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Il y a des initiatives innovantes, courageuses, souvent saugrenues qui méritent que l’on parle d’elles. Il y a quelques jours, j’ai reçu dans ma vieille boîte à lettres (celle du facteur mais de gmail !), une nouvelle revue : OTOGRAFF. Vous avez bien compris, un trimestriel que l’on achète sur abonnement. A l’heure du web, 3 mots me viennent immédiatement à l’esprit : anachronique, ringard et inutile !

Sur ce blog, encore plus qu’ailleurs, on s’évertue à évoquer la fin prochaine du support papier (1). On accorde peu d’années de vie aux journaux et même aux livres. Les uns après les autres, ils disparaîtront alors à quoi bon lancer une nouvelle revue ?

Mais méfions-nous des apparences et des a priori, feuilletons d’abord ce bel objet en papier glacé. Ou comme il est écrit dans l’édito : « Un bébé qui pèse 480 grammes et mesure 28 centimètres. » Prématuré ?

Se sentir unique

J’ai sauté une page, avant l’édito, il y avait une autre page avec le sommaire et un message :

« Bonjour Denis Gentile. Nous vous avons connu à travers votre blog… Nous avons sélectionné pour vous des contributions qui devraient vous correspondre. » Signé Patrice d’Arras, le directeur de la publication.

Etonnant ! C’est la première fois que je vois mon nom en dédicace à l’intérieur d’une revue. C’est magique. Transportons-nous dans un kiosque sur les Champs-Elysées. Prenons en main et ouvrons Femme Actuelle, le Figaro Magazine et Géo. A chaque fois, nous y lisons un message nous saluant et nous annonçant que cette revue a été spécialement conçue pour nous. Et le même miracle se répète pour chaque lecteur. Merveilleux, non ?

Se sentir unique, le seul objet d’attention, la personne la plus importante à un moment précis, c’est le rêve de tout client. Restons sur les Champs-Elysées, tournons-nous et faisons les quelques pas qui nous séparent du Virgin Megastore. Il y a là, à l’entrée du magasin, un hôte d’accueil vêtu de rouge qui nous sourit. Il s’adresse à nous en nous saluant par notre prénom. Il nous invite à le suivre en nous disant : « J’ai préparé pour vous une sélection de livres et d’albums qui correspondent à vos goûts. Je vous en prie asseyez-vous et prenez le temps de les découvrir ! » Je m’assois alors dans un fauteuil confortable de chez Poltrona Frau, un garçon m’apporte un café serré. Je me sens chez moi. Mieux même. Chez moi, le café, c’est moi qui me le prépare et le fauteuil, il vient de chez Ikea !

Le fauteuil Vanity Fair de Poltrona Frau : "c'est mieux que chez moi ! Chez moi je n'ai qu'un fauteuil Ikea !

C’est ce que j’ai ressenti en lisant cette sympathique dédicace à l’intérieur de ma revue personnalisée. Merci Monsieur Patrice d’Arras. Je commence à me dire que votre idée n’est ni ringarde, ni inutile ! Je dirais même plus, ce n’est pas un gadget. Car elle montre votre intérêt pour le client, en l’occurrence le lecteur. Il n’est pas hyperbolique de dire que prendre en compte les désirs d’un client dans notre société de consommation est une attention rare. Faites le test. Combien de fois un marchand vous a-t-il répondu : « Si c’est important pour vous, c’est important pour nous ? » Jamais ? Une fois ? Deux fois ? Et bien vous, avec cette revue vous faites cette démarche. C’est un signe que les temps changent. Et s’ils changent, c’est grâce au web. Les marques ne peuvent plus se permettre de faire ce qu’elles veulent. Avec les réseaux sociaux, l’info, surtout si elle est négative, est diffusée rapidement et au plus grand nombre. Ils doivent donc prendre mieux en compte l’intérêt du client en développant des produits de meilleure qualité et en embauchant aussi des… Community Managers !

Il était une fois une idée

Votre idée est donc essentielle et elle montre aussi votre bonne éducation. En effet, le web semble parfois un monde de rustres où les insultes fusent aussi vite que dans un bouchon sur le périphérique parisien ! On apprécie d’autant plus qu’une personne nous dise aimablement bonjour. Les comportements excessifs nous permettent de mieux apprécier les habitudes les plus élémentaires.

On poursuit notre lecture. Après l’édito, on trouve le « making of ».

On rentre alors dans votre histoire. Il était une fois une idée : « Vous connaissez les baskets NikeiD et leur fabrication personnalisée ? Eh bien, un jour, Patrice d’Arras a réalisé qu’il n’y avait pas que les baskets qui pouvaient être fabriquées selon ces désirs… En discutant avec un ami autour d’une pinte de Guinness… ils se sont dits : Et pourquoi pas la presse papier ? »

Ce style, les lecteurs de ce blog et les internautes en général, le connaissent bien. C’est celui que nous revendiquons et utilisons pour rédiger nos articles. C’est le style même de cet article. C’est le style que le support web a mis en valeur et qui avec le papier s’est envolé en fumée. Le principe est : Mettre en scène votre histoire pour attirer l’attention et l’intérêt des lecteurs.

« Votre histoire, vos valeurs, votre personnalité, vos expériences professionnelles et extraprofessionnelles… font un tout et vous attribuent une singularité qui doit vous servir à construire votre empreinte. »

Otograff applique à la lettre ces conseils de Fadhila Brahimi, l’une des leaders en France de la communication web, dans sa préface du livre Moi 2.0 (2).

Il n’y a pas que Google qui a un algorithme !

Nous savons tous que Google repose sur un algorithme, une sorte de formule magique. Pour la petite histoire, l’inventeur de cet algorithme est Massimo Marchiori, un ingénieur européen. Comme Google, vous avez aussi votre formule magique !

« Et Otograff a sorti sa botte secrète avec la création d’un algorithme séquentiel de mise en page relative… » Et vous ajoutez fièrement (qui ne le serait pas) « Otograff est donc aujourd’hui un produit unique… grâce au soutien de la recherche et de l’innovation ! » Incroyable, qui aurait pu croire à l’époque du web que le papier pourrait devenir une innovation technologique !

Votre revue en papier n’est donc absolument pas un anachronisme.  Au contraire, elle colle à son temps.

Vous avez donc pris en compte les meilleures idées héritées du web pour les appliquer à votre magazine en papier glacé. C’est un sacré pari. Un pari fou. Mais franchement qui vaut le coup d’être tenté. Pourquoi ?

Retournons dans notre kiosque sur les Champs-Elysées. Il y a sur les étals de ce commerce plus d’invendus que de journaux ou revues qui seront réellement vendus ! Pourquoi imprimer sur du papier des millions de pages en couleur que personne ne regardera jamais et ne lira ! C’est absurde. C’est une raison pour laquelle le web et la blogosphère représentent l’avenir de la presse.

Mais Otograff apporte une nouvelle solution, grâce à ce fameux algorithme. Il n’y aura aucun invendu puisque chaque exemplaire est unique et est imprimé seulement pour une personne (chapeau aussi à l’imprimeur). Simple et génial.

Donc si le Point, l’Express ou le Nouvel Observateur ne veulent pas d’ici quelques années déposer le bilan, ils n’ont qu’une solution : PERSONNALISER leur magazine en suivant VOTRE exemple.

L'équipe d'Otograff

Montpellier, Pôle d’innovation

Bémol. Quand on est les premiers, il y a toujours une question à se poser : le monde est-il prêt ? Ce concept innovateur sera-t-il compris et bien reçu en 2011 ? Ceux qui lanceront un projet similaire en 2015 n’auront-ils pas plus de chances de succès. N’êtes-vous pas en avance sur votre temps ? C’est la raison pour laquelle je laisserai le mot prématuré (cité dans l’introduction) encore en suspens.

Je vais continuer à feuilleter et lire avec plaisir les pages du n°1 de la revue Otograff. J’invite les lecteurs de cet article à en faire de même. Je viens d’écrire 3 feuillets (1500 mots et 9000 signes) pour les 3 premières pages, je préfère m’arrêter et ne pas faire trop long.

Une dernière chose. L’équipe d’Otograff (3) est originaire de Montpellier et la rédaction est située dans « une ruelle pacifique près du centre ». Ca tombe bien puisque nous avons décidé de consacrer un article au dynanisme des Montpelliérains en matière d’innovation. En lisant le « making of Otograff », on comprend que Montpellier est le lieu idéal pour développer un tel projet.

J’ai demandé à Cécile Courtais d’écrire cet article : « Cliquez sur « J’aime », M comme… Montpellier ! » Pourquoi Cécile ? D’abord elle est rédactrice sur More Than Words, ensuite, elle est de Montpellier, enfin, elle a publié un article « Comme ton ombre » sur Otograff ! C’est suffisant, non ?

Denis Gentile

De l'imagination naît le futur, Francis Benett sur les Champs-Elysées. Dessin Romain Grégorio

(1) A lire ou relire :

Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite !
Vous devez raconter votre histoire. C’est pour cela que le blog est l’avenir de la communication écrite. C’est pour cela que des projets comme MoreThanWords.fr vont dans le bon sens. Le principe du bon rédacteur web n’est pas DITES (ou écrivez) ce que vous faites, mais FAITES ce que vous dites (ou écrivez). Appliquez cette méthode mon cher ami, et vous allez voir, vous allez susciter un énorme intérêt.

France Soir va devenir le premier journal 100% web…
« Oui Monsieur, c’est la dernière édition papier ! » L’annonce fait sensation. France Soir, le journal qui a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la presse en France, abandonne le support papier. C’est le bon sens qui l’emporte avec cette décision. Francis Benett nous l’avait démontrés en mars dernier dans l’article : « Le Blog est l’Avenir de la Presse ! » (Je vous invite à le lire ou relire !) Prophétique ? Non, l’analyse était simplement pertinente. Est-ce que cela suffira à relancer France Soir ? Et les autres titres de la presse suivront-ils cet exemple ? Pour mieux s’interroger sur le futur, remontons le temps.

Le livre ne veut pas mordre la poussière !
Lire sur un e-book peut devenir le geste qui va sauver le web français de la confusion. Le livre doit se sacrifier pour le bien commun qu’est la langue française. 

Le livre est-il moins écolo que l’iPad ?
Le livre devra-t-il se sacrifier pour préserver la forêt amazonienne ? En effet, qui n’a pas une corbeille de recyclage sous son bureau ? Et qui n’a jamais reçu de sa direction une consigne pour imprimer seulement les documents indispensables ? Le papier semble être la première ressource à ne pas gaspiller et le premier geste écologique à portée de main de tous les citoyens. Mais si on y regarde de plus près, le livre est-il vraiment moins écolo que l’iPad ? Enquête. 

(2) Moi 2.0 de Dan Schawbel, adaptation et préface de Fadhila Brahimi

(3) Retrouvez Patrice d’Arras et son équipe sur otograff.com, facebook et twitter.

 


Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

10 commentaires

Hernan · 1 décembre 2011 à 10 h 45 min

Je doit être un peu fatigué, mais je n’ai pas bien compris le fonctionnement de tout cela. l’éditeur à décidé de publier un numéro uniquement pour vous ? Combien cela leur a couté ?

Il y a aussi une autre question à se poser dans la personnalisation à outrance. Comment vont faire les gens pour communiquer s’ils n’ont pas les même infos ? Je parle de lien social bien sûr, et non de transmission d’information. Car la télé par exemple, qui donne la même info à tous le monde, est initiatrice d’énormément de conversations et donc de lien social.

Je ne dis pas que c’est bien ou mal. uniformiser peut aussi être un moyen d’exclusion (de la critique) mais n’y a-t-il pas aussi des limites à l’individualisation ?

Philippe de Casabianca · 29 novembre 2011 à 9 h 41 min

Nous sommes tous uniques mais certains plus que d’autres. Otograf me semble frappé d’un bon sens piquant!

Cécile Courtais · 29 novembre 2011 à 8 h 00 min

Bonjour Maël,
j’ai contribué à Otograff et je raconte toute l’histoire sur mon blog, j’ai d’abord demandé leur avis à mes lecteurs :
http://cestaucarre.over-blog.com/article-comme-ton-ombre-86494878.html
J’ai ensuite expliqué pourquoi :
http://cestaucarre.over-blog.com/article-le-sondage-les-resultats-et-surtout-pourquoi-86891987.html
Et enfin, j’ai reçu mon Otograff !
http://cestaucarre.over-blog.com/article-ca-y-est-il-est-arrive-88838059.html
Une belle aventure que je tenterai à nouveau…

Maël Satrune · 28 novembre 2011 à 15 h 18 min

…article passionnant! Quelqu’un d’autre a essayé de commander un magazine ou d’y contribuer?
D’autres choses vraiment neuves dans la presse?

Otograff : Après le web 2.0, le papier 2.0 | MoreThan Words | bib on web | Scoop.it · 22 décembre 2011 à 10 h 31 min

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Otograff : Après le web 2.0, le papier 2.0 | MoreThan Words | Tools and stuff | Scoop.it · 21 décembre 2011 à 9 h 22 min

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Après le web 2.0, le papier 2.0 | MoreThan Words | graphic design & webmarketing | Scoop.it · 2 décembre 2011 à 9 h 05 min

[…] Après le web 2.0, le papier 2.0 | MoreThan Words Sur ce blog, on a souvent évoqué la fin du support papier. Otograff, un magazine innovant vient défier les lois du web. Le secret ? Un algorithme et… Source: http://www.morethanwords.fr […]

Après le web 2.0, le papier 2.0 | MoreThan Words | Tourisme veille info | Scoop.it · 29 novembre 2011 à 15 h 30 min

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Après le web 2.0, le papier 2.0 | MoreThan Words | More Than Words | Scoop.it · 29 novembre 2011 à 7 h 43 min

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Cliquez sur "J'aime", M comme... Montpellier ! | MoreThan Words · 29 novembre 2011 à 7 h 35 min

[…] Ils veulent sauver le papier grâce à un nouvel algorithme ! […]

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