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suite et fin de l’article « Le Community Manager et la Ville Fantôme », lire la première partie : « La Ville Fantôme » et la deuxième partie : « Mais n’ont-ils pas de Communty Managers dans cette profession ? »

« … A trente mètres de l’hôtel, il y a une brasserie sympathique qui n’était même pas indiqué sur le plan de l’iPad. Mine de rien, une paire de jambes et une paire d’yeux, on n’a jamais rien inventé de mieux… »

Le rédacteur web est le fournisseur officiel du Community Manager

« Eureka, j’ai compris. »

Mon lecteur interrompt enfin son silence investigateur.

« Le web, c’est comme une quincaillerie. On peut y trouver son bonheur, mais ce n’est pas sûr. Et sans le quincaillier, pour trouver le bon clou au milieu de milliers d’autres, c’est plus difficile ! »

La quincaillerie de la rue Montorgueil dans le quartier des Halles à Paris

La quincaillerie de la rue Montorgueil dans le quartier des Halles à Paris

« J’aime votre métaphore cher lecteur. Et savez-vous comment s’appelle ce quincaillier sur le web ? »

« Un Community Manager, n’est-ce pas ? »

« Exactement, je vous félicite. Mais croyez-vous que cela soit suffisant ? »

« Euh ! Je ne sais pas. »

« Bon, nous allons éviter un nouveau silence investigateur et je vais tenter de vous expliquer cela. »

Ce quincaillier, ou tout autre commerçant, a des fournisseurs qui lui confient leurs produits : des vis, des clous, des boulons, des planches, etc. Sans ces produits, il n’aurait rien à présenter dans les rayons de sa boutique et il n’aurait donc rien à vendre.

Le Community Manager a besoin lui aussi d’un fournisseur qui lui donne des produits qu’il pourra mettre en évidence dans les rayons de Google. Pour cela, il utilisera notamment les réseaux sociaux.

Le principal fournisseur du Community Manager, c’est le rédacteur web. Il y en a d’autres comme le photographe, le dessinateur et l’infographiste. Leur but est de concevoir des produits que l’on nomme « contenus ». Ce sont donc des producteurs (ou créateurs) de contenus. (Lire l’article « Des sceaux, des cartons, des sacs et des valises, l’interview d’un blogueur »)

Le contenu du pâtissier, c’est le gâteau. Le contenu du pizzaiolo, c’est la pizza. Le contenu du sommelier, c’est le vin. Le contenu du libraire, c’est le livre. Le contenu du couturier, c’est le vêtement.

Cette règle est universelle, mais sur le web, on l’oublie trop souvent. On fabrique des sites sans même définir avant ce que l’on va mettre dedans. Cela n’a aucun sens. Quand vous allez au supermarché, dans les bouteilles de vin, il y a du vin, dans les paquets de pâtes, il y a des pâtes, dans les boîtes de conserve de petits pois, il y a des petits pois, etc.

Le web, c’est une bouteille de vin, le web, c’est un paquet de pâtes, le web, c’est une boîte de conserve. Mais cette bouteille est vide, ce paquet et cette boîte aussi. Il faudra bien les remplir.

Alors quand nous naviguons et que nous trouvons éparpillés des bouteilles, des paquets et des boîtes vides, on a vraiment l’impression d’être dans une sorte de ville fantôme ou pire, dans une décharge.

sea-trash-web

Le World Wide Web aujourd’hui quand nous naviguons ! Sans personne à la barre, ni rédacteur, ni community manager, on part à la dérive ! A quand la prise de conscience ? Avez-vous déjà pensé engager l’un d’entre eux ?

Parodiant le personnage le plus célèbre de tous les temps, nous pouvons nous servir ces mots : « que celui qui n’a jamais jeter (justement !) des bouteilles, des paquets et des boîtes vides sur le web, jette la première pierre. »

Ce blog n’avait pas été mis à jour depuis plusieurs mois [sic], d’autres blogs ont été abandonnés au bout de quelques semaines, des sites attendent leur premier contenu ou leur première mise à jour depuis des années.

Sur le web, il y a encore plus d’objets abandonnés et d’objets bancals que d’objets entretenus et bien conçus. Il y a dans ce créneau des milliers d’emplois à créer, tellement d’emplois à créer que les politiques pourraient y voir une opportunité pour résorber le chômage.

Le web est aujourd’hui une décharge, la plus grande de l’univers, que l’algorithme de Google ne réussira pas à trier et organiser.

Le web est aujourd’hui une ville fantôme dans laquelle inconsciemment nous nous complaisons. Car, malgré tout, nous sommes ravis d’y être ! Quel paradoxe !

Comme dirait Baudelaire, cette série d’articles est une « invitation au voyage », destination le web, la blogosphère, les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

Tout le monde y est cordialement invité. Les commerçants pour ne plus trouver des locaux abandonnés, les artistes pour nous donner envie de nous émerveiller et d’apprendre, et tous les autres, sans discrimination, pour animer une communauté, un blog ou donner un conseil dans un forum.

Le web est encore loin de la réalité, trop loin. Sans nous, sans les êtres humains, il le restera encore longtemps.

C’est mon métier de transformer cette réalité. Je ne suis pas le seul. Community Managers, Rédacteurs web et Blogueurs, nous sommes là pour rendre le web plus propre, plus beau et plus utile. C’est l’instrument le plus puissant que l’homme n’a jamais inventé.

Nous sommes des experts en maniement de cet instrument. Confiez-nous vos sites, vos réseaux sociaux et vos blogs, le web ne sera plus une ville fantôme. L’humanité pourra enfin prospérer.

Fin.

Denis Gentile

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Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

16 commentaires

Guy Couturier · 22 août 2013 à 18 h 32 min

Re-Bonjour Denis,
Je rentre de vacances enchanteresses aux Cinque Terre, et cet enchantement se prolonge en te lisant à nouveau. Bon retour sur le Web, mais tu me semble bien morose, presqu’amer. Pour moi le Web, c’est le bonheur d’échanger, de découvrir l’autre, de sortir de la routine, de s’instruire.
Bien sur, comme le dit Catherine on y rencontre « des vampirs et des charognards », mais comme partout ailleurs. Il faut faire le tri.
Dans nombre d’entreprise, l’image du CM est encore trop souvent chez nombre de « décideurs » celle d’un jeune inculte et plein d’assurance qui s’amuse au fond d’un couloir sombre à surfer sur Internet. mais c’est le fruit de la nouveauté ou de la jalousie de ceux qui ne comprennent rien aux Réseaux sociaux. Cela va se stabiliser avec le temps, la Qualité des contenus convaincra les piises vinaigres.
Courage à tous les CM de bonne volonté
Bien Cdlt – Guy

    Denis Gentile · 26 août 2013 à 7 h 34 min

    Bien au contraire Guy, il n’y a aucune morosité dans le ciel du web, mais quelques nuages menaçants. D’ailleurs, la pluie est vitale. S’il n’y avait que le soleil, la nature serait bien triste.

catherine Billet · 16 août 2013 à 11 h 51 min

Bonjour,
Beau thème et vérités bien dites. Je fais partie de ceux qui contribuent à la décharge. J’ai quitté ma maison. C’était pourtant un lieu sympa, dans lequel je mettais tout mon cœur. Mais j’étais artisan novice et l’adresse était mal indiquée. Je n’ai pas su aller chercher le monde. Je n’avais donc pas de visites et pas d’argent pour me payer un fléchage adéquat. La solitude vide le sens de nos actes. Alors j’ai fermé la porte et j’ai voulu mettre mon cœur et ma plume pour d’autres qui sauraient inviter avec plus de succès. Mais si le web est une ville fantôme il est aussi peuplé de vampires qui laissent exsangues ceux qui leur tendent le cou (et il y en a beaucoup, beaucoup) en échange d’une poignée de figues et de quelques promesses. J’ai appris que mes mots ne valaient presque rien, quelques chétifs centimes à peine, et j’ai perdu mes illusions. Difficile de vivre dans la friche sauvage du Web, ville fantôme des chercheurs d’or dépités où rodent vampires et charognards, âmes perdues et âmes damnées, où flottent les rêves d’un nouvel eldorado solidaire et les cauchemars du réveil. Je viens encore rôder ici parfois en me disant que c’est quand même bête de laisser la ville aux vautours, de ne pas savoir reconstruire un espace de vie équitable, de laisser l’argent faire sa loi sans éthique, de ne pas partager le filon et de laisser pourrir nos rêves d’une simple place au soleil. Vous ne trouvez pas ?

    Denis Gentile · 26 août 2013 à 7 h 27 min

    Votre commentaire Catherine sonne comme la quatrième partie de cet article. Il ne faut pas se laisser abattre car je crois vraiment que l’avenir appartient aux rédacteurs web.

Drôle de Plume · 10 août 2013 à 18 h 24 min

Excellent article Denis ! Tes métaphores sont très bien trouvées ! J’ai adoré te lire 🙂

Gabriel Dabi - Schwebel · 9 août 2013 à 17 h 36 min

Merci Denis pour cet article très sympathique.

Une petite remarque pour ma part, je ne suis pas complètement d’accord avec ta définition du rédacteur web comme fournisseur du community manager en effet je pense que c’est au rédacteur Web d’être le community manager; -)

Bien cordialement,

Gabriel
http://Www.1min30.com

    Denis Gentile · 26 août 2013 à 7 h 23 min

    Je suis d’accord avec toi Gabriel puisque je suis moi-même rédacteur web et mon community manager. Sur certains projets, j’ai eu la chance de travailler avec d’autres community managers et je n’étais que le rédacteur web. J’ai apprécié d’abord travailler en collaboration étroite avec un CM et ensuite de me concentrer exclusivement sur la rédaction. N’oublions pas, et c’était l’objet d’un autre article, que le Community Manager doit savoir écrire !

akismet-a2166ed75fac16348a0be5adcace828eChristophe · 8 août 2013 à 17 h 14 min

Excellent article Denis.
Tu images bien ce que représente le web aujourd’hui et, à mes yeux, tu contribues parfaitement à la réalisation du web de demain.
Merci pour ce précieux éclairage.

Julie · 6 août 2013 à 0 h 29 min

Des mots pleins de sens pour exprimer du vide, un joli salto. Au plaisir de te relire Denis’

Cécile Courtais · 5 août 2013 à 11 h 08 min

Bonjour Denis, quel plaisir de te retrouver après une si longue absence… Dis moi, cela t’a manqué d’écrire pour TON blog ? J’ai beaucoup apprécié cette série d’articles. Tout simplement parce que j’aime quand on me raconte une histoire avec des personnages, des lieux, décrits en détails pour que je puisse les imaginer. Merci pour ce voyage et j’attends la suite avec impatience !

    Denis Gentile · 26 août 2013 à 7 h 16 min

    Cécile, c’est un peu comme rentrer chez soi après un long voyage. Mais je suis prêt à repartir. Merci pour ton excellente question qui mériterait un article.

MonEncre · 5 août 2013 à 10 h 49 min

Excellent texte Denis. Tu maîtrises à merveille, l’ art de nous faire voyager et de nous faire réfléchir. Comment conjuguer web et commerce de proximité ? Tu y arrives à merveille. Je suis un ce jour de te lire sur More than Word.

herve2montpel · 5 août 2013 à 10 h 18 min

Bravo pour ce long article : quelle reprise !
La métaphore du quincaillier est très à propos… Et rien ne remplace la vie réelle. Mais les bons plans sont à trouver par soi-même ou par le « bouche à oreilles » classique, surtout dans la restauration. C’est aussi le partage sur les réseaux ou le buzz. Le CM doit parfois ou souvent s’adapter à une clientèle toujours plus exigeante, négociant toujours (pour un clou) et revient souvent au magasin avec le sentiment de s’être fait avoir. On a beau les prévenir que la qualité a un prix mais ils n’entendent rien. La concurrence est féroce mais en définitive, un jour, ils viendront définitivement chez nous. A nous donc de leur prodiguer les bons conseils (avec l’aide de nos fournisseurs) et de les fidéliser…

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