parfois attendre pendant des heures avant de pouvoir sortir. Et aujourd’hui, j’ai dû attendre qu’ils reviennent de chez le coiffeur avant de publier mon message. Il faut toujours leur accorder quelques minutes de patience. Parole d’Aristote !

Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? (Part II)

Suite de l’article « Denis Gentile se prend pour Michel-Ange ! Le blogueur est-il un artiste ? », lire la première partie : « Le blogueur et la fascination du lieu »

Le blogueur est le prototype de l’artiste moderne !

Frank Zöllner est un historien d’art allemand et professeur à l’université de Leipzig. Voici ce qu’il a écrit dans l’avant-propos de l’Œuvre complet de Michelangelo.

J’ouvre le livre situé à ma droite et je recopie fidèlement ses mots :

«… Michel-Ange dut son ascension rapide au rang de premier artiste d’Italie à la fois à son talent et à son excellent tissu de relations sociales;

– que son succès fulgurant lui permis très tôt de traiter pratiquement d’égal à égal avec ses commanditaires;

– que son statut tout à fait exceptionnel le prédestina à devenir le prototype de l’artiste d’expression moderne qui put se prendre lui-même pour sujet de son art et ce à un degré inconnu avant lui

– que son indépendance le plaça dans une position qui lui permit de faire presque à sa guise des entorses aux conventions iconographiques, et même au principe d’imitation de la nature qui venait de s’imposer dans l’art;

– enfin que Michel-Ange put ainsi conférer à ses œuvres une multiplicité de plans sémantiques et une autonomie esthétique qui allaient couler de source après lui, mais qui était sans précédent à son époque

Relisez ce texte, une fois, deux fois, autant de fois que nécessaire. Puis reprenez le cours de cet article. Ou bien, arrêtez-vous là, vous avez lu l’essentiel, le reste est superflu.

J’ai mis en caractère gras, les points qui correspondent au descriptif du blogueur.

Voici donc notre syllogisme :

Michel-Ange est un artiste (le plus grand)
Les caractéristiques du blogueur sont les caractéristiques de Michel-Ange
Le blogueur est donc un artiste !

Mon syllogisme est-il bien présenté ? Je compte sur mes copains de fac et profs de philo, Xavier Bodinaud et Pascal Jacob (cours-philosophie.fr le cours par internet de Pascal Jacob), pour me corriger… sans complaisance ! (1)

Face à l'œuvre de Michel-Ange, je me sens petit forcément, mais j’en subis aussi l’influence.
Face à l’œuvre de Michel-Ange, je me sens petit forcément, mais j’en subis aussi l’influence.

Revenons avec Francis Benett au texte de Frank Zöllner.

– Précisons immédiatement mon cher Francis que le talent de Michel-Ange est incomparable et on ne se mesure pas à lui.

Mais le talent n’appartient pas seulement au plus grand artiste de tous les temps. Au contraire, tout le monde a du talent ! Plus ou moins, c’est certain. Mais le degré d’évaluation de ce talent nous importe peu ici. L’important est d’être conscient d’avoir du talent, de l’exercer et de l’exprimer. Si chacun d’entre nous ouvrait un blog pour parler de son talent alors le paysage de l’information se transformerait complètement. Exit les drames, exit les médisances, exit les guerres, on pourrait enfin déjeuner en paix !

– Exact Denis, le talent est le point commun de tous les êtres humains. Le blog qui permet enfin à chacun d’entre nous de le faire savoir. On a donc tous la vocation à devenir des blogueurs.

– Un bémol tout de même : en France, contrairement à d’autres pays où le problème est moins répandu, beaucoup (et je vous laisse chiffrer ce beaucoup) ne savent pas écrire.

Savoir écrire ne signifie pas être un écrivain. Il s’agit simplement d’être capable de construire des phrases (sujet + verbe + complément et… ponctuation) avec une orthographe correcte qui ne soit pas une entrave à la compréhension du texte.

– Tu es donc en train de dire qu’il y a un besoin crucial et urgent de rédacteurs web.

– Oui, pour rendre l’air de la blogosphère plus sain et respirable. Les mots sont l’oxygène des blogs. (Cela nous permet de faire le lien avec l’article précédent  : Le Community Manager et la Ville Fantôme)

redacteurs-web-blog

– L’avenir appartient vraiment aux rédacteurs web ! Crois-tu que Michel-Ange aurait ouvert un blog ?

Ma réponse fuse sans la plus petite hésitation :

– Oh que oui ! Je vois au moins deux bonnes raisons. Michel-Ange aime écrire. D’ailleurs, il n’est pas seulement reconnu comme sculpteur, dessinateur, peintre et architecte, c’est aussi un poète. Ensuite, il a entrenu une importante correspondance avec sa famille, ses amis, ses commanditaires, mécènes, fournisseurs et collaborateurs. Le blog lui aurait facilité la vie. Il aurait obtenu des réponses plus rapides et le blog lui aurait permis de faire pression sur certains de ses interlocuteurs.

– En raison notamment de son excellent tissu de relations sociales ?

– Exactement. Tu n’imagines pas l’impact qu’un tweet ou un article de blog de Michel-Ange aurait pu provoquer. Et il a fait tout ça sans nos moyens de communication modernes. C’est phénoménal.

Le David de Michel-Ange à la Galleria dell'Accademia, Firenze
Le David de Michel-Ange à la Galleria dell’Accademia, Firenze

C’est ce que chacun d’entre nous construit sur les réseaux à sa propre échelle. Facebook, Twitter, Google Plus, LinkedIn, Viadeo, Copains d’avant & Cie nous permettent de créer un tissu social. Ce tissu social fait de nous des Community Managers. Et cela s’exprime simplement quand on transmet des messages sur ce que l’on aime.

Le tissu de relations sociales de Michel-Ange est constitué de véritables amis, de personnes qu’il a rencontrées et qui ont toutes été subjuguées par son talent. Il a changé leurs vies et tous rêvaient d’être un jour à ses côtés, à son service.

– Il y avait donc une vraie communauté autour de Michel-Ange dont il était l’incontestable « Manager ».

– Oui Francis et le cœur de cet engouement est la reconnaissance par tous de son talent. Car vois-tu, il détestait les mondanités, il détestait les attitudes hypocrites, il détestait la futilité. Une chose est certaine, il valait mieux ne pas trahir sa confiance. Il n’allait pas dans les salons pour distribuer des sourires et des compliments. Bien au contraire, il avait un caractère irascible, prêt à exploser à tout moment.

– Si je te suis bien, son moyen de communication idéal aurait donc été le blog ?

– Absolument, en 2013, Michel-Ange aurait aussi été un blogueur.

– Mine de rien, on vient d’ajouter une troisième raison et on va en évoquer une quatrième. Car selon Frank Zöllner, Michel-Ange est « Le prototype de l’artiste d’expression moderne qui put se prendre lui-même pour sujet de son art » C’est l’argument le plus évident puisque le sujet d’un blog ou son origine, c’est son auteur. Sinon, ce n’est pas un blog, c’est un site.

michel-ange-more-than-words– Si aujourd’hui nous pouvons nous prendre comme sujet de nos blogs, c’est parce que Michel-Ange l’a fait cinq cents plus tôt avec un talent inégalé. Il a ouvert la voix et lui a donné ses lettres de noblesse.

Le talent de Michel-Ange est une loi, une loi que chacun d’entre nous peut appliquer à lui-même. Ce n’est donc ni de l’égoïsme, ni de l’égo mal placé, c’est être civilisé.

– Et c’est, dans certains cas, être un artiste.

– En effet Francis, dans certains cas !

– Avoir une passion, parler de sa passion et devenir une référence dans ce domaine ne sont pas des éléments suffisants pour définir l’artiste.

– Non, il faut identifier le sujet d’un art. L’œuvre du sculpteur est la sculpture, l’œuvre du peintre est le tableau ou la fresque, l’œuvre d’un écrivain est le roman, l’œuvre d’un acteur est son interprétation d’un rôle, mais quelle est l’œuvre du blogueur ?

– Son blog !

– Alors, il doit faire en sorte que son blog ait des qualités esthétiques remarquables et une créativité qui permette d’établir que son œuvre soit originale. Le blog ne doit pas être la copie d’une œuvre déjà existante. Il doit exister par lui-même.

– Et tu en connais ?

– Non !

– Moi non plus, le blogueur n’est donc pas un artiste même s’il en a les caractéristiques.

– Pas encore Francis.

– Tu exclues donc aussi que Denis Gentile soit un artiste ?

– Oui, j’aimerais bien te dire le contraire, mais je n’ai pas encore créé une œuvre originale, qui n’existerait pas sans ce support. Aujourd’hui par exemple, on discute comme des philosophes sur la méthode. Notre dialogue n’a aucune valeur littéraire.

– On a donc répondu à la question de notre article. Il nous reste à conclure.

– Pas du tout Francis, je vais t’expliquer pourquoi.

la suite…

Denis Gentile

pascal-jacob-philosophie(1) : Voici l’expertise (et la leçon) du professeur de philosophie Pascal Jacob sur ce syllogisme :

« Deux observations : La première, c’est que les termes d’un syllogisme ne sont jamais des singuliers. Mais ce n’est pas trop grave.

La seconde, c’est que tel qu’il est construit, ton moyen terme est insuffisant. 
Michel-Ange est un artiste (le plus grand)
Les caractéristiques du blogueur sont les caractéristiques de Michel-Ange
Le blogueur est donc un artiste !
Ton moyen terme est double : Michel-ange n’est pas la même chose que ses caractéristiques (ce ne pourrait-être le cas que si Michel Ange était Dieu)
En fait il faut soit partir de la définition du prédicat de ta conclusion (artiste), soit construire ton argument comme un exemple (donc avec 4 termes)… »

Je choisis la deuxième solution, il faut donc 4 termes. Merci Pascal.

Vous pouvez retrouver Pascal sur son site : cours-philosophie.fr

 

xavier-capodano-a-firenzeEnvie de lire la suite ? C’est ici : « On a perdu la notion du temps …Ce temps est lenteur et cette lenteur va à contre-courant des règles édictés sur le web… »

1 – 2 – 3

 

Quelques traces du passant glanées sur d’autres blogs

Sur la blogosphère, ici et là, il y a des traces du passant. En voici 3 que je tenais à mettre en avant sur mon blog. Merci à Laure Kepes, Abdelhamid Niati et Jacques Tang.

C’est aussi l’occasion de découvrir une nouvelle rubrique de MoreThanWords.fr intitulée « Remix ».

Les mêmes lieux, la même librairie

L’article d’Abdelhamid Niati sur son blog « Mon Encre » commence par ces mots :

« Denis Gentile et moi avons fréquenté les mêmes endroits, une librairie en particulier: JC LENFANT. Nous nous y sommes rendus pour y acheter nos fournitures scolaires. Je pousse encore la porte de cette librairie 32 années plus tard et toujours cette odeur de papier et de crayon si chère à mes sens, ma Madeleine de Proust  en quelque sorte. »

Je vous invite à lire la suite qui est une délicieuse métaphore entre l’arrière-boutique de la librairie et notre cerveau.

http://monencre.wordpress.com/2012/12/22/artisan-du-silence/

Le Concepteur Rédacteur Web

L’article de Jacques Tang sur le blog « Votre Branding »commence par ces mots et quelques questions :

« Denis Gentile est un concepteur rédacteur web. Aux maux de l’invisibilité, il répond par les mots ; ceux imaginés par le concepteur rédacteur web qu’il est.
Est-ce le Dôme de la cathédrale de Florence, les rives de l’Arno, les fresques de Giotto qui lui ont donné la vision de la force des mots ?
Est-ce Michel-Ange, un des génies de la renaissance, véritable incarnation de l’humanisme  qui en est l’origine ? »

Mon cher Jacques la réponse est un oui gravé dans le marbre le plus pur qui soit, celui qu’un certain Michel-Ange allait dénicher dans les caves de Carrara.

Et je vais y répondre de façon « éclat… ante » dans mon prochain article.

En attendant, la suite de l’article de Jacques, c’est ici :

http://www.votre-branding.fr/denis-gentile-concepteur-redacteur-web/

extrait du Passant Florentin, le livre de Denis Gentile paru en 2001 (disponible sur amazon en cliquant sur la photo)
extrait du Passant Florentin, le livre de Denis Gentile paru en 2001 (disponible sur amazon en cliquant sur la photo)

Le BlogStorming, une idée décoiffante

L’article de Laure Kepes sur le blog d‘1min30 commence par ces mots :

« Comment décoiffer le brushing d’un blog sur l’assurance de prêt ? La réponse est à lire sur le blog d’Assurance de Prêt Online qui a lancé un concept inédit : le BlogStorming.

Le principe est né de l’imagination de Denis Gentile, concepteur rédacteur web, community manager, et accessoirement animateur créatif du blog Assurance de Prêt Online, dont la mascotte n’est autre qu’un Pinguoin. Le principe : une sorte de brainstroming numérisé qui voit deux équipes de blogueurs s’affronter durant plusieurs jours sur un thème choisi. La philosophie de l’exercice consiste à faire émerger toutes les bonnes idées, même les plus folles. »

Laure a su parfaitement exposer le principe du BlogStorming et les commentaires complètent intelligemment son article.

La suite, c’est ici : Une Battle de Blogueurs…

Si vous cherchez des idées innovantes (et décoiffantes !) pour développer votre communication web, n’hésitez pas à prendre contact avec moi, j’ai dans mon chapeau celle qui vous étonnera !

A bientôt pour un nouveau remix.

Le papier me tourne le dos mais le web me tend les bras… et j’aime ça !

Il y a quelques jours, j’ai passé la soirée avec une amie que je n’avais pas vue depuis plusieurs années. Arrive la question habituelle : « alors Cécile, ça marche pour toi ? C’est qui tes clients ? ». Et là j’ai réalisé soudain que je travaillais de plus en plus pour le web… J’allais commencer par lui parler des plaquettes, dépliants et autres que j’ai réalisés quand je me suis aperçue que depuis plus de 6 mois, je n’avais fait que des sites web et du Community Management.

 

En la quittant, j’ai beaucoup réfléchi à tout ça. Alors bien sûr, je ne suis installée en indépendante que depuis 2 ans. Bien sûr, mon cas ne concerne que moi et je ne veux surtout pas généraliser mais tout de même…

 

Lorsque mon activité a réellement démarré, ça a commencé par le papier. Tout ce que j’avais semé, je l’ai récolté, ma prospection s’est transformée en projets concrets. Le plus souvent, les agences m’appelaient et me demandaient dans l’urgence de traiter une plaquette, un communiqué ou un dossier de presse, de rédiger un dépliant… Les délais étaient toujours très courts, c’était pour hier ! Bien entendu, je répondais oui et faisais tout pour les satisfaire. Je sentais quand même que la conception rédaction était une prestation qu’ils traitaient en dernier, comme s’ils l’avaient un peu oubliée dans le planning. Parfois aussi, ils me demandaient de revoir mes prix à la baisse en me promettant de futurs dossiers à traiter et donc du travail en perspective. Je ne leur en veux absolument pas, ce sont les règles du jeu, je les connais et je les accepte mais… rien de tout cela ne s’est produit !

 

Dans le web, on prend le temps et on ne discute pas les tarifs !

 

En parallèle, les agences web ont commencé à me contacter. Leur approche m’a paru tout de suite différente. D’abord, on prend le temps de réfléchir : un projet avant d’être signé, est étudié et analysé. Je présente en collaboration avec l’agence, une préconisation au client. Tout est écrit noir sur blanc. On discute et on ajuste. Le dossier est ensuite planifié sur plusieurs mois parce qu’on ne fait pas un site en claquant dans ses doigts ! Et après un premier site avec telle agence, est venu le second, le troisième etc et une autre agence avec le même schéma. Un détail qui a son importance aussi : avant de commencer, les agences web m’annoncent le budget qu’elles ont estimé pour ma prestation, à moi de dire si c’est correct, ça l’est 9 fois sur 10, et ensuite, on ne discute plus de tarif, c’est entériné. Je peux dire aujourd’hui qu’une certaine complicité s’est développée entre ces agences et moi, j’ai toujours plaisir à les rencontrer et à travailler avec elles. J’ai touché à une large gamme d’univers différents grâce à elles et je me régale ! J’ai l’impression que je leur ai fait passer un message : celui de l’importance de l’écrit dans le web. Et depuis, elles pensent à moi… La confiance s’est instaurée.

 

Alors, est-ce que le papier me tourne le dos ? Peut être. Ou alors est-ce que les agences print sont moins confiantes que les agences web ? Plus inquiètes de leur avenir ?  Est-ce que les agences print n’ont pas réalisé le rôle de l’écrit alors que les agences web l’ont tout de suite compris et surtout reconnu ? J’aime toujours autant le papier mais je dois l’avouer, aujourd’hui, c’est le web qui me fait travailler. Si demain, on m’appelle pour du print, je ne dirai pas non… Mais je commence à préférer qu’on fasse appel à moi pour le web !

3 centimes le kilo de tomates !

Ah ça fait rêver n’est-ce-pas ? Vous vous demandez où ? Oui, où trouver des tomates à 3 centimes le kilo ? Seriez-vous passé à côté d’une mesure du gouvernement sur le pouvoir d’achat ? Redescendez sur terre tout de suite, actuellement, fin septembre 2011, le kilo de tomates rondes origine France est à 1,48 euros (source Ministère de l’Agriculture).

Vous les auriez vraiment achetées ces tomates à 3 centimes le kilo ? Franchement, ça ne vous paraissait pas louche ? A ce prix-là, vous pensiez vous régaler (tomates-mozzarella pour M. Denis s’il vous plait…) ? Vous avez cru que vous pourriez les garder longtemps avant de les consommer ? Qu’elles seraient aussi belles et fraîches que celles que l’on voit sur le marché ? Et vous avez pensé au producteur ? Vous croyez vraiment qu’en les vendant 3 centimes le kilo, il rentre dans ses frais, il paie l’eau, l’engrais, le temps qu’il y passe ? Et oui, toute chose a une valeur…

De la difficulté de vendre de l’abstrait

Et l’on se rend compte qu’il est très difficile de faire comprendre cette idée lorsqu’on vend de l’abstrait. Nous concepteurs rédacteurs, blogueurs, community managers, vendons des prestations qui ne paraissent pas concrètes, palpables à première vue, pour le grand public. Nous voici donc à aborder à nouveau le sujet des tarifs. Encore une fois, ce débat a fait l’objet de riches échanges sur Viadéo. C’est une rédactrice correctrice indépendante qui a lancé la discussion après avoir reçu une proposition de travail « avec des tarifs hallucinants », je cite. Voici le mail qu’elle a reçu :

« Je suis chargé de recruter des relecteurs/correcteurs freelance pour une agence de production de contenus pour des éditeurs web. Nos rédacteurs web produisent des articles courts (70 à 150 mots) autour de thématiques culturelles (bio d’acteurs, villes de France), historiques (grandes dates), économiques (présentation d’entreprises et de marques), touristiques (lieux à visiter) ou encyclopédiques (définition de locutions, citations et proverbes). La rémunération est de l’ordre de 1€ le feuillet (1500 signes). L’agence travaille généralement sur des projets de gros volumes car son positionnement est axé sur des bases de données éditoriales de grande ampleur. Une collaboration récurrente serait donc envisageable, avec des commandes plus ou moins importantes en fonction de vos disponibilités. »

« moi, la baguette, je vous l’achète 35 centimes ! »

« Votre profil m’intéresse… »

Les réactions ont fusé bien entendu ! Avec un premier constat : c’est le client qui établit le tarif, vous imaginez-vous dans votre boulangerie dire « moi, la baguette, je vous l’achète 35 centimes ». Mais cette proposition concernait des prestations en relecture/correction. C’est ainsi qu’un de mes confrères a voulu pousser la démarche plus loin en écrivant à ce monsieur… Il l’a invité à lire un de ses articles et à lui faire savoir combien il l’aurait acheté. Précisons que l’article était de qualité et rédigé par un professionnel expérimenté. Ce à quoi le monsieur en question lui a répondu :

« J’ai bien reçu votre candidature. Votre profil m’intéresse, mais avant d’aller plus loin je vous donne quelques détails sur notre activité. Tout d’abord, les articles que nous produisons servent à remplir d’importantes bases de données éditoriales de gros éditeurs web.  Il s’agit de petites synthèses sur des sujets précis (date historique, présentation de villes de France, d’entreprises ou de marques…). La méthode consiste à passer par une source d’information sur internet (type Wikipedia) pour en extraire la matière afin de rédiger un article court (70 à 200 mots) et original (nous effectuons un test anti-plagiat systématiquement, aucune phrase présente sur le net ne doit être retrouvée à l’identique dans nos productions). Nous ne cherchons pas de rédacteurs « experts », mais des rédacteurs web qui maîtrisent les méthodes de rédaction pour réaliser ce travail sur différents sujets. Il s’agit donc d’écrire court et efficace (et sans faute de préférence). La rédaction d’un article est assez rapide, pour une rémunération de 0,03 cts le mot (3 € les 100 mots).  Le processus de recrutement est le suivant : tout d’abord, nous vous faisons parvenir un zip contenant différents tests pour s’assurer que vos qualités rédactionnelles cadrent avec nos attentes. Ensuite, si le test est positif, nous établissons un contrat-cadre qui fixe les termes de notre collaboration (tarifs notamment), et nous passons notre première commande, avec paiement à réception de cette dernière (car établie en fonction du volume). »

Rédacteurs, Community Managers de tous les pays, unissons-nous !

A la suite de quoi, mon confrère s’est amusé à faire une simple multiplication et est arrivé au résultat suivant : son bel article de 1600 mots aurait été acheté 48 euros… Si on ramène au feuillet approximativement, cela nous fait 9 euros le feuillet de 1500 signes… La personne lui ayant envoyé la proposition lui a alors répondu que son article n’avait rien de comparable avec le type des prestations demandées, soit ! Mais nous, professionnels avons le devoir de faire entendre notre voix pour faire respecter notre métier et tirer la qualité vers le haut. Quand pour ce prix-là, on ose en plus demander une qualité irréprochable avec un test anti-plagiat, des tests rédactionnels, etc, on se demande où l’on va !

Malheureusement, comme de nombreuses personnes l’ont écrit dans la discussion Viadéo, certains d’entre nous acceptent de telles conditions : par inexpérience, par manque de travail, parce qu’il faut bien gagner sa vie… A nous professionnels de dénoncer ces pratiques et de diffuser l’information auprès du plus grand nombre. Car c’est ainsi que nous instaurerons dans les esprits la valeur de notre travail et que nous permettrons à ceux qui débutent de ne pas tomber dans ce miroir aux alouettes. L’idée a même été soulevée de créer une structure (syndicat, corporation…) pour établir des tarifs, à méditer…

« Elles sont fraîches mes idées, ils sont beaux mes mots, cueillis de ce matin, 3 centimes le mot ! »
Ah, le poids des mots, le choc des tarifs ! 

 

Cécile Courtais

L’agence Red Act publie chaque année le baromètre de la rédaction web

LA REFERENCE :
Si vous souhaitez connaître les tarifs officiels des REDACTEURS WEB,
nous vous invitons à consulter le BAROMETRE DE LA REDACTION de Stéphane Bourhis,
créateur de l’agence RED ACT en 2004.

Voici un extrait de la dernière édition (on est loin des 3 centimes le kilo de tomates !) :

« Publi-Rédactionnel (1500 signes) : de 80 à 150 euros (50-200)
Article (3000 signes) : de 120 à 350 euros (40-600)
Article (6000 signes): de 200 à 600 euros (75-800)
Dossier (12000 signes) : de 400 à 900 euros (175-1200)  »

Plus de détails

 

Le ‘Making of’ d’un thriller & blockbuster

Cet article ressemble aux suppléments que l’on trouve sur un DVD. Le film en question, pardon, je voulais dire l’article en question est « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! ».  Je vous invite à découvrir tous les secrets de fabrication, ou presque.

Avertissement : Cet article n’a d’intérêt seulement et seulement si vous avez déjà lu Quand Facebook nous remplit d’épouvante !. Puisqu’il s’agit de son ‘Making of’. De plus, s’agissant d’un ‘Thriller’, il vaut mieux le lire sans rien savoir de son déroulement et dénouement. L’emploi du mot ‘Blockbuster’ dans le titre s’explique car cet article a dépassé en 8 jours les 1000 lectures, les 120 ‘like’ sur Facebook, 200 tweets et retweets et surtout parce qu’il a fini dans le TOP 5 (4e) du concours organisé sur le blog ‘Virtuose Marketing‘ de Cédric Vimeux. Un résultat encourageant pour notre blog. Je vous invite à découvrir le classement des 5 meilleurs articles de ce concours en cliquant ici.

Mettre en scène des personnages et une histoire

Tout commence le 21 mars 2011 avec la publication de l’article « Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite ! ». Un certain Francis Benett nous explique comment le web a changé nos habitudes vis à vis de la presse, notre façon d’écrire et de lire. L’important nous dit-il est de mettre en scène une histoire et des personnages. Ce n’est plus simplement relater platement des faits, présenter des opinions, retranscrire une interview ou développer une réflexion. Ca, c’est l’ancienne méthode, celle qui s’imprimait sur du papier journal. Aujourd’hui, il faut être plus créatif pour intéresser le lecteur. Un article de fond et de réflexion (que certains qualifieront de difficile) qui a totalisé plus de 5000 lectures. Un autre ‘blockbuster’ !

Ce n’est pas une fiction !

Attention, il y a une part de vérité à respecter. Vous ne pouvez pas tout inventer. Ce n’est pas une fiction. Le lecteur doit croire à ce que vous écrivez. L’imagination est surtout là pour donner une forme à votre discours. Les éléments de votre article doivent avoir des racines dans la réalité. Quels sont ces éléments ? Ce sont les cailloux du Petit Poucet !

Les lecteurs suivent un chemin que vous avez tracé avec des mots et des idées. Ils vont évoquer dans son esprit quelque chose de familier.

Pourquoi familier ?

– Parce que dans vos précédents articles, vous en avez déjà parlé.

Par exemple, les agressions verbales de certains internautes. C’est l’un des points qui ont conduit à ma démission le 15 août dernier. Quand Ivan Pauleto m’agresse, c’est donc tout à fait plausible puisque c’est déjà arrivé et j’en ai déjà parlé.

Même raisonnement quand je parle de mon chien. Il est bien réel et en plus il a une identité sur le web puisqu’il a son propre blog.

– L’environnement est aussi familier. Le lieu de l’histoire est connu de tous les lecteurs. Il s’agit de Facebook. De plus, je suis Community Manager et j’ai donc des milliers de contacts. Il est donc parfaitement plausible que je ne me souvienne pas d’un nom.

– Des situations qui rappellent quelque chose. Dans les thrillers (mon correcteur automatique me dit que c’est un anglicisme et que je devrais dire films d’épouvante), Scream par exemple, tout commence par un coup de fil. Cette fois, j’ai modernisé la fable. Je reçois un message sur Facebook.

Le tout est cohérent

Un récit est vraisemblable s’il est cohérent. Ce texte a été spécialement écrit pour participer à un concours. Il était important d’intégrer dans le scénario de l’article la participation à ce concours. C’est un des éléments qui assure un lien logique entre les différentes parties du discours. Le concours ne vient pas comme un cheveu sur la soupe. Il fait partie de l’histoire. Cohérence.

Dans l’article : « Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner », j’évoque notamment le manque de temps pour me consacrer à d’autres activités comme la lecture et je cite différents livres que j’aimerais enfin pouvoir lire. Parmi eux, un thriller américain : « L’épouvantail ». Cet article a créé le buzz sur le web. Il a fait exploser les statistiques de mon blog et à susciter de nombreuses réactions sur tous les réseaux sociaux. Je devais donc profiter de ce nouvel élan. J’ai donc repris des éléments contenus dans cet article et j’annonce que j’ai pu enfin finir la lecture d’un livre. La belle affaire ? Non, car si je n’avais pas lu ce livre, je n’aurai jamais écrit cette histoire. Je m’en suis inspiré en réinventant sa trame et en l’adaptant à l’écriture d’un article pour la blogosphère. J’en tire plusieurs enseignements :

– D’abord une idée qui est présente dans mes derniers articles et notamment dans « Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans ! ». Etre Community Manager, ce n’est pas fouiner sur le web et tweeter à tout va 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Non, le bon Community Manager doit s’évader. Il doit prendre le temps de se déconnecter. Dans mon cas par exemple, ça signifie lire un bouquin, me promener avec mon chien, faire des pizze ou encore jardiner. Je me ressource et je trouve l’inspiration pour écrire. C’est la meilleure façon pour ne pas se répéter et tenter de trouver de nouvelles idées. Ma démission, même provisoire, a donc été salutaire.

Le blogueur n’écrit pas comme un journaliste-rédacteur. Il ressemble plus à l’écrivain. Dans un quotidien, le journaliste passe d’un sujet à l’autre avec maestria mais souvent sans continuité. Sur un blog, il y a des liens d’un article à l’autre. Les fameux cailloux mentionnés précédemment. Les articles d’un blog sont donc similaires aux chapitres d’un roman. J’ai bien dit ressemble à un écrivain. Avant de devenir un écrivain, le blogueur devra notamment travailler son style et son orthographe. Le blog est donc un bon exercice. Vos réactions montrent que l’exercice a été réussi. Merci.

– Si vous lisez bien mes articles, vous y trouverez les sujets des prochains. D’ailleurs, tout ce que dit Ivan Pauleto, vous pouvez le retrouver sur le web. Soit dans mes articles, soit dans mes différents profils. Le dialogue est donc parfaitement réaliste et cohérent.

Le Concepteur Rédacteur Web

« Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! » n’est pas l’article d’un Community Manager. C’est un article qui raconte l’histoire d’un personnage dont le métier est Community Manager. Celui qui signe cet article s’appelle CONCEPTEUR REDACTEUR WEB. Il ne se contente pas de résumer des infos qu’il a trouvées sur le web et de vendre ce contenu à des sites comme l’internaute ou d’une agence de voyages (ces textes sont rémunérés 3 centimes le mot). Ca, c’est un travail pur et simple de rédacteur. Il développe un sujet personnel et il le met en scène. Il y a un vrai scénario qui soutient ce texte. C’est pour cette raison qu’il n’est pas inexact de parler de ‘Thriller’, ‘Making of’ et ‘Blockbuster’. Le vocabulaire du cinéma est parfaitement adapté aux compétences d’un Concepteur Rédacteur Web.

Les moyens dans les mains d’un blogueur n’étant pas équivalent à ceux d’un réalisateur hollywoodien, il est à la fois scénariste, réalisateur et acteur. Il se met donc lui-même en scène et il en assure aussi la promotion. C’est ainsi que le Concepteur Rédacteur Web devient un Community Manager.

Ce ‘Making Of’ est pour moi indispensable. Je voudrais prendre « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! » comme une référence pour imprimer un style à More Than Words. Si vous aimez écrire et que vous adhérez à ce que j’essaie d’exposer avec pédagogie, alors je vous accueillerai volontiers sur mon blog. Avis aux amateurs.

Mais attention, il ne s’agit pas de refaire un thriller, il y a bien d’autres genres tout aussi passionnants.

Denis Gentile

A lire du même auteur :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

– Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner !

Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans

Quand Facebook nous remplit d’épouvante !

Voir aussi la catégorie COLONNES.

Top 5 : Comment gérer son temps quand on est rédacteur web ? (Part 2)

Etablir un calendrier de travail et s’y tenir devient compliqué quand nous sommes chaque jour confrontés à ‘des petits rien’ qui viennent entraver le cours de notre programme. ‘Ces petits rien’ sont des impondérables qu’on ne peut négliger (pluie, neige, maladie, grève …). D’où la nécessité de savoir utiliser son temps qui est une denrée rare et éphémère.  Peter Drucker (économiste), estime que « le temps est totalement périssable et ne peut se stocker. La journée d’hier est passée pour toujours et ne reviendra jamais ». 

Il nous manque souvent du temps pour réaliser telle ou telle chose. D’où vient le sentiment du temps qui manque ? Sans doute du cumul des tâches lorsqu’on en est submergé ; il peut être aussi la conséquence d’amoncellement de tâches dû à la procrastination qui est une attitude consciente ou non à ne pas décider, à remettre un acte au lendemain, à se défausser de ses responsabilités. Ainsi, les tâches s’accumulent, et quand elles doivent être faites, les résultats qu’on attend du responsable ne sont pas au bout du compte. Chacun a son rapport au temps qui relève de sa vie personnelle. Qu’en est-il du web rédacteur ? Où se situe-t-il sur l’échelle du temps qui lui permet d’utiliser le web pour communiquer et garder le lien social avec les internautes ?

Pour ma part, le top 5 c’est ménager le temps pour écrire et lire puis répondre aux courriers des internautes ; c’est aussi réserver du temps pour le couple et avoir du temps pour soi.

Le temps pour écrire

Ecrire pour ceux dont c’est le métier exige un investissement en temps considérable pour produire une œuvre ou un texte qu’attendent les  lecteurs ou les internautes. Ce temps voué à l’écriture, on ne peut le déterminer par avance compte tenu des impondérables, à moins que le rédacteur fasse le choix de s’isoler pour se donner un espace de réflexion propice à la création. Ce moment peut être long, il est chronophage ; puisqu’il est utile pour la création, il convient de s’armer de patience.

Pour un jeune rédacteur, l’apprentissage commence la plupart du temps par une référence à des modèles d’écrivains, et c’est tout naturellement qu’il cherche à mettre ses pas dans les leurs ; cela ne signifie pas qu’il y arrive dans l’absolu, mais il peut toujours se reprendre. Tout ce processus tendant à passer du temps, à tâtonner sur un sujet est bénéfique dans bien des cas à la création d’une œuvre. Il y a ceux qui écrivent parce qu’ils éprouvent un plaisir à inventer des histoires bouleversantes ; d’autres, parce qu’ils sont blessés par la vie ; d’autres encore, parce qu’ils désirent laisser quelque chose à la postérité ou rejoindre la liste des écrivains connus. Mais pour tous, c’est une quête permanente entre les moments de l’écriture ceux de la lecture.

Le temps pour lire

Pour un rédacteur, le temps passé à lire pour s’informer, recueillir des nouvelles sur le web ou dans les médias classiques est inestimable. Il lit un peu de tout, magazines, journaux pour être en phase avec le monde ; des livres pour élargir le champ de ses connaissances ou tout simplement pour se divertir. Les livres d’histoire ont souvent été une source inépuisable d’idées de roman ; toutefois, il faut choisir de se situer dans le domaine de la fiction que dans celui de l’histoire même, en créant des personnages et des faits imaginaires pour en accroître l’intérêt chez les lecteurs.

Que faire pour gagner du temps puisqu’il est un bien rare et précieux ? Les experts disent qu’il faut apprendre à lire plus vite. Nous ne sommes pas logés à la même enseigne devant la lecture ; certains lisent beaucoup plus vite, d’autres moins. Des méthodes de lecture dites « Lecture rapide » apprennent à accroître la capacité à lire rapidement. Quelques principes de base conseillent au lecteur de lire en écrivant. On se souvient que, jeunes écoliers, on nous apprenait qu’il ne fallait pas abîmer les livres en cornant les pages  ou en les soulignant. Or, pour une lecture efficace, il faudrait bien souligner des passages importants, annoter des idées intéressantes qu’on pourrait ensuite commenter.

Répondre aux courriers

Nous recevons de nos proches, amis, administrations ou d’autres sources quantités de courriers qu’il va falloir trier et y répondre. Remettre à plus tard ne fera qu’accroître la tâche et la rendre d’autant plus insupportable. Répondre aux courriers est par définition particulièrement chronophage. Pourtant il faudrait agir, à commencer par établir des priorités en les classant en fonction des urgences ; d’abord les plus importants et urgents, puis les plus importants et non urgents ; ensuite ceux porteurs d’informations ordinaires. Comme chaque jour nous en recevons un certain nombre, nous devrions les ouvrir et jeter au fur et à mesure ceux qui nous paraissent inutiles pour éviter qu’ils encombrent nos bureaux, nos dossiers ou nos tiroirs. En ces temps-ci des TIC, faudra-t-il privilégier le téléphone, le SMS, le skype et autres mails, aux dépens de nos vieilles correspondances écrites si valorisantes, mais somme toute chronophage ? La question reste posée.

Le temps pour le couple (« J’aurais toujours faim de toi ! ») (1)

Vieux couple. Picture by Angelos Fasoulis.

 

Le temps joue-t-il contre le couple ? Dans bien des situations, on constate que nous ne réservons à notre couple que le temps qui nous reste après avoir tant donné à l’écriture, à la lecture, au décryptage des courriers, aux réunions professionnelles, notamment chez les gens qui ont d’importantes responsabilités. Par conséquent, l’érosion du temps finit par avoir raison du couple car elle y entretient la frustration, la confrontation, l’effritement des sentiments. A contrario, le temps peut aussi être un allié dès lors qu’il renforce les relations dans un partage quotidien. Chacun des partenaires doit faire un effort pour communiquer même si on ne peut être d’accord sur tout. Pour certains experts, lutter contre l’érosion du temps dans le couple revient à ouvrir son milieu professionnel à son partenaire en l’informant de ses actions, de ses réussites mais aussi de ses difficultés ; ainsi il pourrait en accepter plus facilement les contraintes. D’où l’intérêt d’établir un agenda afin de gérer le temps en essayant de se mettre d’accord sur un certain nombre de points.

 

Le temps pour soi

Si l’on soustrait le temps consacré à son activité professionnelle, à l’écriture, à la lecture, au couple, il reste très peu de chose pour soi. Le monde moderne pousse à davantage de compétitions dans la vie professionnelle, à plus de performance. Même fatigué, on continue de travailler, et à la fin de la journée on rentre épuisé. Les week-ends se suivent, on passe le temps à dormir pour tenter de récupérer. En un mot, le temps pour soi se réduit au temps de visite chez son médecin, le temps pour se soigner. Toutefois, le temps pour soi est essentiel pour notre équilibre, pour notre bien-être. Si peu soit-il, il faudrait en disposer pour nous sentir bien dans notre corps. On pourrait supprimer certaines routines dévoreuses de temps, comme le temps passé devant la télévision, et mettre à profit ce moment pour réaliser une action plus gratifiante et plus bénéfique pour soi ; comme des séances de gymnastique ou de yoga, des cours de peinture ou de danse, la visite dans un musée, toutes ces activités de loisir qu’on estime  qu’elles apportent un bienfait au corps et à l’esprit. Voilà quel est mon top 5 en tant que rédacteur.

Jean-Charles Yambélé

(1) : lire l’intro de Denis Gentile

Jean-Charles Yambélé chaque lundi sur morethanwords.fr

A lire du même auteur :

– Le boomerang qui nous ressemble

– La parabole du boomerang et des réseaux sociaux

– EFFET BOOMERANG : Afrique, les révolutions et le web

– EFFET BOOMERANG : Afrique, le retour des « cerveaux » ! 

– UNE GRANDE AVENTURE : Le pygmée et le pharaon

 – HISTOIRE VRAIE : Pierrot vit au clair de lune

Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom !

Je n’ai pas trouvé un titre plus court ! Mais il n’est pas trop long car il peut être diffusé sur Twitter et ses impératifs 140 caractères ! Il aurait pu s’appeler Vices et Vertus des mondes réel et virtuel. Ou il aurait pu simplement reprendre la première phrase de l’article :  Avez-vous déjà travaillé dans un Call Center ? Mais j’ai préféré : Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom ! J’aurais juste voulu ajouter : Heureusement !

Avez-vous déjà travaillé dans un call center ? Ou avez-vous déjà reçu un courrier suite à une réclamation ou à une réservation ? Et comment s’appelait la personne qui a signé cette lettre ? Il y a de fortes chances que son nom fut Claude ou Dominique Martin ! Et si Claude Martin voulait ouvrir un compte sur Google Plus,il (ou elle) pourrait être désactivé(e) ! Explications.

Le Métro ressemble au Call Center


Il n’y a rien de plus anonyme qu’un couloir de métro ou qu’une salle d’un call center !
Mais quand vous prenez le métro, vous savez précisément où vous vous trouvez, en revanche, quand vous appelez un call center, vous ne savez pas où vous avez bien pu atterrir !

La confusion et le côté cosmopolite sont comparables. Il n’est pas facile d’entendre votre interlocuteur quand vous passez un appel des couloirs de Châtelet-les-Halles, c’est souvent pareil quand vous tentez de joindre la hot line de free ! ‘Vous avez tout compris’, comme ils disent si bien dans leur pub.

Et puis, tout le monde ressemble à tout le monde. Dans le métro, c’est plus de notre faute. On n’est pas très attentif aux autres et on se noie par habitude dans un total anonymat. Dans un call center, chaque agent vous lit le même discours avec la même intonation.

Dans le métro, tout le monde pourrait donc s’appeler Claude Martin, le prénom étant androgyne et le nom largement répandu. Les responsables des centres d’appel le savent bien. Et quand il s’agit de signer une lettre, c’est un nom bien commode. En plus, cela fait bien français et c’est bien arrangeant, voire pensent-ils rassurants pour les clients, pour des centres qui sont souvent délocalisés dans un autre continent.

Le masque est de rigueur ! C’est une loi commune du monde réel. Celui de la dure réalité quotidienne. Et on doit s’y plier si l’on ne veut pas être écarté ou marginalisé. D’ailleurs, aux heures de pointe, toujours à Châtelet-les-Halles, il vaut mieux suivre le courant au risque d’être bousculé, voire renversé.

Il est bien triste le monde réel. On comprend aisément l’envie d’évasion et d’affirmation de soi. Ce monde si différent n’est pas utopique. Il existe. Je parle bien sûr du monde virtuel, celui du web et des réseaux sociaux.

L’anonymat dans le monde métropolitain

Les conventions éclatent, l’uniformisation explose en mille morceaux et l’anonymat est vraiment mal vu !

Sur Google+, vos vrais noms ou rien !

Et le géant du web, Google, l’a bien compris. Il vient de lancer son réseau social pour concurrencer Facebook : GOOGLE+.  Voici ce que l’on pouvait lire la semaine dernière à ce sujet (extrait de l’article « Vos vrais noms ou rien » de Nicolas Vincent sur Presse-Citron) :

« C’est déjà l’heure du ménage chez Google+. Effectivement, ces dernières heures, de nombreux comptes ont été désactivés… La raison ? Des utilisateurs se cacheraient derrière des pseudonymes au lieu d’utiliser leurs vrais noms et le moins que l’on puisse dire c’est que cela ne plait visiblement pas au géant du web qui n’a guère tardé pour agir. En agissant de la sorte, Google se démarque clairement de ses deux principaux concurrents, en l’occurrence Facebook et Twitter, sur lesquels il est tout à fait possible – pour chacun d’entre nous – de créer un ou de multiples comptes en y renseignant de fausses coordonnées dans le but d’usurper l’identité de n’importe qui… »

Dans le monde merveilleux de Google, on ne veut pas reproduire les mêmes erreurs que dans le monde réel. On ne veut pas des milliers de Claude Martin.

Le Community Manager a un nom

La richesse des blogs et des réseaux sociaux, c’est la personnalisation. Si on tentait d’y imiter la réalité, alors le web serait bien pâle. Les différences et le débat sont bien l’âme du web. En plus, le web a un visage. Ce visage, c’est celui de chacun d’entre nous.

Méfiez-vous de ceux qui n’affichent qu’un avatar ! Il est équivalent au masque de l’autre monde. Celui si triste du métro et du call center. C’est même pire, puisque dans la vie réelle, il s’agit d’une règle du jeu. Dans le virtuel, la règle est opposée. Les anonymes sont donc des tricheurs.

Bien sûr, nous ne voulons pas faire de l’intégrisme ‘googlien’. Et il y aura parfois de bonnes raisons de ne pas se montrer sous son vrai visage ou sous son vrai nom sur les réseaux sociaux. Mais, pour certains d’entre nous, la règle est professionnelle. Je parle des Community Managers.

Quel est l’objectif du Community Manager ? Instaurer une relation de confiance avec l’internaute. Feriez-vous confiance à une personne dont vous ne connaissez pas le nom ? Feriez-vous confiance à une personne dont vous ne connaissez pas le visage ? Feriez-vous confiance à une personne qui use des stratagèmes pour se cacher ? Je ne crois pas.

Je précise donc ma recommandation : méfiez-vous des Community Managers qui affichent un avatar ou si vous préférez, méfiez-vous des Community Managers qui s’appellent Claude Martin !

Car dans le monde virtuel, tout le monde ne peut pas s’appeler Claude Martin, à part Claude Martin, bien entendu !

« Difference is great »

Le Rédacteur Web a un visage

Autre exemple : le Rédacteur Web. D’ailleurs, le chemin qui va du Community Manager au Rédacteur Web est très court. On peut définir l’un par rapport à l’autre en disant que le rédacteur web est un Community Manager qui produit ses propres contenus. Lui aussi doit apparaître au grand jour sur le web.  C’est quand même plus agréable pour le lecteur de voir et de savoir qui lui parle (1).

J’ai toujours trouvé frustrant les journaux et les revues. J’aurais souvent voulu savoir qui écrit certains articles et pouvoir parfois leur envoyer un message. Tout cela est désormais possible grâce au web. Et c’est une amélioration incontestable. Les blogs et les réseaux sociaux ont apporté un peu de clarté, de dialogue et d’humanisme à notre civilisation métropolitaine.

Ni le monde réel, ni le monde virtuel n’est totalement vertueux. Mais il est intéressant de noter que le monde virtuel cherche souvent à se démarquer du monde réel en voulant éviter de répéter les mêmes erreurs ou même mieux, en essayant de corriger les erreurs de l’autre monde.

+ Le débat s’anime sur le web à ce sujet et c’est une bonne chose (c’est la raison pour laquelle j’ai remis cet article à la UNE du blog). Je vous invite à lire un autre point de vue sur OWNI : http://owni.fr/2011/08/08/google-plus-dictature-vrais-noms-anonymat-identite/ +

Denis Gentile

Retrouvez Denis Gentile chaque lundi sur morethanwords.fr

(1) J’utilise toujours mon vrai nom et mes photos. Vous pouvez aussi me suivre sur :

Nous allons compléter la page LES AUTEURS du blog afin de vous présenter les photos de tous les auteurs de More Than Words.

nb : Ce blog prend son titre d’une célèbre chanson. Elle en est la colonne sonore. Mais d’autres titres peuvent bien sûr inspirer nos auteurs. Avant d’écrire cet article par exemple, j’ai écouté « Charlotte Sometimes », The Cure. C’est la bande originale de l’article.

 

A lire du même auteur :

– La sauce va-t-elle prendre ?

– Le blog est l’instrument de la culture moderne

– L’envie de savoir !

– GLUTAMATE, E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! 

– Des blogs sans colorant, ni additif !

– Donner sa chance 

– WEBOPATHE : L’interview d’un Community Manager pas comme les autres !

– Internet est la bombe atomique de ce siècle ! 

– COmmunity Manager : COnnaissez-vous COCO ?

Voir aussi la catégorie COLONNES