Archives de catégorie : Contre-courant

More Than Words, le blog (et la chanson) à contre-courant !

expédiezentrevous.com : il fallait oser, Frédéric Laumonier l’a fait !

Frédéric Laumonier, entrepreneur et Community Manager, est un précurseur. Sa société « Expédiez entre vous » est le meilleur exemple de ce que sera le monde de demain. Un exemple à suivre !

Il a toujours su rebondir face aux situations professionnelles qu’il a rencontrées. Surtout, il n’a jamais hésité à se remettre en question, à oser aller de l’avant, il n’a jamais lâché et c’est comme ça c’est comme ça qu’aujourd’hui, il y est arrivé !

C’était la deuxième fois que j’allais rencontrer Frédéric Laumonier. Il m’avait donné rendez-vous dans le quartier de Port Marianne, dans un restaurant où il a apparemment ses habitudes : le 9, joli cadre et bonne table ! Tout de suite, j’ai compris que j’avais en face de moi un personnage étonnant. Ce breton d’origine a un parcours qui a de quoi surprendre ! Mais surtout, Frédéric fait preuve d’un dynamisme à toute épreuve et d’un esprit d’entreprendre contagieux ! Attachez vos ceintures, décollage immédiat :


Je suis né à Paris et j’y suis resté jusqu’à mes 25 ans. J’ai commencé mes études par un CAP en ébénisterie et j’ai continué avec un autre CAP et un BEP : menuiserie et menuiserie en agencement. Ensuite, j’ai intégré l’école Boulle où j’ai passé mon BTS. J’ai rapidement trouvé mon premier poste dans une menuiserie qui avait comme clients Hermès et Cartier. Je m’occupais de la rénovation et de l’agencement des boutiques. Hélas, ce contrat n’a duré qu’un an. Je me suis tourné vers un autre secteur : les caisses de retraite où j’occupais la fonction de liquidateur de retraite. Mais cette expérience n’a duré que 2 ans. J’ai cherché ailleurs et je suis devenu responsable des services généraux d’Adia France pour les agences en Ile de France, je gérais les enseignes. Au bout d’un an et demi, suite à la fusion avec Ecco, le siège a été transféré dans la région lyonnaise, j’ai préféré ne pas suivre et j’ai profité de l’occasion pour m’installer à Montpellier où j’avais de la famille. Nous voici en 1997.

 

Toujours réagir quelle que soit la situation !

 

J’ai alors trouvé une place chez Generali en tant que chargé de clientèle. J’y suis resté environ 8 ans. Ensuite le Gan m’a recruté en tant qu’inspecteur : je recrutais et j’accompagnais les nouveaux arrivants pour créer leur portefeuille. C’est alors qu’AGF Allianz m’a contacté pour devenir inspecteur des ventes sur une plateforme avec une équipe de 5 personnes à manager. Mais l’esprit de l’entreprise ne me convenait pas, le contact avec les clients me manquait. Je suis parti après un an et demi… C’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’installer en indépendant. Etant donné que j’ai toujours gardé de très bonnes relations avec mes anciens employeurs, j’ai pu développer mon activité dans le placement financier et la capitalisation des retraites. 2008 arrive et la crise aussi ! Tout ce que j’avais mis en place s’est écroulé. Je me suis retrouvé sans rien et sans indemnités vu que j’étais en libéral. Je décide alors de retourner dans le monde de l’assurance. J’ai alors trouvé une opportunité chez les Assurances Chevalier en tant que Responsable développement réseau. Il fallait former les agents commerciaux sur toute la France. J’ai procédé aux recrutements, j’ai accompagné sur le terrain. Mais cette démarche était subventionnée par Pôle Emploi et un beau jour tout s’est arrêté. Je me suis dit que l’univers de l’assurance ne m’inspirait plus et il m’est alors venu une idée suite à une mésaventure.

 

L’idée n’est pas arrivée par hasard…

 

Je devais envoyer un courrier au Canada à mon beau-frère. C’était très urgent. Les services postaux m’ont fait payer 56 euros et la lettre est arrivée trop tard… C’est ainsi que j’ai pensé à créer un concept totalement novateur, j’ai élaboré le cahier des charges pendant 9 mois et début 2010 la création du site était en marche ! Mon idée c’est qu’un expéditeur remet à un voyageur sa lettre ou son colis qui le remet au destinataire. Le service se fait entre usagers, sans intermédiaire. Le 6 juillet 2011, le site a été officiellement lancé ! Il permet de mettre en relation les voyageurs et les expéditeurs. Mon rôle consiste à communiquer avec les inscrits, c’est ainsi que je suis devenu mon propre community manager. Je suis complètement autodidacte et c’est grâce aux réseaux sociaux que le site a connu un succès rapide : je suis présent sur Facebook, Twitter, Viadéo, Linkedin, Digg, Google+. J’ai voulu aussi faire connaitre mon activité dans la presse. La Gazette a fait un article sur expediezentrevous.com  dès son lancement. Ensuite, j’ai voulu aller plus loin.

 

J’ai osé frapper à toutes les portes des médias ! Je n’avais rien à perdre !

 

A l’occasion de la venue du Club Europe 1 sur Montpellier, j’ai pu remettre mon dossier de presse à Laurent Ruquier et de fil en aiguille, j’ai été sélectionné pour le casting de l’émission de Nagui « tout le monde veut prendre sa place ». Après les tests, je suis passé devant un jury. Et j’ai pu parler de mon site sans le nommer bien sûr mais cette expérience a eu de grandes répercussions sur la fréquentation ! J’ai misé sur la médiatisation, je suis ensuite allé au salon Pollutec Horizons, au Sénat même pour expliquer comment mon concept s’inscrivait dans une démarche écologique. Le journal Direct Montpellier m’a proposé  d’écrire un article et j’ai eu la chance d’être en première page, grâce à un journaliste séduit par le concept ! Après le Parisien, 20 minutes, c’est France 3 région qui vient de me contacter. Tous mes efforts commencent à porter leurs fruits. Et bien entendu, j’ai des projets en préparation, sans trop vous en dévoiler, cet été, je vais vous faire flasher sur les plages mais pour l’instant chut !

 

Ne jamais lâcher et toujours aller de l’avant

 

Je crois que si mon idée fonctionne, c’est parce qu’elle répond de manière simple à une demande. Vous devez envoyer quelque chose rapidement ? Vous souhaitez rentabiliser une partie de votre voyage ? Cela s’adresse à tout le monde, par exemple : l’étudiant qui fait du covoiturage et peut ainsi se faire rembourser une partie de ses frais de voyage en livrant un colis. C’est pour cette raison que le principe doit être étendu du local à l’international. Plus il y aura d’inscrits, plus la communauté sera grande et le service élargi. Ce que j’ai voulu aussi, c’est éviter les manipulations d’argent entre expéditeur et livreur. La rémunération se fait par chèque cadeau. Dès que le destinataire a reçu son colis, il prévient l’expéditeur et le livreur reçoit alors son chèque cadeau. Il peut le mettre de côté et l’utiliser pourquoi pas, pour un envoi ultérieurement ! Bien entendu, toutes les règlementations sont mentionnées sur le site et dans un souci de totale transparence, j’invite l’expéditeur et le livreur à fermer le courrier ou le colis ensemble.

 

Ca fait à peine un an que le projet a vu le jour et je peux dire que expediezentrevous.com  est déjà allé sur les 5 continents ! L’idée plait et cette solution permet aussi de diminuer l’impact des transports sur l’environnement car elle optimise les déplacements des personnes. Vous l’aurez compris, j’essaie toujours de penser à l’étape suivante. Et j’ai d’autres projets en tête. La géolocalisation peut se transformer en service instantané pour transférer du surplus de bagage à moindre coût, il faut encourager les personnes qui s’inscrivent à donner le plus d’informations possibles, toutes les données sont entièrement sécurisées, c’est ainsi que l’on peut élargir l’offre et répondre le mieux possible. Il faut penser en local, vous pouvez utiliser le site pour faire parvenir un colis à votre famille qui se trouve dans le département voisin. Mais le projet doit s’ouvrir aussi à l’international.

 

Il faut toujours continuer à se développer. Sur le site, je veux tchatter en direct avec les utilisateurs pour être encore plus réactif. Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’instantané et expediezentrevous.com  doit y répondre. Ce que j’aime le plus, c’est ça au fond : le contact, aller vers les autres et surtout quand on a une idée : ne jamais lâcher… Oser et tenter, on n’a rien à perdre !

Pour découvrir le site : http://www.expediezentrevous.com
L’intervention de Frédéric lors du salon Pollutec : http://youtu.be/3JR6n9n8TLI
L’émission « tout le monde veut prendre sa place » :  http://youtu.be/ralZ7Cl-Hrg

Propos recueillis par Cécile Courtais

Muriel 2.0 : à la croisée des métiers… Psychologue & Community Manager

L’expérience de Muriel réinvente les métiers tels que nous les avons toujours connus. Et si elle nous montrait le chemin, si son parcours était annonciateur de ce que sera demain ?

Nous nous étions donné rendez-vous place Saint Roch, dans le cœur historique de Montpellier. Où nous avions d’ailleurs passé ensemble la soirée Silent Disco ! J’ai rencontré Muriel il y a seulement quelques semaines mais j’ai l’impression de la connaitre depuis longtemps… Il faut dire que nos chemins se sont croisés sans que nous le sachions ! Et oui, à l’automne, nous étions à IRL 2011 toutes les 2. Ensuite la première fois où je lui ai parlé, c’était lors du TedX grâce à Denis ! Arrivée le matin avant que les conférences ne commencent, je me connecte sur Facebook pour poster en direct sur l’événement et Denis me demande de saluer Muriel de sa part alors que je ne savais même pas à quoi elle ressemblait ! J’ai donc scruté tous les badges pour essayer de la trouver et j’y suis arrivée ! Mais trêve de bavardage, je la laisse vous raconter son parcours :


Au premier plan, Cécile Courtais et Muriel Cossard Guy, Place Saint Roch à Montpellier

J’ai fait mes études à l’Université de Caen Basse Normandie eh oui une Normande, une vraie ! Où j’ai suivi un cursus en psychologie du développement, psychologie de l’enfant et de l’adolescent jusqu’en maitrise à l’époque, et obtention de mon DESS option Adultes matures et vieillissants (master). Pendant cette dernière année de fac, je travaillais en parallèle pour un centre de formation. Ma voix était tracée en adéquation avec tout ce que j’espérais : comprendre les motivations, les mécanismes psychologiques mis en jeu, accompagner, guider, faire évoluer. Bref m’intéresser à l’humain.  Là j’ai appris à former. Formateur c’est un vrai métier. Prendre en charge de jeunes adultes ou des cadres en demande d’emploi ne s’improvise pas. Etre sur le devant de la scène non plus… S’exposer au groupe, aux regard de l’autre et communiquer même pour un psy ça s’apprend… Les psy ne sont pas des extraterrestres ! C’est ainsi que de la formation « insertion »  j’ai pu exploiter la facette « petite enfance » de mon cursus en formant aussi les assistantes maternelles agréées et des familles d’accueil  pour personnes âgées… C’est à cette époque que je suis devenue Psychologue Consultante. Je réalisais des bilans  de compétences, accompagnement sur projet professionnel, projet de reconversion, formation, menais des conduites de changement au travers de projet d’établissement, autant de missions rattachées au développement des hommes et des entreprises.

 

L’alliance de l’ingénierie et de la psychologie

 

J’ai ensuite intégré l’AFPA sur un poste de psychologue du travail mais je me suis vite sentie frustrée par rapport à la productivité que l’on nous demandait. Même si cette expérience m’a beaucoup apporté, je considérais que cette approche était contraire à ma  croyance réelle en la capacité de l’individu à évoluer à son rythme puisque issue du courant cognitiviste englobant entre autre les thérapies d’apprendre à apprendre (élève de Didier Pleux) et incontestablement Piagetienne grâce à Jean Drévillon professeur émérite qui m’a fait aimer et comprendre l’humain. C’est alors qu’une opportunité de travail s’est offerte à mon compagnon de vie de l’époque, sur l’aéroport de Montpellier. Nous n’avons pas hésité une seconde à sauter le pas et à nous lancer dans cette nouvelle aventure ! Gros déménagement et pour la petite anecdote, c’est le jour de mon anniversaire que j’ai débarqué à Montpellier

Le temps de prendre mes marques, de trouver de nouveaux repères, j’ai commencé à chercher du travail sur la région… en vain !   Hasard de la vie ou opportunité, mon mari démissionne de son poste quelques temps après et ensemble, nous avons lancé un projet totalement innovant : nous avons créé un organisme d’Aide à la Formation et au Développement Aéronautique (AFDAéro). Etant donné qu’il était le seul ingénieur en France à former des techniciens de maintenance  sur un certain type d’avion, les compagnies d’aviation d’affaires nous ont rapidement sollicités sur différentes Qualifications de Types. Puis nous avons été sollicités par la Direction Générale de L’Aviation Civile pour mettre en place les formations initiales Facteurs Humains maintenance aéro , prévention et gestion de l’erreur humaine  ou comment éviter qu’un avion se crash.  Nous avons été les pionniers en France à amener ce savoir-faire et surtout à faire comprendre que ces formations doivent se faire à 2 : un ingénieur et un psychologue ! Le concept a remporté un grand succès. J’ai ainsi eu le plaisir de voyager pour former les personnels des compagnies d’aviation Corsair, Air Antilles Express, Air Guyane Express, Air Madagascar, Air Burkina, Air Sénégal International, Aéroport Abidjan, Polynésia Hélicoptère…

 

A la découverte du Community Management…

 

Cette belle aventure a duré 7 ans jusqu’à la fameuse crise de 2008 où le secteur de l’aéronautique a aussi beaucoup souffert. Nous avons du hélas fermer notre société. Mais ce qui nous a quand même fait plaisir, c’est que les compagnies d’aviation ont gardé le bénéfice de ce que nous leur avions enseigné et aujourd’hui, ils ont parfaitement intégré cette démarche que nous avons insufflée. J’ai alors essayé d’ouvrir mon cabinet de psychologue mais ce secteur est très développé sur Montpellier et ce n’était pas évident de faire sa place sans réel réseau concret.  Et c’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser aux réseaux sociaux sur le web surtout grâce à Marco Feau que j’ai rencontré à cette époque ! Il m’a montré le chemin et surtout il a su me motiver. C’est un véritable autodidacte, il aime chercher la solution, apprendre sans cesse et surtout partager. Il est aujourd’hui une référence en Community Management sur Montpellier. J’ai commencé par Viadéo car c’était une approche professionnelle et ça me rassurait, je ne savais pas encore me positionner sur les autres réseaux. J’ai optimisé à fond mon profil grâce aux conseils de Marco !

Et bien entendu, j’ai investi Facebook. C’est là que j’ai commencé à réaliser qu’aujourd’hui, il y avait de nouvelles façons de recruter, de postuler et que les réseaux étaient en train de révolutionner nos habitudes. J’ai travaillé mon e-réputation J’ai intégré la sphère ou communauté RH 2.0 pour étudier d’une part le positionnement que devait prendre un candidat en recherche d’emploi et d’autre part comment les recruteurs perçoivent cette approche avec cette notion capitale qui est pour l’entreprise : la marque employeur. Avec Marco, nous avons adhéré au groupe des Community Managers Francophones sur FB.  C’est ainsi que Jean-Marie Bourgogne nous a repérés. Nous étions en contact via les réseaux mais nous nous sommes rencontrés à IRL 2011 ! Il m’a proposé un stage à la Ville de Montpellier au sein de Montpellier Territoire Numérique. Une formidable aventure qui m’a donné l’occasion de rencontrer à nouveau Marie-Laure Vie, de prendre en charge la mission de Community management et de participer à l’animation du TedX.

 

A l’intersection de la communication et de la psychologie : l’humain !

 

 

Aujourd’hui, je suis présente sur Viadéo, LinkedIn, Twitter , Facebook… et Doomiz.. Mais c’est Viadéo, mon premier réseau qui vient de m’ouvrir la porte au poste que j’occupe désormais. Un employeur s’est arrêté sur mon profil et aussi sur l’article que j’ai mis en lien au sujet du TedX. Je travaille maintenant chez France Glass Consulting, bureau d’études, d’analyses, d’expertises spécialisé dans le verre et les vitrages. Ce qui a retenu l’attention de mon nouvel employeur, c’est l’aspect humain de mon parcours. En répondant à ces attentes, j’ai en quelque sorte crée un nouveau métier à l’intersection de la communication et des relations humaines. Je suis sa responsable d’antenne sur Montpellier et chargée de communication, je travaille sur la stratégie, sur les outils et moyens de communication, je vais développer son Community management. Et je m’occupe aussi de la partie RH et recrutements… Tout est interactif. Sur mon profil twitter vous pouvez lire : CM Psy RH 2.0…Un  nouveau métier ?  Une mutation oui certainement. Mais ce qui ressort en filigrane dans ma mission c’est le fil conducteur à mon parcours, c’est l’humainL’homme, on le retrouve dans la psychologie, les RH et bien sûr dans toute forme de communication… Et vous allez rire, et c’est un comble, je vais vous avouer que je n’ai pas encore rencontré mon employeur : nous communiquons régulièrement via… Skype ! La confiance s’est rapidement instaurée et il s’est vite senti rassuré.


Alors peut être que cette expérience prouve que le recrutement vit une période de mutation, peut être que demain, les entretiens se feront virtuellement, et sur des modes plus humains ? Peut être que l’expérience de Muriel laisse entrevoir la transformation des métiers tels que nous les percevons aujourd’hui. Peut être que demain nous prendrons tous son chemin…

Propos recueillis par Cécile Courtais

 

Les rencontres, les mots étonnants et les secrets perdus du TEDx de Nice

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Le TEDx de Nice, deuxième édition le 19 octobre 2013. Plus d’infos en cliquant sur l’image

Commençons par identifier notre sujet :

« TED est une fondation mondiale dévouée aux idées qui méritent d’être répandues. Le concept TED a commencé aux Etats Unis en 1984, comme une conférence rassemblant des personnes de trois mondes: Technology, Entertainment, Design, et ce ; pour partager des idées innovantes, du savoir et des expériences de vies uniques en présence d’un large public. »

Etonnant ce TEDx de Nice ! 

Etonnant car c’était le premier TEDX organisé sur la Côte d’Azur. La Côte d’Azur, ce n’est quand même pas une succession de bleds perdus sur la surface de la planète. Saint-Tropez, Cannes et Monaco font tout pour se faire remarquer. Le Festival du Cinéma, le Grand Prix de Monaco, le MIDEM et des centaines d’autres événements qui sont suivis par les médias du monde entier. Et pourtant, avant ce 17 mars 2012, aucun TEDX !

Un chiffre : 1981. En 2010, 1981 événements TEDx ont été organisés sur les  5 continents ! Pas un seul entre Menton et Marseille. La Côte d’Azur était exclu de ce grand mouvement.

Etonnant ! Non ?

Etonnante, son organisatrice, Touria Dahak. « C’est un projet fou, né comme un défi » nous explique-t-elle en nous accueillant. En 4 mois, elle a mis sur pied du haut de ses 150 centimètres un événement unique et qui le restera.

Changer de perspective

C’est important de d’abord parler des personnes avant de parler de leurs idées. C’est indispensable pour bien les comprendre. C’est d’ailleurs ce que fait le premier intervenant Christophe de Dinechin. Il nous montre une photo d’un groupe de personnes. Comme une preuve. La preuve qu’il a rencontré Messieurs Hewlett et Packard. Et cette rencontre a changé sa vie. Plus exactement, cette rencontre a donné une nouvelle dimension à sa vie. C’est le sujet de son intervention : « Changer de dimension ».

Son objectif est insensé. Il veut nous expliquer la théorie de la relativité d’Einstein en deux minutes !

Etonnant, je vous avais prévenu !

Il se base d’ailleurs sur une citation du génie allemand : « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement. »

La démonstration se fera en 3D et elle est convaincante. Ca mériterait un article à part entière sur More Than Words. Qu’en pensez-vous Christophe ? Seriez-vous partant ?

Une phrase pour conclure son intervention : « Il faut savoir s’inspirer de ce qui vient de l’extérieur. » Ne perdons pas de vue que le thème de ce TEDx est : « Vers une mobilité du savoir méditerranéen ».

Les Smart Cities

Christophe passe le micro à Gilles Berhault qui va nous parler du futur et de « la civilisation numérique ». Son but ? « Rompre avec l’économie de possession. On ne cherche plus à posséder à tout prix, mais à partager ! » C’est l’une des idées fortes de ce TEDx.

Il esquisse alors la description de l’organisation des nouvelles villes. Des « Smarts Cities à la fois durables, intelligentes et solidaires. »

On prend conscience que le numérique change nos mentalités, nos moeurs et nous structures en profondeur. Plus rien ne sera pareil.

Une des idées étonnantes de son intervention est la suivante : « Prendre le temps de gagner un million d’heures par jour ! »

Là-aussi, ça mériterait un article à part entière sur More Than Words. Qu’en pensez-vous Gilles ? Seriez-vous partant ?

Les Talents

J’ai retenu un mot de la conférence suivante « Pour une intégration du savoir dans la méditerranée » et je vous livre une réflexion personnelle. Emmanuel Noutary ne parle pas des gens ou des immigrés lorsqu’il évoque les flux migratoires. Il dit « les talents ». Talents au pluriel. Cela change complètement la perspective de nos réflexions et de nos discours.

Faites le test suivant : à chaque fois que vous entendez parler (un test idéal à faire en période électoral) ou que vous-mêmes vous parlez des chômeurs, des étrangers, des handicapés, des sans-abris, etc., remplacez chacun de ces noms par TALENTS. L’autre a du talent et ce n’est pas réservé aux artistes et champions. Non, c’est une catégorie commune à tous les êtres humains.

L’idée est simple. Si elle est simple, elle est donc étonnante et elle mériterait qu’on s’y attarde dans un autre article sur More Than Words. Qu’en pensez-vous Emmanuel ? Seriez-vous partant ? 

Les secrets perdus

On arrive au moment clou de ce TEDx avec la conférence « Ponctuation, un chemin de vie » de M. Driss Alaoui Mdaghri. Professeur, ancien ministre, poète, humaniste, etc Autrement dit, pour faire le lien avec le précédent paragraphe, un homme aux multiples talents.

Il y a tant à apprendre d’une personne comme Driss parce qu’il a une expérience riche de la vie et qu’il a su en tirer une vraie sagesse.

Son discours, un modèle du genre, est construit autour des signes de ponctuation. Voici quelques phrases à retenir  :

« Pour comprendre, il faut se jeter à l’eau, mettre la main à la pâte et se demander que peut-on faire pour changer les choses ? » Le point d’interrogation ?

« Quand on perd la capacité de s’étonner sur les choses les plus simples, alors on perd la capacité à découvrir ! » Le point d’exclamation !

« En allant à contresens, on arrive à avancer et faire quelque chose. » Le point et contrepoint.

« L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est déterminant. » (Les parenthèses)

« Ouvrons les yeux, apprenons des autres. Il faut essayer de dompter le pouvoir. Domptez le pouvoir que vous avez sur les autres et domptez le pouvoir que les autres ont sur vous. » « Les guillemets. »

« Nous voyageons. Nous venons des étoiles. Le monde tourne autour de deux choses : le sens et la création. » Les points de suspension…

Pour une personne comme moi, les mots de Driss ont une répercussion particulière. Et je ne crois pas être le seul.

Je suis aussi heureux de retrouver dans ses mots certaines choses que j’essaie de raconter, moins brillamment, dans mes articles. L’exemple évident est « L’étonnement est le début du blog ! ». Ou encore, la prétention affichée de More Than Words d’essayer de trouver un sens et d’aller à contre-courant.

J’aimerais aussi vous parler de son livre « des secrets perdus ». Il raconte une histoire où les conflits se règlent à coups de joutes poétiques !

Etonnant ! Non ? 

Mais je vais commencer par le lire.

J’ai eu la chance de parler deux minutes avec lui pendant la pause. Je rêve désormais de prolonger cette conversation et de la proposer aux lecteurs de More Than Words. Driss, êtes-vous partant ?

C’est la pause. Fin de la première partie.

La suite prochainement sur ce blog, si vous le souhaitez, bien sûr.

En guise d’introduction à cette deuxième partie, je vous invite à lire : « The Hub ou quand le design s’inspire du web ! »

 

Denis Gentile

 

En complément, à lire l’article de mon amie Cécile Talec sur son blog : Ensemble, c’est tout !  

Le papier me tourne le dos mais le web me tend les bras… et j’aime ça !

Il y a quelques jours, j’ai passé la soirée avec une amie que je n’avais pas vue depuis plusieurs années. Arrive la question habituelle : « alors Cécile, ça marche pour toi ? C’est qui tes clients ? ». Et là j’ai réalisé soudain que je travaillais de plus en plus pour le web… J’allais commencer par lui parler des plaquettes, dépliants et autres que j’ai réalisés quand je me suis aperçue que depuis plus de 6 mois, je n’avais fait que des sites web et du Community Management.

 

En la quittant, j’ai beaucoup réfléchi à tout ça. Alors bien sûr, je ne suis installée en indépendante que depuis 2 ans. Bien sûr, mon cas ne concerne que moi et je ne veux surtout pas généraliser mais tout de même…

 

Lorsque mon activité a réellement démarré, ça a commencé par le papier. Tout ce que j’avais semé, je l’ai récolté, ma prospection s’est transformée en projets concrets. Le plus souvent, les agences m’appelaient et me demandaient dans l’urgence de traiter une plaquette, un communiqué ou un dossier de presse, de rédiger un dépliant… Les délais étaient toujours très courts, c’était pour hier ! Bien entendu, je répondais oui et faisais tout pour les satisfaire. Je sentais quand même que la conception rédaction était une prestation qu’ils traitaient en dernier, comme s’ils l’avaient un peu oubliée dans le planning. Parfois aussi, ils me demandaient de revoir mes prix à la baisse en me promettant de futurs dossiers à traiter et donc du travail en perspective. Je ne leur en veux absolument pas, ce sont les règles du jeu, je les connais et je les accepte mais… rien de tout cela ne s’est produit !

 

Dans le web, on prend le temps et on ne discute pas les tarifs !

 

En parallèle, les agences web ont commencé à me contacter. Leur approche m’a paru tout de suite différente. D’abord, on prend le temps de réfléchir : un projet avant d’être signé, est étudié et analysé. Je présente en collaboration avec l’agence, une préconisation au client. Tout est écrit noir sur blanc. On discute et on ajuste. Le dossier est ensuite planifié sur plusieurs mois parce qu’on ne fait pas un site en claquant dans ses doigts ! Et après un premier site avec telle agence, est venu le second, le troisième etc et une autre agence avec le même schéma. Un détail qui a son importance aussi : avant de commencer, les agences web m’annoncent le budget qu’elles ont estimé pour ma prestation, à moi de dire si c’est correct, ça l’est 9 fois sur 10, et ensuite, on ne discute plus de tarif, c’est entériné. Je peux dire aujourd’hui qu’une certaine complicité s’est développée entre ces agences et moi, j’ai toujours plaisir à les rencontrer et à travailler avec elles. J’ai touché à une large gamme d’univers différents grâce à elles et je me régale ! J’ai l’impression que je leur ai fait passer un message : celui de l’importance de l’écrit dans le web. Et depuis, elles pensent à moi… La confiance s’est instaurée.

 

Alors, est-ce que le papier me tourne le dos ? Peut être. Ou alors est-ce que les agences print sont moins confiantes que les agences web ? Plus inquiètes de leur avenir ?  Est-ce que les agences print n’ont pas réalisé le rôle de l’écrit alors que les agences web l’ont tout de suite compris et surtout reconnu ? J’aime toujours autant le papier mais je dois l’avouer, aujourd’hui, c’est le web qui me fait travailler. Si demain, on m’appelle pour du print, je ne dirai pas non… Mais je commence à préférer qu’on fasse appel à moi pour le web !

Prendre un nouveau chemin…

Il y a quelque temps, Denis a découvert le site de Julie Beille-Foltz via Facebook. Il m’a tout de suite envoyé un mail à ce sujet en me précisant qu’il s’était arrêté sur une phrase en particulier : « Je me souviens avoir été fasciné par l’histoire de Sting. Ce chanteur qui au départ était professeur d’anglais et s’est lancé dans la musique. J’aime cette idée de prendre un nouveau chemin… » J’ai donc invité Julie à se présenter dans une interview, je vous souhaite une bonne lecture !

« Bonjour Julie, tu es traductrice et formatrice, peux-tu présenter ton métier et ton parcours ? »

Un parcours se construit, s’oriente et se réajuste au fil de nos expériences personnelles et professionnelles. J’ai choisi de faire un baccalauréat économique, B à l’époque et malgré les réticences du corps enseignant, j’ai tenu bon et suivie cette voie. Ce diplôme en poche, j’ai opté pour la fac et pour des études de langues appliquées, tel était l’intitulé. L’anglais et l’espagnol que j’allais parcourir pendant ces années d’études seraient appliquées à la vie, à l’économie du monde dans lequel je progressais.

Mon bagage alors en espagnol n’était pas fort voire même plutôt faible. J’avais eu une professeur au lycée dont les idées de l’enseignement s’approchaient plutôt d’une décoration de sa classe qu’à une transmission des secrets de la langue hispanique. Un séjour en université d’été avant d’intégrer la fac m’a permis de baigner avec bonheur dans cette langue aux accents chantant. L’espagnol est une langue rapide, vibrante que je me suis régalée d’étudier. Pour l’anglais, mon attachement s’y est ancré avec une belle empreinte familiale. J’ai démarré mes études à Limoges, continué sur Paris puis terminé sur Montpellier. Les enseignants y ont été divers mais mon souvenir reste pour ceux qui étaient imprégnés d’humanisme. Les briseurs de vie ont parfois été trop cassants. Je pense alors que petit à petit s’est forgé mon envie de transmettre. Je demeurais persuadée que l’on peut faire passer du sens aux autres sans pour autant les réduire à néant.

 

Des voyages, des rencontres, l’envie d’apprendre !

 

Pour revenir à mon parcours professionnel, j’ai emprunté une brève voie d’assistante export, travail mêlant bien l’aspect économique actuel et les langues, pour l’aspect humain je le trouvais personnellement trop inexistant. J’ai bifurqué et évolué parallèlement entre l’univers de la traduction et de l’enseignement. J’ai adoré travailler sur un projet de didacticiel avec l’entreprise Didact Systèmes sur Montpellier, entreprise grandement humaine. J’ai trouvé difficile d’être projeté dans un collège du jour au lendemain, sans lien, sans communication avec les enseignantes précédentes. J’ai aimé transmettre à des adultes en formation professionnelle. Puis, j’ai choisi de continuer dans le monde des langues en traduisant, en formant aussi mais nettement moins. Ma fille étant petite il était pour moi important de vivre ces années d’épanouissement en étant proche d’elle. Pour les adolescents, je ne voulais pas en rester là. Malgré la difficulté de cette année, je savais que je voulais leur transmettre ces deux autres fabuleux univers que sont l’anglais et l’espagnol. J’ai donc choisi d’axer ma transmission en face-à face ou à deux. J’aime à découvrir l’humain, et la psyché recèle d’une autre langue qu’il est étonnant de connaître. La PNL aide beaucoup dans ce cheminement mais pas que. J’apprends toujours à apprendre et ma quête reste immense.

« Ton site est superbe, tu l’as élaboré en collaboration avec Delphine ? Une phrase a retenu notre attention, peux-tu nous expliquer ce qu’elle signifie pour toi ? »

Delphine fait partie des doux hasards de rencontre dans une vie. J’ai toujours aimé son approche de l’art, de la photo, du regard qu’elle pose sur la vie. Au cours de nos échanges, quand elle évoquait son envie de se lancer en indépendante, j’étais ravie car je me disais que c’est à elle que j’aimerais confier la tâche de me créer une identité graphique en temps voulu. Quand elle s’est lancée, elle m’a créé ma charte graphique. Elle a adapté mon blog à mes nouvelles couleurs et voilà quelques années après une nouvelle étape : la création de mon site Internet. Bref, pour en venir à Sting, j’ai la sensation d’avoir grandie avec lui. J’ai commencé à écouter ses chansons à  10 ans. J’aime son évolution musicale. J’ai la sensation que ses chansons m’ont portée. C’est un artiste sincère qui a su progresser avec authenticité. Sa vision d’appréhender la vie est belle, il a des valeurs et semble n’avoir jamais trahi ses convictions profondes. Je ne saurais vous montrer meilleure illustration qu’en vous faisant écouter l’une de ses chansons. Sans doute aussi est-ce un peu par-là également que j’ai eu envie de savoir ce que ces paroles renfermaient.

Alors cliquez, fermez les yeux et laissez-vous envahir par la musique :

http://www.deezer.com/music/track/922108 « On and on, the rain will fall… like tears from a star. On and on the rain will say…  how fragile we are » (1)

Et magie de la langue, la voilà en espagnol :

http://www.deezer.com/music/track/1564416

Moi comme au premier jour l’émotion est bien là !

Pour conclure, écoutez-le dans cette belle émission, un écran sur son parcours pour mieux le connaître et savoir qu’une vie recèle plusieurs vies :

http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-entretien-sting  L’interview commence par ces mots : « Il faut avoir le bonheur d’être remarqué… et se rendre compte que l’on a une responsabilité envers vous-même, envers votre musique et envers le monde. » (2)

Quand le charme opère encore et toujours, que la curiosité nous donne l’envie d’aller de l’avant, moi la magie je la vois dans d’autres langues, d’autres cultures à connaître et à faire partager.
Au revoir et merci,

Julie
www.traduiresanslimites.com

 

Cécile Courtais

 

Notes rédigées par Denis Gentile, rédacteur en chef du blog.
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(1) : « L’un des buts de More Than Words est de mettre en avant certains mots et de découvrir quelque chose de nouveau, au-delà du mot en lui-même. Par exemple, en le comparant aux autres langues. Comme le titre de cette chanson de Sting : FRAGILE. Il est amusant de constater que ce mot s’écrit de la même façon en français, en anglais et en italien. C’est assez rare. Pour moi, c’est un signe de la richesse et de la force de sa signification. Un mot qu’on ne doit jamais oublier quelque soit son origine et sa culture. Un mot dont le sens va au-delà de nos différences. Un mot universel qui appartient à tout le genre humain. Autrement dit, un mot ‘humaniste’. Bien sûr, il ne se prononce pas de la même façon. Cela lui donne une plus grande envergure. Car il appartient ensuite à chacun de lui donner sa personnalité. » 
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(2) : « C’est la même chose dans tous les domaines. « Avoir la chance de se faire remarquer », dans le monde du web, c’est le rôle du Community Manager de mettre en avant quelque chose (cette chose, c’est une personne, une marque, une action, un objet, etc.). Comment provoquer cette chance ? La suite de l’interview de Sting nous donne la réponse : « Plus tu pratiques, plus tu as de la chance… » Alors PRATIQUONS ! Comment ? Ici et maintenant, pour moi, c’est en faisant vivre ce blog. Grâce aux autres rédacteurs de ce blog qui nous font découvrir des personnalités et des angles de vue nouveaux.
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Mais Sting insiste immédiatement sur sa responsabilité en tant que musicien. Cela s’applique pleinement dans le monde du web. Des millions de personnes interviennent quotidiennement sur le web (quelques centaines sur ce blog). Mais combien d’entre nous avons à l’esprit ce mot : RESPONSABILITE. Quand nous écrivons quelque chose, est-ce que nous savons en mesurer les conséquences ? On pourrait pour le savoir se poser deux questions : Est-ce que ce que j’écris peut être utile à quelqu’un d’autre ? Et : Est-ce que ce que j’écris pour faire du mal à quelqu’un d’autre ? Les réponses à ces questions devraient être notre guide et nous rendrons le web plus humaniste. Et là, je me permets de reprendre un extrait de l’interview de Julie : …mon souvenir reste pour ceux qui étaient imprégnés d’humanisme. Les briseurs de vie ont parfois été trop cassants. Je pense alors que petit à petit s’est forgé mon envie de transmettre. Je demeurais persuadée que l’on peut faire passer du sens aux autres sans pour autant les réduire à néant. »
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Je viens d’énoncer au moins 3 sujets d’article. Si des personnes veulent prendre la balle au bond, ils peuvent m’écrire à denisgentile.pro@gmail.com et/ou laisser un commentaire au bas de cet article. Merci.

Egalité, la balle au centre…

Non je ne vais pas parler sport, même si je vis dans une ville ou le handball, le rugby et le foot sont rois ! Je vous avoue que je n’y connais pas grand-chose d’ailleurs ! Par contre cette expression « Egalité, la balle au centre », pour moi ça signifie « on repart sur de bonnes bases » et j’aime bien ce ton direct ! Non aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un match qui me tient à cœur : information versus communication. Je vous ferai remarquer tout de suite que je n’ai pas écrit « contre » mais « versus », nuance… Comme 2 équipes sur le même terrain, l’information et la communication ne jouent pas l’une contre l’autre, mais ensemble.

Mais pourquoi ce sujet me direz-vous ? Tout simplement parce que lorsque je suis arrivée à Montpellier, j’ai adhéré à certains organismes de presse qui accueillaient aussi les communicants et j’ai participé à plusieurs manifestations. Je reçois des magazines et parfois j’y lis des articles qui me surprennent. Pour résumer, le sentiment général que j’ai en écoutant tout ce qui se passe autour de moi, c’est que la communication est le parent pauvre de l’information.

« Pros de la com » !

Commençons par un premier point : dans le monde de l’information, on entend parler des « journalistes et communicants ». Ce terme de communicant, je ne le comprends pas, je pense qu’il réduit nos métiers aux personnes que côtoient les journalistes telles que les attachés de presse qui leur fournissent communiqués et dossiers. Cela me parait étrange de définir un ensemble de métiers avec un participe présent ! Je préfèrerais professionnels de la communication, si vous trouvez ça trop long, on n’a qu’à dire « pros de la Com » !

Je rebondis tout de suite sur le deuxième point que je voulais aborder : cette appellation que je vous propose me parait plus judicieuse pour englober la variété de compétences que l’on trouve dans le secteur de la communication. Les maquettistes, infographistes, photographes, rédacteurs, community managers, web designers, développeurs, sound designers, imprimeurs… et que ceux que j’oublie viennent se rajouter dans les commentaires ! Oui, c’est ça la communication, un ensemble de métiers et de compétences extrêmement variés ! Un secteur riche et diversifié, sans cesse en mouvement, toujours en train de se renouveler…

« Vous êtes un peu comme une journaliste alors ? »

Journaliste ou communicant ?

Plus j’y réfléchis, plus je crois que ce raccourci est du au fait que le métier de journaliste et celui de concepteur rédacteur peuvent parfois se confondre. Souvent quand je décris mon activité, on me répond « vous êtes un peu comme une journaliste alors ? ». Nous utilisons les mêmes outils et la même matière, notre plume et les mots, à l’instar d’un menuisier et d’un charpentier qui travaillent le bois avec un compas et une équerre. Mais les points communs s’arrêtent là. Comme le menuisier qui va fabriquer des portes et fenêtres alors que le charpentier va édifier la charpente qui soutiendra le toit, journalistes et concepteurs rédacteurs ne conçoivent pas les mêmes choses.

J’ai déjà écrit que lorsque j’étais adolescente, je voulais devenir journaliste. J’avais idéalisé ce métier, pour moi, c’était des héros qui risquaient leur vie dans des zones de conflit et dont l’unique credo était l’objectivité. Tout d’abord, la majorité des journalistes traitent d’autres sujets et il y a de quoi faire ! Et l’objectivité n’est plus une condition sine qua non du métier. En effet aujourd’hui, un journaliste peut apporter un éclairage à ses articles. On peut alors écrire que le journaliste a pour mission de retransmettre une information vérifiée au préalable et qu’il peut la présenter selon un angle de vue qu’il aura choisi et annoncé. Un « Pro de la Com » fait passer un message dans le but de donner envie : pour construire une image de marque, l’identité d’une entreprise, vendre des produits…

Cette dimension commerciale, nous l’assumons tous à 200%, nous vendons du rêve ! Contrairement au journaliste, notre mission est d’être créatifs pour trouver l’image, les mots et chaque élément du message qui vont vous interpeler, retenir votre attention et vous donner envie. C’est pourquoi lorsque j’ai lu un jour que « les meilleurs communicants étaient d’anciens journalistes », je ne suis pas d’accord car un journaliste n’a pas à développer sa créativité, même si parfois un article peut être présenté sous un angle original, il doit véhiculer un fait avéré.

Réclame, publicité, communication !

Ensuite, j’ai souvent l’impression que la communication est perçue comme un secteur récent et que c’est pour cela que nous manquons parfois de reconnaissance. Mais je ne crois pas que nous soyons si jeunes ! La communication a toujours existé, je ne vais pas vous faire un cours d’histoire mais souvenez-vous des « réclames » que nos grands-parents regardaient au cinéma « Du beau, du bon, Dubonnet », ca date quand même du début du XX° siècle… On a porté plusieurs noms mais on n’a pas changé, on a évolué ! Plus tard, c’était la « publicité » avec l’apogée des années 80 et Séguéla pour ne citer que lui, les grandes agences parisiennes… Il n’y a pas si longtemps, le terme « publicité » est presque devenu un gros mot et lentement nous avons glissé vers le terme de communication, plus politiquement correct peut être ?

Quand je relis ce que je viens d’écrire, je crois vraiment que ce qui nous manque à nous « Pros de la Com », c’est un élément fédérateur comme les journalistes qui ont un syndicat pour défendre leur profession. Nous avons besoin d’une entité, une association, un groupement, à nous de trouver la bonne formule !, et ainsi, nous valoriserons nos métiers et encourageront leur reconnaissance. Cette idée a été maintes fois soulevée mais jamais approfondie, et si on relevait le défi ? Alors, quand nous y serons parvenus, on sera à « égalité, la balle au centre », on pourra se regarder et se respecter mutuellement entre journalistes et « pros de la com », car tel est mon unique objectif en écrivant ces lignes : se serrer la main et continuer le match en gardant l’esprit sportif.

 

Cécile Courtais

Philippe de Casabianca a répliqué immédiatement à l’article de Cécile Courtais :
« Journalistes, tous des artistes, tous des charlots ? Chat alors ! Et les autres communicants ? »
C’est l’expression de la force des blogs, celle de permettre un dialogue intelligent et immédiat.

TEDx Montpellier : des histoires pour élever notre conscience

Si je devais résumer en un seul mot ce que j’ai vécu au TEDx, ce serait « ouverture ». Nous avons eu la chance d’avoir des intervenants qui nous ont raconté leur histoire, leur expérience, et nous ont ainsi démontré qu’en plaçant l’humain au coeur du numérique, on pouvait partager, créer des liens et vivre des moments intenses.

 

Damien Douani

 

Thriller à la Mac Gyver…

Commençons par Damien Douani ou « le jour où j’ai compris à quoi servent les réseaux sociaux« , un récit raconté à la manière d’un thriller où tout l’auditoire était suspendu à ses lèvres… C’était le 29 octobre 2010 à 11h lors d’une conférence dans laquelle il intervenait. Un besoin urgent se faisant ressentir, il va aux toilettes, à 11h08 en essayant d’en sortir, il réalise que la poignée a lâché, il est enfermé, à 11h09, il se demande « mais que ferait Mac Gyver ?« , lui qui a toujours une solution ! Sauf que Damien n’a aucun outil sous la main mis à part… son I-Phone et à 11h10, il envoie un message sur les réseaux pour expliquer la situation dans la quelle il se trouve. A 11h13, 40 personnes lui répondent, s’inquiètent, lui demandent s’il tient le coup et retweetent son message. A 11h18, c’est le buzz sur Twitter, tout le monde le suit quand soudain, une personne présente dans la salle de conférences lit son appel. Les secours arrivent enfin mais n’arrivent à rien et lui passent des outils sous la porte pour qu’il essaie de se libérer de l’intérieur. Il prend ces outils en photo et les diffuse sur les réseaux pour tenir tout le monde informé. A 11h42, il est enfin dehors ! Moralité : il réalise alors qu’il n’a jamais eu l’idée d’appeler un ami et que personne ne l’a appelé non plus ! Naturellement, il a utilisé les réseaux, son message était surprenant, décalé et à donner envie à ceux qui l’ont lu de le retransmettre. D’autre part, et c’est le fruit du hasard, il l’a envoyé à une heure stratégique de la journée. Ensuite, il a associé plusieurs formats : texte, image… S’il avait eu assez de batterie, il aurait même fait un film ! Les réseaux ont donc une capacité de propagation de l’information étonnante et réinventent les relations humaines.

Petite aparté, il devait être environ 11h30 lorsque nous avons fait une pause au TEDx ce vendredi 20 janvier, j’ai alors consulté Facebook et lu le post de Denis Gentile dans lequel il me demandait de saluer de sa part Muriel Cossard Guy… Là, j’ai pensé « merci Denis, t’es bien gentil mais à quoi elle ressemble, vais-je devoir regarder avec insistance tous les badges pour la trouver ? ». Coup de chance, elle aussi me cherchait et voilà mission accomplie…

 

Cécile Courtais et Muriel Cossard Guy

Echanger, oser, partager, se dépasser…

 

C’est ensuite Michelle Blanc qui nous a raconté son histoire. Il y a quelques années, elle était un homme et en 2007, certains blocages sont tombés et elle a réalisé qu’elle devait opérer sa transformation et devenir femme. Elle a fait son coming-out sur son blog « femme 2.0 « . Et grâce à son témoignage, elle a permis à ceux qui l’ont lue de trouver le courage d’oser changer de vie. Ces échanges, ces partages l’ont aidée à passer le cap mais ils ont aussi aidé tant d’autres personnes, à un point qu’elle n’aurait jamais imaginé !

Mehdi Lamboum est venu témoigner de ce qu’il a vécu lors de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011. Il a dit franchement qu’il avait eu peur de se retrouver seul. Peu à peu, il a dépassé sa peur et s’est affiché, ce qui lui a permis d’avoir le soutien des autres. En créant la page Facebook « Ell » (ouvrir), il a instauré une idée de transparence et il a conclu en montrant un tag sur mur « plus jamais peur« … Un magnifique exemple de franchise et d’ouverture.

Jay Michael Jaboneta nous a emmenés en voyage… aux Philippines. Il y a quelque temps, il a découvert dans un village des enfants qui avaient tellement envie d’aller à l’école, qu’ils n’hésitaient pas à y aller à la nage. Il a voulu partager cette information sur Facebook, elle s’est propagée et est devenue un véritable projet, « the Yellow Boat« , le bateau nommé « New Hope » allait permettre de faciliter l’accès à l’école à ses élèves. Depuis, le concept a donné naissance à d’autres idées dans d’autres régions du pays…

Daniel Herrero

La rencontre s’est terminée par une apothéose, que dis-je, un tourbillon d’énergie tel que je ne l’aurais jamais imaginé, ce tourbillon s’appelle Daniel Herrero, ancien joueur et ensuite entraîneur de rugby, il est aujourd’hui ambassadeur officiel de la fédération nationale des droits de l’homme. Il a exprimé son admiration face au courage de Michelle Blanc, il a expliqué à Damien Douani qu’au lieu de prendre son I-Phone, il aurait donné un bon coup d’épaule dans la porte des toilettes… Il a surtout dit que c’est ensemble que nous pouvons améliorer le bonheur de tous les hommes, que nous avions besoin de nous voir, d’être en contact. Et je terminerai sur une de ses citations : « Viens donner avant de recevoir, viens servir avant de te servir ». Il avait tellement de choses à nous transmettre, à nous faire partager, que je ne me risquerai pas à résumer sa prestation. Bientôt, il y aura des vidéos en ligne et je vous conseille de prendre le temps de les apprécier.

Voilà, c’était Cécile Courtais reporter pour More Than Words en léger différé de TEDxMontpellier et je n’ai pas encore atterri…

Cécile Courtais

 

TEDx : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats… »

« … on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Cette réplique est extraite du film Forrest Gump, Et j’ai toujours pensé que ça signifiait qu’il pouvait nous arriver des choses formidables pour peu qu’on prenne la peine d’être à l’écoute. Et bien vendredi 20 janvier, en quittant le musée Fabre de Montpellier, j’étais dans cet état d’esprit, mieux même, je me sentais sur un petit nuage, comme si j’avais savouré des chocolats aux goûts totalement inédits, mais là ce n’était pas mes papilles qui étaient en effervescence mais mon cerveau, ma conscience et aussi… mon coeur.

J’ai vécu des heures exceptionnelles avec des personnes exceptionnelles qui nous ont fait partager des expériences exceptionnelles, désolée pour les répétitions, ce n’est pas très pro, mais là pour une fois, je ne trouve pas mes mots ! Tout d’abord, c’est quoi TEDx ? C’est une série de conférences, un concept qui a vu le jour dans les années 80 dans la Silicon Valley et traitant des thèmes de la technologie, du divertissement et du design. L’objectif ? Répandre les idées qui vont changer le monde ! Elles présentent les discours d’intervenants remarquables chacun dans leur domaine. Ils ont 18 minutes au maximum pour s’exprimer, convaincre et apporter un nouvel éclairage. Et ce format aussi est exceptionnel car il permet un partage des connaissances riche et intense !

Dessine moi le futur…

Henri Kaufmann

Alors, je ne vais pas vous résumer les prestations des différents intervenants en faisant une liste mais je préfère vous faire partager ce que j’ai vécu en suivant des thèmes qui nous sont chers sur More Than Words. Premier sujet : la révolution numérique, c’est quoi ?

C’est Henri Kaufmann qui a ouvert la danse avec « Y a t-il encore une frontière entre vie réelle et vie numérique ?« . Il a tout de suite donné la réponse : non ! En calculant son influence sur les réseaux jusqu’au 3° degré, il nous a démontré qu’il était connecté à 112 millions de personnes à travers le monde et il nous a surtout prouvé que l’on vit et que l’on vibre au rythme de sa communauté numérique, que l’on n’est jamais seul. « Anytime, anywhere, with any devices » ou ATAWAD, nos 2 vies sont désormais en symbiose, les frontières ont disparu sans que l’on s’en rende compte… Grâce à l’approche intuitive de tous les outils que nous avons à notre disposition, les échanges sont facilités et se font naturellement.

Jean-Dominique Séval

C’est ensuite Jean-Dominique Séval qui a pris la parole « Comment regarderons-nous la télévision en 2020 ?« . En faisant des incursions dans le futur, il nous explique que la télévision sera connectée aux réseaux, les écrans géants muraux en 3D nous apporteront de nouveaux modes d’interaction, ce sera la fin des télécommandes. Les écrans envahiront notre vie : dans la rue, les transports, à l’école !

Roland André

Si je ne devais retenir qu’une seule phrase de Roland André, ce serait celle-ci : « L’herbe ne pousse pas sur la route où tout le monde passe« . Vice-président du syndicat national du marketing direct, il nous a prouvé que les réseaux représentaient une véritable révolution dans le sens où ils libèrent notre cerveau et nous ouvrent la voie à différents chemins, à chacun de tracer sa route et de ne pas suivre les autres aveuglément.

 

Bousculons les idées reçues

Denis-Charles Ettighoffer a abordé le sujet du Copyright et du… Copyleft, ou comment faire passer le message pour le droit opposable à la propriété ! En effet, « les producteurs de contenus étant majoritairement des internautes qui font le don de leurs connaissances, le Copyright pénalise les échanges ». Nous sommes tous devenus des auteurs, il est temps de libérer les données en permettant la libre circulation des idées et des savoirs.

Etienne Mineur

Non le papier n’a pas dit son dernier mot ! (lire l’article de Florence Augustine) Et c’est Etienne Mineur qui a captivé l’auditoire avec ses démonstrations. Il a réussi à concilier papier et numérique, nous avons découvert un livre munis de capteurs que l’on secoue, que l’on tape et qui nous dit à quelle page se rendre. Un livre qui tourne ses pages tout seul, connecté à notre I-Phone, un livre qui réagit si l’on revient sur une même page et qui instaure le dialogue avec le lecteur. Mais ce n’est pas tout, Etienne Mineur a trouvé aussi le moyen d’utiliser l’I-Phone ou

l’I-Pad comme accessoire et support du papier, en permettant à l’écran de reconnaître l’objet en papier que l’on pose dessus, un dessin va se continuer, une illusion d’optique va apparaître…

Oui, il est possible de sortir de l’isolement lorsqu’on est hospitalisé et c’est grâce à Mélanie Péron que nous avons découvert cette ouverture. Elle a eu l’idée de créer un jeu interactif très intuitif permettant aux patients de s’évader, de retrouver leurs proches à l’extérieur, une fenêtre ouverte sur le monde, ce concept se nomme « Bliss ». Une excellente démonstration de l’importance de la vie numérique pour rester connectés avec ceux qui vous manquent.

Voici pour une première partie, je vous laisse assimiler toutes ces informations et pour retrouver les biographies et les sites de tous les intervenants, c’est par ici : TEDxMontpellier !

Cécile Courtais

Mais qui a peur de la seconde ligne de front ? Taïaut, que diable !

Avec le lancement de la campagne électorale en France, on voit ressurgir l’inévitable vocabulaire guerriers et les matamors qui montent au créneau, drapés dans leur verbe éphémère. Pourtant, ce sont rarement des charges pour enfoncer les lignes ennemies et en arracher le drapeau, non, ce sont bien souvent des gesticulations devant la ligne de front. Faudrait-il donc vraiment avoir peur de la seconde ligne de front, celle qui est décisive ?

  

Même en politique, l’indifférence tue. Du coup, les matamors de la communication politique jouent en ce moment leur  va-tout, qui Rachida Dati prête à se faire exclure de l’UMP à Paris, qui Arnaud Montebourg prêt à ne pas respecter l’accord de son propre parti avec les écologistes. Qu’importe, en brandissant le chiffon rouge, certes souvent puéril, on aura existé ! Qu’importe si le sang coule sur le sable chaud après le passage d’un taureau, on aura gagné une larme au risque en fait d’en rester sans voix.

 

Le spectacle est partout

 

Pourquoi donc la communication politique surfe-t-elle sur la recherche d’une image ? C’est d’abord affaire d’émotions. Et c’est sans doute indispensable pour transcender les clivages partisans ou sociologiques. La perplexité n’est donc pas là. Elle provient de l’observation de recherches d’images à très court terme qui se fanent même dans le court laps de temps d’une présidentielle où on voit les matamors s’affronter dans l’arène ou dans les gradins. Le spectacle est en effet partout ; il n’est donc nulle part.

Cette recherche de gains en terme d’image à court terme est un coup d’épée dans l’eau si elle n’est pas soutenue par une stratégie de véritable conquête de l’adversaire et de ses ressources. A force de ressasser les mêmes idées et parce que le stock n’est pas extensible à l’infini, il arrive que cela se produise : la thématique de l’écoute des exclus, des sans grade rassemble candidates de droite et de gauche, à leurs corps défendant. Mais c’est peu structurant : PS et UMP, maintenant bien gênés, ont voté un texte interdisant le camping à l’année…

On le voit donc, quand dans cet exemple de la préoccupation des exclus, des sans voix, gauche et droite chantent à l’unisson, c’est plus par manque d’hameçon accrocheur personnel que par stratégie de pilonnage du camp adverse. Pour gagner, c’est essentiel, il faut prendre pied chez l’adversaire et donc ne pas se limiter à faire des grimaces à la première ligne de nos adversaires ou à s’offusquer de leurs propres grimaces (cf l’UMP choquée de Hollande traitant en privé Sarkozy de pauvre mec).

Gagner la seconde ligne de front, c’est donc aller plus loin. Cela n’interdit pas de concevoir un projectile, un produit de communication qui frappe la première ligne, mais il faut que cela parle aussi à la seconde ligne comme un message forgé pour les militants doit parler à leurs familles, comme une attaque contre un adversaire doit aussi cibler son idée, l’origine de ses arguments.

 

Et le respect des électeurs ?

 

Alors bien sûr cela implique de considérer ses différentes cibles avec autrement plus de respect. Ce n’est pas parce qu’on veut mettre à terre un adversaire qu’il faut le sous estimer ou le dénigrer. Ce n’est pas parce qu’on a une formidable machine de communication qu’il faut considérer l’électeur de base comme juste bon à consommer du pain et des jeux. C’est donc toute une recoloration, une refonte des images de communication que l’on veut utiliser. C’est aussi un appel à un marketing autre que celui qui se borne à découper la population en tranches de saucisson fourré aux catégories socio-professionnelles. C’est un appel à une subtilité qui sache concevoir une communication paramétrée pour un premier public (la ligne de front) et capable d’être transmise à la seconde ligne de front parce que l’une et l’autre, peut être à des degrés divers, sont concernées.

Mais au fond, en disant cela, a-t-on vraiment inventé quelque chose ? Pas vraiment. C’est exactement l’azimut suivi par les Astérix de qualité où un album peut intéresser les lecteurs en culottes courtes et leurs ainés aux dents longues. Les uns et les autres seront touchés par un même produit, mais pas forcément pour les mêmes raisons. Qu’importe, car le camp adverse sera pilonné et emporté pour la plus grande gloire de nos légions !

C’est sans doute pour ce genre de raisons qu’il convient de se méfier d’un étiquetage un brin abusif des catégories de communication. Certes, on ne parle pas de la même manière à un sénateur qu’à un cheminot, quels que soient les trains qu’ils peuvent partager. Pour autant, si on offre une communication pour experts only, on court le risque de les voir garder pour eux la communication en question puisqu’ils seront les seuls à comprendre.Or, qu’elle prenne l’arme du baiser ou de l’épée, la communication doit bouger et faire bouger.

 

Il est donc essentiel, même dans le cas d’une communication très ciblée, d’inclure des éléments que la première ligne de front puisse faire passer à la seconde ligne de front. Sinon, la communication, du coma à l’hystérie restera dans son état second. Et c’est là, qu’au-delà des experts, la politique réinvestit un camp de bataille d’idées et de personnes: celui de la décision assumée.

Philippe de Casabianca 

L’interception d’une communication téléphonique sur Free et la téléphonie mobile

Depuis une semaine, on ne parle que de ça. Alors on s’est dit qu’ici on en parlerait pas. Et puis… voilà ce qui est arrivé. Tout est parti d’un appel téléphonique intercepté et d’une question : sais-tu ce qu’il y a de génial avec la téléphonie aujourd’hui ?

5 heures du mat’, Francis B. est tombé du lit. Ce matin, son pote Xavier N. a prévu une conférence de presse qui va révolutionner la France de la téléphonie mobile.

Et tout le monde sait ce qui s’est passé !

Midi moins 3 minutes. Denis G.* attrape le combiné de son fixe. Il appelle Francis B.*, c’est gratuit. Les appels en France et dans la plupart des pays étrangers sont gratuits depuis belle lurette. Qu’il soit à Paris ou à New York, pour Francis B. ça ne change rien. Grâce à qui ? Grâce à Free ! Car chez les autres, de France Télécom à SFR en passant par Darty, au début, les communications avec les box (boxes ? C’est quoi le pluriel ?) n’étaient pas gratuites. Mais ils ont dû y passer, sous peine de trépasser.

Free porte bien son nom. Bon, il y a quand même un abonnement de 30 euros par mois.

– Ciao Francis, sais-tu ce qu’il y a de génial avec la téléphonie aujourd’hui ?

– J’étais à la conf. ce matin. La nouvelle offre de Free, une ligne gratuite avec une heure d’appels et 60 SMS inclus ! et…

– Il n’a pas lésiné le Xavier. Il va financer ça comment ? Avec les frais d’envoi, les frais de résiliation et les appels à la hot line !

Une communication à l’ancienne

– Possible, il n’en a pas parlé !

– Un peu vieux jeu le Xavier, tu ne crois pas ?

– Ouais, t’as raison. A l’heure des réseaux sociaux, il mise sur les clauses illisibles des conditions d’abonnement. C’est pas forcément malin à long terme. Mais à court terme, il a réussi son coup. Et quel coup ! Sur la page fan de Bouygues, il y a déjà des milliers de réactions. C’est le buzz de l’année.

– Mais bon, il est cohérent. Sa marque, c’est FREE et pas CASH ! Il fait donc des offres gratuites. En tout cas en apparence.

– Oui, mais c’est justement ce que je ne comprends pas. Une communication comme ça, ça pouvait marcher il y a 20 ans et même 10 ans. Mais en 2012 ? Avec les internautes et les Community Managers à l’affût sur tous les réseaux sociaux. Ca va finir par se savoir.

– En plus, il propose l’iPhone plus cher que les autres !

– Je dirai même plus mon cher Francis. L’iPhone, c’est déjà excessivement et scandaleusement cher pour un appareil qui a une durée de vie limitée. Mais lui, il fait plus fort que Steve Jobs. Il te le vend encore plus cher et tout le monde trouve ça génial !

– Pas tout le monde. Justement, il y a les réseaux sociaux. Ca ne va pas tenir debout son discours. Il ne suffira pas de placarder des affiches géantes avec les 2 chiffres de ces 2 offres sur les murs de Paris. »

Des milliers de taons

– Ca ne marche plus comme ça la com(point)com aujourd’hui. Ce n’est plus du bourrage de crâne ou du subliminal. Non, ça cogite et ça se sait tout de suite. Ca jase et ça casse. N’est-ce pas Monsieur La Redoute ? Faut être vrai et solide. En bonne santé. Il suffit d’un grain de poussière pour se prendre un vilain rhume des foins.

– Imagine seulement que notre conversation soit publiée sur le web et diffusée à fond sur Facebook, Twitter & Cie. Rien que ça, ça pourrait piquer la conscience des accrocs du mobile, non ? D’ailleurs, je lisais l’Apologie de Socrate ce matin, quand toi tu étais à l’apologie (avec une minuscule, s’il te plaît) de Xavier N. !  Socrate se compare à un taon*** envoyé par les Dieux pour réveiller les Athéniens. Le web, c’est pas autre chose. C’est des milliers de taons qui sont là pour piquer au vif la curiosité et chatouiller la raison des internautes.

– Xavier N., c’est donc pas Mère Teresa ! Et la famille Bouygues, c’est pas non plus la Sainte Famille. Ils ont chacun leurs arguments.

– Mais à la fin, le plus malin, je crois que c’est plutôt Bouygues. Lui, il a tout compris. Il a sa page facebook et son compte twitter. Avec lui, on peut dialoguer. C’est bien là le principe essentiel. Celui qu’enseignait justement Socrate. Les réseaux sociaux, c’est ça. La possibilité de dialoguer. T’as déjà essayé de dialoguer avec un opérateur de Free. Ca vaut son pesant de cacahuètes et le gramme de cacahuète c’est pas gratuit chez Free !

– Il devrait quand même faire un effort commercial chez Bouygues. Hier, ils m’ont appelé pour me proposer les mêmes offres qu’en octobre dernier. C’est pas malin. »

– Ouais, de tout ça, on va en parler pendant des jours sur le web. On en parlera pas sur le blog, non ?


– Non, notre principe c’est de raconter des trucs dont on ne parle pas ailleurs. Et je ne crois pas que le sujet branche Philippe C., Cécile C. ou Florence A.. Ni même Céline J. en Chine, elle s’en moque de Free !

– Pourtant, il y a un sujet qui me branche. Quand je te demandais ce qu’il y a de génial avec la téléphonie aujourd’hui, je voulais pas dire la conf. de presse de Free. J’avais à l’esprit quelque chose de bien plus romantique. Tu vois pas de quoi je parle ? »

– Romantique ? Euh… l’amour ?

– En plein dans le mille !

– C’est quoi le rapport entre la téléphonie et l’amour ?

– Avant, tu tombais amoureux de ta voisine. Il n’y avait que les riches, ceux qui pouvaient se payer des voyages ou ceux qui pouvaient régler des notes astronomiques de téléphone, qui avaient une chance de rencontrer l’âme soeur à l’autre bout du monde et de rester en contact avec elle. Moi, par exemple, ça m’a coûté une fortune en téléphone. France Telecom s’est régalé avec moi pendant des années. Ca coutait cher l’amour dans les années 90. Je peux te dire que Free, au début des années 2000 a tout changé. La téléphonie gratuite grâce à la box m’a permis d’économiser et avec mes économies, je pouvais envoyer des fleurs. C’est pas beau ? Si aujourd’hui je suis si heureux, c’est aussi grâce à Free et ça reste plus important que toutes nos discussions sur le tremblement de terre téléphonique.

– C’est un beau sujet et c’est sûr, on en parle pas ailleurs.

« Vive l’amour ! » s’exclamèrent en choeur Francis (B.) et Denis (G.). **

* Francis est américain. Il vit le plus souvent à Paris. Denis lui a quitté Paris. Il est désormais à Cannes et parfois à Milan. Le monde est comme ça en 2012. 

** Nous respectons leur anonymat car nous avons reproduit ici des extraits d’une conversation téléphonique privée entre 2 freebox (mais le ‘X’ est aussi une forme de pluriel, non ?) et interceptée illégalement !

*** Qu’est-ce qu’un taon ? L’article de QuestMachine : http://www.questmachine.org/article/Le_taon

Sur une idée de Denis Gentile
(en collaboration avec Francis Benett)


Ils veulent sauver le papier grâce à un nouvel algorithme !

Il y a des initiatives innovantes, courageuses, souvent saugrenues qui méritent que l’on parle d’elles. Il y a quelques jours, j’ai reçu dans ma vieille boîte à lettres (celle du facteur mais de gmail !), une nouvelle revue : OTOGRAFF. Vous avez bien compris, un trimestriel que l’on achète sur abonnement. A l’heure du web, 3 mots me viennent immédiatement à l’esprit : anachronique, ringard et inutile !

Sur ce blog, encore plus qu’ailleurs, on s’évertue à évoquer la fin prochaine du support papier (1). On accorde peu d’années de vie aux journaux et même aux livres. Les uns après les autres, ils disparaîtront alors à quoi bon lancer une nouvelle revue ?

Mais méfions-nous des apparences et des a priori, feuilletons d’abord ce bel objet en papier glacé. Ou comme il est écrit dans l’édito : « Un bébé qui pèse 480 grammes et mesure 28 centimètres. » Prématuré ?

Se sentir unique

J’ai sauté une page, avant l’édito, il y avait une autre page avec le sommaire et un message :

« Bonjour Denis Gentile. Nous vous avons connu à travers votre blog… Nous avons sélectionné pour vous des contributions qui devraient vous correspondre. » Signé Patrice d’Arras, le directeur de la publication.

Etonnant ! C’est la première fois que je vois mon nom en dédicace à l’intérieur d’une revue. C’est magique. Transportons-nous dans un kiosque sur les Champs-Elysées. Prenons en main et ouvrons Femme Actuelle, le Figaro Magazine et Géo. A chaque fois, nous y lisons un message nous saluant et nous annonçant que cette revue a été spécialement conçue pour nous. Et le même miracle se répète pour chaque lecteur. Merveilleux, non ?

Se sentir unique, le seul objet d’attention, la personne la plus importante à un moment précis, c’est le rêve de tout client. Restons sur les Champs-Elysées, tournons-nous et faisons les quelques pas qui nous séparent du Virgin Megastore. Il y a là, à l’entrée du magasin, un hôte d’accueil vêtu de rouge qui nous sourit. Il s’adresse à nous en nous saluant par notre prénom. Il nous invite à le suivre en nous disant : « J’ai préparé pour vous une sélection de livres et d’albums qui correspondent à vos goûts. Je vous en prie asseyez-vous et prenez le temps de les découvrir ! » Je m’assois alors dans un fauteuil confortable de chez Poltrona Frau, un garçon m’apporte un café serré. Je me sens chez moi. Mieux même. Chez moi, le café, c’est moi qui me le prépare et le fauteuil, il vient de chez Ikea !

Le fauteuil Vanity Fair de Poltrona Frau : "c'est mieux que chez moi ! Chez moi je n'ai qu'un fauteuil Ikea !

C’est ce que j’ai ressenti en lisant cette sympathique dédicace à l’intérieur de ma revue personnalisée. Merci Monsieur Patrice d’Arras. Je commence à me dire que votre idée n’est ni ringarde, ni inutile ! Je dirais même plus, ce n’est pas un gadget. Car elle montre votre intérêt pour le client, en l’occurrence le lecteur. Il n’est pas hyperbolique de dire que prendre en compte les désirs d’un client dans notre société de consommation est une attention rare. Faites le test. Combien de fois un marchand vous a-t-il répondu : « Si c’est important pour vous, c’est important pour nous ? » Jamais ? Une fois ? Deux fois ? Et bien vous, avec cette revue vous faites cette démarche. C’est un signe que les temps changent. Et s’ils changent, c’est grâce au web. Les marques ne peuvent plus se permettre de faire ce qu’elles veulent. Avec les réseaux sociaux, l’info, surtout si elle est négative, est diffusée rapidement et au plus grand nombre. Ils doivent donc prendre mieux en compte l’intérêt du client en développant des produits de meilleure qualité et en embauchant aussi des… Community Managers !

Il était une fois une idée

Votre idée est donc essentielle et elle montre aussi votre bonne éducation. En effet, le web semble parfois un monde de rustres où les insultes fusent aussi vite que dans un bouchon sur le périphérique parisien ! On apprécie d’autant plus qu’une personne nous dise aimablement bonjour. Les comportements excessifs nous permettent de mieux apprécier les habitudes les plus élémentaires.

On poursuit notre lecture. Après l’édito, on trouve le « making of ».

On rentre alors dans votre histoire. Il était une fois une idée : « Vous connaissez les baskets NikeiD et leur fabrication personnalisée ? Eh bien, un jour, Patrice d’Arras a réalisé qu’il n’y avait pas que les baskets qui pouvaient être fabriquées selon ces désirs… En discutant avec un ami autour d’une pinte de Guinness… ils se sont dits : Et pourquoi pas la presse papier ? »

Ce style, les lecteurs de ce blog et les internautes en général, le connaissent bien. C’est celui que nous revendiquons et utilisons pour rédiger nos articles. C’est le style même de cet article. C’est le style que le support web a mis en valeur et qui avec le papier s’est envolé en fumée. Le principe est : Mettre en scène votre histoire pour attirer l’attention et l’intérêt des lecteurs.

« Votre histoire, vos valeurs, votre personnalité, vos expériences professionnelles et extraprofessionnelles… font un tout et vous attribuent une singularité qui doit vous servir à construire votre empreinte. »

Otograff applique à la lettre ces conseils de Fadhila Brahimi, l’une des leaders en France de la communication web, dans sa préface du livre Moi 2.0 (2).

Il n’y a pas que Google qui a un algorithme !

Nous savons tous que Google repose sur un algorithme, une sorte de formule magique. Pour la petite histoire, l’inventeur de cet algorithme est Massimo Marchiori, un ingénieur européen. Comme Google, vous avez aussi votre formule magique !

« Et Otograff a sorti sa botte secrète avec la création d’un algorithme séquentiel de mise en page relative… » Et vous ajoutez fièrement (qui ne le serait pas) « Otograff est donc aujourd’hui un produit unique… grâce au soutien de la recherche et de l’innovation ! » Incroyable, qui aurait pu croire à l’époque du web que le papier pourrait devenir une innovation technologique !

Votre revue en papier n’est donc absolument pas un anachronisme.  Au contraire, elle colle à son temps.

Vous avez donc pris en compte les meilleures idées héritées du web pour les appliquer à votre magazine en papier glacé. C’est un sacré pari. Un pari fou. Mais franchement qui vaut le coup d’être tenté. Pourquoi ?

Retournons dans notre kiosque sur les Champs-Elysées. Il y a sur les étals de ce commerce plus d’invendus que de journaux ou revues qui seront réellement vendus ! Pourquoi imprimer sur du papier des millions de pages en couleur que personne ne regardera jamais et ne lira ! C’est absurde. C’est une raison pour laquelle le web et la blogosphère représentent l’avenir de la presse.

Mais Otograff apporte une nouvelle solution, grâce à ce fameux algorithme. Il n’y aura aucun invendu puisque chaque exemplaire est unique et est imprimé seulement pour une personne (chapeau aussi à l’imprimeur). Simple et génial.

Donc si le Point, l’Express ou le Nouvel Observateur ne veulent pas d’ici quelques années déposer le bilan, ils n’ont qu’une solution : PERSONNALISER leur magazine en suivant VOTRE exemple.

L'équipe d'Otograff

Montpellier, Pôle d’innovation

Bémol. Quand on est les premiers, il y a toujours une question à se poser : le monde est-il prêt ? Ce concept innovateur sera-t-il compris et bien reçu en 2011 ? Ceux qui lanceront un projet similaire en 2015 n’auront-ils pas plus de chances de succès. N’êtes-vous pas en avance sur votre temps ? C’est la raison pour laquelle je laisserai le mot prématuré (cité dans l’introduction) encore en suspens.

Je vais continuer à feuilleter et lire avec plaisir les pages du n°1 de la revue Otograff. J’invite les lecteurs de cet article à en faire de même. Je viens d’écrire 3 feuillets (1500 mots et 9000 signes) pour les 3 premières pages, je préfère m’arrêter et ne pas faire trop long.

Une dernière chose. L’équipe d’Otograff (3) est originaire de Montpellier et la rédaction est située dans « une ruelle pacifique près du centre ». Ca tombe bien puisque nous avons décidé de consacrer un article au dynanisme des Montpelliérains en matière d’innovation. En lisant le « making of Otograff », on comprend que Montpellier est le lieu idéal pour développer un tel projet.

J’ai demandé à Cécile Courtais d’écrire cet article : « Cliquez sur « J’aime », M comme… Montpellier ! » Pourquoi Cécile ? D’abord elle est rédactrice sur More Than Words, ensuite, elle est de Montpellier, enfin, elle a publié un article « Comme ton ombre » sur Otograff ! C’est suffisant, non ?

Denis Gentile

De l'imagination naît le futur, Francis Benett sur les Champs-Elysées. Dessin Romain Grégorio

(1) A lire ou relire :

Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite !
Vous devez raconter votre histoire. C’est pour cela que le blog est l’avenir de la communication écrite. C’est pour cela que des projets comme MoreThanWords.fr vont dans le bon sens. Le principe du bon rédacteur web n’est pas DITES (ou écrivez) ce que vous faites, mais FAITES ce que vous dites (ou écrivez). Appliquez cette méthode mon cher ami, et vous allez voir, vous allez susciter un énorme intérêt.

France Soir va devenir le premier journal 100% web…
« Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! » L’annonce fait sensation. France Soir, le journal qui a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la presse en France, abandonne le support papier. C’est le bon sens qui l’emporte avec cette décision. Francis Benett nous l’avait démontrés en mars dernier dans l’article : « Le Blog est l’Avenir de la Presse ! » (Je vous invite à le lire ou relire !) Prophétique ? Non, l’analyse était simplement pertinente. Est-ce que cela suffira à relancer France Soir ? Et les autres titres de la presse suivront-ils cet exemple ? Pour mieux s’interroger sur le futur, remontons le temps.

Le livre ne veut pas mordre la poussière !
Lire sur un e-book peut devenir le geste qui va sauver le web français de la confusion. Le livre doit se sacrifier pour le bien commun qu’est la langue française. 

Le livre est-il moins écolo que l’iPad ?
Le livre devra-t-il se sacrifier pour préserver la forêt amazonienne ? En effet, qui n’a pas une corbeille de recyclage sous son bureau ? Et qui n’a jamais reçu de sa direction une consigne pour imprimer seulement les documents indispensables ? Le papier semble être la première ressource à ne pas gaspiller et le premier geste écologique à portée de main de tous les citoyens. Mais si on y regarde de plus près, le livre est-il vraiment moins écolo que l’iPad ? Enquête. 

(2) Moi 2.0 de Dan Schawbel, adaptation et préface de Fadhila Brahimi

(3) Retrouvez Patrice d’Arras et son équipe sur otograff.com, facebook et twitter.

 

France Soir, le premier journal 100% web, a tenté de reprendre le souffle de son histoire

« Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! » L’annonce fait sensation. France Soir, le journal qui a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la presse en France, abandonne le support papier.

Mise à jour : France Soir n’a pas repris le souffle de son histoire. C’est un nouvel échec. Ce titre, comme la plupart des quotidiens, appartient au passé. Même si ce passé est glorieux, cela reste le passé. Récemment, j’écrivais dans un autre article sur la chute de la presse écrite : « je choisis le mot « chute » et non le mot « crise ».

Car la crise de la presse écrite date des années 80. En 2016, on peut parler d’une véritable chute.

D’ailleurs, la définition du mot chute dans le Grand Robert est particulièrement significative : « Fait de tomber plus bas, faute d’un support. »

Le support, c’était (et c’est encore) le papier journal. Dans l’Antiquité, le papyrus puis le parchemin ont été les supports de l’écriture. Aujourd’hui dans le monde digital, on ne peut plus raisonnablement dire que le papier est le principal support de l’écriture. Et cette évolution entraîne la chute au sens strict de la presse écrite.

La meilleure solution est donc de partir sur un nouveau modèle, un nouveau format, sans le poids d’un passé trop lourd. Quelque chose de léger avec de nouveaux acteurs et de nouveaux rédacteurs qui ont l’ADN du web. C’est ce que je vais tenter de faire avec le site PositivR et son fondateur Harold Paris. Je vous conseille de continuer la lecture de cet article car il est riche d’enseignements. D’ailleurs PositivR me rappelle France soir, c’est normal quand on prend un nouveau départ, on se raccroche à ce que l’on a déjà connu.

C’est le bon sens qui l’emporte avec cette décision. Francis Benett l’avait démontré en mars dernier dans l’article : « Le Blog est l’Avenir de la Presse ! » (Je vous invite à le lire ou relire !) Prophétique ? Non, l’analyse était simplement pertinente. Est-ce que cela suffira à relancer France Soir ? Et les autres titres de la presse suivront-ils cet exemple ? Pour mieux s’interroger sur le futur, remontons le temps.

L’arrivée du Tour

C’était dans les années 60. En 1963 précisément. C’est l’été. Mon père sort de la maison en courant. Il est impatient. Il veut savoir.  Il veut voir. L’édition du soir doit arriver d’ici quelques minutes. A la une, il y aura la photo du vainqueur. En plein effort sur les pentes du Grand Saint-Bernard ou le visage souriant en franchissant la ligne d’arrivée ? Bien sûr, son nom, il le connaît déjà. La radio couvre la course en direct. Mais ça ne suffit pas. Il manque les images et l’histoire. L’un et l’autre en noir et blanc.

Les vendeurs à la criée sortent des locaux de la mythique rue Réaumur et envahissent, par leur présence massive et leurs voix perçantes, les rues parisiennes. « Anquetil domine le grimpeur espagnol Bahamontès dans les Alpes et s’empare du maillot jaune ! »… « Tout sur le plus grand exploit de Jacques Anquetil ! » Les slogans des vendeurs à la criée n’ont rien à envier aux tweets d’aujourd’hui !

Vous l’aurez compris, mon père attendait l’une des 8 éditions quotidiennes de France Soir  pour tout savoir sur la victoire d’étape dans le Tour de France de Jacques Anquetil, ce 10 juillet 1963. Et c’était comme ça tous les jours. Autre époque, autres moeurs. Pourtant, c’était il y a moins de cinquante ans.

C’était d’ailleurs le même rite depuis 20 ans. Tous les soirs vers 19 heures, mon père allait acheter France Soir pour mon grand-père. C’était son internet à lui ! Son contact avec le monde. Sa façon de rester informé, et le lendemain, sur les marchés (il était vendeur de fruits et légumes) de pouvoir discuter avec les clients.

Le monde a changé. Les nouvelles technologies ont révolutionné la diffusion de l’information. En 1963, on pensait la même chose. Les progrès de l’imprimerie permettaient ce miracle quotidien. Huit éditions par jour ! L’actualité en léger différé de Youri Gagarine (Un Russe tourne autour de la Terre !) aux premiers pas sur la Lune (C’est le jour L !) en passant les évènements de 68 ou la mort de Fausto Coppi.

A bout de souffle !

Jean-Paul Belmondo dans « A bout de Souffle »

« A la grande époque, France Soir c’est 400 journalistes, huit éditions par jour, des vendeurs à la criée aux quatre coins de Paris, une vingtaine de correspondants dans le monde, des notes de frais astronomiques… Il détient même le record historique des ventes dans la presse française : son édition sur la mort du Général de Gaulle, le 10 novembre 1970, a été achetée par 2,2 millions de lecteurs. Pendant des années, son titre est apparu presque comme un nom commun, de la même façon que Frigidaire ou Klaxon. Preuve en est lorsque l’on se penche sur les films des années d’après-guerre ou les sketches des années 1960 à la télévision. On se souvient de Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle : « France Soir, c’est la dernière édition ? Oui, monsieur, Huitième dernière. »… » la suite sur http://presse-paris.univ-paris1.fr/spip.php?article23

50 ans après la question de Jean-Paul Belmondo, la réponse est cette fois définitive : « Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! »

Dans son édition du 10 octobre 2011, l’annonce : « France Soir va abandonner le support papier pour tenter sa chance sur le seul web ». C’est le premier quotidien en France à abandonner complètement le support papier.

Le Figaro a immédiatement commenté cette info en commençant un article avec la phrase suivante : « La chute de France-Soir se profile.» Même chose pour le Nouvel Observateur qui titre :  « Web ou pas, France Soir est un dinosaure en perdition« . Ces remarques me rendent plus inquiet pour Le Figaro et Le Nouvel Observateur que pour France Soir ! Car le sens de l’histoire (et du progrès) nous indique clairement que l’avenir de la presse est lié au web et non au papier. La sagesse de Salomon, un peu pour l’un et un peu pour l’autre (un peu pour le papier et un peu pour le web), ne vaudra qu’un temps. Et France Soir a décidé de suivre son ADN et d’être le pionnier en France. Les autres observeront comme un scientifique observe un cobaye.

Pionnier ou Cobaye ?

Etre le premier n’est pas une méthode qui fonctionne à tous les coups. Même si France Soir peut se targuer de grands succès en ce domaine, il a aussi essuyé quelques échecs. L’un d’entre eux, je peux en parler à la première personne du sujet. Bien sûr, je n’étais qu’un débutant à l’époque et je ne prenais pas les décisions, je les subissais !

Voici mon histoire.

L’actualité versaillaise sur France Soir Ouest

En 1987, France Soir vient de déménager et s’installe à Bercy, derrière le Palais Omnisports.  Je suis alors un humble stagiaire au Service des Sports, sous la tutelle de Jean Perez, le responsable du cyclisme. A la lumière du début de l’article, vous comprendrez que ce n’est pas rien. Je vais notamment suivre plusieurs étapes du Tour de France et suivre les Jeux Olympiques de Los Angeles à distance.

Ce stage est une réussite et je gagne un emploi l’année suivante (1) . Un journal va naître : France Soir Ouest. Un supplément gratuit hebdomadaire qui traite de l’actualité locale en Ile de France. Les dirigeants de France Soir avaient compris deux choses importantes. La première sur l’info régionale qui n’existait pas à Paris. Les meilleures ventes de journaux en France étaient désormais réalisées par les quotidiens régionaux, Ouest-France en tête. La deuxième est la gratuité. Avec près de 20 ans d’avance, ils ont tenté ce pari insensé. Au départ, la sauce a bien pris. Sur le long terme, après le lancement de France Soir Est, l’expérience a pris fin. L’idée était bonne, comme l’idée de ne publier qu’une édition web, mais elle n’a pas été couronnée de succès.

Etre un pionnier signifie être en avance sur son temps et sur les autres. C’était le cas de ce concept. Le problème est d’être trop en avance. Les lecteurs et les partenaires ne sont pas encore prêts. Tôt ou tard, c’est malheureusement l’échec assuré.

Si France Soir avait décidé il y a 10 ans de lancer une édition 100 % web, on peut raisonnablement dire que cela n’aurait pas marché.

Les règles du jeu

Mais en 2011, la situation est plutôt favorable. D’abord avec l’apparition des tablettes, l’iPad et ses concurrents. Comme le dit Francis Benett dans l’article « Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite » :  « Le support a changé les règles du jeu. » Et le premier participant à accepter les nouvelles règles, c’est France Soir.

C’est semble-t-il le bon moment. Mais attention, cela ne suffit pas encore pour transformer l’essai. Accepter les règles du jeu n’est pas la même chose que comprendre et savoir appliquer ces règles. Il y a des fautes, comme dans un match de foot, qui méritent un carte jaune et d’autres un carton rouge.

– Rédiger un article sur le web de la même façon qu’il serait rédigé sur l’édition papier. Carton jaune !

Le journaliste décide seul du contenu d’un article et veut influencer les opinions. Carton rouge !
Non, le contenu, c’est aussi celui des commentaires.
Ils sont aussi importants que votre article. Parfois plus importants.

– Se contenter de publier un contenu impersonnel et passe-partout. Exemples : reproduire bêtement les dépêches ou traduire des articles parus aux Etats-Unis. Carton jaune !

Il faut personnaliser chaque article et raconter des histoires, parfois, son histoire. C’est exactement ce que je tente de faire ici. On pourrait dire que ce n’est pas l’article d’un journaliste, mais d’un blogueur. C’est cela que l’on attend d’une édition en ligne. Les journalistes devront adopter l’esprit des blogueurs.

– Eviter la mise en scène du misérabilisme. Je me réfère à l’article du blog « le bidonville de La Campa ». Extrait : « France-Soir opère une dramatisation autour du bidonville de la Campa pour toucher le pathos de ses lecteurs. » Carton jaune ! Et si à ce misérabilisme s’ajoute la femme nue (une vieille tradition héritée des tabloïds anglais), les courses hippiques et les faits divers à outrance, alors deuxième carton jaune et donc carton rouge !

D’ailleurs, si un dirigeant de France Soir s’intéresse à nous, je lui conseille l’idée d’Eric Messeca et son mouvement naissant : Le mouvement BNFS : Bonnes Nouvelles de Fin de Semaine. Ca, c’est une vraie bonne idée, mais qui n’a jamais su être vraiment bien exploitée. Ca serait pour France Soir un vrai défi ! Une façon de prendre à contre-pied le monde de la presse.

– Faire une édition 100 % web ne peut pas être seulement une mesure d’économie. On fait ça parce que ça coûte moins cher. D’ailleurs, 200 salariés de France Soir ont manifesté devant le siège du quotidien pour défendre la survie du titre papier et contester le passage au tout numérique. Si c’est cela qui guide cette décision, alors cette expérience courageuse n’a aucun avenir. Carton rouge !

Si l’on veut un web de qualité, il faut enfin lui donner les moyens de ses ambitions. Le support web est un moyen de communication qui peut être aussi ou plus créatif que la pub ou le cinéma, plus fort culturellement que le livre et plus participatif (voire, pour employer les grands mots, démocratique) qu’une élection.

Avez-vous d’autres cartons à distribuer ? C’est vous l’arbitre.

France Soir en racontant l’histoire des français, de la France et du monde est devenu le plus grand quotidien du XXe siècle. Ses auteurs étaient de grands écrivains comme Joseph Kessel et des journalistes incomparables comme Pierre Lazareff. Aujourd’hui, ses auteurs pourraient être des blogueurs. Ils n’auront pas la même aura, mais un autre genre de réputation, une e-réputation !

Sur le web, les auteurs de France Soir devront reprendre ce chemin en racontant des histoires et le titre redeviendra la référence.

A la lumière de cet article et de l’évolution inéluctable de la presse, nous pourrions reprendre le bref historique cité plus haut et le traduire de la façon suivante :

« A l’époque du web, France Soir c’est 4000 blogueurs à travers le monde, huit éditions par jour, des community managers qui tweetent aux mille intersections de la toile, des milliers de commentaires pour chaque article, des débits ADSL astronomiques… Il détient même le record historique des lectures dans la blogosphère française : son édition sur les premiers pas de l’homme sur la planète Mars en 2031, a été consultée par 2,2 milliards d’internautes en un seul jour. Pendant des années, son titre est apparu presque comme un nom commun, de la même façon que Plasma ou iPad… »

France Soir a (pourrait avoir !) de nouveau rendez-vous avec l’histoire, son histoire.

Denis Gentile

J’ai raconté cette histoire en fouillant dans ma mémoire. Quelques imprécisions, voire erreurs peuvent s’être glissées dans la narration de l’histoire. Si vous aussi, vous connaissez bien l’histoire de France Soir ou France Soir Ouest, si vous avez participé à l’une de ses aventures en tant que journaliste, je vous invite à partager vos souvenirs et vos réflexions en intervenant dans les commentaires.

(1) Je suis alors en charge de la rubrique « Vie des Communes » puis « Cités » de l’édition de Versailles. Les autres éditions sont sous la responsabilité de Olivier Pelladeau, Vincent et Laurence. Notre rédacteur en chef est d’abord Arnaud Dingreville, puis Bruno Le Marcis. Parmi les journalistes jeunes et déjà expérimentés, il y avait Yves Thréard, actuel directeur adjoint de la rédaction du Figaro.

 

Internet a donné aux opinions un souffle qu’aucune concierge du monde n’aurait jamais osé rêver

Tout commence par une rumeur, tout finit par une tumeur. Protubérance des vertus de ce que l’on croit savoir. Donner un avis après l’avoir emprunté en quelque recoin. Peur du silence et du vide, manie de boucher des trous. Impatience de tourner sept fois dans la bouche la langue du pipelet. Démangeaison d’une parole envieuse. Se donner l’importance que l’on n’a pas. Une idole gonflée de verbiages. L’opinion est encombrée d’opinions contraires.

« Allo ! J’ai un cancer de la gorge. Oh, mon dieu ! C’est Jacques ? La voix est déformée par la douleur, mais c’est bien elle. Et c’est grave ? Très, oui… Trop fumé, ils disent… Que puis-je pour vous, vous voulez en faire part au public ? Je crois que c’est mieux ainsi… »

Ainsi, titre le quotidien du lendemain, Jacques Chirac a un cancer de la gorge, il ne lui reste guère de temps à vivre, il est prêt aux révélations. En l’espace de quelques minutes, une armée d’opinions part en ordre de bataille. Chacun donnant avis et contre-avis. Intarissable. Des opinions naissent des rumeurs, des rumeurs surgissent des on-dit, des on-dit, la France se plonge dans l’incompréhension la plus totale.

Les furies des hordes barbares s’abattent sur nos idées, les violent en toute impunité, fécondant de monstrueuses rumeurs en coteries rugissantes des morves de probables. Elles affaissent en torrents effroyables les échafaudages de la pensée, elles pillent tout sur leur passage laissant derrière elles, à peine, de petites terres d’où repoussent timidement l’herbe sauvagement arrachée.

Une opinion, la maline, réunit à la fois ceux qui la défendent et ceux qui la combattent. C’est le début d’une croyance rêvant de religion. Le problème est qu’on n’avance pas avec une opinion, on recule. Un enfant porte les vêtements que sa maman lui impose. On change d’habits, mais on ne remplace pas les conseils d’une maman attentionnée. On change d’opinions, la source reste la même. Rabâcher sans relâche est le germe de l’idolâtrie d’un courant d’air.

L’opinion est une paire de godasses usées

On ne risque pas grand-chose. On a une chance sur deux, peut-être oui, peut-être non. Une opinion n’est pas faite pour se casser la tête. Voilà à quoi tient la pensée. Les dégâts sont limités. La casse, c’est pour les autres, ceux qui ont l’imprudence d’y croire. Pour soi, reste une erreur malencontreuse. Une fois tout effondré, se pointe une regrettable absurdité. Il faut juste ne pas la confirmer, ça tombe bien, on change d’opinion comme on change de chaussures, dès qu’on sent l’usure ou que la gêne est trop évidente.

Un troupeau d’opinions broute les cancans du jour. Plus l’herbe est grasse, plus les rots font de monumentales certitudes. Une opinion se voit, deux se discernent, trois sont invisibles. Dans le tohu-bohu, les opinions se poussent à qui mieux mieux. Elles ne savent ce qu’elles disent, elles se parent des dorures de l’angélisme offrant d’infinis justificatifs. Plus on porte d’opinions dans sa besace, plus on devient opinion soi-même. Opiner de la tête, il en reste quelque chose.

Tourisme de la pensée. Les meutes s’engouffrent dans les destinations à la mode. Aveugles, elles détruisent tout sur leur passage. Tout le monde méprise le touriste, mais tout le monde s’accorde à voir en lui un poumon économique dont on ne peut se passer.

L’opinion du touriste !

Le touriste aime à porter le costume local que les locaux ne portent plus depuis longtemps. L’opinion se pare des vêtements qui correspondent le mieux à ses affirmations. Une opinion n’ayant aucune valeur, à commencer aux yeux de ceux qui les émettent, normal de leur adjoindre une petite touche de crédibilité. Une opinion est bon marché, elle permet de ne pas avoir à trop réfléchir. Moins on a à réfléchir, plus on est sûr du succès. La médiocrité, c’est ce qui marche le mieux. 

Les touristes s’affalent sur les plages, ils méprisent les indigènes, ils s’essayent à la cuisine locale, mais ne rêvent que de leur cantine. Les opinions s’affalent dans les lieux publics, elles méprisent les idées, elles s’essayent à la pensée du moment, mais ne rêvent que de leur bien fondé. Les vacances coutent cher, les touristes se ruent vers le pas cher. Les pensées sont ardues, les opinions se déversent sur le facile. Qu’importe le faux du moment qu’il prend les allures du vrai.

Un touriste qui ne connait rien du pays où il se rend, qui ignore la langue, qui méprise la vie locale, que peut-il comprendre de ceux qu’ils rencontrent ? Tomate farcie de lieux communs et de préjugés, il donne son avis sur ce qu’il voit et en ramène le souvenir, idée toute faite qu’il avait en partant et qu’il assène à coup de vérités. Ce touriste, la première banalité venue, il s’en émerveille. Faire comme les autres, oui, mais croire qu’on le fait mieux. Nous sommes les touristes de la vie. 

Les pros du bla-bla 2.0


Internet est une opinion. Dans Facebook, on raconte sa vie, parfois professionnelle. Dans Twitter, on donne son avis surtout quand il agit comme relais vers un Blog. On moralise, on se prend au sérieux, parfois on sauve le monde, quelques blagues pour faire avaler la pilule des à peu près. Le message toise des siècles de littérature. 

Internet a donné aux ragots, opinions et avis en tout genre un souffle qu’aucune concierge du monde n’aurait jamais osé rêver. Ce qu’autrefois on chuchotait entre deux portes, désormais, on donne pignon sur rue. Jamais l’opinion n’a paru aussi vraie qu’en cette époque où l’informatique est devenue partie intégrante de nos habitudes. Une drogue. Elle nous fait voltiger en tout sens sans avoir à bouger d’un fauteuil et une fois l’effet évaporé, il ne reste qu’à recommencer. Avant on s’informait, maintenant on saisit l’opinion d’un voisin. De l’ère de l’amateurisme, nous sommes entrés dans l’ère du professionnalisme du bla-bla.

La pensée change selon les réalités du moment, l’opinion reste égale à elle-même, quelques arrangements pour ne pas exhiber d’anachronisme. On peut travailler sur une histoire de la pensée, plus difficile pour une histoire de l’opinion, car rien ne ressemble plus à une opinion qu’une autre. À croire qu’elles se tiennent par la main pour ne pas se perdre. 

Un ragot folâtre avec une opinion. Plein de petits partis pris sortent de cette union. On n’avorte pas d’une opinion, on la laisse mourir de sa belle mort, tant qu’elle conserve son rôle à jouer, elle plait. On a beau délibérer ses opinions, elles restent arriérées. L’idée avance, l’opinion reste. L’idée évolue, l’opinion essaye de durer.

L’opinion est un souvenir

Il suffit de jeter aux fauves une opinion pour les voir s’entredéchirer. Les crocs se délectent, on sait l’opinion à propos. Une opinion n’existe que si on la partage, partagée, elle adopte les équivoques de ceux qui essayent de s’en coiffer. Nous croyons utiliser des opinions, ce sont elles qui nous manipulent. Nous nous complaisons de ce que nous croyons dominer, nous ignorons le reste.

C’est sur une opinion avisée qu’on fait ses plus grosses sottises. Ce que l’on n’ose pas seul, fort d’une opinion, on se donne tous les droits. On ne voit pas fleurir une opinion, elle n’en a ni le temps, ni le moyen. C’est une graine qu’on mâche nerveusement, quand on ne sait plus quoi dire, pour se donner consistance, l’espace d’un mot, avant qu’il ne rejoigne la cohorte de ses semblables.

Une parole se propage à la vitesse du son. Une fois en tête, on lui donne un visage, une allure, une assurance, on la décore de quelques couleurs égarées puis on la lance à son voisin qui la rattrape comme il peut. Ce débit n’est que du vent. Essayant de s’en persuader, il l’habille de quelques évidences. Il la jette à son tour. Un jour, on reçoit une parole qui ressemble vaguement à celle qu’une fois on avait émise. L’opinion est un souvenir.

Une pluie d’opinions s’affaisse d’un nuage de crédulités. L’opinion est d’autant plus prenante qu’elle est inconsistante, aucun moyen de la contredire. On peut agir contre la force d’une idée. On ne peut rien contre la faiblesse d’une opinion. Indifférent, on la laisse aller.

L’opinion serait belle si elle était révolte, cri de désespoir, elle est conformisme. Aucun humour. Elle se moque des autres, elle pleure sur elle. Elle s’encanaille de fin du monde, clinquant de verroterie qui attire l’oreille, pas le cerveau. Désespérément morale. Tout ce qui se prend au sérieux est ridicule. Pour chasser une opinion, il suffit de s’en moquer. 

Céline Jyoti

Je vous recommande du même auteur l’article : Internet, Un Nouveau Dieu 

 

La vérité si je mens ou si je buzze ?

Saint Net, priez pour nous! Aujourd’hui, ce n’est plus la frontière des Pyrénées comme le déplorait Pascal qui peut servir de variable de la vérité. Non, aujourd’hui, c’est internet la vérité, c’est internet l’évangile de notre société. Vérité peut-être parce qu’on y trouve de l’information, une forme aussi d’un des sens. Vérité plus probablement  parce que tant de gens qui y sont à se prélasser, s’exciter ou surfer ne peuvent tout de même pas être dans l’erreur. A la base de la vérité moderne, beaucoup de buzz, donc.

Même si, à l’échelle de l’humanité, internet et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) n’occupent encore qu’une niche, elle ressemble fortement à la mutation d’un gène capital pour l’homme, un gène responsable du développement du cerveau. Plusieurs neurologues le montrent, telle Marianne Wolf ou tel Jean-Philippe Lachaux, l’usage des NTIC n’est pas neutre sur le fonctionnement de notre intellect. Cela a une influence évidente sur notre capacité de recherche de la vérité et sur la perception que nous en avons.

Je clique ou je clique pas ?

Avec internet et les Smartphones, on peut de plus en plus découper notre quotidien et notre raisonnement en autant de micro moments, de flashs instantanés, un peu comme on se pose la question face à un lien hypertexte selon la réflexion très sophistiquée, je clique/je clique pas. Cela induit une accélération des processus de recherche d’information, ou plutôt cela donne la possibilité d’en multiplier le nombre. En soi, cela n’est pas une garantie automatique de rapidité mais plus une accumulation d’éléments rapides. Cette accumulation peut nous donner l’impression de multiplier les recoupements, et donc un accès plus solide à la vérité. En somme, nous appellerions ici vérité notre capacité de toucher à tout.

Ce fractionnement des contacts et la multiplication que nous venons d’évoquer permet donc un fourmillement de contacts en surface : on effleure un site, on pèche des contacts comme certains chalutiers, bref, on se grise de sa puissance, de sa grosse puissance. Ce sentiment de puissance plus virtuelle que réelle amène certains à exhiber leur Smartphone comme certains exhibent une décoration de complaisance : l’un et l’autre doivent se voir, l’un et l’autre témoignent au moins d’une certaine capacité, peut-être superficielle, mais une capacité tout de même de contact, voire de coopération. L’internet actuel serait même coopératif. Ensemble donc, on ne va tout de même pas la rater cette vérité, non ? Le piquant dans l’histoire, c’est qu’elle ressemble à bien des égards au fonctionnement de la démocratie.

A Saint Net, rendons donc ses miracles, d’un coup de clic on contacte la terre, ses chercheurs, ses penseurs et leurs contradicteurs : comment la vérité ne sortirait-elle pas de ces confrontations ? Or, comme le phénomène du buzz le montre  entre écho et miroir, ce qui ressemble à une confrontation de points de vue et de sources documentaires tient en fait davantage du phénomène grégaire et d’attirance de l’image, vous savez, celle qui est sur votre écran et qui vous pousse à cliquer encore cliquer, toujours des petits clics…jusqu’au clic final. Qu’il repose en paix!

Qu’on ne se méprenne pas. Nous ne méprisons pas l’existence d’authentiques chercheurs de vérité comme celle d’authentiques débats et autres forums. Mais pour quelques identités authentiques, combien de personnes n’affichent elles pas courageusement leur pseudo, ce porte voix indispensable pour lâcher sa vérité ? Du coup, comme dans la vie réelle, c’est le bruit, la rumeur qui deviennent vérité au prix d’approximations rationnelles à la petite semaine comme « il n’y a pas de fumée sans feu ». Pas nouveau, ce genre de phénomène a connu grâce à l’amplification du net un regain de vitalité. C’est l’intensité qui donnerait de la crédibilité. Yahoo ne procède pas autrement quand il montre en haut à droite de l’écran le buzz du moment. C’est la vérité du net, ce  qu’il faut savoir, même si cela ne repose pas forcément sur grand-chose. Mais la vérité du net, s’oppose-t-elle à la Vérité ?

Où trouver la vérité ? Sur wikipedia !

Le monde à l'envers : selon wikipedia, la liberté conduit à la vérité. C’est l’exact contraire du postulat selon lequel c’est la vérité qui rend libre.

Creusons. C’est sur cette possibilité de confrontations des points de vue, par écran interposés, sur finalement cette apparence, que le Web 2.0 tire sa popularité et son appellation. Le chantre de ce phénomène est Wikipédia, dieu lare de bien d’internautes et sauveur providentiel pour les élèves en retard dans leur préparation de l’exposé de la veille. En matière de vérité, son postulat personnel est simple : la liberté conduit à la vérité. C’est l’exact contraire du postulat selon lequel c’est la vérité qui rend libre. Cette évidence mérite d’être soulignée.

En bref, n’importe qui peut poster un élément sur l’encyclopédie libre Wikipédia, mais n’importe quel veilleur agréé peut corriger ce qu’il juge une mauvaise copie. En cas de désaccord, c’est la loi du consensus qui prévaut. Est jugée vraie une information faisant l’objet de références externes, c’est à dire recoupée par d’autres sites ; est jugée fausse une information refusée par deux ou trois veilleurs de Wikipédia. En somme, on en parle, c’est vrai. On est plusieurs à le croire, c’est vrai aussi. Voilà de beaux raccourcis propres à sacrifier la vérité. Il faut sans doute alors parler de buzz de la connivence, non ?

Mais quel rapport avec la démocratie, direz vous ?  Si l’on compare des points de vue dotés de connaissances comparables mais diverses, on a plus de chances de trouver la vérité. C’est le propre des revues scientifiques à comité de lecture. Internet n’est pas si sélectif. En démocratie, si l’on associe des points de vue, on passe à une autre notion, celle de justice. Mais on n’est pas sorti de l’orbite de la vérité. Car comment construire une justice qui ne reposerait pas sur la vérité ?

Un des principes actuels de la démocratie suppose que l’addition des opinions est propre à cumuler justice et vérité. Pour des questions simples, cela se comprend. La délibération permet au choix politique de s’exprimer au delà d’une seule logique technique ou mécanique. Pour des questions plus compliquées, l’accumulation de points de vue n’aide pas forcément à y voir plus clair. En fait, plus la puissance de la raison croit, et les NTIC jouent ici un rôle, plus celle-ci doit se référer à autre chose qu’elle même afin de prendre de la hauteur au delà des opinions et intérêts particuliers. Il lui faut atteindre la grammaire commune de la vérité et se perdre dans ses différentes conjugaisons n’aide pas toujours.

Le lien avec la multiplicité des contacts et confrontations sur internet s’impose ici : la multiplicité, pas plus que le buzz, ne sont synonymes de vérité ni de justice. Bien des dictateurs ont été sacrés par les urnes, bien des dieux du net ont surfé sur leur buzz, mais pour quelle vérité, quelle justice?

Le buzz du gender

On peut trouver cela rassurant et inquiétant. Cette analogie entre démocratie et internet sur fond de vérité nous montre le caractère très humain du débat, même s’il s’agit là d’une humanité qui a perdu quelques repères. Prenons ainsi l’exemple du débat sur le gender qui prétend que l’identité sexuelle est le résultat d’une construction sociale et intellectuelle, non celui de notre sexe biologique. Lancé par divers philosophes américains et européens, cette théorie est maintenant enseignée en première dans les lycées français et à l’IEP de Paris. C’est là le résultat d’une forme de démocratie internationale puisque les instances de l’ONU n’ont pas ménagé leur peine pour le diffuser à force de contacts, de colloques et de financements de conférences.

Cette confrontation démocratique repose-t-elle sur un fond de vérité ? La théorie du gender (en français du genre) est en fait une manière de refuser l’existence de son propre corps et de  ses conséquences biologiques et psychologiques sur notre être. Comme l’explique la neurologue Lise Eliot, les neurones des hommes et ceux des femmes ne fonctionnent pas exactement de la même manière : c’est un champ ouvert à la complémentarité, à la reconnaissance de l’altérité. Certes, la société influence le développement de notre identité sexuelle. Pour autant, elle ne la crée pas. Car avant même l’apparition morphologique des organes génitaux, le sexe du zygote est programmé avec son identité masculine ou féminine.

On le voit donc, malgré la confrontation des points de vue, même dans la vie sociale non électronique, les choix politiques peuvent chercher à s’affranchir des réalités physiques qui devraient s’imposer au nom de la nature. De notre nature. Pilotés par nos gènes, les octets ne peuvent pas mieux faire que nous.

Philippe de Casabianca

Steve Jobs s’est enfin mis au vert

La disparition du fondateur d’Apple signe la chronique d’une mort annoncée. C’est aussi celle d’un élan médiatico-populaire qui rappelle l’enterrement de Lady Di entourée d’Elton John chantant Candle in the wind, autant d’éléments qui n’ont pas toujours un rapport évident avec la réalité.

La mort de Steve Jobs ne m’a pas fait orphelin. Je n’ai pas pleuré même si j’ai bien apprécié la une de Libération, l’une des plus inspirées et sans doute fidèle à Apple et à son esprit qui a si bien combiné marketing, sobriété et prospérité.

Une pomme pas vraiment verte

Steve Jobs enfin a pris le temps de faire face paisiblement à son destin et s’est préparé à sa mort avec une certaine dignité. Pas de quoi donc sombrer dans l’hystérie des post-it décorant les magasins d’Apple, autant d’éléments d’une belle promotion gratuite. Au-delà de son départ physique du monde matériel, Steve Jobs aura maintenant le temps de songer (et d’inspirer) à des produits qui soient aussi verts, voire plus, que la pomme de son entreprise.
Car au-delà de l’aspect brillant et même magnétique de ses créations, de l’Apple II à l’iPad, autant de jouets de haute technologie, les produits Apple ne comptent pas parmi les produits verts. Ils sont réputés pour tuer. Les ouvriers chinois surexploités qui les fabriquent à coups de cadences infernales, la nature quand on doit en extraire les produits toxiques et difficilement recyclables comme les batteries à usage limité. N’en jetez surtout pas plus !
Et surtout, surtout encore séchez vos larmes. Certes, il a révolutionné le monde… de la technologie, mais pas le monde en tant que tel. Le comparer à Einstein, c’est bon pour des politiciens qui rêvent de profiter de son prestige. Mort, il ne se risquerait pas à redescendre du ciel pour apporter un démenti.

 

Le computer est enfin devenu personnel

Mais ne mégotons pas : en rendant l’informatique et ses applications beaucoup plus séduisantes que les monstrueuses et inhumaines machines de 2001 l’Odyssée de l’espace, Steve Jobs a fait venir bien du monde sur les rives des octets et de leurs formes désormais aguichantes. C’est peut être, à défaut d’être révolutionnaire, une étape majeure.

Un informaticien qui se soucie de son public, c’est vrai que cela ne court pas toujours les rues. Bien souvent, c’est au public de se former pour comprendre l’informaticien. Avec Apple, le public s’est enfin extrait de ce rôle et c’est là que le computer est vraiment devenu personnel. Mais c’est peut être aussi là que l’ordinateur est devenu plus objet de design qu’instrument de gestion des données par l’utilisateur, enfin par celui qui croit en avoir besoin.

Les couleurs acidulées des iMacs, les écrans tactiles des iPhones, les concentrés de musique des iPod, mais qui donc pouvait y résister ? Autant de possibilités de se faire plaisir sans dépendre des autres… Dingue non ? Dément, je vous dis ! Ce n’est pas un hasard si la direction du design est juste en dessous de la direction générale d’Apple…

Steve Jobs ? Un vrai fil RSS

 

Certes, certes, mais parmi tous ces produits qui font si bien branchés et qui nous rapprochent si bien aussi de nos envies, combien réellement sont-ils l’œuvre de Steve Jobs ? Alors je sais, face à un informaticien qui se fait prendre en photo à la manière des Studios Harcourt, au fond plus comme un designer que comme un dompteur d’octets, la question peut sembler impertinente. Et pourtant, un peu comme Marck Zuckerberg, Steve Jobs n’a pas inventé tant que ça : il a passé une bonne partie de sa vie à perfectionner les inventions des autres, comme la souris, à les agréger et à soigner jusqu’à l’extrême le packaging. Steve Jobs ? Un vrai fil RSS.
Mais pas que cela. Un fil RSS qui se vend et qui fait vendre. Pas un croisé de la démarche scientifique qui publie et partage. Chacune de ses trouvailles, il a pris soin de la labelliser, d’en faire un objet propriétaire qu’on paye. On s’éloigne là du mythe du Web 2.0 et de sa communauté participative.
Apple a su rester à part : sans les virus du monde, il a développé son vers égocentrique comme Eve nous a donné et la pomme et les pépins.

Philippe de Casabianca