Quand Facebook nous remplit d’épouvante !

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Sur les réseaux sociaux, comme sur la route, il y a des règles à respecter. Contrairement au conducteur, l’internaute a moins de contraintes.  Le web, de façon formelle, est moins codifié. Dans les faits, il y a une infinité de petites choses à ne pas oublier. Notamment pour notre sécurité et le respect de nos vies privées. Le web, ce n’est pas neverland, le pays imaginaire de Peter Pan. Comme nous le confirme cette histoire sur Facebook.

Tout commença par une discussion instantanée sur Facebook. Une alerte. L’identité de mon interlocuteur ? Un certain Ivan Pauleto. Connais pas ! J’ai plus de cinq mille contacts sur les réseaux sociaux. Je ne peux pas me souvenir de tout le monde.

Bon, je ne prends pas non plus le temps de vérifier et de scruter sa page. Il attaque son message, sans la moindre formule de courtoisie, en me posant une question. Je veux lui répondre rapidement, j’ai d’autres priorités. Je dois notamment rédiger un article pour l’événement « Votez pour mon article » sur le blog Virtuose Marketing de Cédric Vimeux : « Il s’agit d’un « concours entre amis ». Un vote pour élire les meilleurs articles. Ceux qui méritent d’être lus, et connus. » Une excellente initiative « qui concerne les blogs qui traitent du webmarketing (copywriting, blogging, affiliation, réseaux sociaux, etc.) »

Prendre le temps de réfléchir avant d’envoyer un tweet

Ma page sur Facebook

Revenons à notre mouton. Voici ses propos :

« J’ai posté un message très intéressant hier. Tous mes amis ont adoré, mais pas vous. Pourquoi ?  »

Le ton ne me plaît pas beaucoup. Trop agressif. C’est malheureusement souvent le cas sur le web dans les commentaires des articles et sur les forums. Mais sur Facebook, c’est plus rare. C’est un réseau plus amical. Ca me surprend. Histoire de prendre le temps de faire deux ou trois respirations pour ne pas m’énerver, je lui réponds par un simple :

– « Bonjour, comment allez-vous ? »

Je me dis que cela allait apaiser la suite de la conversation. Quelle erreur !

– « Maaaal ! Faites pas le malin, n’essayez pas de changer de sujet et répondez à ma question ! »

Si je l’avais eu en face de moi, j’aurais eu envie de lui mettre mon poing dans la… figure.  Mais là, à l’autre bout d’une ligne adsl, je me suis dit qu’il valait mieux noyer le poisson.

– « Je n’ai pas encore eu le temps de voir votre message. Je suis débordé. J’ai du retard car hier ma connexion était très lente. J’irai lire votre message un peu plus tard. C’est promis. »

Le problème quand on écrit vite, et c’est l’une des spécificités du web, c’est qu’on ne réfléchit pas toujours. Si j’avais fait tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de m’exprimer, j’aurais évité cette réponse bateau. En effet, hier, j’ai dû poster une cinquantaine de tweets, répondre à une vingtaine d’internautes sur Facebook et animé un débat avec plus de cent lectures sur Viadeo. N’importe lequel de mes cinq mille contacts aurait pu sans effort me voir actif. Très actif ! Alors imaginez ce gugus qui en plus semble tout savoir sur moi.

Attention à ne pas polluer les comptes de vos relations

– « Tu me prends pour un demeuré ou quoi ? Hier, on voyait que toi sur tous les réseaux. Tu as pollué mon compte twitter, t’as pas quitté les premières positions des news sur Viadeo et tu avais un petit mot pour tout le monde sur Facebook sauf pour MON message ! »

Sur le coup, je me sens pas très intelligent. Mais surtout, j’ai l’impression d’être traqué et je ne croyais pas si bien dire. Et puis il se sent de plus en plus à l’aise le bourricot ! Il s’est mis à me tutoyer.

– « Je peux même te dire que t’as pas quitté ton domicile. Avec la pluie, les roues de ta bagnole étaient enlisées dans la boue. »

Ne dites rien sur vos déplacements

Mais comment sait-il cela ? Je ne suis pas sur Foursquare. Je ne raconte jamais dans mes tweets ou sur Facebook où je vais. Je fais attention à bien respecter quelques règles de base pour protéger ma vie privée. J’ai dû mettre mon adresse quelque part. Un CV sur Monster ou l’APEC ? Ensuite, il est allé sur Google Maps et il a repéré ma baraque.

Tant qu’il ne la casse pas !

J’ai pollué son compte twitter ! Et il se venge. Heureusement que tout le monde n’est pas comme lui. Mea Culpa, c’est vrai que de temps en temps, j’exagère. Un Community Manager devrait savoir se montrer plus discret. Mais j’avais tellement envie de communiquer sur mon nouvel article et sur le débat lancé sur Viadeo. Je me suis laissé prendre au jeu. Bien m’en a pris ! J’ai attiré les foudres de Monsieur Ivan Pauleto.

Méfiez-vous de certains pseudos

Mais qu’avait-il de si intéressant son message sur Facebook p… ? Vraiment, je l’ai pas vu. Et ce nom ne me dit vraiment rien. D’ailleurs, ce nom ne me dit rien qui vaille !

Je me relaxe et je me dis que c’est un pote qui me fait une blague. Une mauvaise blague.

– « Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Qui es-tu ? On se connaît. T’es un copain d’enfance ? Un cousin ? Arrête de déconner s’il te plaît, c’est pas marrant ! »

– « T’as rien compris mec. Moi, je te connais. Mais toi, tu ne m’as jamais vu ! »

Je ne sais pas quoi lui répondre. Cette fois, je réfléchis. Il y a bien cette discussion traitant du droit à l’anonymat sur les réseaux sociaux et en particulier sur Google +. Mon article sur sujet « Tout le monde s’appelle Claude Martin » n’a pas du tout plu aux défenseurs de l’anonymat. Et l’un d’entre eux veut me démontrer qu’afficher son visage et utiliser son vrai nom sur le web peut être dangereux. C’est forcément ça ! Alors, je lui demande :

– « Ivan Pauleto, c’est pas ton nom. C’est un pseudo ? »

– « Tu peux pas t’empêcher de ramener ta fraise sur ce sujet. Tu promènes partout ton sourire pour nous balancer tes arguments à deux balles sur le sujet. Ouais, c’est un pseudo. Et alors ? Ca te fait flipper ? Tu voudras plus parler avec moi parce que tu connais pas mon nom et que tu ne peux pas me regarder dans les yeux ? T’as qu’une seule solution mec, QUITTE LE WEB !
D’ailleurs t’avais pas démissionné ? Pourquoi t’es revenu ? Bon, malgré tout, je t’aime bien. T’inquiète pas je suis pas si méchant. La preuve ? J’aimerais savoir comment va Aristote ? »

Je suis prêt à exploser. Comment sait-il cela ? 

Aristote, c’est mon chien. Un labrador chocolat. Mais ça, tout le monde peut le savoir. C’est mon premier blog : Parole d’Aristote. Mais la semaine dernière, il a disparu pendant plus de 2 heures. Pour finalement pointer le bout de sa truffe et sa langue pendue devant le portail de la maison.

Prenez un bon vieux bouquin en papier pour vous détendre

Le Roman de Michael Connelly en version originale

On s’expose trop en tant que Community Manager. Je dois revoir tout mon système de sécurité. Mes mots de passe, mes inscriptions, mes photos, les trucs que je raconte. Ca devient vraiment dangereux. Mais je crois que je dois continuer à lutter contre l’anonymat. Si tout le monde affichait son visage, il n’y aurait pas ce genre de problèmes.

J’ai décidé d’arrêter là cette conversation. Sans dire au revoir. C’est pas mon genre. Mais on a franchement dépassé les bornes.

Je baisse le capot de mon portable, comme on raccroche le combiné d’un vieux téléphone, et je prends un bouquin. Là, au moins, c’est du papier et de l’encre. Je ne lis pas encore de romans sur une tablette. Pas sûr que j’y vienne ! C’est d’ailleurs une histoire qui parle d’internet. L’un des thèmes du roman est la mort du journal papier. Le personnage principal apprend son licenciement au début du roman. Ensuite, il y a toute une traque entre le héros principal et un serial killer. Ca fout vraiment les jetons. C’est peut-être aussi un peu pour cette raison que je me pose toutes ces questions sur la sécurité et le web. L’auteur est Michael Connelly. J’oubliais, le titre du roman est « L’Epouvantail ».

L’épouvantail ?

Je reprends le bouquin en main. Je regarde la couverture et lis attentivement le titre :

E-P-O-U-V-A-N-T-A-I-L !!! 

Je sursaute sur ma chaise. J’ai quelques sueurs froides. Dehors, il fait déjà plus de quarante degrés au soleil. Le ventilateur de mon Mac fait soudain un boucan d’enfer, au propre comme au figuré. Je prends une revue et m’en sers comme un éventail. J’ai besoin d’air. Quelle chaleur !

J’ai déjà vu ses mêmes lettres ce matin. Où ça ? 

Sur Facebook ! 

C’est l’anagramme de IVAN PAULETO ! 

Article écrit, imaginé et scénarisé ** par

Denis Gentile

Le CD audio du Roman (textes lus, disponible à la FNAC)

A LIRE AUSSI, tous les secrets de fabrication de cet article : « Le Making of d’un thriller & blockbuster »

et le classement du concours.

* La parution exceptionnelle de cet article le jeudi 8 septembre (au lieu du lundi 12 septembre) s’explique par sa participation au concours  « Votez pour mon article » sur le blog Virtuose Marketing de Cédric Vimeux dont la clôture des inscriptions est fixée au vendredi 9 septembre.

** Cet article prend son inspiration du roman L’Epouvantail (The Scarecrow) de Michael Connelly et des articles :

Le blog est l’avenir de la Presse Ecrite

– Dans le monde réel, tout le monde s’appelle Claude Martin. Mais sur le web et Google, tout le monde a son nom

– Les raisons qui contraignent un Community Manager à démissionner

Denis Gentile répond aux questions de Frederic Canevet sur son blog ConseilsMarketing.fr

55 réflexions au sujet de « Quand Facebook nous remplit d’épouvante ! »

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