Un Community Manager doit savoir écrire

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A l’origine, il ne s’agit pas d’un article. C’est un rapport remis à un client suite à la correction et à la réécriture de son site. J’ai pensé que ces conseils pouvaient aussi profiter à d’autres. N’oublions pas que la règle du web 2.0 est le partage. D’autre part, la publication de ce texte revêt un autre objectif. Celui de susciter de l’intérêt et une plus grande considération pour le travail de rédaction sur le web. La rédaction ne peut pas être le parent pauvre du web et être considérée comme une option facultative et à bas coût.

Pascal. Blaise Pascal. Connaissez-vous ses pensées ?

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ! »

« Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. »

« L’homme n’est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. »

Ou encore « L’homme est un roseau pensant.« 

Il y en a des centaines comme ça. On est au XVIIe siècle mais le style est celui de la communication d’aujourd’hui sur Twitter, Facebook ou Google Plus.

Les Pensées de Pascal sont, d’une certaine façon, une compilation de tweets ! Pascal n’était pas seulement un philosophe, un penseur et un théologien. C’était aussi un physicien, un mathématicien et un inventeur.

Calculer

Anecdotiquement, c’est très intéressant. Il a inventé la machine à calculer. C’est une invention très utile aux Community Managers quand on doit trouver une phrase de 140 caractères pour twitter, un peu plus pour LinkedIn (maxi 600) ou 160 pour la description du Search Engine Optimization. Le Community Manager doit donc savoir calculer avant de savoir écrire !

Carré

Il faut être carré pour reprendre un mot cher à Cécile Courtais (et son site c’est au carré). Des maths à la géométrie, il n’y a qu’un pas.

J’ai beau retourner le carré dans tous les sens, je ne vois pas comment le Community Manager peut négliger le côté rédactionnel de son métier. Même s’il développe essentiellement des vidéos, il doit bien écrire un scénario, trouver un titre et écrire quelques mots de présentation.

Ecrire aujourd’hui sur le web demande donc à la fois de savoir Calculer et d’être Carré. Deux mots qui ont pour initial la lettre « C » comme Conseils. En voici d’autres qui pourraient vous aider à bien écrire si vous êtes blogueur, rédacteur web ou Community Manager.

Compréhensible

Il y a une astuce que je déteste. Ce sont les « # » dans les messages sur twitter. Ca rend les messages incompréhensibles. Les hashtags sont importants, il faut apprendre à les utiliser sans que cela nuisent à la compréhension. (Ce n’est pas facile mais justement, c’est un métier !)

Le lecteur doit pouvoir comprendre même s’il commence sa lecture au milieu d’un paragraphe.  Annoncez ce que vous allez expliquer en rédigeant un sous-titre ou une introduction.

Court

L’emploi de phrases courtes est indispensable. Si la phrase est trop longue, on ne sait plus où se trouve le sujet. Un internaute ne prend pas le temps de lire ! Contrairement au lecteur de roman ou de journal.

Ecrire, c’est comme un jeu de construction. Briques et mots, même combat !

Construction

Sujet – Verbe – Complément. C’est la forme simple à donner à la construction de votre phrase. Il faut donc absolument éviter les inversions du sujet, les ellipses qui omettent les articles et les sujets. Au contraire, il faut répéter autant que nécessaire les mots essentiels à la compréhension de la phrase et du paragraphe.

Clair

La clarté d’un propos sur le web dépend de la mise en page. Un rédacteur web doit nécessairement donner des indications au graphiste sur la mise en page. Vous devez avoir à l’esprit où s’arrêtera le regard de l’internaute quand la page s’affiche sur l’écran.

Concept

Un seul concept par paragraphe. C’est mieux pour la clarté et la compréhension de votre texte.

Clés

Vous devez rédiger des textes en pensant au référencement et donc à l’utilisation de mots et d’expressions clés. L’idéal est de faire une liste d’une trentaine de mots et d’expressions (associations de mots clés) à utiliser en priorité et les décliner en genre et en nombre.

Correct

Le sens est double. Essayez d’éviter les fautes d’orthographe et d’inattention (c’est mon péché mignon, surtout à 6 heures du matin). Aujourd’hui par exemple, j’ai renoncé à lire un article car il y avait une énorme faute dès le troisième mot. Je ne suis pas le seul à réagir de cette façon. Deuxième sens, soyez correct avec les autres. Le web n’est pas un défouloir où tout est permis. Respectez l’opinion d’autrui sans jamais insulter ou mépriser la personne.

Cohérent

La cohérence linguistique : par exemple dans l’emploi du vocabulaire. Eviter les néologismes inutiles. Prononcez-les à voix haute. Ils sont souvent laids  et sont facilement remplaçables. Attention aussi aux erreurs de ponctuation (les virgules) et à l’emploi alterné de pluriels et de singuliers dans les énonciations.

Colorier

Donner des couleurs au sens propre et au sens figuré. Cela signifie illustrer ses propos avec des photos, des images, des dessins, des légendes, des exemples, des références, des dialogues, des avis des clients et des témoignages. Donner des couleurs, c’est éviter de lire un discours sur un ton monotone. Les pages principales de votre site web doivent être multicolores. Il n’y a pas d’un côté l’explication et de l’autre les témoignages. Ce serait de la paresse conceptuelle. Le rédacteur web doit jouer avec les couleurs.

Charisme

Vos pages doivent avoir du charisme ! Mettez en valeur votre personnalité,votre métier et votre concept. Pour cela, vous devez donner un style à votre discours sur le web.

Caractère commun

En donnant un caractère commun à votre article, vous facilitez non seulement sa lecture, mais aussi et surtout, il aura plus de chances de rester gravé dans la mémoire du lecteur. Exemple ? Cet article ! Chaque conseil commence par la lettre « C ». Pensez au « T » de Twitter ou au « F » de Facebook. C’est simple et efficace comme idée.

et en supplément, un double « C » d’une… rédactrice AOC :

 

Cécile Courtais

 » Un Community Manager communique sur les réseaux avec les mots. Il véhicule l’image d’une entreprise, d’une institution, il crée le lien avec les fans, les contacts. Il amorce le dialogue et les échanges. C’est pourquoi il doit savoir écrire. Mais qu’est-ce-que ça signifie « savoir écrire » ? Tout d’abord, maitriser la langue dans laquelle il s’exprime. Ca parait évident mais on a parfois des surprises. Les fautes d’orthographe, de grammaire ne sont pas tolérables car elles donnent une mauvaise image. Ensuite, le Community Manager doit savoir écrire pour s’adresser à sa cible : il adapte son discours, son ton rédactionnel en fonction de ses lecteurs. On ne parle pas aux clients d’Oasis comme à ceux de Cartier… Enfin, il doit aussi savoir répondre aux commentaires, engager la conversation, inciter à la participation, encourager les échanges. Et son seul outil, ce sont les mots. C’est pour cela qu’un Community Manager doit savoir écrire et maitriser ce qu’il exprime. Et même s’il doit aussi être familiarisé avec la technique, il doit toujours se recentrer sur l’humain car c’est à des femmes et des hommes à qui il s’adresse et pas à un robot… Dans tout Community Manager sommeille un auteur : journaliste, rédacteur, blogueur… Mais toujours un passionné de l’écrit !  »

Community Manager

Lui aussi est à la lettre C ! C’est donc la démonstration qu’il doit savoir (bien) écrire ! Une preuve plus grammairienne que mathématique.

Ecrire, c’est un métier : denisgentile.pro@gmail.com !

Des réseaux sociaux aux moteurs de recherche, les mots ont une importance exponentielle dans votre plan de communication. Avoir un rédacteur qui intervient à tous les niveaux est devenu indispensable. Je vous invite à consulter la liste de nos prestations en tant que Rédacteur et Community Manager.

Si malgré tout, vous ne voulez pas d’un pro. de la rédaction, je vous donne un ultime conseil : relisez les Pensées de Pascal !

Denis Gentile

 

JE_BLOGUE

 

DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile

29 réflexions au sujet de « Un Community Manager doit savoir écrire »

  1. Salut article fort intéressant, à tel point que je le fait tourner à ma petite sœur qui a gagné un concours du style job de rêve, et qui va être community manager pour une école de surf en Australie.
    Il y a donc de fortes chances pour que ces conseils soient appliqués outre-pacifique !!!
    gratifiant isn’t it ?

  2. @Denis : Bravo pour la pertinence de votre propos, qu’une pointe d’humour met particulièrement en valeur.
    @ Cécile Courtais : merci ! Soudain, je me suis sentie moins seule… > écrire est un métier à part entière, moi aussi je sais cuisiner… J’ai bien ri.
    signé une passionnée de l’écrit, tombée toute petite dans la marmite des mots, passée ensuite à la moulinette du journalisme, avant d’arriver à la communication. Tous les jours, apprendre et se nourrir des mots, ceux qui nous lient, nous délient, nous libèrent, ceux qui racontent une histoire, une histoire à partager.

  3. Pour la 1ère, je suis poussée à commenter cet article, tant il est riche d’idées autour des aptitudes à avoir pour écrire.
    Tu vas surtout à l’essentiel avec cette belle leçon de « C » qui explique clairement les qualités requises pour bien rédiger.
    Ecrire sur le web demande beaucoup d’exigence pour être lu et compris et doit être adaptée à chaque contexte.
    Aujourd’hui, blogueurs, rédacteurs, journalistes ont compris que les stratégies sur le web tendent de plus en plus à se consacrer à celle du contenu.

    Pour en revenir à l’orthographe, je suis comme Valérie et Aliénor => c’est plus fort que moi, mais ça me saute aux yeux quand un texte publié est bourré de fautes.
    Il y a « faire une faute de temps en autre » et « ne savoir pas écrire », pour moi c’est préjudiciable au contenu puisque ça peut le dévaloriser.

    1. Merci Léa pour ton commentaire. Je retiens notamment un mot : CONTENU. On y reviendra prochainement sur More Than Words. C’est bien à le nerf de la communication.

  4. Cet article est en plein dans l’actualité :

    Une faute d’orthographe sur le nouveau maillot de l’OM
    Le nouveau maillot du club de football, conçu par le rappeur Akhenaton, comporte une faute d’orthographe sur l’adjectif invariable « orange »… http://www.atlantico.fr/atlantico-light/faute-orthographe-nouveau-maillot-om-356690.html
    « Et nos cœurs sont oranges, comme au couchant sont les flots« . L’adjectif orange étant invariable, il aurait fallu l’écrire sans « S »…

    Voici la règle :
    « Les adjectifs de couleurs (bleu, rouge, vert, etc.) utilisés seuls s’accordent avec le nom qu’ils qualifient (Des pantalons bleus. Des robes vertes). http://www.synapse-fr.com/manuels/ACCO_COUL.htm

    Si l’adjectif est composé, il reste invariable (Des yeux bleu vert). Cette règle est également valable pour les noms (ou les adjectifs) qui précisent la nuance (Des yeux bleu foncé. Des cheveux brun clair. Une veste bleu pétrole, etc.).

    Les noms de fruits, de pierres précieuses, de fleurs, utilisés pour désigner la couleur restent invariables (Des cravates orange. Des yeux émeraude).

    Notez : « pourpre, mauve, rose, écarlate, fauve, incarnat » devenus de véritables adjectifs varient s’ils sont employés seuls (Il avait les joues écarlates). »

    1. Merci Francis pour cette info. On fait toute une histoire pour une faute d’orthographe sur un maillot. La même faute sur le blog de l’OM, tout le monde s’en moque ! Deux poids, deux mesures ? Ou un début de prise de conscience ?

  5. Merci Denis pour ces conseils au demeurant simples et logiques mais toujours pertinents.
    Savoir écrire est quelque chose d’assez subjectif, comme l’illustre le propos de Cécile Courtais, mais écrire pour le web est encore plus complexe.
    Je me permet un exemple. Mes étudiantes, littéraires jusqu’aux bout des doigts, viennent de lancer leur blog. Elles maîtrisent la langue française mais l’écriture qu’on leur impose dans les dissertations et autres commentaires de texte n’a pas grand chose à voir avec les contraintes du web.
    Je me suis posé une question en leur faisant cours : quelle écriture a la plus de chance de leur servir dans leur vie professionnelle?
    Quant aux fautes, j’ai aussi toujours des scrupules à les signaler à leurs auteurs, sachant que je dois certainement en laisser quelques unes dans mes textes malgré les relectures. Parfois, j’ai même l’impression, dans cette démarche, d’être prise pour une casse-pied. Une expression moins polie en rapport avec les diptères me vient en tête, mais je vais m’abstenir.
    Toutefois je suis ravie de constater que je ne suis pas la seule.
    Enfin, une fois encore, merci !
    Alienor

  6. Merci pour cet excellent article Denis. Et merci aussi pour la référence, je suis très flattée que tu me perçoives comme une rédactrice AOC ! C’est vrai qu’écrire est un métier à part entière. Mais souvent, quand on propose nos prestations, les clients disent « mais moi aussi je sais écrire ! ». On a un énorme travail de sensibilisation à effectuer. J’ai souvent envie de répondre « moi aussi je sais cuisiner ! » mais est-ce que j’ai le savoir-faire d’un grand chef ? Et bien non !!!

    1. Comparaisons, analogies, métaphores, exemples sont souvent le meilleur discours pour expliquer quelque chose. Et on trouve souvent ces moyens termes dans la cuisine. Il y a là l’idée d’un article (très prochainement sur ce blog) mais sûrement aussi d’un blog ! On se lance ?

  7. Excellent article que je « scoop »
    Pour répondre à ton interrogation Valérie, je ne pense pas que le blogueur t’en tiendra rigueur ..
    Personnellement je le fais souvent ( encore ce matin, j’ai signalé à 2 blogs des erreurs ) et j’apprécie qu’on me fasse des remontée, çà prouve qu’on me lit attentivement et çà aide à apporter un contenu de qualité !
    Si la personne est « froissée », elle doit s’interroger sur ses erreurs … est-ce qu’elle apprécie les fautes sur les autres sites ? Celles-ci jouent-elle en sa faveur ou défaveur ?

    1. ça : contraction de « cela ». « çà » : pour « çà et là » par exemple.
      D’ordinaire, je ne corrige que les fautes de mes filles mais, là, puisque c’est le sujet…

  8. Merci pour ce bel article Denis, et à Cécile Courtais pour sa participation : Je privilégie la qualité des écrits, et je suis une détectrice de fautes d’orthographe 🙂 Vous connaissez cette sensation désagréable de lire un article écrit par un bloggeur de renom, et d’avoir le regard heurté par des fautes d’orthographe ? c’est une sensation difficile car vous aimez ce bloggeur, vous aimez partager ses articles, mais comment lui dire sans le froisser qu’il y a des fautes dans son texte ?:-)))
    Valérie

    1. Merci Valérie pour cette remarque pertinente.

      Ce sont les commentaires que je préfère et les critiques que j’accepte le plus volontiers. Personne n’est parfait et si quelqu’un a repéré une faute dans mon texte, je le remercie doublement. Premièrement, car il me permet d’améliorer mon texte. Deuxièmement, parce qu’il a lu avec attention mon article !

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