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Je m’appelle Justine Neubach, je suis titulaire d’une maîtrise en philosophie et férue de littérature et de poésie. Aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous la lecture d’un recueil de nouvelles fraîchement paru, et qui, d’une certaine façon, me concerne, puisque l’une de mes histoires courtes y figure.

Leitmotive – opus 1, recueil collectif paru aux éditions Jacques Flament, est disponible depuis le 8 juin dernier via le site de l’éditeur.

Leitmotive, qu’est-ce que c’est ?

LEITmotTIVE, recueil de nouvelles sur la marée

Le recueil en lui-même est à la fois thématique et très éclectique : il rassemble vingt petites nouvelles d’auteurs différents, chacune commençant par deux phrases similaires, « Je me suis réveillé(e) avec la marée. Sans doute l’effet du milieu aquatique sur mon cerveau dérangé… »

La contrainte à l’incipit n’est évidemment pas neuve dans le monde de la nouvelle. Ici érigée en thème du recueil, elle lui fournit une cohérence d’ensemble, si disparate soit-il par ailleurs. Elle est aussi l’occasion de rencontres hasardeuses entre les univers d’auteurs qu’a priori tout oppose. On voit ainsi bondir d’histoire en histoire des thèmes forts voire des personnages, des noms ou des envies, des situations. En cela, malgré leur foisonnement de styles et d’ambiances, les fictions semblent se faire écho les unes aux autres.

Thèmes récurrents dans l’ouvrage

S’il fallait esquisser un rapide portrait de ce livre, je commencerais par citer les quelques thèmes quasi-obsessionnels qui le traversent. L’illusion, la mort, le rêve, l’amour, la guerre : faites rêver des auteurs à la marée et voilà les couleurs dont se teinteront leurs mots.

Certaines nouvelles semblent aussi partiellement se répondre, dans les questions qu’elles posent et leurs façons de les résoudre. La preuve : on lit, dans Morsure lente (de Christophe Esnault), le désespoir de celle dont les rêves se sont fait la malle ; dans Pirate russe (de Véronique Pingault), qu’un vrai trésor contient toujours une part de rêve ; dans L’attente (de Laurence Baudot), un choc étourdissant entre rêve et réalité, l’un ne parvenant jamais à entamer tout à fait l’autre. Le point commun de ces trois histoires, c’est que le rêve y donne sens à la vie.

Un autre tunnel entre nouvelles ? Je pense à Mutatis mutandis (de Lal Behi), à Poisson d’avril (de Patrick Larriveau) et à Ressac (d’Isabelle Guilloteau). Leurs trois personnages principaux ont des parcours bien différents : un grand frère jaloux de sa sœur, un amoureux qui s’est fait jeter en prison à cause du père de celle qu’il aimait, une mère allaitant son enfant. Tous trois seront pourtant soumis à la même tentation du meurtre, et leurs trois décisions finales leur seront dictées par l’amour (bien que chacune des nouvelles ait une issue tout à fait singulière).

Je pourrais continuer longtemps à dresser ainsi des ponts entre les imaginaires des différents auteurs, mais tout lecteur attentif peut le faire aussi bien sinon mieux que moi ; en rajouter serait donc inutile.

Mes coups de cœur

Je me permets toutefois de mentionner encore quelques nouvelles qui m’ont séduite :

-l’Embrouille (de Paul Andrade), au style franc et aux personnages dotés d’un tel relief qu’on les entend presque littéralement parler près de soi quand on lit ! (Quant au scénario en lui-même, il a le mérite de m’avoir beaucoup fait rire.)

-autre style, pour les amoureux de l’étrange et du beau : celui de Célestine, la nouvelle d’Alexandra Berthomet. Célestine est une petite fille d’origine mystérieuse, qui s’attache quotidiennement aux pas du narrateur… J’ai trouvé très belle la fin de l’histoire.

-enfin, pour ceux qui aiment les chutes stupéfiantes, il y a la Dame Blanche (de Brigitte Millet). Effet glaçant garanti.

Quid de ma nouvelle, dans tout cela ?

Il va de soi que je ne peux pas parler de ma propre nouvelle d’un point de vue de lecteur critique… Tout ce que j’en sais, c’est la façon dont je l’ai écrite : il y est question d’une jeune fille qui doit monter sur scène pour un court spectacle, et c’est l’histoire d’une dangereuse illusion que j’ai voulu esquisser sous ses traits. Les deux dernières pages ont été rédigées sur fond de « Danse Macabre » de Saint-Saëns. D’autre part, par jeu avec le thème de la marée, j’ai aussi rendu possible un second degré de lecture pour mon histoire, où les personnages sont des astres.

J’ignore évidemment si tout cela transparaît côté lecteur. La réception d’un texte recèle parfois bien des surprises.
Ma nouvelle a aussi ses sœurs dans le recueil ; je vous laisse les trouver, si jamais vous le lisez un jour.

Pour se le procurer, c’est ici ( http://www.jacquesflament-editions.com/boutique/leitmotive-opus-1/ )

Justine Neubach

 

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5 commentaires

Maud96 · 4 juillet 2011 à 9 h 35 min

J’aime beaucoup le « concept » de la collection : une phrase liminaire « imposée » mais qui donne élan et corps à la rêverie… et j’ai souri et aimé le « jeu de mot » de la nouvelle de Justine Neubach : « Dans sa robe de marée » (je venais de « subir-admirer » à la télé les superbes orgies matrimoniales d’une certaine principauté !)

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