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Les articles “L’étonnement est le début du blog” et « Le blog est un organisme vivant » sont dédiés à M. Marcel Clément. Mais qui est Marcel Clément ?

 

Quand résonnent ces mots de Walt Whitman, je pense immédiatement à un professeur. Pas celui interprété par Robin Williams dans « Le Cercle des Poètes Disparus », mais à l’un de mes anciens profs de philo. : M. Marcel Clément.

 

La première rencontre a eu lieu en octobre 1986. C’est étrange, il me reste une image en noir et blanc. Comme s’il était un personnage d’un autre temps

Il savait tellement de choses. C’était un homme fascinant. Il avait fait mille métiers, il avait rencontré tous les grands de ce monde et il avait un don pour raconter des histoires qu’il puisait dans son expérience. Il avait pour nous le regard d’un père pour ses enfants. Je me sentais comme son fils qui lui demandait sans cesse de me lire un conte de fées. Quand il parlait de Socrate, Platon et Aristote, j’avais l’impression qu’il les avait déjà rencontrés.

Aujourd’hui, je me souviens de ces cours et les phrases de mon dernier article sont certainement, inconsciemment, les siennes.

Mon prof de Philo

Ma dernière rencontre date de 1991, je crois. Dans son bureau à la rédaction de son journal, car il était aussi journaliste. Je lui faisais part de mes débuts en tant que journaliste, notamment à France-soir. Je lui exprimais une certaine amertume. Une déception aussi. J’étais très éprouvé par ce métier. Plus précisément, par ce milieu. Un milieu presque mafieux. Pourquoi ? Parce que vous avez l’impression que tout le monde veut votre peau. Moi, je voulais juste écrire et raconter mes rencontres. Et dans mes articles, je retrouvais des mots qui n’étaient pas les miens. C’est le rôle du rédacteur en chef : changer vos mots jusqu’à en changer le sens pour qu’ils deviennent plus polémiques et plus vendeurs. Et si j’en crois le commentaire d’André de Booking Tables  (l’article publié au final sera tronqué), les choses n’ont malheureusement pas vraiment évolué. Alors, j’ai décidé de m’éloigner ce milieu malsain. Je n’y suis retourné qu’aujourd’hui. Grâce au blog, je maîtrise mes sujets et mes phrases. Personne ne vient travestir mon message. Je me sens libre et serein. C’est une des raisons qui m’ont incité à écrire que « le blog est l’avenir de la presse écrite ».

Une prophétie

Il m’a écouté et s’est inquiété pour moi. Il m’a donné quelques conseils. Mais, ce que je retiens de cette dernière rencontre, c’est une sorte de prophétie. Une prophétie qui, à première vue, se révèle fausse. « Denis, je ne sais pas pourquoi, mais je vous vois à la télé. Je ne sais pas dans quel rôle, mais je vois votre futur professionnel à la télé ! C’est une image floue, mais je vois votre image sur un écran. »

En 1991, on n’imaginait pas encore ce qu’était internet. Il a donc fait une interprétation sur la réalité d’alors. Aujourd’hui, il faut traduire cette prophétie pour l’adapter à notre réalité dominée par internet. J’apparais bien sur des écrans. Mais ce ne sont pas des écrans de télévision mais les écrans de nos ordinateurs. Sur un réseau, bien plus puissant que celui des ondes télés et radios.

Il avait vu juste avec ses lunettes qui dépassaient du cadre de sa tête, mais surtout avec son regard si profond qu’il pouvait lire à l’intérieur de votre âme et de votre coeur.

Aujourd’hui, je navigue sur le web. Et sur le navire de ma vie, il y a un capitaine. Ce capitaine, c’est vous M. Marcel Clément. « O Capitaine ! Mon Capitaine ! »

Le 8 avril 2005, mon Capitaine a rejoint son ami Aristote. Depuis, ensemble, ils parlent de philosophie et d’étonnement.

Votre élève pour la vie, Denis Gentile.

PS: Marcel Clément a écrit une trentaine d’ouvrage. Notamment, La Soif de la Sagesse.

Marcel Clément rencontre Jean-Paul II, ils sont décédés la même semaine en 2005 ! Destins croisés ?

Remerciements à François-Xavier, son neveu, qui m’a envoyé et permis d’utiliser ces 2 photos.

Cet article est parue sur l’ancienne version de More Than Words, le 4 avril 2011.


Denis Gentile

Je suis un passant. Ici et maintenant, je suis un passant du web. Le Passant est celui qui va d'un lieu à l'autre, d'un sentiment à l'autre, il n'est jamais le même. Je passe d'une page à l'autre, d'un blog à l'autre, d'un message à l'autre. Et ces pages, ces blogs et ces messages, je les passe aux autres passants qui y passent à leur tour :) Plus prosaïquement, je suis un Community Manager, Blogueur & Rédacteur Web. Mais le rôle que je préfère, c'est celui de Digital Storyteller !

8 commentaires

berete · 5 mai 2014 à 6 h 59 min

rip Marcel clément ton livre a été pour moi une source d inspiration a jamais , repose en paix et merci pour l hommage rendu a lui , sa fait plaisir ,,,,,

MonEncre · 5 novembre 2013 à 11 h 30 min

Un hommage poignant et sincère pour un homme qui t’a marqué. Il est de ces êtres que je vois comme des anges protecteurs et à qui on peut renvoyer l’ascenseur tant leur aspect céleste à la limite du divin nous éclaire pour la vie.

Nancy Freyermuth · 4 novembre 2013 à 22 h 04 min

En voyant le titre j’ai repensé de suite à mon post sous une des photos de Denis où je répondais « les 2 mon capitaine » 😉 [j’adore ce film avec des tas de pouets qui ont disparus d’un coup]
Plus sérieusement, voici un bel article et un bel hommage rendu à « ce visionnaire ». Rencontre et dialogues émouvants.
On a tous croisé sur nos chemins des personnages parfois hauts en couleur qui ont marqué notre esprit, nous ont donné envie d’y croire, d’être comme eux, nous ont inspiré et/ou ont contribué à celui ou celle que l’on est maintenant.
A l’heure où l’on oppose et/ou compare sans cesse les générations qu’elles soient Y, Séniors ou X, il serait bon de penser transgénérationnel car souvent tout par de là ou tout est parti de là.
Que l’exemple laissé par les générations précédentes qui ont jalonnés notre vie soit bon ou pas, cet exemple a contribué de manière directe ou indirecte à ce que l’on a décidé de faire de sa vie, d’être ou de ne pas être. Ce n’est pas là la question mais une belle histoire de complicité de génération 😉

Catherine philibert · 6 mars 2012 à 13 h 43 min

Un très bel et très émouvant hommage !
Triste au premier abord, mais finalement une application de cette phrase que l’on a beaucoup lue à la mort de Steve Jobs « Don’t be sad because it’s over, be happy because it happened » ! Encore une rencontre qui a dû changer des vies !
Remember !

Cécile · 5 mars 2012 à 9 h 00 min

Bonjour Denis, quel beau témoignage, quel bel hommage ! Ce professeur a été pour toi bien plus qu’un enseignant, il a su te transmettre des émotions, t’accompagner et te guider. Il a su t’écouter surtout quand tu en avais besoin et ça, ça fait partie des rencontres que tu garderas dans ton coeur toute ta vie. Je suis aussi absolument convaincue que la vie est faite de rencontres qui guident nos chemins…

Denis Gentile : Blogger, community manager e redattore web | More Than Words · 6 septembre 2013 à 15 h 50 min

[…] di seguire il mio professore di filosofia (1986-90), non sapevo che una materia scolastica potesse interessarmi tanto quanto una partita di […]

Denis Gentile : Rédacteur web, Community manager & Blogueur | More Than Words · 26 août 2013 à 7 h 10 min

[…] d’écouter mon prof de philo (1986-90), je ne savais pas qu’une matière scolastique puisse m’intéresser autant qu’un […]

L'ETONNEMENT est le début de la philosophie et du blog | MoreThan Words · 18 mars 2012 à 9 h 07 min

[…] O Capitaine ! Mon Capitaine ! […]

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