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- Bonjour Francis, l’héroïne de votre roman est une femme, quelle proposition vous semble plus juste :
c’est une façon pour un homme d’explorer son côté féminin
ou
c’est une façon pour donner un côté masculin à un personnage féminin ?

Les questions sont ambiguës quant au côté féminin.
En premier lieu, il est important de préciser que ce roman relate l’histoire d’une femme au travers d’une époque. La façon la plus évidente pour transmettre les sentiments de cette femme aux yeux des autres, a été de construire le roman sur la base d’un journal intime pour déjà aviver le côté voyeurisme du lecteur mais aussi pour lui permettre de se retrouver dans les aventures de mon héroïne Solange. Comme tout roman, la part réelle est largement enrobée d’une part romancée, voire imaginaire. Dans cet imaginaire, j’ai voulu faire ressortir les comportements amoureux, dans diverses situations, pouvant exister entre individus dont la soif d’assouvir leur destinée cadence leur quotidien. Bien sûr, le fait de se mettre à la place d’une femme dans la part imaginaire permet d’ajouter à la personnalité de Solange déjà bien affirmée, des artifices complémentaires révélant progressivement, au rythme des mots, des lignes et des pages, les limites psychologiques qu’une femme peut franchir par amour ou pour quérir l’amour au travers d’un regard d’homme avisé par la vie.
L’accomplissement et les prétentions de la femme sont-ils si différents de celui de l’homme ? C’est la question fondamentale qui se pose au fil de la lecture.

- Même principe.
Solange est plus jeune que vous :
C’est une façon de se sentir plus jeune et de ne pas vouloir vieillir
ou
c’est une façon de sentir comme un père pour une fille ?

Lorsqu’elle quitte sa Bretagne natale, Solange est très jeune, et comme toute provinciale de cette époque d’après guerre, son objectif est de trouver un travail à la capitale pour y découvrir la vie, suivre son destin, et fuir ainsi une région trop monotone à son goût. Dans cette aventure, je ne suis pas maître du destin de Solange, je décris tout simplement une vie, sa vie, telle que je l’ai connue et selon les souvenirs dont je dispose à son sujet. Loin d’être son père ni d’avoir la peur de vieillir, j’ai voulu décrire aux yeux d’un large lectorat, le chemin d’une jeune femme aux ambitions affirmées.

Quel est le portrait de Solange ?

Loin d’être une femme oppressée, Solange croque la vie avec la soif du condamné. Femme moderne, elle se démarque des autres par ses envies d’aventure et son indépendance hors du commun. Elle s’épanouie dans une époque en pleine transformation. Elle veut vivre sa destinée sans restriction aucune. Au fil des pages, le lecteur pourra savourer la transformation de Solange, une transformation par et pour l’amour.

L’avez-vous déjà rencontrée ?

Solange est et sera toujours dans mes pensées. Elle est une partie inoubliable de ma vie d’adolescent.

Et pensez-vous qu’elle puisse ressembler à vos lectrices ?

Dans chaque femme sommeille une Solange, reste à chacune d’apprécier la vie comme elle l’entend pour réveiller une destinée à satisfaire sans commune mesure.

 

 

- J’ai moi aussi écrit des livres.
Mon inspiration part toujours d’un lieu particulier que je connais bien et qui m’a émerveillé.
Parlez nous des lieux de Solange ?
De la Bretagne à Paris, quel est le lieu qui l’a le plus émerveillé ?
Et pourquoi ?

Paris et ses lieux insolites ont toujours attirés Solange, que ce soient Montmartre, le Marais, la place de Vosges, le quartier de Daumesnil et le bois de Vincennes, mais aussi la découverte des monstres du cinéma, tels que le Gaumont-Palace, le Lux Bastille et la façon de mettre en œuvre les pellicules sur les « Cinémecanica », le tout mis en valeur sur un fond d’images cinématographiques, comme c’était apprécié à l’époque. Outre la vie parisienne, l’Auvergne et l’art roman, la mesure divine, les voyages en Bavière, les châteaux de Louis II sur teinte de musique wagnérienne, le Maroc et ses villes impériales, le maréchal Lyautey, le sud de l’Europe, l’Adriatique ensoleillée, les côtés historiques de l’invasion arabe par le détroit de Djebel el Tarik l’on également émerveillée plus particulièrement. C’est une femme moderne, curieuse, elle a soif de connaissance et d’aventures.

- Dans votre roman, on vous sent plutôt anticlérical, mais si Dieu n’existe pas, alors le démon non plus. Quelle signification accordez-vous au mot DEMON ?

Là, je laisse au lecteur le choix d’exprimer son avis sur le sens du mot démon, tout en sachant que chacun possède des démons parfois inavouables aux yeux de certains. Cela dépend bien sûr de l’éducation reçue, de sa religion, de sa culture et de son moi.
Faut-il être plus que paraître ?
C’est tout le dilemme du comportement humain au sein de la société et Solange en joue tout au long de son histoire. Solange n’est pas un ange non plus !

Donnez nous trois bonnes raisons pour lire votre roman et l’offrir à son meilleur ami à Noël ?

Evasion, Singularité, Séduction.

Les libraires en danger

- Nous allons consacrer sur le blog des articles aux libraires.
Pensez-vous que libraire soit l’une des plus belle profession qui soit ?

Un libraire est capable d’apprécier un livre tant par sa teneur que par son aspect. Son habileté intellectuelle lui permet d’évaluer un livre dans les moindres détails. Il peut en un clin d’œil juger de la qualité d’un roman avec un regard avisé. Il possède le recul et l’expérience nécessaire pour exprimer une critique pertinente sur tout ouvrage et par conséquent, il fait partie d’un corps de métier incontournable pour renseigner un lectorat aussi bien novice qu’érudit. Il peut être un livre, un dictionnaire, tout en un, tout en lui-même. Malheureusement, ce libraire tel que l’on pourrait l’imaginer n’est pas toujours celui que l’on croit car il est peut disponible, car avant de répondre au client lambda ou à un auteur désireux de faire la promotion de son ouvrage, il doit répondre aux quotas, aux charges, aux retours des invendus, aux personnels etc… et cela est insupportable parfois pour ceux qui veulent l’approcher. Aussi il faut différencier le libraire indépendant, celui de la grande famille des librairies indépendantes qui peuvent néanmoins faire la promotion des livres dans leurs vitrines par de courts résumés, critiques et opinions diverses avec ceux des grandes enseignes comme la FNAC, AMAZON et autres VPCistes qui sont bien évidemment incapables de bien conseiller telle ou telle lecture à un client.

Et croyez-vous que le numérique va tuer cette profession ?

Le numérique vise une certaine génération de lecteurs. Mais l’un n’empêche pas l’autre. Si l’un vise un lectorat tranquille, serein, celui qui prend le temps de connaître, de s’imprégner, de savourer, de déguster une histoire, une vie ; l’autre expérimente la technologie d’un geste furtif, d’un doigt, d’un œil avec l’autre collé sur l’icône du mail incrusté sur le fond de l’écran de la tablette, toujours prêt à facebooker sur le réseau et par conséquent, un tel lecteur n’est pas complètement plongé dans le roman, il ne peut que le survoler. Ce qui revient à dire que ces lecteurs lisent un roman comme s’ils regardent un magazine.

L’inconditionnel de l’ouvrage papier se tournera rarement vers l’écran insipide des tablettes. Le roman dans toute sa splendeur, la première page de couverture et la quatrième que l’on peut retourner sur le présentoir afin d’en apprécier le contenu rapidement. L’odeur de l’encre, le crissement de la page que l’on tourne et retourne d’un sens vers l’autre, les traces d’un déjà lu, le sentiment de rejoindre une personne aimée ayant précédemment explorée l’ouvrage, l’évasion au travers des astérisques numérotées et tant d’autres aspects appréciables pour l’érudit. Tout cela est le monde du livre, un objet ancien, celui que l’on range sur l’étagère de la bibliothèque, dans l’axe du regard, juste à côté de celui de nos parents, celui qui trône par son originalité et qui diffère par sa différence, l’interdit, l’unique, celui que l’on a possédé enfin après de nombreuses recherches. Celui qui n’est pas corné avec son marque-page original. Tout ceci reflète les qualités requises d’un bon ouvrage, d’une bonne édition, d’un auteur connu ou précoce et tous ces sentiments, ces sensations ne se retrouvent pas dans le livre numérique. Qui ressemble plus à un « camembert » pasteurisé plutôt qu’à un produit au bon lait cru que recherche les connaisseurs de la vraie vie. Alors, bien sûr, le danger que représente la facilité, la rapidité, face aux rendements de la technologie peut tuer les petits commerces et effacer de la mémoire des gens, le plaisir de savourer le moment présent, un moment unique de détente loin de la technologie accaparante et aliénante, le retour aux sources, aux racines. Le repos du guerrier… En conclusion, tout comme les grandes surfaces qui ont tué les petits commerçants, je pense que le numérique va tuer les petits libraires, car la génération constituant nos chères petites têtes brunes et blondes et les autres, déjà imprégnée de technologie numérique dès la naissance, se tournera bien évidemment vers les nouveautés. Elle veut rester dans la course et faire toujours partie de la faune, « the utmost », celle de l’innovation, celle de dire moi aussi je l’ai et d’être reconnue ainsi comme étant un précurseur face à la société qui l’entoure.

Francis Gébère

Petit portrait chinois

Francis, si vous étiez un personnage de roman, vous seriez… Alexis (La gloire de l’empire).

Si vous étiez un personnage de la Bible, vous seriez… Noé.

Si vous étiez une femme (réelle et pas imaginaire), vous seriez… Barbarella.

Si vous étiez un mot, vous seriez… Opportun.

Si vous étiez un métier, vous seriez… Inventeur.

Si vous étiez un titre à la une d’un journal, vous seriez… F.Gébère ne manque pas d’air !

Vous pouvez vous procurer le roman « Le démon de Solange » – Les éditions Bénévent – sur le site de Francis Gébère : www.fgebere.com 

Et suivre l’actualité du Démon de Solange sur facebook.

 

Propos recueillis par Denis Gentile