L’opinion et la fierté d’un père ou l’histoire de Joël et David Hauss

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L’opinion, on ne la trouve pas que dans les bars, sur les réseaux sociaux, dans la rue ou sur les plateaux télévisés. On la retrouve, surtout et avant tout, dans sa famille. C’est par exemple, l’opinion d’un père sur ses enfants. Je vous propose de découvrir l’histoire d’un père fier de son champion de fils, David Hauss, le triathlète français qui vient de se qualifier pour les JO de Londres.

Il y a des constantes dans l’histoire de l’humanité. L’une d’elle concerne la paternité. Le rêve de nombreux pères est de décider de l’avenir professionnel de leur fils. En général, ils souhaitent (et parfois exigent) que leur fils reprennent l’activité de famille.

L’autre constante est la réponse du fils. Le plus souvent, elle est négative. Le rêve d’un fils est rarement celui de son père.  C’est notamment le cas de la plupart des artistes. Le père de Michel-Ange, par exemple, n’a jamais que son fils devienne sculpteur. C’était même déshonorant pour lui et pour son rang.  Le sculpteur n’étant considéré que comme un vulgaire tailleur de pierres, au même rang qu’un simple artisan.

Dans le monde d’aujourd’hui, les enfants de sexe masculin ont surtout un rêve, celui de devenir footballeur professionnel. Pour l’amour du jeu ? Parfois. Pour l’argent ? Plus souvent !

Mais il y a aussi d’autres sports où l’argent n’est pas si abondant et où le plaisir passe comme une récompense après des milliers d’heures d’entraînement, de sacrifice et de souffrance. Ce sont des sports olympiques dont on parle une fois tous les quatre ans… en cas de médaille française.

Parmi ces sports, il y en a un que l’on qualifiera de plus nouveau, de plus moderne, voire de plus symbolique et à l’image des héros de l’antiquité. Ce sport, c’est le triathlon. Qu’est-ce que le triathlon ?

Comme son nom l’indique, il regroupe trois disciplines. Trois disciplines de base qui permettent à l’homme de se déplacer sur la terre ferme ou dans l’eau : la course, le vélo et la natation. Dans sa version olympique, il faut enchaîner : 1500 mètres à la nage, puis 40 km à vélo et enfin 10 km à pied. Comptez environ deux heures d’effort pour les meilleurs que l’on compare aisément à des super hommes ou des demi-dieux.

Parmi eux, un français, déjà qualifié pour les J.O. de Londres en 2012 : David Hauss.

Pour parler de lui, nous avons rencontré son père. Cet article ne répondra pas aux standards de l’article sur le sportif et ses performances, mais sur la naissance d’une passion sur les ormes d’un père. Joël Hauss, lui-même sportif et qui est devenu naturellement l’entraîneur de son champion de fils (Vous pouvez lire l’intégralité de cette interview sur le blog d’1 Elan 2 Com)

Père et entraîneur

« J’ai la chance et le privilège d’être l’entraîneur de David Hauss.  Quant à être son père, il n’a pas le choix. Et là, c’est lui qui a de la chance et du privilège ! »

Les cartes sont distribuées ! Joël Hauss montre son jeu dès la première seconde.

Lui aussi a été un sportif de haut niveau :

« J’ai fait de la lutte pendant 13 ans. J’ai aussi été prof d’aérobic, puis j’ai fait du windsurf et enfin j’ai découvert le triathlon. »

Lui aussi a caressé le rêve olympique :

« J’étais un espoir 84. Ce terme désignait ceux qui avait le potentiel pour aller aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. Contrairement à bon nombre de mes camarades qui étaient dans des centres d’entrainements, moi je devais bosser pour vivre. Je me suis assez vite rendu compte qu’à cause de mon job, je ne pouvais plus lutter (c’est le cas de le dire) avec eux. » 

Ensuite, il est même devenu entraîneur :

« Je commence à m’intéresser à l’entraînement. A l’époque je joue au rugby. et je prends en charge de la préparation des joueurs qui sont tous des surfeurs recrutés ça et là. En plus, ces gars étaient bien meilleurs au rougail saucisse et à la bière qu’au cadrage débordement ou à la percée dans l’axe. Bref y’a du boulot ! Résultat, en 2005, on finit deuxième du championnat de la Réunion. »

L'agence 1 Elan 2 Com a réalisé le site davidhauss.com

La médaille olympique

Joël a donc fait ses preuves en tant qu’entraîneur. Naturellement, il est le meilleur candidat pour être l’entraîneur de son champion de fils :

«  J’avais une idée assez précise de ce qu’il fallait qu’il fasse pour progresser. Il m’a fait confiance et ça dure depuis déjà 5 ans avec je l’espère l’occasion de participer à ses côtés, au rêve de tous les sportifs de haut niveau : remporter une médaille Olympique. »

Quand les autres garçons de son âge jouent aux cowboys et aux indiens, David lui joue… aux Jeux Olympiques !

« Il accumulait les longueurs de bassin dans une piscine de 10 mètres, il n’arrêtait pas de faire des aller-retour le long du chemin de 200 mètres qui menait jusqu’à la maison. Soit en vélo, soit en courant.

Et lorsqu’il arrivait (forcément premier, ses copains ayant jeter l’éponge à la 83ème longueur de piscine ou au 37ème tour de course à pieds), sa soeur lui remettait officiellement sa 23ème médaille d’or de la journée. Il s’entraînait déjà en jouant.

Toutes ces années ont donc mis en place une certaine vision des choses. C’est cette vision qui l’a guidée vers son but. »

Continuons à approfondir les relations Père-Fils.  Parlez-nous de vos rapports sur le plan sportif avec David. Est-il plus facile ou plus difficile d’être l’entraîneur de son fils ? 

« Dans l’entraînement à proprement parler, ce n’est ni plus dur ni plus facile.  David ne m’a pas demandé de travailler pas avec lui pour que je fasse des sentiments.
Une fois la course terminée, et quelque soit le résultat, (encore plus s’il y a un résultat), c’est toujours la fierté du père qui voit son fils faire quelque chose de bien (ou rater sa course)… 

Puis tout de suite après l’entraîneur reprend le dessus pour savoir comment faire encore mieux et se remettre en question pour avancer encore.

L’intérêt, si on peut le dire comme ça, (car un intérêt apporte toujours quelque chose à quelqu’un), d’être le père de son athlète, c’est aussi dans les moments de blues ou de défaillance. J’arrive certainement à les anticiper plus vite car je le connais bien et sur simplement des intonations de voix je suis capable de dire si ça va ou pas. Cela permet d’être réactif un peu plus vite. »

David Hauss sur une plage de l'Ile de la Réunion

La fierté d’un père

Je trouve cette relation entre un père et son fils très touchante (je vous invite une nouvelle fois à découvrir l’intégralité de cette interview en cliquant ici ) . Seulement pour l’exemple donné, le couple Hauss mériterait de remporter le titre olympique. David a aussi d’excellentes relations avec son entourage. Il semble être très proche de son public, des fans et de son « île ». Notamment en s’investissant dans les nouveaux médias et en étant présent avec les blogs, sites web, twitter, facebook. 

« David et effectivement très proche de son Ile… et de sa famille. C’est un tout qui fait partie de son équilibre.
La Réunion peut être considérée comme un grand village où tout le monde se connaît.

La presse en générale, est un acteur important de la vie réunionnaise. Par exemple, 2 fois par jour il y a, sur une des radios locales, des avis de décès. Cela pour avertir tout un chacun de la disparition d’un proche, parent ou amis. Ce qui montre bien l’importance des ramifications qui existent entre tous ses habitants. 

Les médias donc, s’intéressent à David depuis le début de son aventure. D’abord chez les jeunes ici, puis à ses débuts en métropole, et maintenant comme étant un de « ses enfants » en passe de représenter la France (et donc la Réunion) aux Jeux Olympiques.

Beaucoup le connaissent et bon nombre ont l’impression de le connaître sans l’avoir jamais vu.

L’éducation qu’il a reçu (là je me redresse de fierté), et la simplicité de David fait qu’il reste très cordial avec tout le monde et donc très sympatique aux yeux de tous.

Le triathlon est un sport jeune, il est encore difficile de faire comprendre au grand public le fait qu’il existe une multitude de distance avec à chaque fois un champion du monde de la distance. 

Dans l’image des gens cela reste le sport où les mecs finissent en franchissant la ligne d’arrivée en rampant. Et même si il s’est très largement démocratisé pour les initiés, c’est une image encore très tenace dans la vision des gens.

Il est donc logique, qu’en terme d’argent, ou de retombées médiatiques, nous restons loin, très loin de ce qui se passe dans d’autre sports plus populaire. Si David (ou un autre d’ailleurs) peut être le précurseur d’une nouvelle façon de voir le triathlon, de le « démocratiser » et donc de le dédramatiser, aidant à le rendre plus lisible alors il peut se servir de tous les médias qu’il désire. »

Nous écrivions au début de cet article que « Le rêve d’un fils est rarement celui de son père ». Ce récit nous démontre le contraire.

J’avais vraiment envie de vous raconter cette histoire dans ce contexte. Et le jour de la course olympique à Londres en 2012, vous suivrez avec un plus grand intérêt et peut avec espoir la performance de David Hauss. Vous serez certainement heureux pour lui et quel que soit le résultat, vous aurez aussi une pensée émue pour son père.

Denis Gentile

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le blog de l’agence 1 Elan 2 Com : David Hauss raconté par son père

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