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L’étonnement est le début de la philosophie, du blog et de la philosophie de More Than Words !

Sur les réseaux sociaux, critique bien ordonnée commence par soi-même !

Il était une fois un jeune blogueur… de bonne humeur.

Community Manager aussi à ses heures perdues journalières car son terrain d’action, c’est justement le web. Il serait plus précis de dire la blogosphère et les réseaux sociaux. Il y trouve de la lecture, des sujets de conversation, l’inspiration pour un nouvel article et surtout d’autres personnes avec qui échanger.

Il y trouve encore des fenêtres pour observer d’autres horizons. Des vues différentes de celles qu’on lui propose sur les écrans télés et les journaux en papier. Et quand un blogueur reproduit le même contenu que ces vieux médias, alors il ferme le rideau et en ouvre un autre, moins répétitif, plus étonnant.

Ce jeune blogueur, certains d’entre vous le connaissent déjà. J’ai publié et co-écrit deux articles avec lui. Il s’appelle Thomas Redworn. Un québécois qui me fait danser à chaque fois qu’il prononce une phrase. Et cette bonne humeur on a forcément envie de la transmettre. Ce matin au téléphone, j’ai lui ai posé la question évidente et banale : « Mais quel est donc ton secret ? »

Heureusement sa réponse a été moins évidente et banale.

« Tu vois Denis, il faut s’entourer de merveilleux et ça commence par l’endroit où tu passes le plus de temps. Cet endroit, c’est mon bureau. C’est là que j’écris. On devrait tous avoir des notions d’architecture d’intérieur. Ecrire, c’est puiser en soi des ressources infinies, des matières premières  que l’on transformera en mots, puis en phrases, puis en histoires. C’est comme fabriquer une chemise avec du coton de qualité (1) ou mettre en bouteille un vin issu d’un bon raisin. Et pour cela tu dois te mettre dans les meilleures dispositions. Il faut le climat idéal pour permettre la culture du coton et la croissance de la vigne. Et pour moi qui écrit, ce climat idéal c’est la décoration de mon bureau. Je ne pourrais pas m’atteler à mes textes si j’étais dans les cloisons d’une entreprise. Etre free-lance, ça change tout. »

« Tu vois Thomas, j’ai fait la même chose. Par exemple, il y a ma bibliothèque. Il y a là tous les livres qui ont provoqué en moi l’étonnement. Tu les connais, je ne vais pas en faire la liste. Mais je peux dire ce qu’il n’y a pas ou presque pas. Ce sont des livres sur mon métier. J’évite de lire des trucs sur le Blogging, le Community Management ou le Storytelling. Ce que je sais sur ces disciplines, je le trouve dans des biographies d’artistes, de philosophes ou de personnalités historiques, je le trouve dans mes romans de jeunesse, je le trouve dans des ouvrages sur l’art. Et je m’interroge quand je les relis en me posant cette question :

« Qu’est-ce qu’il y a dans ce livre qui peut m’aider dans mon métier ? »

C’est la seule façon que je connaisse de développer mon style, un style qui ne ressemble qu’à moi, sans trop répéter ce qui se dit ailleurs et sans devenir le clone d’un gourou. Et ça me freine aussi quand il s’agit de donner des conseils car j’aurais alors la prétention de créer justement le clone de moi-même. Je préfère alors inventer une histoire qui pourra inspirer le lecteur plutôt que de lui donner des directives. Je n’y arrive pas tout le temps. Tu liras parfois quelques conseils dans mes articles. C’est bien d’avoir des travers, ça permet aussi de ne pas toujours aller tout droit. »

 Critiquer, c’est se sentir plus fort que l’autre. Dans l’histoire, il y a des critiques passées à la postérité comme celles qui regardent les oeuvres de Michel-Ange. Ils se sentaient donc plus fort que celui qui est encore considéré 500 ans plus tard comme le plus grand artiste de tous les temps ! Ici, photo d’une photo de Robert Hupka de la Pietà de Michelangelo (à la Basilique Saint-Pierre de Rome) vue de dos. Tournons le dos aux critiques.
Critiquer, c’est se sentir plus fort que l’autre. Dans l’histoire, il y a des critiques passées à la postérité comme celles qui regardent les oeuvres de Michel-Ange. Ils se sentaient donc plus fort que celui qui est encore considéré 500 ans plus tard comme le plus grand artiste de tous les temps ! Ici, photo d’une photo de Robert Hupka de la Pietà de Michelangelo (à la Basilique Saint-Pierre de Rome) vue de dos. Tournons le dos aux critiques.

« Tu vois Denis, je suis comme toi. C’est la raison pour laquelle, j’ai ajouté un élément dans mon intérieur. J’ai mis un miroir sur le mur face à la fenêtre et à mon bureau. Et quand je lève la tête, j’observe une réalité à chaque fois différente. Le soleil ne se reflète pas de la même façon, les branches des eucalyptus ne frémissent plus, un nuage passe, les voitures ont allumé leurs phares et le silence finit par se voir. Puis, au milieu de ces scènes, il y a un visage souvent immergé dans ses pensées. A chaque fois, je le regarde. Ce n’est pas, ou très peu souvent, un regard d’admiration ou de contemplation de soi, mais un regard qui s’interroge et qui répète inlassablement :

« et moi, dans tout ça ? ».

Je peux te dire que ça refroidit immédiatement les véhémences, ça glace les virulences et ça congèle les petites vengeances. Notre image que reflète le miroir n’est pas là pour nous glorifier mais pour nous rendre humble. C’est ça mon secret. La mauvaise humeur s’évapore et la pluie est le signe de ma fragilité. »

« La fragilité est l’élément moteur de la bonne humeur. On ne lit pas ça tous les jours. Même si cela me rappelle une pensée de Pascal quand il écrit que « l’homme est un roseau pensant ». Je l’ai dans ma bibliothèque. Je vais retrouver ce passage. Voilà, écoute bien :

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.

C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de se connaître misérable. Penser fait la grandeur de l’homme. L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant… » (2)

Finalement, ce miroir qui est face à toi, au-dessus de ton écran d’ordinateur, il reflète l’image du roseau pensant, c’est bien ça, non ? »

« Tu as percé le mystère Denis. On peut aller plus loin en envisageant les conséquences. Par exemple, quand je publie un contenu sur les réseaux sociaux, un post, un partage ou un commentaire, je m’impose une règle de bonne conduite : je ne critique pas.

Et tu vois, c’est comme une clef, la clef qui m’ouvre la porte de la bonne humeur. »

« Critiquer (ou pire, juger), c’est exactement ce que je voudrais ne jamais faire quand je publie un contenu sur les réseaux sociaux. C’est pas tous les jours facile. Quand j’ai eu l’idée de créer un groupe sur Facebook (#jeblogue), j’ai voulu faire passer un message : oublions les critiques et remplaçons-les par les encouragements. C’est un groupe de blogueurs et les blogueurs n’ont pas forcément bonne presse, ils sont sous le joug des tireurs d’élite. J’explique ça dans mon article « l’étonnement est le début du blog » dans lequel je compare les blogueurs aux philosophes pré-socratiques. Et la recette fonctionne, j’ai vu des blogueurs prendre confiance, s’affirmer et ne pas s’arrêter aux 4 ou 5  fautes d’orthographe qui vont jalonner leur article. Sous le feu des critiques, ils auraient pu sombrer, mais portés par les encouragements, ils ont pris leur envol.

Tout est une question de regard, tu as raison, soyons plus habiles à repérer les bonnes choses plutôt que de nous efforcer à dénicher les petites bêtes.

Parfois, c’est quand même plus fort que nous, on critique quand même. Il y a alors une règle fondamentale sur laquelle repose notre crédibilité : ne jamais s’exclure de la critique. La caractéristique d’un blogueur est l’emploi de la première personne du singulier, le « je ». Si moi, le blogueur, j’emploie le « je », je ne dois pas passer au « tu », au « il » ou au « vous » quand je critique. Au contraire, je dois appeler à la vigilance en me disant que si c’est arrivé à un autre, ça peut très bien aussi m’arriver. Je ne suis pas plus fort que l’autre, en revanche, je peux être plus faible que lui. »

« Tu m’as vraiment mis de bonne humeur aujourd’hui mon cher Thomas. Bon, je vais ajouter moi aussi un miroir dans mon intérieur. Enfin, parodiant un autre Thomas, Thomas d’Aquin, je conclurai notre discussion par cette expression : « Sur les réseaux sociaux, critique bien ordonnée commence par soi-même ! »

« Ca ferait un bon titre Denis. »

« Merci pour cet encouragement Thomas ! »

Sur une idée originale de Denis GentileDigital Storyteller,
avec la participation de Thomas Redworn

(1) Merci à Abdelhamid Niati pour la référence qui a inspiré cette partie du texte : « De la culture du coton au tissu… »
La qualité de la matière première (le coton pour les chemises, le contenu pour les blogs) est essentiel. Vous pouvez faire une chemise avec du mauvais coton et elle ne durera qu’une saison. Comme l’article d’un journal qui n’est valable que le jour de sa parution. En revanche, l’article d’un blog devrait pouvoir être lu le jour de sa parution et plusieurs saisons après tout en gardant la même fraicheur, la même saveur.

(2) « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant . Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. « 

L’esprit du Simorgh ou la quête d’une société meilleure

L’épopée de Simorgh est à la culture persane ce que la quête de l’absolu est aux grandes religions monothéistes. Mais au-delà de l’absolu,  l’épopée de Simorgh questionne sur nos sociétés. Quel monde voudrions-nous ? Où nous mène la frénésie à l’accumulation des richesses sans limite ? La conservation égoïste du pouvoir à des fins de domination ?

Cette épopée, « La conférence des oiseaux », est un récit invitant à dépasser le cadre de l’égoïsme de nos sociétés pour aller vers une vie bonne. Elle est du grand penseur et poète  perse Farid Al Din Attar (12e siècle) et occupe une place de choix dans la tradition persane en ayant suscité durant des siècles maintes littératures. Dans ce récit, les oiseaux, symboles des âmes humaines à la recherche de Simorgh leur roi, sont incités à renoncer à leurs passions afin d’accéder auprès de lui. Partis nombreux, après plusieurs épreuves et un long périple, il ne reste plus que trente oiseaux qui parviennent au bout. Mais à la vision de Simorgh, ils comprennent qu’ils sont devenus Simorgh. En somme, l’aboutissement de leur quête se trouvait en eux et s’identifiait à leur être profond.

 

Daniel Do – Illustrateur. Plus d’infos dans les notes de l’article (3).

 

Dans de nombreuses cultures à travers le monde – notamment dans les contes et légendes  – les oiseaux apparaissent comme des créatures douées de pouvoirs extraordinaires ; souvent proches des divinités, ils servent de médiateurs entre les hommes et ces entités. Ce sont par exemple l’oiseau Ba ou l’esprit du défunt dans l’ancienne Egypte, le phénix chinois, et bien d’autres oiseaux fabuleux en Afrique. Dans certaines sociétés traditionnelles africaines, il n’existe guère de frontières entre le monde visible et le monde invisible. Etant  des émanations d’esprits humains, certains oiseaux réputés sacrés peuvent franchir ces frontières par le processus de transmigration et renaître, soit dans un corps animal, soit dans un corps végétal ou humain.

La Conférence des Oiseaux

Mais revenons au contexte du Simorgh  l’oiseau roi et de la conférence initiale.  Nombreux sont ceux qui ne veulent sous aucun prétexte abandonner leurs biens et confort pour aller bavarder à cette assemblée sur un hypothétique roi puissant et bienfaiteur mais lointain.  Néanmoins ils s’y rendent, convoqués par leur guide éclairé, la huppe. Cette conférence réunit des milliers d’oiseaux venus de proches et lointaines contrées. On débat sous la houlette de la huppe sur la nécessité d’aller rencontrer le Simorgh. En maître, elle entreprend de les convaincre que ce roi est le dirigeant idéal qu’ils attendent car il incarne l’amour, la probité, la justice et qu’il pourra mieux gouverner la société et unir tous les oiseaux pour leur bonheur.

Alors, chaque oiseau prend la parole :

« Le Rossignol s’avança, le front haut, l’âme ardente, il semblait incendié d’amour. Il chanta. Sa voix était si juste et si parfaitement accordée à son cœur que ses frères oiseaux en restèrent muets. Il dit :

Mes chants ont inspiré les plaintes de la flûte et mes mélancolies les arpèges des luths. J’émeus les roses et les amants. Ma musique sans cesse neuve révèle à qui sait la goûter mille trésors éblouissants … Qui m’entend perd le sens commun, et pour peu qu’il soit venu sobre, il s’en retourne titubant. La rose, sachez-le, est ma compagne. Quand l’hiver la fane et l’effeuille, ma musique s’étiole aussi. Mais le printemps revenu, que son parfum s’offre  à l’air tendre et voilà que je m’ouvre aussi, joyeux, ravivé, confiant… Hélas, la mort la prend encore et le fou d’amour que je suis en perd le goût des voix vivantes. Qui peut entendre mon secret ? Personne au monde, je le crains … J’aime tant que j’oublie ma vie, ma raison, l’usage du monde. Je ne suis qu’un désir vivant … Je ne peux vous accompagner sur le mont Kâf où vit Simorgh. L’amour d’une rose suffit à combler mes jours et mes nuits. Que pourrais-je ailleurs désirer ?  Ô pétales, lèvres rieuses, comment pourrais-je aller sans vous du crépuscule au matin clair ? J’en trépasserais de souci ! »

« La Huppe répondit :

Pauvre de toi ! Tu crois aimer ? Mon ami, tu n’es que séduit. Pour une rose aux belles joues, voilà ton cœur impénitent changé en pelote d’épines. Ton désir captif d’un mirage se perd en chansons désolées. Fleur périssable, amour passant ne sèment que vaine fatigue. Détourne-toi donc de la rose. Crois-tu vraiment qu’elle te sourit parmi les brises du printemps ? Elle ne fait que rire de toi. »

« Le Perroquet à la bouche de miel, superbe, s’avança :

…Un désir impatient me tient. Je veux boire l’eau de Jouvence que garde le Génie. Je veux goûter à l’eau parfaite. Une seule goutte suffirait à combler ma vie. La quête du Simorgh seule ne peut combler mon désir. »

« La Huppe :

Ô frère infortuné, celui qui ne sait pas faire le don de sa vie n’est pas un vrai vivant … Que désires-tu ? Accumuler les ans ? Les entasser sans fin dans ta coquille creuse ? Ce serait là survivre sans honneur. »

 Le Paon s’installa :

« … On m’a chassé du paradis sous prétexte que le serpent était mon voisin estimé. Mais j’ai l’espoir de quitter bientôt le séjour ici-bas où je meurs d’ennui et retrouver mon Eden. Contempler le puissant Simorgh et espérer que son oeil m’effleure, à quoi bon ? Puisque mon désir est de revoir le paradis. »

Et La Huppe de répondre :

« Mon frère, tu t’égares. Il n’est  de logis plus désirable au monde que le creux de sa main … Il est un océan dont le jardin d’Eden n’est qu’une gouttelette. Qui peut jouir de lui peut aussi jouir d’elle … »

Le Faucon s’avança fièrement :

« Le peuple m’est indifférent. La main de mon maître est mon arbre … Seul son poing rassure mes griffes. Je fus strictement élevé, j’ai suivi la règle ascétique et mortifié mes désirs … Le Simorgh ? Qui est-il ? Même en rêve, je ne saurais l’imaginer. Courir à lui ? Vaine entreprise. Permettez que je me contente de ce qui m’est ici donné, mon rang et mon royal perchoir … Mon désir ? M’envoler, chasser pour mon maître … »

La Huppe :

« Tu es captif des apparences, ami ; et par là même aveugle et sourd à l’essentielle vérité. Simorgh est seul amoureux de vous, indulgent, fidèle et attentif. N’est pas digne du nom de maître celui qui n’en fait qu’à sa tête, celui qui, même juste et bon, nourrit son peuple de soucis … »

Un nouvel oiseau prit la parole :

« Huppe, regarde-moi ! Je suis chétif et faible qu’un brin de paille. Je ne parviendrai même pas au bout de la première étape. Il faut, hélas en convenir. Je n’ai pas assez d’envergure pour une pareille épopée. »

 

La Huppe :

« Pauvre triste. Combien de temps ton cœur restera captif des illusions de ce monde ? Parlons-en, de ce monde ! A-t-il un souci pour toi ? Il ne sait même pas qu’on croupit sans espoir dans ses replis puants. Que tu sois mort ou vif, pour lui, c’est tout pareil. Sais-tu ce qu’il est, ce monde ? Un dépotoir. On y grouille comme des vers et l’on y trépasse écrasé sous d’impitoyables angoisses … Ami, sur le chemin de Simorgh nous périssons peut-être, mais au moins, si la mort nous veut, qu’elle nous trouve à le chercher … »

Un autre oiseau se leva:

« Huppe, moi, j’aime l’or. L’amour de l’or est dans mon cœur comme une amande dans sa gangue … Sans or, hélas, je ne peux vivre, je m’étiole et fane sur pied. Que faire ? Je l’aime, il m’enivre, il m’occupe l’âme à plein temps. J’ignore donc ce goût de Simorgh qui vous aimante. »

La Huppe :

«  Ô toi qui t’ébahis devant les mille feux des apparences ; toi dont le cœur ne s’émeut pas aux lumières des vrais matins ; tu es semblable à la fourmi, voyant la nuit, niant le jour, captif des masques du néant ! Laisse les mirages à l’air bleu, goûte enfin la vie du dedans, cherche le sens secret des choses, le dehors n’est rien, que du bruit. L’or ? Tu aimes sa brillance, son éclat, sa fière couleur. Mais ton or ne peut aider personne, ni toi-même, ni ton voisin. Certes, il attire les amis. Pour qui viennent-ils, dis-moi ? Pour lui ? Pour toi ? Comment savoir ? … »(1)

Lorsque la huppe se tait, parmi les oiseaux, nombreux sont ceux qui décident de renoncer à ce qu’ils étaient et acceptent de s’unir et de la suivre dans le long voyage qui les mène jusqu’au royaume de Simorgh.

Le nid du Dasen en Afrique

Très loin de la culture persane, au fin fond de l’Afrique centrale, chez quelques ethnies de la Centrafrique, l’alter ego de la huppe le guide du Simorgh  se retrouve dans leurs contes et légendes. Il a pour nom Dasen chez les Mandja, Togbia li ndéké chez les Sango et Galé chez les Banda. Cet oiseau – une ombrette à huppe – est considéré comme sacré. Il se distingue des autres volatiles par la taille imposante de son nid, par l’intérêt qu’il suscite et l’autorité qu’il exerce sur d’autres oiseaux.

La légende dit que devant la tâche gigantesque que représente l’édification de son nid, Dasen se pose dès le lever du jour sur une branche, crie et bat ses ailes. Aussitôt arrivent qui, des hirondelles, qui des canards, qui des martins pêcheurs, des corbeaux, des cigognes etc. … qui vont chercher de la boue, des brindilles, de la paille, des duvets pour la confection d’un nid royal spacieux, ordonné et décoré. Un jour, de retour chez lui, Dasen trouve devant son nid un fruit rouge inhabituel. Il crie et convoque tous les oiseaux. Réunis en assemblée, ils cherchent à déterminer les causes et les conséquences de cette intrusion dans la demeure de leur chef. La présence de ce fruit rouge pose problème et signifie en tout état de cause une alerte, que l’ordre établi par les ancêtres est remis en cause ; cette alerte peut être comprise comme un avertissement sur la conduite du chef. Et lorsque celui-ci n’incarne plus la pérennité et l’unité de la société, son autorité peut être contestée par ses sujets  et il sera remplacé par l’un d’entre eux.

L’esprit du Simorgh  peut retrouver aujourd’hui sa manifestation dans une société plus juste. Et qu’est-ce qu’une société juste ? « C’est une société fraternelle, unie, pacifiée, une société d’hommes coopérant de tous leurs moyens au bien commun. »(2)

Jean-Charles Yambélé

Retrouvez Jean-Charles et ses activités sur le site de Conseil Côte d’Azur 

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  1. Extraits de dialogue des oiseaux tirés de La conférence des oiseaux de Farid Al Din Attar. Adaptation de Henri Gougaud, Seuil, 2002
  2. Jacques et Raïssa Maritain, Œuvres complètes, 1990

Un grand merci à Daniel Do pour son illustration, tous droits réservés (cliquez sur l’image pour l’afficher en grand format).

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Extrait : « Que représente pur toi ce dessin Daniel ? »
« D’habitude j’aime laisser la libre interprétation de chacun concernant mes illustrations. C’est avec amusement et plaisir que je vais répondre à ta question… »

Consultez le site de Identimagehttp://www.identimage.fr/
« Illustrer vos idées, votre fantaisie ou votre projet ? Vous êtes musicien et souhaitez marquer votre art par un visuel percutant ? Vous souhaitez mettre en image un ouvrage ? Passionné d’illustration et de graphisme depuis le plus jeune âge, je suis capable de traduire un souhait en dessin. Mon style est particulier et percutant. Je peux vous inviter dans mon univers ou bien correspondre au vôtre. »

La photographie comme possibilité d’une ouverture poétique…

Delphine Sauret expose jusqu’au 31 mai ses photographies au restaurant « L’Air du Temps », Quartier des Beaux Arts, 55 bis rue de la Cavalerie à Montpellier. Nom de l’expo : HOMOGRAPHICUS ! Cécile Courtais nous parle de son amie. Première rencontre avec une artiste dont nous reparlerons sur ce blog.

J’ai toujours collaboré avec un(e) graphiste quand j’étais dans la vente à distance. On forme un « team ». On travaille toujours ensemble. Après plus de 10 ans dans ma dernière société, on n’avait même plus besoin de se parler Corinne et moi. On se comprenait d’un simple regard. Cette complicité, ce sentiment d’être sur la même longueur d’ondes, je l’ai enfin retrouvé ici à Montpellier avec Delphine Sauret. Et ça commençait à me manquer !

Mais Delphine a plus d’une corde à son arc… Elle est aussi photographe. Passionnée par l’image depuis son plus jeune âge, elle a commencé son aventure photographique en 1996 à l’association PH neutre où elle a suivi des cours particuliers de photographie avec la photographe Colette Gourvitch (http://www.penser-la-photographie.com/) pendant 3 ans. Pour Delphine, la photographie est une condition sine qua non de sa personnalité. Il y a quelque temps, je lui ai proposé d’illustrer ces photographies par un texte et… une musique. Depuis, elle me laisse choisir une image et je raconte une histoire, nous avons déjà écris plus de 10 pages à notre livre d’images… J’attends toujours sa réaction dans la crainte d’avoir trahi sa pensée mais on se rejoint naturellement.

« La photographie : une condition sine qua non de ma personnalité »

Jeudi 26 avril 2012, Delphine nous a conviés au vernissage de sa série Homographicus et je suis ravie d’avoir pu découvrir ses photos « en vrai » autrement que sur un écran d’ordinateur. Elles prennent une nouvelle dimension. Mais je vais maintenant lui laisser la parole, voici comment elle présente sa démarche pour cette série « Homographicus »: « Je qualifie mon acte photographique de déformation professionnelle due à mon métier de graphiste toujours à l’affût des lignes, angles, couleurs, et de l’équilibre. Par cette captation des formes et de la chromie, je place l’art au cœur de la société. »

« Dans cette série j’avais envie de couleurs ! Je voulais exprimer la possibilité de vaincre une certaine morosité sociale et économique ambiante. Trouver de la poésie dans un monde qui se bétonne, se cloisonne, s’individualise. Je suis de plus en plus obnubilée par cette idée de trouver une possibilité d’ouverture, d’échappatoire, d’exutoire. Essayer de montrer que le monde peut être beau si on décide de placer son regard sous cet angle là. Je crois qu’un des rôles de l’artiste se place ici précisément. Et puis, je ne peux m’empêcher de tout cadrer, tout organiser picturalement ! J’ai une vraie déformation professionnelle et artistique à ce niveau là ! Je trouve que tout présente un intérêt pictural, je ne peux m’empêcher de penser à mes peintres favoris qui me hantent, à mes poètes qui m’habitent…C’est un peu ma façon à moi de leur rendre hommage et de faire ressortir tout ce qui m’anime, me touche et me fait me sentir en vie.

Sans oublier ce message que nous ne devons jamais perdre de vue : « All we need is love ». Et l’amour est partout pour celui qui ouvre son cœur ! Et la vision, le regard viennent toujours du cœur ! »


Pour une des pages de notre livre d’images, j’avais écris : « Dis-moi Delphine, que vois-tu dans ce miroir ? Qu’est-ce-que tu regardes, qu’est-ce-que tu photographies ? Est-ce seulement ton reflet ? Cette image de toi qui capte un moment éphémère ? Est-ce que tu vois autre chose au delà du miroir ? Est-ce que ce ne serait pas ta vision du monde que tu essaies d’éterniser ? D’ailleurs, comment c’est l’univers à travers tes yeux ? Tu vois des choses que nous ne faisons qu’apercevoir, allez, l’espace d’un instant, prends-nous par la main et fais nous traverser le miroir… Apprends-nous à regarder le monde avec un nouveau regard. ».

En savoir plus : http://www.photographe-34.fr/http:/www.photographe-34.fr/de-lart-nouveau-a-nouvel-2419 - "Je suis fascinée par ce bâtiment qui change de réalité selon la lumière du jour !"

Je vous laisse découvrir 4 des photographies de Delphine. Prenez le temps d’admirer chaque image, laissez-vous captiver par cet univers sur lequel elle a posé son regard, laissez-vous envahir par sa vision du monde, laissez s’exprimer votre coeur…

Cécile Courtais

Prochaine exposition UtopiANTE à Aubais été 2012, www.utopiante.fr
Pour découvrir les différentes séries photos de Delphine : www.photographe-34.fr/
Et sa réflexion artistique sur le thème « Where Is The Issue ? » : www.delphine-sauret.com/witi

 

« Ponctuation : Un chemin de Vie », la conférence de Driss Alaoui Mdaghri au Tedx de Nice

En exclusivité sur More Than Words, l’intégralité du texte de la conférence de l’ancien Ministre Driss Alaoui Mdaghri : « Ponctuation : Un chemin de Vie ».  La conférence de la personnalité qui a marqué le TEDx de Nice. Un auteur d’exception sur notre blog. Un réfugié poétique.

Perplexité 

Au commencement de tout, à la base de tout savoir, la perplexité face aux énigmes du monde. C’est en Méditerranée que s’est déployé dans toute son étendue le questionnement incessant auquel conduit une telle perplexité et qu’ont été de longue date apportées, toujours provisoires parce que continuellement en construction, les réponses les plus stimulantes et les plus universelles.

Ce mot, bref et forcément lapidaire, vise à partager quelques éléments d’expérience tirées du chemin de vie qui m’a amené à faire le parcours que j’ai fait et là où je suis, c’est- à dire là où je me déclare volontiers « réfugié poétique ». Parler de soi n’a d’intérêt que dans la mesure où cela nous éclaire à travers le singulier d’une vie, sur ce qu’il y a d’universel dans toute vie.

La distance, voire une certaine ironie par rapport aux choses, le plaisir de faire des choses simples, le partage et la rencontre avec les autres – indépendamment de leur origine, de leur race ou de leur religion – le sentiment que les choses ont un sens parce que fondées sur des valeurs universelles – sans renoncement à notre identité locale et à notre identité personnelle, la création et le rêve, c’est cela qui constitue mon chemin de vie. Ce chemin a été ponctué par la diversité des expériences, l’intensité du vécu, la fécondité des rencontres et des échanges qui ont représenté, chaque fois, une opportunité exceptionnelle pour aller de l’avant, créer du lien et approfondir la connaissance de  moi – même et des autres.

Je veux, ici, parodier Borges en disant « Toi, qui écoute, es – tu sûr de comprendre ma langue ? ». A quoi, je suis tenté d’ajouter « Toi qui parle es-tu sûr de comprendre ta propre langue ? ».

Au commencement, un « ? »

Dieu peut commencer par une injonction (que la lumière soit) mais nous autres pauvres humains, nous trouvons d’emblée face à des questions auxquelles il n’y a pas de réponse évidente.

Je crois que c’est peut être d’avoir eu constamment chevillé au corps ce questionnement permanent face aux choses de la vie que j’ai fait le parcours que j’ai fait.

Cette interrogation, présentée sous deux aspects :

Pourquoi les choses sont-elles comme elles sont ?

Que faire ?

Un exemple pour illustrer cela :

Les interrogations ont commencé à m’assaillir dès ma plus tendre enfance. Je ne vous raconterai pas la scène avec trois petites filles qui me mettaient face à la question épineuse de les départager à propos de leur anatomie dans la rue de la médina de Fès où je suis né, vous lirez cela dans un essai autobiographique, à paraitre.

En 1971 (à 27 ans), plein de jeunesse et d’ambition,  je me trouve  à Skhirat. Tentative de coup d’état contre le Roi Hassan II qui se termine dans un bain de sang, je m’étais enfui par la plage et j’ai encore le bruit des balles qui sifflent dans mes oreilles.

Question : quelques mois après, est-ce que le pays n’a pas fait complètement fausse route. Est-ce sa gouvernance qui a conduit  à cette situation ou des mouvements de fond extérieurs qui sont à l’œuvre et qui se conjuguent avec des problèmes gigantesques politiques et sociaux à l’intérieur qui expliquent cela ?

Que faire ?

Comme l’Algérie voisine passait pour la Mecque du Tiers Monde, je me suis mis en tête d’aller voir cette expérience de près. Peut-être que le modèle algérien était la bonne réponse.

Je n’ai pas mis longtemps  à m’apercevoir que les militaires + le parti unique + la bureaucratie + la gestion socialiste des entreprises, ce n’était pas vraiment la bonne méthode.

Aujourd’hui d’autres interrogations, tout aussi cruciales, au vu de ce qui se passe dans notre région, dans nos pays où les sociétés sont en pleine ébulition face à des systèmes politiques qui se décomposent plus ou moins brutalement sous nos yeux. Comprendre ? Que faire ?

Oui, l’interrogation mais tout aussi important, la surprise, l’étonnement…

 Surprise 

La surprise, oui ! Il est fondamental de garder une certaine naïveté face au monde, naïveté qui favorise la surprise. Il n’y a rien de pire que d’être blasé.

Il est probable que cette naïveté que je revendique m’a aidé à garder l’esprit ouvert à l’étonnement, y compris quand tout paraît évident.

C’est peut être le comportement rendu célèbre par les mythes fondateurs du management japonais, notamment les rapports d’étonnement à la suite de visites de pays étrangers, que j’ai intégré dans mon propre propre.

Cette attitude favorise le regard attentif et la réflexion approfondie. Elle permet de ne pas se laisser obnubiler par les apparences et de voir le réel sous différentes perspectives.

Cet étonnement a favorisé la recherche de l’information  et donc de la lecture (à l’époque,  il  n’y avait pas Internet). Je lisais tout ce qui me tombait sous la main.

Ce goût pour la lecture a profondément conditionné mes rapports avec mon entourage familial et mon implication, plus tard, dans des activités de documentation et de communication. En fondant avec quelques amis l’Association Marocaine d’Intelligence Economique dans les années 2000, j’étais dans la continuité de cette démarche.

Face à n’importe quelle personne, n’importe quel paysage, il faut avoir à l’esprit que c’est un monde entier qui s’ouvre à nous et qu’un grain de poussière  contient tout l’univers.

 Point et contrepoint 

Le point semble indiquer la fin de quelque chose. Il est, en effet important de savoir en finir avec certaines choses, tourner la page et regarder ailleurs. Et c’est pour cela qu’il est nécessaire chaque fois d’invoquer le contrepoint qui permet un éclairage autre, qui permet de trouver des solutions inattendues et d’explorer des territoires en friche.  C’est aussi un certain esprit de contradiction qui conduit à regarder à tribord quand tout le monde regarde à bâbord.

Les exemples concrets puisés dans mon vécu professionnel et personnel abondent.

N’ayant pas le temps de développer, je ne peux être qu’allusif et fatalement incomplet : la crise de l’électricité, le gazoduc Maghreb Europe et la 2ème chaine de télévision marocaine représentent trois cas symptomatiques qui ont,  pour le premier, favorisé le lancement de la production indépendante d’électricité au Maroc, pour le second, la réalisation du gazoduc Maghreb Europe dans un environnement complètement sceptique et le redressement d’une chaine de télévision et son passage au clair dans un contexte délicat, pour le troisième.

Quelques mots du gazoduc Maghreb Europe puisque une des constantes de mon action a été liée à la construction du Maghreb et à la coopération euro-méditerranéenne.

Peu de gens, y compris, des responsables de premier plan, croyaient à sa faisabilité alors qu’il impliquait trois pays entre lesquels les relations étaient plus ou moins tumultueuses, en l’occurrence l’Algérie, l’Espagne et le Maroc. Je vous passe les détails mais j’ai encore en souvenir les conférences de presse à Alger, Madrid et Rabat, où nombre des journalistes s’interrogeaient sur la faisabilité du projet au début des années 90 au regard du contexte géopolitique.  Comme Dominique Strauss Kahn  est déjà en mauvaise posture, je ne vais pas l’accabler en faisant état d’une lettre qu’il m’avait envoyée dans laquelle il exprimait sous forme de circonlocutions diplomatiques son scepticisme.

Aujourd’hui, ce projet d’un milliard de dollars tourne à plein régime à la satisfaction des pays partenaires et montre la voie d’une coopération euro-méditerranéenne réussie dans un domaine d’importance.

 Parenthèse 

Dans la vie professionnelle comme dans la vie personnelle, nous faisons des choses qui nous dévient de la route  empruntée et qui nous amènent sur des chemins de traverse.

Ce sont autant d’occasions de progresser dans la connaissance de soi et des autres, ainsi que dans l’accomplissement de notre destin. Ces parenthèses peuvent être heureuses ou malheureuses, c’est-à-dire procurant des plaisirs ou infligeant des souffrances. Sans elles, la vie serait un long fleuve tranquille, sans aspérité, sans relief et sans saveur.

Là encore un exemple : celui de circonstances familiales, que je peux qualifier de particulièrement douloureuses, à un moment où j’étais complètement absorbé par mon travail à la fin des années 70. J’étais alors directeur de l’ISCAE (premier établissement de formation en gestion du Maroc), ma carrière décollait en flèche et mon ambition d’entreprendre et de réussir était grande.

Le drame vécu m’a obligé à scruter au plus profond de moi-même ce qui faisait sens et à revoir la façon dont je conduisais ma vie. Vous comprendrez que la pudeur m’empêche d’en dire plus, mais croyez moi, j’ai fait en sorte que cette parenthèse, longue au demeurant, ne m’empêche pas de continuer mon chemin de vie, avec  moins d’arrogance et plus de recul.

Bien des années plus tard, une amie disparue trop tôt, Mary Weed, vivra quelque chose du même ordre qui lui fera écrire un petit livre « Work/ life Harmony », qui fonctionne comme le ying et le yang des chinois et d’écrire sur son lit d’hôpital une belle pièce de théâtre « Les amazones du crabe » qui parle du cancer et qui est un hymne à la vie. J’ai eu la joie de jouer avec quelques amis de différentes cultures cette pièce de théâtre, à Casablanca,  à Genève, à Cergy et dans d’autres lieux.

   Référence 

Les guillemets pour les références, les citations, les emprunts et les leçons que nous apprenons des autres.

Quand on me dit par exemple encore « Monsieur le ministre », si parfois cela flatte mon égo, la plupart du temps, cela me fait rire intérieurement parce qu’on ne tient jamais autant à cette appellation que quand on a cessé de l’être. La sagesse consiste à mettre cela entre guillemets.

J’ai appris une chose en effet, de mon long séjour – 10 ans en compagnie des princes qui nous gouvernent -, qui est de veiller à sculpter sa vie en veillant à être quelqu’un avant, quelqu’un pendant et quelqu’un après, c’est-à-dire à être quelqu’un qui a une vie juste.

Cela, je l’ai appris en observant la vie, le comportement de mes semblables et, pour cette tranche de mon vécu, maints hommes d’état qui ont su réaliser de belles choses, voire une œuvre grandiose, tout en gardant la tête froide.

Et puisque les guillemets annoncent des citations, gardons celle-ci de Montesquieu : « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument », et cette autre de Baltasar Gracian : « A quoi sert le savoir, s’il ne se met pas en pratique ? Savoir vivre est aujourd’hui le vrai savoir ».

 

 

 

 Retour aux étoiles 

Enfin, la création, l’esprit d’entreprise, la poésie, l’art…

Nous venons probablement des étoiles. Nous sommes les enfants des étoiles et nous retournerons aux étoiles.

C’est peut être pour cela que nous rêvons, que nous créons. Chacune de nos créations participe à la création de la vie.

Dans mon évolution, cela a toujours été présent. Cela ne l’a jamais été autant que ces dernières années.

Deux exemples :

La croisière Maghreb Europe pour la création de l’entreprise a consisté à embarquer 500 jeunes maghrébins et méditerranéens en les encadrant pour la création de leur propre entreprise.

La création de l’ensemble poético-musical Damana, fondé sur le dialogue créatif des cultures, à partir du « Livre des Secrets Perdus » qui traite du chemin de la liberté et qui nous a amené à faire des représentations à Dakar, à Washington, à Casablanca, à Rabat et à Milan.

Driss avec Damana

Pour clore en poésie, voici l’un des poèmes que l’on retrouve dans le spectacle de Damana :

Caravane

Regarde, au loin, regarde,

Les riches caravanes gorgées d’épices et de trésors,

Les amples abayas blanches

Et les chamelles d’une délicate nonchalance.

Le geste hiératique et souverain d’un prince des dunes

Marque l’arrêt

Tandis que s’assombrit le ciel

Et que se déploie, étincelante,

La sarabande des étoiles qui s’allument tour à tour

Jusqu’à couvrir le désert

D’un manteau immaculé de lumière.

Le pas rapide des femmes qui se déhanchent se fait mol.

Je rêve et je m’en vais;

Là-bas je m’en vais;

Suivre

Les riches caravanes gorgées d’épices et des trésors;

Les amples abayas blanches

Et les chamelles d’une délicate nonchalance.

انظر، بعيدا، أنظر

القوافل الغنية الممتلئة بالتوابل و الكنوز

العباءات البيضاء الفضفاضة

و النوق  ذات الفطرة الحساسة


Look into the distance, look

The rich caravans laden with spices and

Treasures

The ample white abayas

And the delicate nonchalance

Of the she-camels

 


Osserva nella distanza Osserva

Guarda il sovrano e ieratico principe delle dune

Annunciare i segni dell’arresto

Mentre il rapido ondeggiare delle donne rallenta

Il cielo se fa buio

E le stelle si spargono

In una splendente sarabanda

una dopo l’altra

Sino a quando il mantello immacolato di luce

Copre il deserto

Osserva nella distanza Osserva

 

Driss Alaoui Mdaghri

Un grand merci à Driss de m’avoir autorisé à publier ce texte, dans l’attente d’une interview et d’un dialogue plus approfondi.

A lire aussi sur le TEDx de Nice :

Les rencontres, les mots étonnants et les secrets perdus du TEDx de Nice. Vous y retrouverez Driss et les phrases en ‘live’ qui sont venues enrichir sa conférence comme « Quand on perd la capacité de s’étonner sur les choses les plus simples, alors on perd la capacité à découvrir ! »

Simon Crann parle de l’ouverture du premier The Hub en France à Nice : « Un projet pour tous et pour être vraiment heureux ! »  C’est l’autre fait majeur de ce TEDx avec l’annonce du projet pour l’ouverture du premier HUB en France.

La civilisation numérique est l’avenir de la nature humaine ! C’est ma contribution à ce TEDx. En quelque sorte ce que j’ai appris en écoutant les intervenants de ce TEDx.

Simon Crann parle de l’ouverture du premier The Hub en France à Nice : « Un projet pour tous et pour être vraiment heureux ! »

Les premiers seront les derniers ! La France attend encore l’ouverture de son premier HUB, un lieu convivial et de partage qui existe partout dans le monde ou presque ! 25 à 0, on dirait le score d’un match de rugby ! Mais la France marquera bientôt son premier point. C’est Simon Crann (1) qui nous l’a annoncé lors du TEDx de Nice. Interview.

Il n’y a pas que Montpellier sur le web ! D’autres villes sont prêtes à relever le défi pour égaler, voire dépasser, le dynamisme de nos amis du Languedoc. Au premier rang, on trouve Nice qui vient d’organiser le premier TEDx de la Côte d’Azur. Et ce n’est pas fini. Lors de ce même TEDx, on a appris que le premier «THE HUB» en France devrait ouvrir ses portes à… Nice ! (lire aussi notre article : The Hub, quand le design s’inspire du web !) Cet ambitieux projet a été présenté par Simon Crann avec une ironie à la fois anglaise et socratique.

Personne n’est mieux placé que Simon pour vous expliquer The Hub. Car pour comprendre le sens d’un projet, le récit d’une vie vaut souvent tous les discours du monde.

Il a bien voulu répondre à nos questions. C’est l’occasion de revivre ou de découvrir l’une des conférences qui a marqué ce TEDx.

– Bonjour Simon, j’ai suivi avec intérêt le récit de ton enfance samedi lors de ta conférence. J’avais commencé à écrire un article sur les différences qui provoquent l’injustice ! (La civilisation numérique est l’avenir de la nature humaine !)

Pourrais-tu, comme tu l’as fait dans la conférence, reprendre ton récit et me raconter ton arrivée en France et ton expérience à l’école ? Sur quelles différences se focalisaient les autres enfants ? Et comment cette situation, ces injustices se sont finalement transformées en revanche ou en tremplin dans tes projets et ta vie professionnelle ? Dans le monde vinicole, dans le bénévolat et aujourd’hui pour The Hub.

Simon Crann au TEDx, Nice

– Salut Denis, je ne vais pas m’attarder trop longtemps sur mon propre sujet. Nous avons chacun un passé et d’autres sont bien plus passionnants que le mien !

Cela dit, il me semblait important de donner un aperçu de qui je suis et d’où je viens pour mieux expliquer aux interlocuteurs mes motivations d’aujourd’hui.

Très rapidement, donc, je suis né en Angleterre. A l’âge de dix ans, mes parents, qui connaissaient des difficultés au sein de leur couple, on décidait de renoncer à leur vie plutôt matérialiste et se consacrer à leur mariage. Ils ont compris qu’il leur fallait un nouveau départ et ont quitté l’Angleterre pour le sud de la France – une région qu’on connaissait déjà bien puisqu’on y passait souvent nos vacances d’été. En lisant déjà entre les lignes, vous voyez déjà dans quel contexte j’ai pu grandir – rempli d’amour, de respect et de courage ! En revanche, pour un enfant de dix ans, ce n’est pas forcément comme ça qu’on voit les choses. J’ai dû laisser derrière moi mes deux grands frères qui partaient à l’université, mon grand-père, mes amis, et finalement (même si ça n’a vraiment plus d’importance aujourd’hui) mon pays natal. La plus grande tragédie dans tout ça, c’est que j’ai du laissé ma copine ! Vous imaginez ? A dix ans ? C’était vraiment la fin du monde !

Ouverture d’esprit

Plus sérieusement, c’était la première fois que je goutais réellement à l’injustice. Je n’avais aucun contrôle, aucun choix. C’était un moment douloureux pour nous tous.

Arrivé en France, j’ai commencé l’école et les premiers mois ont été difficiles – c’est tout à fait logique ! Nouvelle école, nouvelle langue !

Des enfants me charriaient et je ne comprenais rien, ni pourquoi. Cependant, ce qui m’arrivait était négligeable par rapport à ce qui arrivait à certains autres enfants à cause de leur couleur de peau, leur accent, leur taille, leurs habits… J’ai rapidement compris : quand on est différent, on devient vite une cible !

Ces premières expériences m’ont ouvert aux injustices dans le monde.

Je tiens quand même à souligner que je n’ai, en aucun cas, vécu une enfance malheureuse. Bien au contraire, je me sens très chanceux. J’ai une vision positive et ouverte de la vie, je suis très proche de ma famille, nous n’avons aucun tabou, et en plus de ça, j’ai la chance d’être bilingue ! Les langues, comme la musique, l’art et le sport, aident à faire tomber les murs et les obstacles que nous créons systématiquement.

J’ai toujours eu tendance à défendre l‘indéfendable – et je précise, quand je dis « l’indéfendable », c’est dans le contexte d’une discussion où la majorité des personnes ont des préjugés sur quelqu’un, un groupe de personnes, une chose, un fait, sans que ce dernier (ou cette dernière) ne soit présent(e) pour répondre ou que l’on ne lui donne pas la parole. A quoi cela sert de revendiquer une hypothèse sans l’ouvrir à une confrontation verbale et intelligente ?

La créativité s’épanouit dans l’ouverture de l’esprit et non dans la dictature des pensées bornées. Vous allez sûrement me demander pourquoi je suis comme ça, mais je vous devance… Je n’en sais rien ! Ma meilleure explication est que c’est tout simplement « ancré » en moi.

Bref !

Après l’université, j’ai fait comme la société me l’a demandé, j’ai débuté une carrière en tant que directeur adjoint d’entreprise – plus précisément, d’une exploitation vinicole. Vous imaginez bien, à longueur de journée entre vignes et oliviers à partager le savoir-faire avec les clients et leur faire déguster nos bons vins, c’était une période très difficile ! (Ndlr : English humor)

Non, sérieusement, le travail de rêve, je ne vous le cache pas ! Et pendant quelques temps, je l’ai vraiment senti comme ça. Cependant, peu à peu, je sentais que je passais à côté de quelque chose. Qu’il existait toujours ces injustices dans le monde, même ici dans la région, des besoins pas ou peu couverts par la société, et que toute cette énergie que je consacrais à cette entreprise n’y répondait pas.

J’étais devenu malheureux.

Au service des autres

Alors j’ai décidé de changer de carrière en commençant par plonger dans le milieu du bénévolat.

Plusieurs initiatives m’ont rapidement interpellé. Tout d’abord, France Cancer 06, une initiative locale qui collecte les bouchons de liège, les revend à cette même industrie (qui par la suite, les recycle en isolation, en tableaux en liège…) et qui reverse la totalité des gains aux laboratoires de recherche contre le cancer sur Nice.

Ensuite The World Peace Festival/World Peace Partnership, une initiative internationale qui cherche à centrer les initiatives de paix dans le monde en un seul point de diffusion afin de mieux les répertorier et mieux guider les volontaires vers les initiatives qui existent autour d’eux (géographiquement).

Et plus récemment, Eco Crew, une initiative qui récupère toutes les affaires de l’industrie des super yachts (des affaires dont ils n’ont plus l’utilité mais qui sont, en règle général en très bon état) afin de les redistribuer aux communautés qui en ont le plus besoin.

The Hub, Milano

En travaillant dans ce milieu où les projets ont un réel sens humain, j’ai découvert une vraie volonté de faire plus mais il me fallait encore trouver le lien entre la sécurité que vous apporte une carrière traditionnelle et l’importance et la joie de faire parti de ces projets à bons sens pour en vivre.

Cela me frustrait énormément ! J’avais toutes ces idées, tous ces projets qui tournaient dans ma tête, mais je ne trouvais aucune communauté avec qui les développer, personne avec qui les partager, aucun endroit où les mettre en place.

The Hub

Après des mois de doute et de remise en question, une amie m’envoie un lien, une idée qui est rapidement devenue la solution dépassant toute mes attentes : un concept déjà répandu dans le monde entier et qui ne cesse de se développer ! Ce concept est la communauté des Hubs.

Des lieux d’inspiration et convivial, avec une équipe qui accueille chaleureusement chaque personne et chaque idée, qui encourage la collaboration afin de réaliser des initiatives à bons sens et qui attire le vivier de talents autour de valeurs humaines ; des lieux spacieux, remplis de lumière naturelle, qui respectent l’environnement, ouverts, innovants et dynamiques !

Il en existe plus de 25 dans le monde entier à ce jour : l’Angleterre en possède 4, l’Italie 5 (!), la Suisse 2, Les Pays-Bas 2, les Etats-Unis 4, l’Afrique du Sud 2, et il y en a un en Belgique, au Brésil, en Australie, en Espagne – 1, en Suède, en Autriche, en Finlande, à Dubai, au Canada, mais en France 0 ! Il n’existe pas ENCORE de Hubs en France !

Aujourd’hui, nous créons ensemble cette communauté ici sur Nice et le premier Hub en France ! Nous sommes quatre co-fondateurs (Deborah D’Alessandro, Andrew Prior, Sylvain Theveniaud et moi) entourés d’une équipe d’individus passionnants et enthousiastes et cette communauté s’agrandit de jour en jour ! Nous nous centrons sur l’importance du partage, la collaboration sur des projets innovants et à bon sens et surtout sur les valeurs humaines. Le message de notre Hub est clair : la diversité n’est pas une menace, c’est notre force !

– Simon, comment faire passer le message que la diversité n’est pas une menace mais une force ? Moi, j’explique ça de la façon suivante : Chacun d’entre nous est unique. C’est une phrase riche de sens. Similaire parfois, mais bien plus profonde, à une autre idée : nous sommes tous différents. Car, au lieu de mettre l’accent sur ce qui pourrait nous diviser, elle met en valeur ce que nous sommes, ce que nous aimons, ce qui nous fait vivre, ce qui nous rend heureux et elle répond au précepte de Socrate : « Connais-toi toi-même ! ». (extrait de La civilisation numérique est l’avenir de la nature humaine !)

Est-ce que cela t’inspire ? Qu’en penses-tu ?

– Oui Denis, cela m’inspire beaucoup ! Il faut reconnaître que nous avons rarement le temps de nous arrêter pour absorber ce qui se passe réellement autour de nous et de faire le point sur nous-mêmes. Pourtant, je suis de l’avis que, pour chacun, cela peut faire le plus grand des biens. D’ailleurs, je viens de vous en donner l’exemple !

Etre heureux

Faire le point ou se remettre en question, ne doit pas forcément être interprété comme un geste faible ou négatif, comme parfois je l’entends, mais plutôt comme une opportunité de prendre le temps de se poser les « bonnes questions », telles que « est-ce que je suis heureux ? »

Personnellement, cette question est fondamentale ; non pas du point de vue égocentrique, mais sachant que lorsque nous sommes heureux dans notre propre vie, nous dégageons naturellement un optimisme ou une joie de vivre qu’apprécie amplement plus notre entourage que si on se plaignait tout le temps… et si nous regardions cela sous un autre angle, si je ne me cesse de me plaindre, c’est que je ne dois pas être très heureux dans ma vie et qu’il est temps de me poser quelques « bonnes questions ».

Bien entendu, « suis-je heureux ? » n’est pas l’unique question que nous pouvons nous poser quand nous cherchons à mieux nous connaître, c’est tout simplement un exemple qui m’a beaucoup aidé à avancer dans ma vie récemment.

Pour revenir à la première partie de ta question, « Comment faire passer le message que la diversité n’est pas une menace mais une force », à mon humble opinion, c’est en montrant l’exemple.

En montrant l’exemple ! Discuter sur des sujets concernant la diversité apportent quelque chose à quelques-uns d’entre nous, mais cela à plutôt tendance à échouer face aux vraies personnes, celles ayant des opinions préconçues. Et pourtant, c’est bien ces personnes que nous souhaitons convaincre. Alors, nous allons créer des espaces pour les communautés et AVEC les communautés afin de partager et de collaborer sur des projets à valeurs humaines. De nouveaux organismes, de nouvelles institutions et de nouvelles entreprises à responsabilité sociale et sociétale vont naître et démontrerons  que de tels préjugés (qui sont, si tu me le permets, la définition même de la bêtise humaine) n’ont pas lieu d’exister.

La transparence de la chaise Marie du designer Philippe Starck

Tu sais, si nous étions si différents les uns des autres, le terme « cosmopolitisme » n’aurait aucun sens. En sens inverse, si nous étions identiques, nous nous ennuierions et chercherions sans cesse à nous départager. Nous pouvons tous nous rapprocher sur certains points communs, qu’ils soient abstraits ou concrets, tout en gardant une réelle identité. C’est cela, la force de la diversité ! »

– Enfin, imagine The Hub et l’aménagement de l’espace. Si tu avais à installer un objet qui soit le symbole de la diversité, quel serait-il ? Si ça peut t’aider, je veux bien te donner ma réponse.

Je suis personnellement attiré par le symbolisme et j’en aurais une abondance d’idées. Cependant, pour te répondre tout simplement, si nous devions installer un objet qui soit le symbole de la diversité au sein du Hub Nice, je souhaiterais que cela soit quelque chose crée par notre communauté à leur goût partagé et non au mien.

– Voici ma réponse Simon, en guise de conclusion. Pour moi, l’objet qui est le symbole de la diversité, c’est la chaise !

C’est certainement l’objet le plus partagé dans le monde, tout le monde peut s’assoir sur une chaise, le plus produit, le plus utile, pratique et fonctionnel, on s’assoit pour manger, pour discuter, pour écouter une conférence, pour regarder un film, pour naviguer sur  les réseaux, pour écrire, etc., le plus imaginatif aussi, tous les designers ont inventé leur(s) chaise(s), il y en a donc de toutes les formes et de toutes les couleurs. Je suis sûr que dans le futur HUB niçois, il y aura des chaises, que chacun d’entre nous pourra trouver la sienne et qu’il se lèvera courtoisement pour laisser sa place à quelqu’un d’autre.

Propos recueillis par Denis Gentile

(1) Simon est l’un des 4 fondateurs de ce projet avec Deborah D’Alessandro, Andrew Prior et Sylvain Theveniaud. Nous aurons certainement l’opportunité de consacrer d’autres articles sur ce sujet et de vous les présenter. C’est important car le principe même du HUB est la mise en commun de ressources pour réaliser quelque chose ensemble.

En relation avec cet article :
– Sur Facebook, le HUB PROJECT NICE
– Sur More Than Words, The Hub, quand le design s’inspire du web ! (Quand ouvrira le premier Hub en France ?)
La civilisation numérique est l’avenir de la nature humaine ! (Apprendre des autres quelque chose que vous ne saviez pas encore)
Les rencontres, les mots étonnants et les secrets perdus du TEDx de Nice (La Côte d’Azur accueille son premier TEDx !)

Les rencontres, les mots étonnants et les secrets perdus du TEDx de Nice

tedx-nice-2013
Le TEDx de Nice, deuxième édition le 19 octobre 2013. Plus d’infos en cliquant sur l’image

Commençons par identifier notre sujet :

« TED est une fondation mondiale dévouée aux idées qui méritent d’être répandues. Le concept TED a commencé aux Etats Unis en 1984, comme une conférence rassemblant des personnes de trois mondes: Technology, Entertainment, Design, et ce ; pour partager des idées innovantes, du savoir et des expériences de vies uniques en présence d’un large public. »

Etonnant ce TEDx de Nice ! 

Etonnant car c’était le premier TEDX organisé sur la Côte d’Azur. La Côte d’Azur, ce n’est quand même pas une succession de bleds perdus sur la surface de la planète. Saint-Tropez, Cannes et Monaco font tout pour se faire remarquer. Le Festival du Cinéma, le Grand Prix de Monaco, le MIDEM et des centaines d’autres événements qui sont suivis par les médias du monde entier. Et pourtant, avant ce 17 mars 2012, aucun TEDX !

Un chiffre : 1981. En 2010, 1981 événements TEDx ont été organisés sur les  5 continents ! Pas un seul entre Menton et Marseille. La Côte d’Azur était exclu de ce grand mouvement.

Etonnant ! Non ?

Etonnante, son organisatrice, Touria Dahak. « C’est un projet fou, né comme un défi » nous explique-t-elle en nous accueillant. En 4 mois, elle a mis sur pied du haut de ses 150 centimètres un événement unique et qui le restera.

Changer de perspective

C’est important de d’abord parler des personnes avant de parler de leurs idées. C’est indispensable pour bien les comprendre. C’est d’ailleurs ce que fait le premier intervenant Christophe de Dinechin. Il nous montre une photo d’un groupe de personnes. Comme une preuve. La preuve qu’il a rencontré Messieurs Hewlett et Packard. Et cette rencontre a changé sa vie. Plus exactement, cette rencontre a donné une nouvelle dimension à sa vie. C’est le sujet de son intervention : « Changer de dimension ».

Son objectif est insensé. Il veut nous expliquer la théorie de la relativité d’Einstein en deux minutes !

Etonnant, je vous avais prévenu !

Il se base d’ailleurs sur une citation du génie allemand : « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement. »

La démonstration se fera en 3D et elle est convaincante. Ca mériterait un article à part entière sur More Than Words. Qu’en pensez-vous Christophe ? Seriez-vous partant ?

Une phrase pour conclure son intervention : « Il faut savoir s’inspirer de ce qui vient de l’extérieur. » Ne perdons pas de vue que le thème de ce TEDx est : « Vers une mobilité du savoir méditerranéen ».

Les Smart Cities

Christophe passe le micro à Gilles Berhault qui va nous parler du futur et de « la civilisation numérique ». Son but ? « Rompre avec l’économie de possession. On ne cherche plus à posséder à tout prix, mais à partager ! » C’est l’une des idées fortes de ce TEDx.

Il esquisse alors la description de l’organisation des nouvelles villes. Des « Smarts Cities à la fois durables, intelligentes et solidaires. »

On prend conscience que le numérique change nos mentalités, nos moeurs et nous structures en profondeur. Plus rien ne sera pareil.

Une des idées étonnantes de son intervention est la suivante : « Prendre le temps de gagner un million d’heures par jour ! »

Là-aussi, ça mériterait un article à part entière sur More Than Words. Qu’en pensez-vous Gilles ? Seriez-vous partant ?

Les Talents

J’ai retenu un mot de la conférence suivante « Pour une intégration du savoir dans la méditerranée » et je vous livre une réflexion personnelle. Emmanuel Noutary ne parle pas des gens ou des immigrés lorsqu’il évoque les flux migratoires. Il dit « les talents ». Talents au pluriel. Cela change complètement la perspective de nos réflexions et de nos discours.

Faites le test suivant : à chaque fois que vous entendez parler (un test idéal à faire en période électoral) ou que vous-mêmes vous parlez des chômeurs, des étrangers, des handicapés, des sans-abris, etc., remplacez chacun de ces noms par TALENTS. L’autre a du talent et ce n’est pas réservé aux artistes et champions. Non, c’est une catégorie commune à tous les êtres humains.

L’idée est simple. Si elle est simple, elle est donc étonnante et elle mériterait qu’on s’y attarde dans un autre article sur More Than Words. Qu’en pensez-vous Emmanuel ? Seriez-vous partant ? 

Les secrets perdus

On arrive au moment clou de ce TEDx avec la conférence « Ponctuation, un chemin de vie » de M. Driss Alaoui Mdaghri. Professeur, ancien ministre, poète, humaniste, etc Autrement dit, pour faire le lien avec le précédent paragraphe, un homme aux multiples talents.

Il y a tant à apprendre d’une personne comme Driss parce qu’il a une expérience riche de la vie et qu’il a su en tirer une vraie sagesse.

Son discours, un modèle du genre, est construit autour des signes de ponctuation. Voici quelques phrases à retenir  :

« Pour comprendre, il faut se jeter à l’eau, mettre la main à la pâte et se demander que peut-on faire pour changer les choses ? » Le point d’interrogation ?

« Quand on perd la capacité de s’étonner sur les choses les plus simples, alors on perd la capacité à découvrir ! » Le point d’exclamation !

« En allant à contresens, on arrive à avancer et faire quelque chose. » Le point et contrepoint.

« L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est déterminant. » (Les parenthèses)

« Ouvrons les yeux, apprenons des autres. Il faut essayer de dompter le pouvoir. Domptez le pouvoir que vous avez sur les autres et domptez le pouvoir que les autres ont sur vous. » « Les guillemets. »

« Nous voyageons. Nous venons des étoiles. Le monde tourne autour de deux choses : le sens et la création. » Les points de suspension…

Pour une personne comme moi, les mots de Driss ont une répercussion particulière. Et je ne crois pas être le seul.

Je suis aussi heureux de retrouver dans ses mots certaines choses que j’essaie de raconter, moins brillamment, dans mes articles. L’exemple évident est « L’étonnement est le début du blog ! ». Ou encore, la prétention affichée de More Than Words d’essayer de trouver un sens et d’aller à contre-courant.

J’aimerais aussi vous parler de son livre « des secrets perdus ». Il raconte une histoire où les conflits se règlent à coups de joutes poétiques !

Etonnant ! Non ? 

Mais je vais commencer par le lire.

J’ai eu la chance de parler deux minutes avec lui pendant la pause. Je rêve désormais de prolonger cette conversation et de la proposer aux lecteurs de More Than Words. Driss, êtes-vous partant ?

C’est la pause. Fin de la première partie.

La suite prochainement sur ce blog, si vous le souhaitez, bien sûr.

En guise d’introduction à cette deuxième partie, je vous invite à lire : « The Hub ou quand le design s’inspire du web ! »

 

Denis Gentile

 

En complément, à lire l’article de mon amie Cécile Talec sur son blog : Ensemble, c’est tout !  

Le blog n’est pas une machine, c’est un organisme vivant !

Samedi 3 mars 2012. Il est 10 h 27.  Je n’ai que 2 petites heures devant moi pour écrire un article. J’ai liste qui contient une centaine d’idées et de titres. Je n’ai qu’à piocher dedans et estimer à vue de nez celui qui m’inspire le plus sur le moment. Il suffit de mettre les différents éléments sur la chaîne de montage et d’appuyer sur ‘PLAY’. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Les mots vont s’enchaîner comme des boulons à serrer à chaque passage. Ecrire un article, ça ressemble à la fabrication d’une voiture. Le journaliste ne fait pas autrement. Son rédacteur en chef  l’a envoyé faire un reportage. Il y a eu un vol dans une bijouterie de Cannes ce matin. Questions et faits sont toujours les mêmes. Où ? Quand ? Qui ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ? etc. L’article suivra la même structure. Même chose ce soir pour le match de foot. Les joueurs, les actions, la qualité du terrain, l’arbitre, les réactions, le classement, etc.  Tout suit un mécanisme bien précis. Je me retrouve donc dans une situation similaire. Pourtant, il y a quand même une différence. Je n’écris pas pour un journal. J’écris pour mon blog. Et s’il y a une notion qui est totalement étrangère au blog, c’est bien celle-ci : le blog n’est pas une machine !

 

Moins de 26 ans, mais pas encore capitaine

Dans mes précédents articles :

« Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans ! »

« France Soir va devenir le premier journal 100% web et tente de reprendre le souffle de son histoire. »

j’ai souvent évoqué mes débuts dans le journalisme. 20 ans plus tard, il me reste encore la même impression. Je me suis souvent senti comme un rouage d’une machine. Au premier saut de chaîne ou dérapage, on a vite fait de vous remplacer. Vous n’êtes pas indispensable. Rien n’est plus facile de remplacer une pièce défectueuse ou légèrement usée par une autre pièce. La société industrielle a, au sens propre, fabriqué un modèle de société basée sur la machine. Cela a eu et a des conséquences immenses sur les comportements humains. Nos actes sont mécaniques. On fait quelque chose parce que les autres le font aussi. Nos actes ne sont plus libres, ils sont déterminés par le modèle. C’est le cas en politique. D’un côté, le système marxiste, de l’autre le système libéral. Et nous, les valeureux citoyens nous sommes les prisonniers de ces mécanismes. (Ca mériterait d’être développé. Certains d’entre vous sont d’ailleurs certainement plus qualifiés que moi et je vous invite donc à intervenir dans les commentaires.)

 

Même les blogs meurent

Mais tout cela a changé. Ou va changer. Et le moyen terme, ou si vous préférez l’argument qui nous permet de l’affirmer, c’est le blog !

Pourquoi le blog ?

Parce que le blog n’est pas une machine, il ne suit pas la logique mécanique de ces modèles. Non, le blog a un visage humain. Autrement dit, il est un organisme vivant !

Un organisme vivant ? J’ai besoin de replonger dans mes cours de philo. Je cherche pendant une dizaine de minutes. C’est assez rapide. N’oublions pas que je n’ai que 2 heures pour écrire cet article. Intitulé du cours : « Méthode en éthique et politique ». Le prof, c’est Marcel Clément. J’ai déjà eu l’occasion de vous le présenter dans cet article : « O Capitaine ! Mon Capitaine ! »

« Dans l’organisme vivant, toutes les cellules et tous les organes sont animés par un dynamisme organisateur interne qui les porte spontanément à coopérer en vue du bien commun du corps tout entier. Si un trouble se produit, l’organisme lutte. Une plaie est à peine formée que déjà commence le processus de cicatrisation. Au contraire, lorsque le mécanisme d’une montre se détériore, il doit être réparé de l’extérieur… »

Le blog procède du même principe :

– Tout d’abord parce qu’il est personnel et qu’il n’est pas reproduisible à l’identique en milliers exemplaires comme une montre ou une voiture.

– Ensuite, parce qu’il est sujet à la contingence de son auteur. Ce sont les circonstances de la vie du blogueur qui règlent le contenu du blog. D’une part parce que le contenu est lié à son expérience, d’autre part parce que « les troubles et les plaies » demandent un certain temps pour se résorber. Une autre personne peut intervenir de l’extérieur pour panser les plaies. Mais la vraie guérison vient de l’intérieur. C’est le cas des blogs communautaires comme MoreThanWords où plusieurs personnes participent à son développement. Mais si le corps principal (et l’âme) n’est pas entièrement disponible alors il perd peu à peu de son identité.

La recette du Tiramisù pour fêter l’anniversaire de votre blog ? Cliquez sur la photo !

Justement, je dois interrompre la rédaction de cet article pour préparer un biberon ! Encore 5 minutes en moins sur mon temps de travail. Je n’ai plus que 15 minutes pour le terminer.

Le blog n’est pas une machine. Il ne produit pas des glaçons ou des biberons à volonté !

D’ailleurs de nombreux blogs finissent par mourir. Il est rare de voir un blog fêter deux ou trois ans d’existence. NetZ par exemple n’a vécu que 6 mois. C’était pourtant un beau projet. Mais l’organisme n’a pas tenu. Dommage. En revanche, « C’est au carré », le blog de notre rédactrice Cécile Courtais, vient de fêter avec un Tiramisù ses deux ans (info Facebook). J’en profite pour la remercier. Elle a su avec talent animer MoreThanWords en mon absence.

 

Le blog d’une carotte

 

Il y a différents types d’organisme vivant. Le plus simple, c’est la carotte. Plus évolué, on trouve l’organisme du chat ou du chien. Enfin, le plus complexe, c’est celui de l’être humain. Sont-ils tous l’objet d’un blog ? Pas vraiment. Il manque l’aspect de la personnalisation.

On pourrait très bien imaginer le blog de la carotte de mon jardin. Ou encore le blog de mon labrador chocolat. Enfin, le blog d’un community manager. Dans mon cas, c’est MoreThanWords.fr et je lui souhaite de respirer pendant de nombreuses années.

Les deux heures sont écoulées. Je me rends compte que mon article n’est pas parfait. je n’ai même pas le temps de le relire. Mais c’est la règle du jeu que je me suis imposé au début. Je veux la respecter. Je n’aime pas tricher.

Comme tout organisme vivant, le blog peut recourir aux soins d’un docteur. Le docteur de la carotte, c’est le jardinier. Le docteur du labrador, c’est le vétérinaire. L’homme en a des dizaines. Parmi eux, on citera le dentiste, l’ostéopathe ou le gynécologue. Quel est le docteur du blog ? Ce sont les autres blogueurs, les community managers ou plus largement  tous les lecteurs. Alors voilà, je vous invite tous à venir soigner cet article sur ce blog. Le remède ? Les mots qui constituent vos commentaires.

Je suis en retard. Je vais devoir manger froid. Mais ce n’est pas vital. Ensuite, je vais faire un tiramisù pour fêter un autre événement (la recette, c’est ici).

Samedi 3 mars 2012. Il est 12 h 52. J’ai dépassé mon délai de près de 30 minutes. La machine m’aurait exclu. Le blog m’a sauvé. Il a pris en compte les impondérables et la contingence. Il s’est organisé en conséquence. Comme le fait tout organisme vivant. Le blog est un organisme vivant !

 

Denis Gentile

 

PS :  Participez à l’opération : 1 Tiramisù pour votre blog  (tout organisme vivant a besoin de se nourrir)

O Capitaine ! Mon Capitaine !

Les articles “L’étonnement est le début du blog” et « Le blog est un organisme vivant » sont dédiés à M. Marcel Clément. Mais qui est Marcel Clément ?

 

Quand résonnent ces mots de Walt Whitman, je pense immédiatement à un professeur. Pas celui interprété par Robin Williams dans « Le Cercle des Poètes Disparus », mais à l’un de mes anciens profs de philo. : M. Marcel Clément.

 

La première rencontre a eu lieu en octobre 1986. C’est étrange, il me reste une image en noir et blanc. Comme s’il était un personnage d’un autre temps

Il savait tellement de choses. C’était un homme fascinant. Il avait fait mille métiers, il avait rencontré tous les grands de ce monde et il avait un don pour raconter des histoires qu’il puisait dans son expérience. Il avait pour nous le regard d’un père pour ses enfants. Je me sentais comme son fils qui lui demandait sans cesse de me lire un conte de fées. Quand il parlait de Socrate, Platon et Aristote, j’avais l’impression qu’il les avait déjà rencontrés.

Aujourd’hui, je me souviens de ces cours et les phrases de mon dernier article sont certainement, inconsciemment, les siennes.

Mon prof de Philo

Ma dernière rencontre date de 1991, je crois. Dans son bureau à la rédaction de son journal, car il était aussi journaliste. Je lui faisais part de mes débuts en tant que journaliste, notamment à France-soir. Je lui exprimais une certaine amertume. Une déception aussi. J’étais très éprouvé par ce métier. Plus précisément, par ce milieu. Un milieu presque mafieux. Pourquoi ? Parce que vous avez l’impression que tout le monde veut votre peau. Moi, je voulais juste écrire et raconter mes rencontres. Et dans mes articles, je retrouvais des mots qui n’étaient pas les miens. C’est le rôle du rédacteur en chef : changer vos mots jusqu’à en changer le sens pour qu’ils deviennent plus polémiques et plus vendeurs. Et si j’en crois le commentaire d’André de Booking Tables  (l’article publié au final sera tronqué), les choses n’ont malheureusement pas vraiment évolué. Alors, j’ai décidé de m’éloigner ce milieu malsain. Je n’y suis retourné qu’aujourd’hui. Grâce au blog, je maîtrise mes sujets et mes phrases. Personne ne vient travestir mon message. Je me sens libre et serein. C’est une des raisons qui m’ont incité à écrire que « le blog est l’avenir de la presse écrite ».

Une prophétie

Il m’a écouté et s’est inquiété pour moi. Il m’a donné quelques conseils. Mais, ce que je retiens de cette dernière rencontre, c’est une sorte de prophétie. Une prophétie qui, à première vue, se révèle fausse. « Denis, je ne sais pas pourquoi, mais je vous vois à la télé. Je ne sais pas dans quel rôle, mais je vois votre futur professionnel à la télé ! C’est une image floue, mais je vois votre image sur un écran. »

En 1991, on n’imaginait pas encore ce qu’était internet. Il a donc fait une interprétation sur la réalité d’alors. Aujourd’hui, il faut traduire cette prophétie pour l’adapter à notre réalité dominée par internet. J’apparais bien sur des écrans. Mais ce ne sont pas des écrans de télévision mais les écrans de nos ordinateurs. Sur un réseau, bien plus puissant que celui des ondes télés et radios.

Il avait vu juste avec ses lunettes qui dépassaient du cadre de sa tête, mais surtout avec son regard si profond qu’il pouvait lire à l’intérieur de votre âme et de votre coeur.

Aujourd’hui, je navigue sur le web. Et sur le navire de ma vie, il y a un capitaine. Ce capitaine, c’est vous M. Marcel Clément. « O Capitaine ! Mon Capitaine ! »

Le 8 avril 2005, mon Capitaine a rejoint son ami Aristote. Depuis, ensemble, ils parlent de philosophie et d’étonnement.

Votre élève pour la vie, Denis Gentile.

PS: Marcel Clément a écrit une trentaine d’ouvrage. Notamment, La Soif de la Sagesse.

Marcel Clément rencontre Jean-Paul II, ils sont décédés la même semaine en 2005 ! Destins croisés ?

Remerciements à François-Xavier, son neveu, qui m’a envoyé et permis d’utiliser ces 2 photos.

Cet article est parue sur l’ancienne version de More Than Words, le 4 avril 2011.

Prendre un nouveau chemin…

Il y a quelque temps, Denis a découvert le site de Julie Beille-Foltz via Facebook. Il m’a tout de suite envoyé un mail à ce sujet en me précisant qu’il s’était arrêté sur une phrase en particulier : « Je me souviens avoir été fasciné par l’histoire de Sting. Ce chanteur qui au départ était professeur d’anglais et s’est lancé dans la musique. J’aime cette idée de prendre un nouveau chemin… » J’ai donc invité Julie à se présenter dans une interview, je vous souhaite une bonne lecture !

« Bonjour Julie, tu es traductrice et formatrice, peux-tu présenter ton métier et ton parcours ? »

Un parcours se construit, s’oriente et se réajuste au fil de nos expériences personnelles et professionnelles. J’ai choisi de faire un baccalauréat économique, B à l’époque et malgré les réticences du corps enseignant, j’ai tenu bon et suivie cette voie. Ce diplôme en poche, j’ai opté pour la fac et pour des études de langues appliquées, tel était l’intitulé. L’anglais et l’espagnol que j’allais parcourir pendant ces années d’études seraient appliquées à la vie, à l’économie du monde dans lequel je progressais.

Mon bagage alors en espagnol n’était pas fort voire même plutôt faible. J’avais eu une professeur au lycée dont les idées de l’enseignement s’approchaient plutôt d’une décoration de sa classe qu’à une transmission des secrets de la langue hispanique. Un séjour en université d’été avant d’intégrer la fac m’a permis de baigner avec bonheur dans cette langue aux accents chantant. L’espagnol est une langue rapide, vibrante que je me suis régalée d’étudier. Pour l’anglais, mon attachement s’y est ancré avec une belle empreinte familiale. J’ai démarré mes études à Limoges, continué sur Paris puis terminé sur Montpellier. Les enseignants y ont été divers mais mon souvenir reste pour ceux qui étaient imprégnés d’humanisme. Les briseurs de vie ont parfois été trop cassants. Je pense alors que petit à petit s’est forgé mon envie de transmettre. Je demeurais persuadée que l’on peut faire passer du sens aux autres sans pour autant les réduire à néant.

 

Des voyages, des rencontres, l’envie d’apprendre !

 

Pour revenir à mon parcours professionnel, j’ai emprunté une brève voie d’assistante export, travail mêlant bien l’aspect économique actuel et les langues, pour l’aspect humain je le trouvais personnellement trop inexistant. J’ai bifurqué et évolué parallèlement entre l’univers de la traduction et de l’enseignement. J’ai adoré travailler sur un projet de didacticiel avec l’entreprise Didact Systèmes sur Montpellier, entreprise grandement humaine. J’ai trouvé difficile d’être projeté dans un collège du jour au lendemain, sans lien, sans communication avec les enseignantes précédentes. J’ai aimé transmettre à des adultes en formation professionnelle. Puis, j’ai choisi de continuer dans le monde des langues en traduisant, en formant aussi mais nettement moins. Ma fille étant petite il était pour moi important de vivre ces années d’épanouissement en étant proche d’elle. Pour les adolescents, je ne voulais pas en rester là. Malgré la difficulté de cette année, je savais que je voulais leur transmettre ces deux autres fabuleux univers que sont l’anglais et l’espagnol. J’ai donc choisi d’axer ma transmission en face-à face ou à deux. J’aime à découvrir l’humain, et la psyché recèle d’une autre langue qu’il est étonnant de connaître. La PNL aide beaucoup dans ce cheminement mais pas que. J’apprends toujours à apprendre et ma quête reste immense.

« Ton site est superbe, tu l’as élaboré en collaboration avec Delphine ? Une phrase a retenu notre attention, peux-tu nous expliquer ce qu’elle signifie pour toi ? »

Delphine fait partie des doux hasards de rencontre dans une vie. J’ai toujours aimé son approche de l’art, de la photo, du regard qu’elle pose sur la vie. Au cours de nos échanges, quand elle évoquait son envie de se lancer en indépendante, j’étais ravie car je me disais que c’est à elle que j’aimerais confier la tâche de me créer une identité graphique en temps voulu. Quand elle s’est lancée, elle m’a créé ma charte graphique. Elle a adapté mon blog à mes nouvelles couleurs et voilà quelques années après une nouvelle étape : la création de mon site Internet. Bref, pour en venir à Sting, j’ai la sensation d’avoir grandie avec lui. J’ai commencé à écouter ses chansons à  10 ans. J’aime son évolution musicale. J’ai la sensation que ses chansons m’ont portée. C’est un artiste sincère qui a su progresser avec authenticité. Sa vision d’appréhender la vie est belle, il a des valeurs et semble n’avoir jamais trahi ses convictions profondes. Je ne saurais vous montrer meilleure illustration qu’en vous faisant écouter l’une de ses chansons. Sans doute aussi est-ce un peu par-là également que j’ai eu envie de savoir ce que ces paroles renfermaient.

Alors cliquez, fermez les yeux et laissez-vous envahir par la musique :

http://www.deezer.com/music/track/922108 « On and on, the rain will fall… like tears from a star. On and on the rain will say…  how fragile we are » (1)

Et magie de la langue, la voilà en espagnol :

http://www.deezer.com/music/track/1564416

Moi comme au premier jour l’émotion est bien là !

Pour conclure, écoutez-le dans cette belle émission, un écran sur son parcours pour mieux le connaître et savoir qu’une vie recèle plusieurs vies :

http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-entretien-sting  L’interview commence par ces mots : « Il faut avoir le bonheur d’être remarqué… et se rendre compte que l’on a une responsabilité envers vous-même, envers votre musique et envers le monde. » (2)

Quand le charme opère encore et toujours, que la curiosité nous donne l’envie d’aller de l’avant, moi la magie je la vois dans d’autres langues, d’autres cultures à connaître et à faire partager.
Au revoir et merci,

Julie
www.traduiresanslimites.com

 

Cécile Courtais

 

Notes rédigées par Denis Gentile, rédacteur en chef du blog.
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(1) : « L’un des buts de More Than Words est de mettre en avant certains mots et de découvrir quelque chose de nouveau, au-delà du mot en lui-même. Par exemple, en le comparant aux autres langues. Comme le titre de cette chanson de Sting : FRAGILE. Il est amusant de constater que ce mot s’écrit de la même façon en français, en anglais et en italien. C’est assez rare. Pour moi, c’est un signe de la richesse et de la force de sa signification. Un mot qu’on ne doit jamais oublier quelque soit son origine et sa culture. Un mot dont le sens va au-delà de nos différences. Un mot universel qui appartient à tout le genre humain. Autrement dit, un mot ‘humaniste’. Bien sûr, il ne se prononce pas de la même façon. Cela lui donne une plus grande envergure. Car il appartient ensuite à chacun de lui donner sa personnalité. » 
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(2) : « C’est la même chose dans tous les domaines. « Avoir la chance de se faire remarquer », dans le monde du web, c’est le rôle du Community Manager de mettre en avant quelque chose (cette chose, c’est une personne, une marque, une action, un objet, etc.). Comment provoquer cette chance ? La suite de l’interview de Sting nous donne la réponse : « Plus tu pratiques, plus tu as de la chance… » Alors PRATIQUONS ! Comment ? Ici et maintenant, pour moi, c’est en faisant vivre ce blog. Grâce aux autres rédacteurs de ce blog qui nous font découvrir des personnalités et des angles de vue nouveaux.
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Mais Sting insiste immédiatement sur sa responsabilité en tant que musicien. Cela s’applique pleinement dans le monde du web. Des millions de personnes interviennent quotidiennement sur le web (quelques centaines sur ce blog). Mais combien d’entre nous avons à l’esprit ce mot : RESPONSABILITE. Quand nous écrivons quelque chose, est-ce que nous savons en mesurer les conséquences ? On pourrait pour le savoir se poser deux questions : Est-ce que ce que j’écris peut être utile à quelqu’un d’autre ? Et : Est-ce que ce que j’écris pour faire du mal à quelqu’un d’autre ? Les réponses à ces questions devraient être notre guide et nous rendrons le web plus humaniste. Et là, je me permets de reprendre un extrait de l’interview de Julie : …mon souvenir reste pour ceux qui étaient imprégnés d’humanisme. Les briseurs de vie ont parfois été trop cassants. Je pense alors que petit à petit s’est forgé mon envie de transmettre. Je demeurais persuadée que l’on peut faire passer du sens aux autres sans pour autant les réduire à néant. »
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Je viens d’énoncer au moins 3 sujets d’article. Si des personnes veulent prendre la balle au bond, ils peuvent m’écrire à denisgentile.pro@gmail.com et/ou laisser un commentaire au bas de cet article. Merci.

TEDx : dans ma précipitation, j’oubliais…

Michelle Blanc

J’étais tellement impatiente de vous faire partager ce que j’avais vécu ce vendredi 20 janvier au premier TEDx Montpellier, de vous transmettre tous les témoignages que j’ai entendus que j’en ai oublié certains éléments essentiels ! Tout d’abord l’événement a été suivi par presque 19 000 personnes en live streaming, ça laisse rêveur, n’est-ce pas ? Ensuite, si ce TEDx a eu lieu, c’est grâce au travail et à l’investissement d’une équipe de 3 personnes : Magali Dutilleux de l’agence Letscommtotheworld, Fernand Dutilleux de l’agence Bientôt la péniche, et Franck Hashas de l’agence Bloxx. Je n’ai que 2 mots à vous dire : bravo et merci !

 

Enfin, je tenais à vous résumer l’essentiel de cette rencontre : l’analyse d’Henri Kaufmann, la vision de Jean-Dominique Séval, le chemin de Roland André, la liberté de Denis-Charles Ettighoffer, la créativité d’Etienne Mineur, l’ouverture de Mélanie Péron… Voici en quelques mots les  savoirs et les connaissances partagés par les intervenants. Je peux paraître parfois naïve dans mes écrits mais je préfère le terme d’optimiste et là durant cette matinée, c’est une véritable bouffée d’air frais, de pensées positives que j’ai reçues, d’ailleurs cela rejoint ce que nous cherchons à faire au quotidien sur More Than Words : penser différemment pour voir le monde autrement.

Des échanges d’une rare intensité…

Je terminerai par l’humour de Damien Douani, le voyage de Jay Michael Jaboneta, le dépassement de Mehdi Lamboum… Sans oublier le témoignage de Michelle Blanc qui s’est livrée à nous au travers d‘un récit au franc-parler sincère et teinté d’humour, beaucoup d’émotion grâce à Michelle mais aussi beaucoup de rires ! Toutes ces expériences de vie que les différents intervenants nous ont fait partager sont riches d’enseignements mais aussi d’une rare intensité… Et bien entendu Daniel Herrero, bouillonnant d’énergie, d’envie de faire bouger les choses, d’aider l’humain à vivre mieux, j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi passionné. Quand je pense que j’ai eu la chance de lui serrer la main… Je terminerai sur ses paroles que je vais essayer de retranscrire fidèlement :

 

« le rugby est le seul sport où vous avez un joueur qui avance seul avec le ballon et qui l’envoie à ses camarades qui sont derrière lui, c’est comme si on lui disait, vas-y trace ton chemin, on est là avec toi, on te soutient ! »

Cécile Courtais

Envoyée Spéciale pour le blog More Than Words

TEDx Montpellier : des histoires pour élever notre conscience

Si je devais résumer en un seul mot ce que j’ai vécu au TEDx, ce serait « ouverture ». Nous avons eu la chance d’avoir des intervenants qui nous ont raconté leur histoire, leur expérience, et nous ont ainsi démontré qu’en plaçant l’humain au coeur du numérique, on pouvait partager, créer des liens et vivre des moments intenses.

 

Damien Douani

 

Thriller à la Mac Gyver…

Commençons par Damien Douani ou « le jour où j’ai compris à quoi servent les réseaux sociaux« , un récit raconté à la manière d’un thriller où tout l’auditoire était suspendu à ses lèvres… C’était le 29 octobre 2010 à 11h lors d’une conférence dans laquelle il intervenait. Un besoin urgent se faisant ressentir, il va aux toilettes, à 11h08 en essayant d’en sortir, il réalise que la poignée a lâché, il est enfermé, à 11h09, il se demande « mais que ferait Mac Gyver ?« , lui qui a toujours une solution ! Sauf que Damien n’a aucun outil sous la main mis à part… son I-Phone et à 11h10, il envoie un message sur les réseaux pour expliquer la situation dans la quelle il se trouve. A 11h13, 40 personnes lui répondent, s’inquiètent, lui demandent s’il tient le coup et retweetent son message. A 11h18, c’est le buzz sur Twitter, tout le monde le suit quand soudain, une personne présente dans la salle de conférences lit son appel. Les secours arrivent enfin mais n’arrivent à rien et lui passent des outils sous la porte pour qu’il essaie de se libérer de l’intérieur. Il prend ces outils en photo et les diffuse sur les réseaux pour tenir tout le monde informé. A 11h42, il est enfin dehors ! Moralité : il réalise alors qu’il n’a jamais eu l’idée d’appeler un ami et que personne ne l’a appelé non plus ! Naturellement, il a utilisé les réseaux, son message était surprenant, décalé et à donner envie à ceux qui l’ont lu de le retransmettre. D’autre part, et c’est le fruit du hasard, il l’a envoyé à une heure stratégique de la journée. Ensuite, il a associé plusieurs formats : texte, image… S’il avait eu assez de batterie, il aurait même fait un film ! Les réseaux ont donc une capacité de propagation de l’information étonnante et réinventent les relations humaines.

Petite aparté, il devait être environ 11h30 lorsque nous avons fait une pause au TEDx ce vendredi 20 janvier, j’ai alors consulté Facebook et lu le post de Denis Gentile dans lequel il me demandait de saluer de sa part Muriel Cossard Guy… Là, j’ai pensé « merci Denis, t’es bien gentil mais à quoi elle ressemble, vais-je devoir regarder avec insistance tous les badges pour la trouver ? ». Coup de chance, elle aussi me cherchait et voilà mission accomplie…

 

Cécile Courtais et Muriel Cossard Guy

Echanger, oser, partager, se dépasser…

 

C’est ensuite Michelle Blanc qui nous a raconté son histoire. Il y a quelques années, elle était un homme et en 2007, certains blocages sont tombés et elle a réalisé qu’elle devait opérer sa transformation et devenir femme. Elle a fait son coming-out sur son blog « femme 2.0 « . Et grâce à son témoignage, elle a permis à ceux qui l’ont lue de trouver le courage d’oser changer de vie. Ces échanges, ces partages l’ont aidée à passer le cap mais ils ont aussi aidé tant d’autres personnes, à un point qu’elle n’aurait jamais imaginé !

Mehdi Lamboum est venu témoigner de ce qu’il a vécu lors de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011. Il a dit franchement qu’il avait eu peur de se retrouver seul. Peu à peu, il a dépassé sa peur et s’est affiché, ce qui lui a permis d’avoir le soutien des autres. En créant la page Facebook « Ell » (ouvrir), il a instauré une idée de transparence et il a conclu en montrant un tag sur mur « plus jamais peur« … Un magnifique exemple de franchise et d’ouverture.

Jay Michael Jaboneta nous a emmenés en voyage… aux Philippines. Il y a quelque temps, il a découvert dans un village des enfants qui avaient tellement envie d’aller à l’école, qu’ils n’hésitaient pas à y aller à la nage. Il a voulu partager cette information sur Facebook, elle s’est propagée et est devenue un véritable projet, « the Yellow Boat« , le bateau nommé « New Hope » allait permettre de faciliter l’accès à l’école à ses élèves. Depuis, le concept a donné naissance à d’autres idées dans d’autres régions du pays…

Daniel Herrero

La rencontre s’est terminée par une apothéose, que dis-je, un tourbillon d’énergie tel que je ne l’aurais jamais imaginé, ce tourbillon s’appelle Daniel Herrero, ancien joueur et ensuite entraîneur de rugby, il est aujourd’hui ambassadeur officiel de la fédération nationale des droits de l’homme. Il a exprimé son admiration face au courage de Michelle Blanc, il a expliqué à Damien Douani qu’au lieu de prendre son I-Phone, il aurait donné un bon coup d’épaule dans la porte des toilettes… Il a surtout dit que c’est ensemble que nous pouvons améliorer le bonheur de tous les hommes, que nous avions besoin de nous voir, d’être en contact. Et je terminerai sur une de ses citations : « Viens donner avant de recevoir, viens servir avant de te servir ». Il avait tellement de choses à nous transmettre, à nous faire partager, que je ne me risquerai pas à résumer sa prestation. Bientôt, il y aura des vidéos en ligne et je vous conseille de prendre le temps de les apprécier.

Voilà, c’était Cécile Courtais reporter pour More Than Words en léger différé de TEDxMontpellier et je n’ai pas encore atterri…

Cécile Courtais

 

TEDx : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats… »

« … on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Cette réplique est extraite du film Forrest Gump, Et j’ai toujours pensé que ça signifiait qu’il pouvait nous arriver des choses formidables pour peu qu’on prenne la peine d’être à l’écoute. Et bien vendredi 20 janvier, en quittant le musée Fabre de Montpellier, j’étais dans cet état d’esprit, mieux même, je me sentais sur un petit nuage, comme si j’avais savouré des chocolats aux goûts totalement inédits, mais là ce n’était pas mes papilles qui étaient en effervescence mais mon cerveau, ma conscience et aussi… mon coeur.

J’ai vécu des heures exceptionnelles avec des personnes exceptionnelles qui nous ont fait partager des expériences exceptionnelles, désolée pour les répétitions, ce n’est pas très pro, mais là pour une fois, je ne trouve pas mes mots ! Tout d’abord, c’est quoi TEDx ? C’est une série de conférences, un concept qui a vu le jour dans les années 80 dans la Silicon Valley et traitant des thèmes de la technologie, du divertissement et du design. L’objectif ? Répandre les idées qui vont changer le monde ! Elles présentent les discours d’intervenants remarquables chacun dans leur domaine. Ils ont 18 minutes au maximum pour s’exprimer, convaincre et apporter un nouvel éclairage. Et ce format aussi est exceptionnel car il permet un partage des connaissances riche et intense !

Dessine moi le futur…

Henri Kaufmann

Alors, je ne vais pas vous résumer les prestations des différents intervenants en faisant une liste mais je préfère vous faire partager ce que j’ai vécu en suivant des thèmes qui nous sont chers sur More Than Words. Premier sujet : la révolution numérique, c’est quoi ?

C’est Henri Kaufmann qui a ouvert la danse avec « Y a t-il encore une frontière entre vie réelle et vie numérique ?« . Il a tout de suite donné la réponse : non ! En calculant son influence sur les réseaux jusqu’au 3° degré, il nous a démontré qu’il était connecté à 112 millions de personnes à travers le monde et il nous a surtout prouvé que l’on vit et que l’on vibre au rythme de sa communauté numérique, que l’on n’est jamais seul. « Anytime, anywhere, with any devices » ou ATAWAD, nos 2 vies sont désormais en symbiose, les frontières ont disparu sans que l’on s’en rende compte… Grâce à l’approche intuitive de tous les outils que nous avons à notre disposition, les échanges sont facilités et se font naturellement.

Jean-Dominique Séval

C’est ensuite Jean-Dominique Séval qui a pris la parole « Comment regarderons-nous la télévision en 2020 ?« . En faisant des incursions dans le futur, il nous explique que la télévision sera connectée aux réseaux, les écrans géants muraux en 3D nous apporteront de nouveaux modes d’interaction, ce sera la fin des télécommandes. Les écrans envahiront notre vie : dans la rue, les transports, à l’école !

Roland André

Si je ne devais retenir qu’une seule phrase de Roland André, ce serait celle-ci : « L’herbe ne pousse pas sur la route où tout le monde passe« . Vice-président du syndicat national du marketing direct, il nous a prouvé que les réseaux représentaient une véritable révolution dans le sens où ils libèrent notre cerveau et nous ouvrent la voie à différents chemins, à chacun de tracer sa route et de ne pas suivre les autres aveuglément.

 

Bousculons les idées reçues

Denis-Charles Ettighoffer a abordé le sujet du Copyright et du… Copyleft, ou comment faire passer le message pour le droit opposable à la propriété ! En effet, « les producteurs de contenus étant majoritairement des internautes qui font le don de leurs connaissances, le Copyright pénalise les échanges ». Nous sommes tous devenus des auteurs, il est temps de libérer les données en permettant la libre circulation des idées et des savoirs.

Etienne Mineur

Non le papier n’a pas dit son dernier mot ! (lire l’article de Florence Augustine) Et c’est Etienne Mineur qui a captivé l’auditoire avec ses démonstrations. Il a réussi à concilier papier et numérique, nous avons découvert un livre munis de capteurs que l’on secoue, que l’on tape et qui nous dit à quelle page se rendre. Un livre qui tourne ses pages tout seul, connecté à notre I-Phone, un livre qui réagit si l’on revient sur une même page et qui instaure le dialogue avec le lecteur. Mais ce n’est pas tout, Etienne Mineur a trouvé aussi le moyen d’utiliser l’I-Phone ou

l’I-Pad comme accessoire et support du papier, en permettant à l’écran de reconnaître l’objet en papier que l’on pose dessus, un dessin va se continuer, une illusion d’optique va apparaître…

Oui, il est possible de sortir de l’isolement lorsqu’on est hospitalisé et c’est grâce à Mélanie Péron que nous avons découvert cette ouverture. Elle a eu l’idée de créer un jeu interactif très intuitif permettant aux patients de s’évader, de retrouver leurs proches à l’extérieur, une fenêtre ouverte sur le monde, ce concept se nomme « Bliss ». Une excellente démonstration de l’importance de la vie numérique pour rester connectés avec ceux qui vous manquent.

Voici pour une première partie, je vous laisse assimiler toutes ces informations et pour retrouver les biographies et les sites de tous les intervenants, c’est par ici : TEDxMontpellier !

Cécile Courtais

Un esprit sain dans un corps sain !

J’ai vécu plusieurs années dans le Nord, dans une petite ville à côté de Lille. J’avais des voisins charmants, au fil du temps, nous avons commencé à sympathiser et à mieux nous connaitre. C’est ainsi que j’ai découvert Guillaume Dufrénoy. Lors d’une soirée, il m’a raconté les grandes étapes de sa vie et m’a surtout fait partager sa passion de l’écriture. Je vous invite à le découvrir aujourd’hui en lisant cette interview réalisée à distance Lille-Montpellier !

– Bonjour Guillaume, mon cher ex-voisin, peux-tu te présenter et résumer ton parcours ?

Eh bien, bonjour Cécile ! Tout d’abord je tiens à te dire que je suis toujours flatté quand on s’intéresse à ce que je fais ! Je suis né à Lille en 1968, je suis le troisième d’une famille de cinq enfants, quatre garçons  et une fille. Nous habitions à Bersée, à 25 km au sud-est de Lille, à la campagne. Mon père travaillait chez Agfa-Gevaert, une usine de fabrication de papier photo. Ma mère s’occupait de nous à plein temps. Ils étaient engagés dans la vie de la paroisse (catéchèse, chorale, pèlerinage de Lourdes…), et à huit ans je suis devenu enfant de chœur. Comme personne ne voulait faire les lectures à la messe de huit heures, je m’y suis attelé. Je devais avoir 10 ans et beaucoup me félicitaient pour la ferveur dont je faisais preuve alors…

J’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin, m’investissant à mon tour dans la catéchèse et les groupes d’étude biblique. Entre temps, je passais de Dorothée et Carlos à AC/DC, Kiss et Iron Maiden ; de la bibliothèque verte et rose à la littérature d’épouvante. Je découvrais une autre vision de la vie que j’estimais, quant à moi, complémentaire. Surtout quand j’ai appris que Bon Scott, peu de temps après avoir chanté « Highway to hell » était mort. J’y voyais, en effet, une métaphore illustrant que la haine (le chemin de l’enfer en quelque sorte) ne pouvait mener qu’à la mort, alors que l’amour conduisait à la vie…

Je nourrissais l’idée de devenir prêtre et, ne me sentant pas attiré par les filles, je n’avais pas de petite amie. Je n’aimais pas le football et, de ce fait, je m’excluais quelque peu de la « vie sociale » du village. Un club de karaté s’est ouvert à Bersée et mes frères et moi nous sommes inscrits. J’aimais beaucoup ce sport, mais plus dans son aspect kata que combat. Une manière d’harmoniser le corps et l’esprit !

Du hard-rock à la théologie en passant par la muscu…

A 16 ans, je me suis inscrit au « Service Diocésain des Vocations » (qui a changé de nom depuis), et dans lequel des jeunes, garçons ou filles, se sentant appelés par l’église, se retrouvent pour approfondir la question. En 1988, bac en poche, je suis entré au séminaire, pensant réaliser mes rêves d’enfant. Mais je suis tombé de haut, on me reprochait la musique que j’écoutais, les livres que je lisais, le sport que je pratiquais. Car, pour eux, le hard-rock était satanique et, si je faisais du karaté, c’était parce que j’étais un loubard ! Pourtant j’étais bien là, voulant offrir ma vie à celui  qui m’avait offert la sienne. Par contre, on m’admirait en tant que théologien, philosophe et liturgiste ! Mais ces deux facettes de ma personnalité sont bel et bien indissociables, je ne pouvais pas changer pour entrer dans le moule. J’ai donc quitté le séminaire en 1992, mais j’ai continué « ma vie d’église » lisant à la messe et animant des groupes de pastorale, d’étude biblique où l’on m’acceptait comme j’étais.

Le club de karaté avait fermé et je n’avais pas envie d’aller loin pour en faire. Or, un de mes frères était professeur de musculation dans une salle à 8 km de chez nous. Je m’y suis inscrit et j’ai tout de suite été séduit. A tel point que, quand mon frère est parti à l’armée, on m’a demandé de le remplacer. J’ai donc été professeur de musculation et fitness jusqu’en 1997. Mais si je voulais en faire mon métier à long terme, je devais passer un brevet d’état et je pensais ne pas avoir le niveau. Je me suis donc réorienté…

Je suis devenu Permanent de l’Action Catholique des Enfants, un emploi à mi-temps qui me convenait bien. Mais avec l’évolution de la conjoncture, ce ne fut plus suffisant. J’ai postulé à la SNCF et j’ai été retenu ! Entré en 1999, j’ai rencontré ma future femme en gare de Lille Flandres en 2004, nous nous sommes mariés en 2005 et avons eu un fils en 2006. En 2009 je publiais mon premier recueil de poèmes « Mes états d’âme d’hier et d’aujourd’hui ». Je continue la musculation, mais je fais en plus du running, du cyclisme et de la natation, je fais entre 8 et 12 h de sport par semaine, suivant le poste que j’occupe, car je travaille en 3×8. Me voilà comblé et plein de projets !

– Comment en es-tu arrivé à écrire ce premier recueil « Mes états d’âme d’hier et d’aujourd’hui » ?

De façon assez indirecte, je dois dire… Je ne sais plus depuis combien de temps j’écris, en primaire, j’avais toujours le prix de poésie. Je n’avais pas besoin de me forcer pour les apprendre, j’aimais ça, j’en apprenais même plus qu’on ne m’en demandait. Mais je n’en écrivais pas alors. Par contre, je faisais des petites bandes dessinées que je lisais à ma mère le soir, je n’avais pas dix ans ! Mon premier personnage, très inspiré de Zorro, s’appelait Zeppi… C’était un justicier masqué qui signait son nom à la pointe de son épée. Bref, l’inspiration était évidente. Puis les mangas japonais ont déboulé et je me suis inspiré d’Albator pour mes autres histoires.

Au collège, nous devions faire des fiches de lecture, j’aimais ça et, encore une fois, j’en faisais plus qu’il ne m’était demandé. J’ai commencé à écrire des poèmes et je me faisais des rédactions pour moi, mais je n’ai pas conservé ces textes, je crois que j’aurais dû ! C’est en 1986, alors que j’allais avoir 18 ans que mon professeur de français, un homme passionné, nous a demandé d’écrire un poème en nous inspirant du livre de Francis Ponge, « Le parti pris des choses ». J’en ai écrit un, puis deux, trois… Ils constituent la première partie de mon recueil. Plus tard dans l’année, il nous a demandé d’écrire la première page d’un roman et d’expliquer ensuite pourquoi ce style, pourquoi cette histoire… Mon devoir l’a enchanté et quand j’ai quitté le lycée, il m’a dit : « S’il vous plaît, M. Dufrénoy, continuez d’écrire » ! Mais le virus était lancé, j’avais écrit une douzaine de poèmes et trois nouvelles. La première tenait sur une feuille grand format à petits carreaux, plus tard, en la retravaillant, je l’ai appelée « Là, chez les loups », en clin d’œil à l’album de Dio, groupe de heavy metal, intitulé « Lock up the wolves » (Lâchez les loups).

Je suis alors entré au séminaire, mes écrits étaient d’un autre ordre : devoirs de philosophie, théologie ou autres, textes pour les prières, articles pour notre journal et une page de bande dessinée et quelques croquis pour ce même journal. J’ai quand même pu écrire quinze poèmes et huit nouvelles. « Là, chez les loups » faisait désormais une dizaine de pages manuscrites.

Après le séminaire, plutôt déboussolé, j’ai claudiqué un peu sur le chemin de la vie. En 1994, soit deux ans plus tard, j’ai connu mon premier amour, véritable muse, elle m’a inspiré 248 poèmes sur un an et demi. Tandis que « Là, chez les loups » devenait roman… Ma première petite amie m’a quitté, j’en ai trouvé une autre, quelque peu possessive. Elle a voulu que je me débarrasse des poèmes écrits pour « l’autre », je l’aimais, je l’ai écouté, je les ai jetés, elle m’a jeté !

L’édition n’est pas un long fleuve tranquille !

A nouveau seul, je me suis recentré sur l’écriture et en 1998, j’ai essayé de publier mon roman « Là, chez les loups », mais les 17 éditeurs que j’ai contactés m’ont répondu par la négative. J’ai repris mon manuscrit, me disant que si l’histoire était intéressante, les personnages n’avaient aucune substance et le style était bien trop gore. Je l’ai rebaptisé « Le testament des ténèbres », trouvant que ça collait mieux à cette nouvelle version. Plusieurs nouvelles et idées de nouvelles s’organisaient dans trois recueils que j’intitulais : « Chroniques de l’au-delà », « Chroniques sanglantes », « Chroniques d’ombres », mon style se posait bien dans le genre épouvante. En parallèle des poèmes s’accumulaient dans mes dossiers.

Quand je suis entré à la SNCF, j’ai dû apprendre des tonnes de règlements et, tout de suite, je me suis orienté vers les examens de promotion interne. De 1999 à 2006, j’ai énormément planché sur les règlements et ma production littéraire s’en trouvait fortement ralentie. Pourtant, « Le testament des ténèbres » était devenu « Derrière le voile des ténèbres » et j’avais de nouvelles idées pour des textes s’orientant vers le fantastique et l’anticipation. C’est en 2008 qu’écrivant un nouveau poème, je me suis dis « pourquoi pas les publier » ? Jusqu’alors je les trouvais trop personnels, mais finalement, c’est ça qui fait la poésie ! Je me suis relancé à la recherche d’un éditeur. Les grandes maisons comme Flammarion, Gallimard, Albin Michel et même Hachette m’ont dit non. Mais avec Internet, de nouvelles portes s’ouvraient à moi, comme l’autoédition et des maisons à petit budget mais auxquelles on pouvait envoyer un dossier informatique, évitant ainsi le passage par le papier. L’autoédition me rendait hésitant, parce qu’il s’agit d’un véritable océan dans lequel il est difficile de se faire remarquer. Quant aux petites maisons, elles demandaient des frais de maquette exorbitants, allant de 1500 à 5000 euros ! L’un des moins chers, « La société des écrivains » me demandait 2380 euros payable en trois fois. Je ne voulais pas mettre une telle somme en jeu, mais ils m’ont appelé pour me dire qu’il s’agissait d’un très bon travail et qu’il serait dommage de ne pas sauter le pas. Ils me proposaient une ristourne de 200 euros et un paiement en huit fois. Je ne m’y connaissais guère en édition et finalement j’ai accepté. Mon livre était publié ! Pour le moment, j’ai récupéré 54 % de mon investissement avec un peu plus de deux cents livres vendus. On commence à parler de mon recueil, j’ai fait plusieurs séances de dédicaces et je suis intervenu dans un groupe d’aumônerie dont le thème de l’année était le regard sur les choses, c’est-à-dire le premier chapitre du livre ! Je sais que je suis lu dans le Nord-Pas-de-Calais, mais j’ai appris que j’étais lu à Perpignan, Ajaccio et… Montpellier ! Également à St Ghislain en Belgique.

– As-tu des projets en cours ?

Oh là, oui ! J’ai énormément de projets. Tout d’abord un second livre de poésies, j’en suis à 80 pages A4 pour le moment, je voudrais arriver à 180 pages, pour avoir un livre à peu près équivalent au précédent.

Ensuite, mes recueils de nouvelles, pour lesquels j’ai changé le titre. Elles s’appellent désormais « Les dossiers secrets de l’abbé Denis » et se déclineraient en 7 livres pour le moment, contenant chacun 5 à 7 nouvelles pour faire environ 90 pages A4, soit 180 environ au format livre. En fait, l’abbé Denis apparaissait dans une nouvelle écrite entre 1988 et 1992. Il s’agit d’un vieux prêtre, ancien exorciste et peu « orthodoxe » qui s’est finalement « glissé » dans plusieurs autres nouvelles. Du coup, j’ai eu l’idée de présenter mes nouvelles dans un style épistolaire, composé des dossiers « secrets » de ce prêtre. Le premier livre « Histoires étranges » est terminé, je cherche un éditeur. Il est plus orienté fantastique et anticipation. Le second livre « Histoires de Goules, pactes et revenants » est en cours de relecture, il est orienté épouvante et fantastique. Le troisième livre « Histoire de démons et sorciers » est presque terminé, c’est de l’épouvante et l’abbé Denis y a la part belle ! Le livre quatre « Histoires de Vampires » parle… de vampires, mais à la sauce Bram Stoker et Anne Rice. Deux nouvelles sont écrites, deux autres sont ébauchées… Le livre cinq « Histoire de sexe et d’au-delà » contiendra des nouvelles d’épouvante érotiques, deux nouvelles sont ébauchées… Le livre six « Histoires surréalistes », orienté fantastique, comprendra des nouvelles « bizarres » dont cinq sont ébauchées. Le dernier, pour le moment, « Histoires de maisons hantées » parle… de maisons hantées ! Trois nouvelles sont ébauchées.

Poésies, romans, nouvelles et… réseaux sociaux !

J’aimerais boucler les trois premiers livres puis me replonger sur les romans. « Derrière le voile des ténèbres » doit être retravaillé, mais avant ça, je souhaiterais terminer un roman commencé dans les années 90 et appelé alors « Apocalyptique », mais ce nom va changer. Dans le genre fantastique, un jeune séminariste (et oui…) trouve un livre codé. Curieux, il essaye de le décrypter. Y parvenant, il découvre d’étranges vérités. Des démons se sont ligués pour plonger le monde dans le chaos et seul celui qui peut lire ce livre, peut les combattre !

Ensuite, « Derrière le voile des ténèbres », qui relate à sa façon la naissance des loups-garous. Puis un troisième roman, un roman noir d’anticipation… Pour le moment il s’appelle « La voix des paradoxes ». Dans les années 70, alors que Hitler, ayant gagné la guerre, a fait du monde un véritable charnier dans lequel Juifs, communistes, romanichels, homosexuels et malades mentaux ont été soit disant éradiqués, une lesbienne vivant en recluse, essaye de survivre… Et quelques ébauches dont je ne vous donnerais que les titres : Frères de sang (loups-garous et vampires), Ambrosius (science-fiction), Le syndrome de Superman (fantastique), Alkana (épouvante)…

Encore bien des heures de travail ! Pour avoir un petit aperçu de ce que j’écris, on peu me retrouver sur Facebook soit sur mon profil Guillaume Dufrénoy, soit sur mes pages Guillaume Dufrénoy voyageur des rêves, L’actualité littéraire de Guillaume Dufrénoy, Abbé Denis.
J’ai également un blog sur Skyrock, metamorphis.skyrock.com, mais sur lequel je ne suis plus trop actif.
Mon recueil est disponible sur amazon, chapitre.com, la société des écrivains, auprès de moi, sachant que dans ce cas, je peux le dédicacer…

J’espère susciter l’envie de me lire et, pourquoi pas, de m’éditer !

Guillaume, je n’ai qu’un mot à t’écrire : merci de nous avoir fait partager ton parcours et ta passion de l’écriture, tu nous as permis d’avoir un autre regard sur les auteurs… A bientôt dans le Nord ou le Midi si ton chemin t’amène jusqu’ici !

Cécile Courtais

 

Et si plus rien ne devait se ressembler ?

Je viens de recevoir le texte de Céline Jyoti pour les voeux de la nouvelle année. Il arrive de Chine et , même si c’est via internet, je l’ai reçu avec un petit décalage. L’occasion d’évoquer le nouvel an chinois. Le 23 janvier, nous entrerons dans l’année du Dragon.

Un éboulement, des structures que l’on croyait immuables vacillent, des chutes de pierres heurtant violemment des têtes effarées, un amoncellement de rochers branlants, un monde qui bouge, des certitudes qui s’effondrent, un monde disparaît. L’horreur du lendemain qui nous happe de ses crissements d’angoisse, la terreur du surlendemain nous toisant de ses railleries. C’est chaque année la même chose, la fin d’un monde. Ceux qui voudraient que tout soit toujours pareil en sont pour leurs frais.

« À la veille d’une nouvelle année, l’espoir fait renaitre les peurs du futur. Et si l’avenir devait être différent de ce dont nous sommes habitués ? Et si plus rien ne devait se ressembler ? Cette fois, la finance sonne le glas, le mode de vie européen est brutalement remis en question. Et si on abandonnait les réponses toutes faites, si on s’adaptait à ce que nous vivons au lieu de s’accrocher désespérément à l’ancre ? Et si on se mettait à aimer la vie et à voir dans les obstacles un levier pour s’élever au-dessus des misères matérielles ?

Chaque année est celle de tous les dangers. Cette année, la nature fait bien les choses, le dragon est l’animal idéal à chevaucher pour évoluer. L’année chinoise du dragon tombe à pic. Tous mes vœux au dragon pour qu’il soit plus terrible que jamais à chasser nos sottises et nos poltronneries. Juste attendre la fin janvier. Faire le plus de bruit possible pour chasser nos démons, les manichéismes du bon, du méchant, du juste, de l’injuste, du vrai, du faux, du tort et de la raison. Se frotter à grandes eaux, enlever la coquille et voir que nous baignons tous dans la même eau.

Mes vœux vont vers ces oubliés que sont nos soucis, nos inquiétudes, nos frayeurs, nos lâchetés, nos fatigues, nos rancœurs, nos erreurs, je les encourage, qu’ils deviennent notre enthousiasme, notre joie intérieure, cette nourriture qui nous fait avancer. Que la vie soit remplie de ces difficultés qui nous font aimer notre capacité à les surmonter. Sortir du crépuscule de civilisation, se réveiller, décaper la rouille et danser. »

Peace - Et si plus rien n'était comme avant ?

Céline, je me joins à tes voeux, à ma façon avec ces questions : « Et si l’étonnement était le début de l’année ? Le début de chaque jour ? Le début de chaque action ? Car c’est l’étonnement qui nous aide à sortir de notre train-train quotidien. Etonnez-vous ! Etonnez-nous ! Etonnons tous ! » D’ailleurs ton texte, Céline, est étonnant et il mérite amplement d’être publié à part.

J’ai lu tes voeux en écoutant Extreme – Peace (Saudade)

Céline Jyoti

A lire aussi les voeux des autres auteurs de More Than Words :  » Rien n’exprime mieux l’expression des voeux que le titre même de ce blog : MORE THAN WORDS ! Autrement dit, il n’y a rien de plus futile, inutile et hypocrite qu’un voeu s’il n’a pas à l’esprit ces mots : MORE THAN WORDS !

Il n’y a donc pas de meilleur lieu dans la blogosphère pour vous souhaiter une merveilleuse année 2012. J’ai demandé aux auteurs de More Than Words, d’exprimer à la façon de More Than Words, à leur façon et librement leurs voeux pour cette nouvelle année. » à suivre

LA vie est UNE dame, n’en déplaise aux misogynes.

(en réponse aux arguments développés dans l’article de Florence Augustine « La langue française serait-elle misogyne ? ».
Un petit exercice de style inspiré de mon livre « Le Passant Florentin »)

Entre LA naissance et LA mort, il y a LA vie.
LA vie est UNE dame, n’en déplaise aux misogynes.
Mais que serait LA vie sans UNE autre dame, L’eau.

Et LA vie ne serait-elle pas ennuyeuse sans LA fantaisie ?
LA fantaisie est LA pluie qui dessèche LA misère et délie LES langues
pour parler de CES autres dames, soeurs de LA vie.

UNE idée, UNE couleur, UNE mélodie, UNE émotion, UNE poésie,
UNE pensée, UNE prière, UNE ombre, UNE étoile, UNE nuit,
Et encore, LES quatre saisons, UNE fleur,
LA ville, LA campagne, LA montagne et LA mer.

Et que serait LA vie sans LA Fantaisie ?
Essayez d’imaginer UNE vie sans LA littérature, L’architecture
sans LA philosophie, LA musique, LA peinture et LA sculpture,
sans LA Renaissance et LA science,
sans LA moindre espérance.

J’arrête MA liste, je la trouve suffisamment éloquente pour dire que LA vie est essentiellement et substantiellement (LA substantifique moelle de Rabelais !) féminine.

Et c’est là, LA réalité.
Nous, petits hommes, nous n’avons que LA grammaire pour nous grandir.

Mais, ne tirons pas sur LA langue française.
Pensons à LA langue de Shakespeare, le plus grand poète de L’humanité,
qui a dû composer SES pièces de théâtre sans donner LA juste valeur à CES nobles dames !

Vive LA vie,
Vive LA langue française !

Denis Gentile

La photo est de Justine Neubach Copyright Tous droits réservés.