L’information est-elle maltraitée (sur le digital et ailleurs) ?

Au regard de vos expériences, vous semblez avoir choisi de vous consacrer à la rédaction Web plutôt qu’au journalisme. Pourquoi ? A votre avis, doit-on absolument choisir entre travailler en tant que journaliste dans une rédaction et écrire des papiers publiés sur les supports d’une marque ?

— Lors de mes rencontres sur les réseaux sociaux, une de mes relations qui travaille dans une agence web m’a posé plusieurs questions sur le journalisme et la rédaction web. Voici la suite de cette interview. —

Si le support, papier ou digital, est différent, le journaliste et le rédacteur web piochent leurs écrits dans la même matière, la réalité.

La réalité

Prenez un journal généraliste, Libération, Le Monde, Le Figaro, à vous de choisir et consultez la une. Que lisez-vous ? Il y a de fortes chances qu’on y parle d’une guerre, d’une catastrophe, d’un scandale politique, d’un fait divers, des états d’âme d’une pseudo-star, d’une boîte qui licencie une partie de son personnel, etc.

Est-ce que c’est cela la réalité ?

Oui, c’est une partie de la réalité et le journaliste informe le lecteur en enquêtant sur le terrain et en rendant compte de son enquête.

Est-ce que c’est toute la réalité ?

Non, bien sûr que non. Et c’est là que le blogueur trouve un immense champ d’inspiration et d’action. Il y a une autre actualité souvent plus heureuse et positive (ll y a un vrai et immense public pour ce genre d’actualité. Voyez l’engouement autour de la chanson « Happy » et des centaines de vidéos amateurs qui ont été publiées et diffusées sur youtube. En voici un aperçu sur le blog « humain au cœur du numérique » d’Eric Messeca). Il va enfin faire basculer la balance du monopole de la presse nationale. Son rôle est digne de considération car il va être un facteur de la hausse du moral des consommateurs d’infos !

Le Blogueur Professionnel

On trouve le blogueur amateur (il le fait pour son plaisir) qui a un moyen simple de parler et de partager sa passion comme la cuisine ou les voyages pour citer les thèmes les plus populaires.

On trouve le blogueur professionnel (il le fait par plaisir mais aussi pour gagner sa vie, c’est souvent un free-lance qui profite du statut d’auto-entrepreneur) qui met en relief la passion ou du métier d’un autre. Il raconte la naissance d’une idée qui a conduit à la création d’une marque ou d’un produit, il raconte l’histoire d’un homme ou d’une femme qui a rêvé, a cru à son rêve et qui a eu la force de passer du rêve à l’action.

La première étape pour le rédacteur web est la plus importante. Pour développer un blog pro, il faut réussir à transformer l’activité pro d’un autre en passion pour soi. Ensuite, il suffit de raconter.

Je me place à l’extérieur et je me prends de passion pour les activités d’une entreprise. Finalement cela revient à dire que j’écris comme si j’étais le lecteur. C’est ce qui fait toute la différence et explique pourquoi les blogs ont un tel succès.

IMG_4154Mon rôle est aussi de passer du temps sur ces autres morceaux de la réalité que sont les réseaux sociaux et la blogosphère car c’est là que je trouve souvent mes sujets. Un tweet par exemple peut-être le début d’un article. En considérant cet aspect, on peut dire que le rédacteur web est un journaliste-rédacteur qui observe et rend compte de ce qui se passe dans le monde numérique.

Le rédacteur web est un metteur en scène. Cette caractéristique le distingue immédiatement du journaliste-rédacteur qui devrait se contenter de rendre compte d’un fait ou d’un événement. Comme un journaliste sportif qui raconte les actions d’un match de foot ou un journaliste local qui décrit les circonstances d’un accident.

Le Concepteur Rédacteur Web

Le rédacteur web utilise son imagination et il convient alors de parler d’un concepteur rédacteur web.

Il va mettre en scène des personnages, des lieux, des rencontres et des actions. Il y a un début et une fin dans son récit. Pour cela, il dispose d’un espace réduit d’environ mille ou deux mille mots, comme un cinéaste qui dispose de deux heures pour adapter à l’écran un roman de six cents pages.

C’est un exercice de style à la fois rigoureux et qui demande une grande créativité.

Techniquement, il ne choisira que quelques éléments car il ne peut pas tout raconter. Son talent consiste à lier ces éléments de telle façon que le lecteur oublie complètement qu’il est devant son iPad et qu’il plonge dans un autre contexte, une autre atmosphère.

Quand vous lisez l’article d’un journal, vous êtes un lecteur spectateur, vous êtes passif. Quand vous lisez l’article d’un concepteur rédacteur web, vous faites partie de la scène, vous êtes l’un des acteurs.

J’aime cet aspect imaginatif, c’est la raison pour laquelle j’écris des blogs. Le blog est le support idéal pour moi, celui qui s’adapte le mieux à mon style et à ma démarche créative.

3diJ’ajoute que la marque préférera un blogueur à un journaliste, car notre démarche est la même. Une marque est le résultat d’une démarche créative. Et c’est exactement ce que je fais quand j’écris et je mets en scène mes articles. On est similaires. Qui se ressemble, s’assemble.

De l’employeur au mécène

Enfin, j’estime que la marque ou l’entrepreneur qui met un blog dans les mains d’un rédacteur web se comporte comme un mécène. Un directeur de journal qui met une rubrique dans les mains d’un journaliste se comporte comme un employeur. Cette remarque n’est pas anodine et elle me permet de souligner que nous sommes en train de vivre – avec développement des nouvelles techniques de l’information et de la communication – un changement au moins équivalent (et bien plus rapide) à celui initié grâce à l’invention de l’imprimerie.

L’information est maltraitée si on la traite comme si rien n’avait changé et si on ne prend pas le temps de s’interroger sur le potentiel du support digital. Il nous appartient ensuite d’exploiter à fond ce nouveau support.

A ce sujet, je vous invite à lire les écrits de Michel Serres. Voici un extrait de son livre « Petite Poucette »

« Face à ces mutations, sans doute convient-il d’inventer d’inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites, nos médias… »

Lire ou relire
la deuxième partie de cette interview : 
Les mots sont-ils maltraités (sur les réseaux et ailleurs) ?
la première partie : Quelles différences faites-vous entre un journaliste et un rédacteur web ?

Et l’article en français : Digital Storyteller For Ever… Est !

Les mots sont-ils maltraités (sur les réseaux et ailleurs) ?

Vous accordez beaucoup d’importance aux mots.
Pouvez-vous expliquer pourquoi ?
Faut-il être journaliste pour bien écrire ?
Cela explique-t-il que les marques cherchent à recruter
des journalistes pour produire leurs contenus ?

— Lors de mes rencontres sur les réseaux sociaux, une de mes relations qui travaille dans une agence web m’a posé plusieurs questions sur le journalisme et la rédaction web. Voici la suite de cette interview. —

Les mots contre l’ignorance

Saviez-vous que « l’ignorance est à l’origine de tous les mots » ? Le mot est donc l’expression d’un savoir et bien utiliser les mots, c’est lutter contre l’ignorance. Une ignorance qui est aussi à l’origine de bien des maux.

Les mots participent aussi à notre épanouissement. Quand on ne se sent pas capable d’exprimer ce que l’on a en soi, on s’enferme à double tour et on a jamais l’opportunité de le communiquer et de le partager.

Enfin, les mots nous permettent aussi de bien nous exprimer et d’éviter ainsi de nombreuses incompréhensions à l’origine de disputes et de conflits. La paix passe par une bonne utilisation des mots.

Le mot est donc un instrument précieux que l’on devrait entretenir et choyer comme un guitariste traite sa guitare.

Aujourd’hui plus que jamais, le mot est maltraité et on a besoin de personnes dont le métier est d’en prendre soin. Le rédacteur web est l’un d’entre eux.

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Le rédacteur web

Quand il écrit, quand il publie un message sur les réseaux sociaux, quand il commente, quand il mène un débat, quand il participe à un forum, il a la mission de traiter les mots avec respect. Il ne s’agit pas de montrer du doigt les malfaiteurs, mais de montrer l’exemple. Certains d’entre nous écrivent comme moi je chante ! Quand il s’agit d’un professionnel, c’est inacceptable. Est-ce qu’un maçon va prendre un ouvrier qui ne sait pas utiliser une truelle ? Non, alors ce même maçon peut avoir besoin d’un autre ouvrier quand il s’agit de communiquer. Cet ouvrier, c’est le rédacteur. Et moi, en contre-partie, je m’engage à ne jamais utiliser une truelle ! Je construis des articles et des discours, pas des murs et des maisons.

IMG_3478Les mots sont comme la nourriture. On ne peut pas survivre sans. Tout le monde a appris à écrire et tout le monde prépare des repas. Mais tout le monde n’est pas le chef d’un restaurant comme tout le monde ne peut pas devenir un rédacteur web ou un journaliste. Et le journaliste n’est pas le seul à savoir écrire. Mais pour un professionnel, ça représente souvent une garantie. Je prends un journaliste pour développer mon blog et je me dis que je vais avoir de bons articles, bien écrits. On en revient alors au début de notre entretien. Ce n’est pas suffisant de bien écrire pour être un rédacteur web. Il faut aussi avoir une bonne culture web et maîtriser les outils du web. L’important est de produire du contenu adapté au web et exploitant le potentiel de ce support.

Le Community Management

Par exemple, le rédacteur web est aussi un community manager. Non seulement, il produit du contenu en écrivant des articles sur un blog mais ensuite, contrairement au journaliste, son travail ne s’arrête pas là. Il va partager ses articles sur les réseaux sociaux, ces partages vont prendre des formes diverses selon qu’il s’agisse d’un réseau populaire comme Facebook, d’un réseau pro comme Linkedin, d’un réseau lié à un moteur de recherches comme Google +, d’un réseau spécialisé dans le visuel comme Instagram ou Pinterest. Ces partages doivent attirer des lecteurs, des commentateurs mais aussi susciter des débats, le plus souvent dans des groupes, qu’il devra animer. Son rôle est aussi de répondre aux commentaires et de développer un vrai dialogue.

Et là, on est vraiment dans la spécificité du métier de rédacteur web. Ce sont autant d’actions que le journaliste-rédacteur ne développe pas. Non pas qu’il n’en soit pas capable, mais c’est juste que le support ne le permet pas, le papier n’est pas fait pour ça.

J’aime l’idée que l’article continue de vivre après son écriture. Comme si l’écriture web était un acte de création. Je l’ai mis au monde et ensuite il va grandir, parfois il va même vivre par lui-même. D’ailleurs la durée de vie est une grande différence entre l’article d’un journaliste et d’un blogueur. Sur un blog, il y a l’audience immédiate, celle du jour même équivalente à celle de l’article qui paraît sur un journal. Et il y a l’audience qui va naître des partages sur les réseaux sociaux et celle du référencement sur les moteurs de recherche. Certains de mes articles comptent plus de lectures trois ans après leur publication que le jour ou la semaine de leur parution. C’est le cas notamment de  « E621 : Quand lire peut vous sauver la vie ! » ou « Un Community Manager raconte ce que vous ne lirez pas ailleurs sur Disneyland Paris ! » (je viens volontairement d’en modifier légèrement le titre !)

Et comme l’article du rédacteur web a une durée de vie plus longue et indéterminée, la rédaction est différente. Il doit garder le même intérêt plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard. Parfois, il nécessite même quelques retouches pour qu’il conserve un bel aspect. L’article du journaliste a de fortes chances de terminer dans un feu de cheminée ou sur les vitres des fenêtres de votre habitation.

Dans le travail de rédaction, cela permet aussi de créer des suites. En créant une suite, vous fabriquez un feuilleton, les articles sont plus vivants et vous fidélisez des lecteurs. La preuve !?

à suivre…

Lire ou relire la première partie de cette interview : Quelles différences faites-vous entre un journaliste et un rédacteur web ?

Trois autres articles publiés sur ce blog apportent des réponses et un autre éclairage à la question énoncée dans le titre :

L’étonnement est le début du blog

Un Community Manager doit savoir écrire

– Blogs, Tweets & SMS sont-ils une source de désaffection ou d’inspiration pour la lecture et l’écriture ? de Florence Augustine

Quelles différences entre un journaliste et un rédacteur web ?

Sur mon curriculum vitae papier, on peut lire :
« Journaliste-rédacteur à France-Soir-Ouest, 1989-1990, en charge de l’édition Versailles, plus de 200 reportages et articles. »
Lors de mes rencontres sur les réseaux sociaux, une de mes relations qui travaille dans une agence web me demande : Journaliste-rédacteur, pourquoi cette juxtaposition de termes ?
Puis, elle complète sa question :
Quelles différences faîtes-vous entre le métier de journaliste et de rédacteur, web de surcroît ?

C’est le point de départ d’une longue interview dont je vous livre ici la première partie.

Journaliste-rédacteur ?

C’est tout simplement ce qui était inscrit sur mon bulletin de salaire. La raison est que l’on trouve plusieurs types de journalistes. Par exemple, le photographe et le secrétaire de rédaction. Rédacteur indique donc ma qualification, celle de rédiger des articles, pas de faire des photos.

Le terme rédacteur employé seul a de multiples sens. Faites une recherche dans les offres d’emploi et vous trouverez des annonces dans les domaines juridiques et de l’assurance.

En ce qui me concerne, je suis rédacteur web. Je m’exprime sur des blogs. La différence ? C’est le support. On n’écrit pas de la même façon sur une affiche dans le métro, un paquet de biscuits, un dépliant publicitaire, un journal, une revue ou un livre et je vous laisse compléter cette liste. Ce qui est vrai pour tous ces supports qui utilisent le papier l’est encore plus quand on change la nature du support. Vouloir écrire pour le web comme pour un journal, c’est nier le potentiel apporté par les nouvelles technologies. Il y a donc des spécialistes, parmi eux, le rédacteur web. Il connaît les possibilités offertes par le web, il utilise et maîtrise les outils de l’informatique et bien sûr il sait bien écrire.  Je vais vous raconter une histoire. C’est toujours mieux de raconter une histoire pour tenter de comprendre de quoi on parle.

Benoïde ? Un trop gros poisson

La rédaction de France-soir est en ébullition. Les nouvelles fusent de toute part. Demain à la une, il y aura le contrôle positif du sprinter canadien Ben Johnson. On est en septembre 1988. Je suis un jeune stagiaire. Pendant les Jeux Olympiques de Séoul, je m’occupe de rédiger des puces et des filets à partir des dépêches de l’AFP. Ce rôle est important puisqu’il permet de rendre compte de l’ensemble des compétitions. Bien sûr, le cas Ben Johnson est dans les mains des envoyés spéciaux et du rédacteur en chef. Ca vaut bien plus qu’un maigre filet, le poisson est trop gros. Ce soir-là, je suis de sortie avec le journaliste le plus expérimenté de la rédaction des sports. C’est d’ailleurs sa dernière année avant sa retraite. c’est la situation idéale pour moi car j’ai l’opportunité d’apprendre le métier au contact d’une personne qui connaît tout le monde, qui connaît tous les rouages de la profession et qui a des centaines d’anecdotes à me raconter. Je l’attends devant le Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne. On va couvrir ensemble une réunion de boxe. Le boxeur français Fabrice Bénichou dispute un championnat du monde. Mais l’événement va être complètement étouffé. Dès qu’il me voit, il m’annonce la nouvelle. Ben Johnson s’est dopé aux stéroïdes. « C’est Benoïde » me dit-il, fier de son jeu de mots. Tout en continuant de discuter des causes et conséquences de l’affaire, on s’installe autour du ring. Je suis impressionné et je vais l’être encore plus dans quelques minutes, je suis assis sous le ring, je touche les cordes en allongeant mon bras droit ! Dire que les spectateurs qui se trouvent derrière moi au premier rang ont dû acheter leur place mille ou deux mille francs. Ca a du bon d’être journaliste, on vit les événements comme des témoins privilégiés et en plus on est payés pour ça.

Ce truc m’empoisonne la vie !

Le visage de Michel (j’avoue, j’ai un doute sur le nom du journaliste) s’assombrit. Que se passe-t-il ? Il ouvre sa sacoche, à l’intérieur il y a l’objet de son angoisse. « Tiens Denis, me dit-il à peine soulagé, tu m’installes ça ! » C’est un ordinateur portable.

Vous devez remettre les choses dans leur contexte. On est en 1988, le web n’existe pas et l’informatique est encore balbutiante. Pour lui, cet ordinateur portable, ce n’est qu’une machine à écrire sans papier ! C’est encombrant et malgré la formation qu’il a suivie, c’est un véritable casse-tête. Je le comprends car je viens de passer mon permis et j’ai eu la même réaction que lui lors de ma première heure de conduite !

« Denis, franchement, ce truc-là m’empoisonne la vie ! Je ne vois pas ce que cela m’apporte de plus que mon carnet et mon stylo. » Encore une fois, je comprends sa réaction.

Bon, il peut compter sur son stagiaire et il va suivre les matchs sur le ring plus sereinement. Moi, je vis un moment d’une rare intensité. D’un côté, je me sens utile car je peux aider quelqu’un qui sait tout de son métier et de l’autre pour les gouttes de sueurs que je reçois sur certains coups des boxeurs !

Bon, à la fin Bénichou perd son match (mais il aura sa revanche quelques mois plus tard contre Sanabria) et malgré mes efforts, on arrivera pas à envoyer son papier à la rédaction. Il va donc faire ce qu’il a fait ses trente dernières années. Il prend un téléphone (fixe et filaire), il insère quelques pièces de monnaie et il va dicter à un secrétaire de rédaction son article.

En 2014, quel journaliste procède-t-il encore de cette façon ? Sauf cas extrême, aucun ! Tous les journalistes utilisent un ordinateur portable, un téléphone cellulaire et certains travaillent même avec une tablette. Ils ont appris à utiliser ces machines. Mais les machines sont vides. Elles ont besoin de logiciels et d’applications pour fonctionner. Ils doivent donc aussi avoir quelques notions de word, photoshop et pourquoi pas wordpress pour pouvoir exercer leur métier. Bien sûr, ils savent aussi envoyer un email et naviguer sur le web.

L’explosion des Mass Media

On en revient à notre propos : il sait bien écrire mais cela ne suffit plus, il doit maîtriser les outils informatiques.

Cela passe d’abord par une évolution des mentalités. L’ordinateur n’est pas une machine à écrire améliorée. La seule similitude, c’est le clavier. Il y a une infinité d’autres possibilités. Le rédacteur web est celui qui connaît et utilise cette palette magique jusqu’au point d’en transformer sa façon d’écrire. Il intègre des liens, des hyperliens, il prend en compte le référencement, il ne souligne surtout pas son texte mais il varie la grandeur des caractères, etc.

On n'échappe pas à son #destin !
On n’échappe pas à son #destin !

Il serait plus juste d’élargir la réflexion est précisant que ce sont les nouvelles technologies qui ont changé la façon de communiquer et d’écrire. C’est ce que j’ai relu ce matin dans mon rapport de stage (rédigé en 1988).

« L’évolution des techniques de communication est un facteur qui favorise les changements dans la société. L’invention de la télévision et sa propagation dans les foyers ont accéléré ces mutations. Ainsi avec les journaux et les revues, la télévision mais aussi le cinéma, les disques, la radio, chacun d’entre nous a accès à une même culture, à toutes les informations et se distrait de la même façon. L’expression ‘mass media’ exprime précisément cette réalité : la médiatisation a contribué à développer une culture de masse. »

Avec les blogs et les réseaux sociaux, c’est cette culture de masse qui est en train d’éclater. Dans la rédaction cela se traduit dans le passage de l’impersonnel au personnel, du général au spécifique, de l’utilisation du nous à celle du je.

Quand j’écris un article de blog, le mien ou celui d’une entreprise, je me place comme l’un des protagonistes de mon récit. Le lecteur cherche ce que l’auteur – et donc pour être en accord avec ce que je suis en train d’expliquer je devrais plutôt dire – ce que moi je peux apporter à un débat et à la réflexion de l’autre, sur ma vision, sous-entendu : sous quel angle, je vois les choses.

Je n’écris pas pour un groupe de personnes (par exemple, c’est ce qui se passe dans le journalisme d’opinion avec des journaux qui sont marqués politiquement) mais pour chaque lecteur. C’est très clair quand on lit les commentaires, le lecteur s’exprime souvent en mettant en avant le fait qu’il se reconnaît bien dans ce que j’ai exprimé dans mon article. C’est la preuve que j’ai atteint mon but, que j’ai écrit cette phrase ou ce paragraphe pour lui. En me rendant protagoniste de l’article, j’attribue aussi au lecteur un rôle. On en vient à une notion fondamentale du rédacteur web, que je viens justement d’évoquer. Il écrit de telle façon que l’article pourra susciter des commentaires. L’article ne vise pas seulement des lecteurs, mais aussi des commentateurs. Dans la rédaction, cela se traduit par des questions. Un rédacteur web pose plusieurs questions dans un article. Il utilise donc aussi souvent qu’il peut la forme interrogative. Le rédacteur fait appel à la compétence et à l’expérience de ses lecteurs.

Il est amusant de constater que d’un côté, il utilise le ‘je’ et de l’autre il affirme très peu de choses. Il y a un équilibre naturel dans la construction interne du texte. Car dans l’utilisation du ‘je’, il y a le risque de tomber dans un excès d’égocentrisme que l’interrogation permet de contre-balancer. C’est la confrontation de plusieurs ‘je’ qui donne naissance à un dialogue.

Le Storytelling

Troisième élément, le rédacteur web utilise le storytelling. En français dans le texte, cela signifie qu’il raconte des histoires. Mais pourquoi privilégier cette forme de récit plutôt qu’une autre ? Parce que les mots répondent aux actes. C’est un dialogue interne qui se veut démonstratif et qui vise à gagner la confiance du lecteur.

19 ans, premier stage au journal Presse-Océan à la rédaction de la Roche-sur-Yon
19 ans, premier stage au journal Presse-Océan à la rédaction de la Roche-sur-Yon

Se mettre en avant, raconter son histoire, ce n’est pas pour paraître le plus beau et délivrer des chapitres de son autobiographie, le but est de montrer que ce qu‘on écrit, on peut le justifier à travers notre vécu. On montre le chemin qui nous conduit à une réflexion, à poser une question d’une façon plutôt qu’une autre. Ce n’est pas par hasard que le nom de domaine de mon blog reprend une chanson célèbre intitulée « More Than Words », car ce que je souhaite en tant que blogueur et rédacteur web est de donner un vrai sens à mes mots, en les comparant sans cesse à la réalité et en les poussant parfois dans leurs derniers retranchements.

Le lecteur, celui qui a envie de lire sur le web, a donc le choix entre plusieurs rédacteurs. Il choisira de lire ceux (plutôt que celui) qui attirent le plus son attention, ceux qui le captivent, ceux qui lui ressemblent. Un article aura alors quelques centaines de lectures ou quelques milliers dans le meilleur des cas.

Il sera difficile pour un blogueur d’atteindre les chiffres qu’un journaliste-rédacteur ou télévisé peut espérer. Mais ce n’est pas son but. Au contraire, lui, le petit rédacteur web, il participe au démantèlement de la culture de masse.

à suivre…

Le discours du blogueur français sur l’île déserte : « Mon exil est un échec ! »

«  Je vais vous raconter une histoire. Mais avant, éteignez votre iMoon car j’aimerais que cette histoire reste secrète encore quelques heures jusqu’à ce que je vous donne mon feu vert… » Extrait du chapitre I, le blogueur et la tentation de l’île déserte.
Voici le discours en question, reconstitué selon les témoignages des autres blogueurs car aucun d’entre eux ne l’a ni enregistré, ni filmé.

Chapitre II

« J’ai toujours cru que j’aurais réinventé le monde alors que je n’ai fait qu’imiter celui de mes ainés ! »

Un homme, blogueur de profession, de quatre-vingt-sept ans est debout sur la plage. Autour de lui une cinquantaine de personnes écoutent son histoire. Il fait chaud, le soleil brille, le vent souffle et on entend le son des vagues. Les conditions sont difficiles pour un orateur, mais les auditeurs sont tous là en cercle tout près de lui comme pour former une barrière qui le protège des éléments.

« J’étais plein de bonnes intentions comme la plupart d’entre nous. Ensemble, grâce aux réseaux sociaux et aux blogs, on allait changer les réglages du mécanisme. l’idée tenait dans cette image :

Démagnétiser les mass médias !

Il y avait surtout et avant tout cette boîte qui est entrée dans tous les foyers. Chez moi, elle m’a précédé d’un jour en 1968. Elle est devenue le symbole de plusieurs générations. Le téléviseur magnétise notre regard à tel point qu’on entend ici et là  cette phrase culte qui redéfinit le concept de vérité :

« S’ils le disent à la télé, c’est que ça doit être vrai ! »

Forcément, trente ans plus tard, internet arrive comme une nécessité, une rébellion, une urgence. Un équilibre à retrouver.

La métaphore de la balance

A la maison, il y avait d’autres objets qui me fascinaient. Mon père, ma mère, ma grand-mère, mon grand-père et mon oncle travaillaient sur les marchés d’Ivry-sur-Seine. Dans la cour, le garage et la chambre froide s’accumulaient des cartons et des cagettes remplis de fruits et légumes. Quand je passais devant, c’était comme un cours de géographie, j’avais l’impression de voyager de la Bretagne à l’Afrique du Sud, de l’Italie à la Guadeloupe, du Kenya à l’Espagne, le monde était invité à ma table et j’y trouvais des ananas, des bananes, des artichauts, des tomates, des oranges, des haricots verts, des avocats et des pommes bien sûr.

Marchés d'Ivry-sur-Seine au début des années 70, mon père et mon oncle. Que mettons-nous aujourd'hui sur les plateaux de la balance ?
Marchés d’Ivry-sur-Seine au début des années 70, mon père et mon oncle. Que mettons-nous aujourd’hui sur les plateaux de la balance ?

Et puis il y avait aussi ce que moi je considérais comme un jouet et l’enfant que j’étais adorait jouer avec les balances. Je m’amusais avec les vieilles bien sûr, je n’avais pas le droit de toucher aux plus modernes ! J’essayais  de trouver le bon équilibre entre les plateaux ou au contraire de provoquer des déséquilibres. Inévitablement, cela m’inspire encore aujourd’hui quelques comparaisons avec nos moyens de communication.

Si la télévision est un poids en laiton de 10 kilos, on ne peut pas mettre sur l’autre plateau un autre poids de 10 kilos ou même deux poids de 5 kilos. Quel serait l’intérêt du jeu ?

De plus il n’y avait pas – je répète ce mot – la nécessité de refaire la même chose mais au contraire il y avait la volonté d’inventer quelque chose de différent et d’établir un équilibre grâce aux nouvelles possibilités offertes par le web.

Sur l’autre plateau de la balance, on allait d’abord placer des milliers de poids en laiton de moins d’un gramme, ce sont les premiers blogs puis devant la multiplication des blogs, la matière change, fini l’alliage de métaux, on y mettrait désormais des éléments végétaux, plus légers, plus utiles et recyclables.

Le paysage médiatique de ce côté de la balance se confond presque avec la nature, il est plus écologique et moins envahissant.

En 2015, l’empreinte écologique était la principale différence entre le journaliste et le blogueur. Le journaliste voyageait en avion à l’autre bout du monde parfois, il arrivait à la rédaction et repartait aussitôt sur les lieux de l’actualité en voiture ou en scooter, il assistait à toutes les conférences et à la fin entre un cocktail et l’autre, il mangeait à tous les râteliers ! Ses articles étaient encore imprimés sur du papier journal et les invendus repartaient dans le coffre d’un break dont le moteur était exclusivement un diesel. Un manège qui valait à Paris, l’oscar de l’irrespirabilité. En revanche, le blogueur contrôlait tout avec un simple iPad de chez lui, dans un bar, dans une salle de conférence ou en voyage. Il faisait ses publications d’un simple mouvement de ses doigts. L’important est de comprendre une chose très simple :

il bloguait là où il se trouvait et non pas là où on l’envoyait, là où on lui disait d’aller.

Voilà ce que nous étions encore en 2015. Mais si en 2055, on est tous ici sur cet île, 50 blogueurs triés sur le volet, les plus suivis, les plus influents, c’est que nous avons repris la forme d’un poids en laiton de 10 kilos, oubliant que la force du blogueur résidait dans la légèreté de ses articles, de ses mouvements et de son état d’esprit.

Nous, blogueurs, on a marché sur la lune et les journalistes sont restés à terre. On a renversé la tendance, du moins pensons-nous, mais c’est l’inverse qui s’est produit au regard de l’empreinte écologique.

Ce n’est pas le futur qui était prévu, le futur qui était contenu dans l’intention de ce média, ce n’est pas notre futur, c’est le futur de nos ainés, de nos prédécesseurs. Ce n’est pas notre place. Ce n’est pas notre temps. C’était pourtant notre heure.

Si le Digital Storyteller part de son histoire, ici mon grand-père, c'est pour ensuite explorer des territoires encore inconnus. Le blogueur est comme un marchand, il ne peut servir qu'une seule personne à la fois !
Si le Digital Storyteller part de son histoire, ici mon grand-père, c’est pour ensuite explorer des territoires encore inconnus. Le blogueur est comme un marchand, il ne peut servir qu’une seule personne à la fois !

Le blogueur est comme un marchand

Il y a une photo que je garde en mémoire comme un trésor. C’est celle de mon grand-père sur les marchés qui sert un client. Une photo qui représente pour moi la réalité car je n’ai jamais connu mon grand-père. Une photo vivante car elle me raconte l’histoire d’un homme qui m’a aimé dans le futur et qui m’a transmis un héritage énorme.

C’est un marchand, et je me dis que le blogueur est comme ce marchand, il ne peut servir qu’une seule personne à la fois. C’est le vent de fraîcheur que le blogueur authentique apportait en 2015 et qu’il n’a plus en 2055. (1)

L’article d’un blogueur ne peut pas se mesurer en millions de lectures mais dans le retour d’un seul lecteur qui aura été touché par un mot, une métaphore, une idée, une anecdote, une phrase ou un paragraphe. Un retour qu’il transforme en quelques mots sur les réseaux sociaux, sur le blog ou un message privé. S’il n’y en a qu’un seul, vous savez déjà que vous avez bien fait d’écrire cet article. C’est pour cette raison profonde que les commentaires d’un article de blog sont au moins aussi importants que l’article en lui-même. Cela on ne peut pas le dire d’un article imprimé sur du papier journal ou le papier d’un livre, c’est la spécificité d’un article de blog et c’est ce qui a fait la popularité du blog.

Oui, mais voilà, on a voulu ressembler aux autres, à l’esprit des mass médias, des magnétiseurs et cette spécificité s’est finalement évaporée avec le temps.

Blogueur, Community Manager, Digital Storyteller, Web Designer, etc. autant de nouveaux métiers nés avec l’avénement du web, autant d’occasions de façonner ces métiers grâce à notre créativité et notre savoir-faire, et au cours des années qui ont suivi, autant d’occasions d’être des pionniers, autant d’occasions gâchées.

Cette île, c’est pour nous une île perdue.

Pourtant, j’ai décidé d’y rester. Je vais céder à cette tentation qui m’a toujours taraudé l’esprit. Cet exil n’a rien de glorieux, c’est même un échec. L’échec de ne pas avoir su pendant mon existence métropolitaine – je vais fêter dans quelques jours mes quatre-vingt-sept ans – réaliser ma nature. Je suis né pour incarner une passion, celle de m’exprimer grâce au blog. Je l’ai fait mais au mépris des règles du blogueur.

Cet exil est un échec, cet exil est une punition, cet exil sera peut-être une rédemption, cet exil sera peut-être une renaissance.

Comment suis-je arrivé sur cet île ? Quel est ce vent qui m’a poussé sur ce rivage ? Que s’est-il passé ?

J’ai imité nos ainés et j’ai utilisé leurs canaux. J’ai fait du neuf avec du vieux. Concrètement ça a donné ça : je voulais faire du 100% numérique, avoir mon label puis j’ai imprimé des livres sur l’art, la cuisine et même le foot à plusieurs milliers d’exemplaires, le plus fort tirage a été un conte poétique et philosophique avec comme personnage principal mon ami footballeur Vincenzo Montella, j’ai organisé des concours à tire-larigot pour mes clients en faisant gagner des trucs et des machins, quand j’ai voulu créé un nouveau réseau social, j’ai couru après les interviews dans la presse et aux journaux télévisés, alors, comme un joueur de foot ou un acteur, j’ai pris un agent, ma notoriété a fait un bond mais je ne la dois pas à mon blog mais à ma présence comme chroniqueur dans une célèbre émission, alors j’ai vendu des tee-shirts avec mes citations, j’ai signé un contrat mirobolant avec la plus grosse compagnie mondiale pour imaginer un slogan et un produit commercial, et puis je me suis mélangé au gotha pour être toujours là dans les grands événements et finir immanquablement à me nourrir de Finger Food. L’esprit encombré et les doigts gras, je me suis éloigné de mon monde. Etre VIP n’est pas dans l’ADN du blogueur.

Pendant ce temps-là sur le web, les mêmes messages irréfutables passent à longueur de journée sur les réseaux sociaux. C’est une nouvelle pensée unique. Je la nourris.

Même si je ne suis pas le seul à avoir dévié de mon chemin initial, je ne jette la pierre à personne.

C’est trop difficile de faire autrement. Pourquoi est-ce si difficile ? Parce qu’il faut bien vivre ! Ou survivre, si vous préférez. Parce qu’il faut manger et régler son abonnement à internet. Parce que ceux qui vous paieront ce droit de survivre s’intéressent au commun, à l’ordinaire, à la normalité, à ce qu’ils ont l’habitude, à ce qu’ils pensent  et surtout pas à l’exceptionnel, à l’extraordinaire, au différent, au personnel et à l’inconnu.

C’est ainsi qu’ils utilisent les objets et les hommes !

Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’au jour où cette fameuse compagnie me demande d’imaginer quelque chose qui n’a jamais été fait. Incrédule et malgré mon âge, j’ai accepté avec enthousiasme.

Je participe alors à la conception de l’iMoon, l’objet le plus sophistiqué de tous les temps, le plus performant de tous les temps et il est loin d’être ordinaire car il nous donne la faculté d’aller contre-courant. C’est un voilier qui irait contre le vent et qui remonterait les courants, il est plus fort que la nature qui nous entoure, il est surnaturel.

Je vous le répète, cet exil est un échec. J’espère qu’il ne sera que provisoire. A moi de le transformer. Comment ? Je vous donne quelques pistes.

  • parler-ecrire-2Cet exil, je serai seul ici et je veux le rester, devrait être un exemple pour enseigner aux blogueurs à ne pas suivre les autres.
  • Cet exil devrait aussi être un exemple pour les plus jeunes. Ne venez pas sur l’île déserte, moi j’y suis mais j’ai 87 ans. Vous avez un univers à découvrir, il vous faudra tomber mille fois les genoux dans la souille et vous relever mille fois les mains sales avant de céder à  la tentation de l’île déserte.
  • Cet exil devrait me permettre de vous enseigner le bon usage de l’iMoon, le pensez-vous ? Hé bien non,  ce n’est pas la bonne méthode. Je ne vois pas cet objet comme un objet mais comme un prolongement de moi-même, un instrument qui vient compléter ma nature humaine, une sorte de main qui aurait une fonction spécifique celle d’écrire ce qu’il y a en moi.  Je suis comme un guitariste ou un violoniste, j’ai enfin trouvé mon Stradivarius, ma Stratocaster, l’instrument pour m’exprimer et cet instrument a une âme. Et vous le comprendrez en suivant les chroniques de ma vie sur cette île, car je suis le seul à connaître les réelles fonctions de l’iMoon, car ce que vous ne savez pas encore est que je les ai toutes imaginées, voire rêvées, avant que des ingénieurs ne les réalisent. Je suis là pour m’exercer et devenir un virtuose.

Ce que je vous dis aujourd’hui est peut-être un peu désordonné, ce n’est pas forcément structuré. Je n’ai pas l’habitude de ne pas écrire mon discours avant de prendre la parole, je n’ai pas eu le temps, du coup, j’ai oublié quatre ou cinq autres idées que j’avais en tête et pris dans mon élan j’en ai trouvé des autres ! Si je les retrouve, ça sera l’objet d’un nouvel article sur mon blog. Ca y est mes amis, j’en ai récupéré une, mais… heu… regardez, regardez, les secours arrivent, visiblement, je n’ai plus le temps de parler, alors j’écrirai !

Une dernière chose, comme je vous l’ai demandé merci de tenir secret ce discours encore quelques heures, je ne voudrais pas que ma fille apprenne sur sa montre que j’ai décidé de rester sur cet île. Tiens Thomas, voudrais-tu lui remettre ce message pour moi s’il te plaît ? Après avoir marché sur la lune (Walking on the moon), je trouvais amusant de mettre un message dans une bouteille (Message in a bottle), The Police est le groupe qui a accompagné mon adolescence. La preuve que chaque chose que l’on reçoit a son importance et chaque moment de notre vie a un sens. Les détails mes amis, n’oubliez jamais de soigner les détails.

Quand elle l’aura lu, vous pourrez bloguer.

Adieu mes amis. »

Thomas le serra fort dans ses bras, prit la bouteille et éclata en sanglots.

à suivre… (le chapitre III sera prochainement en ligne)

Denis Gentile

(1) : « Le web, c’est mieux que le supermarché », article écrit en 2011 et qui développe déjà cette idée. A lire aussi : Le degré zéro de l’éditorial !

Lire ou relire le premier chapitre en cliquant sur la photo
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Le blogueur et la tentation de l’île déserte

« L’homme souvent regrettait son retour dans le monde,
qui ne pouvait, malgré ses agréments, lui rendre la tranquillité de sa solitude. »

CHAPITRE I

La navette spatiale s’est échouée sur une plage. Comme un catamaran poussé par des vents forts, elle a glissé et tangué sur l’eau avant de s’arrêter brusquement sur le sable d’une île du Pacifique. La rentrée dans l’atmosphère a créé des turbulences qui ontrendu pratiquement ingouvernable la navette. Mais c’était sans compter sur l’habileté et la force de son capitaine de bord qui allait réussir l’amerrissage le plus spectaculaire de tous les temps.

Il s’agissait du dernier voyage inaugural de la première liaison touristique entre la Terre et la Lune. Chaque voyage était réservé à une catégorie professionnelle. Les politiques, les chefs d’entreprise, les banquiers, les agents de voyages, les agents immobiliers, les architectes, les scientifiques, les présentateurs télé, les photographes, les écrivains, les artistes, les geeks et enfin les blogueurs. A chaque fois, cinquante d’entre eux avaient pris place dans le spacebus « Jules Verne ». Aucun d’entre eux n’a payé son billet d’embarquement (qui avait la forme et la dimension d’un ticket de métro parisien) car quelques heureux gagnants avaient participé à une loterie mondiale et les autres étaient tout simplement invités. C’était une immense opération de marketing.

Combien de temps encore le blogueur résistera-t-il à la tentation ?
Combien de temps encore le blogueur résistera-t-il à la tentation ?

1455 – 2155

Pour ce dernier voyage, chaque blogueur a reçu le nouvel iMoon, une tablette dernière génération qui permet d’avoir une connexion internet où que vous soyez, du sommet de l’Everest, au milieu de la forêt amazonienne ou du Sahara et bien sûr même sur la Lune. De plus, elle fonctionne sans batterie, aucune recharge n’est donc requise. Durant les 48 heures de cette expédition, les cinquante blogueurs ont diffusé plus de mille articles dans toutes les langues du monde. Mais le chiffre le plus impressionnant concerne le nombre de lectures : plus de 5 milliards ! Même la Bible n’avait pas eu autant de lecteurs depuis sa première impression, c’était il y a sept cents ans jour pour jour, le 23 février 1455. Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique et Leonardo Da Vinci n’avait pas encore trois ans.

Et ce n’est rien en comparaison de ce qui se produira par la suite, quelques minutes après l’amerrissage.

Car cette catastrophe n’a fait aucune victime et ce sont cinquante blogueurs survivants, cinquante naufragés qui racontent leur aventure en direct sur le web. Deux articles battent tous les records. D’abord celui du blogueur chinois qui totalise en moins de vingt-quatre heures près d’un milliard de lectures et celui du blogueur français, le plus âgé. Dans moins d’un mois, il célébrera ses 87 ans. C’est le sage, le patriarche de cette tribu, un humaniste reconnu. Tous les blogueurs de l’expédition l’avaient interviewé et ses phrases les plus célèbres devenaient des citations que tous les habitants de la Terre connaissaient par cœur.

Dans l’attente de l’arrivée des secours, ils sont tous là réunis en cercle autour de lui. Il prend la parole en anglais:

« I’d like to tell you a story. In order to do so, first turn off your iMoon, I want you to keep the story secret…  until I tell you, so. For now, just listen to me, listen to the story… » (1)

A la fin de son récit, ils ont d’abord applaudi puis ils sont allés lui serrer la main, un par un, comme pour lui dire au revoir.

Une heure plus tard, un paquebot arriva sur place. Les blogueurs et les membres de l’équipage embarquèrent.

A leur retour sur la terre ferme, une foule immense attend les blogueurs bien sûr, mais surtout le capitaine de la navette. Le blogueur français a publié un article retraçant l’histoire de ce héros qui a réussi à préserver la vie de tous les passagers. Une histoire vraie pleine d’humanité qui a ému aux larmes en quelques minutes toute la planète.

« Son destin était écrit dans l’histoire de son  homonyme  : John Soldini (2) . Cette île porte désormais naturellement son nom, je l’ai baptisée ce matin. »

Il y avait une grande confusion. Imaginez un tableau, sur le fond le peintre a dessiné un groupe avec des centaines de personnes qui s’agitent, et un peu décalé sur la gauche, une femme élégante se détache. Le peintre a gardé la même échelle, elle n’est pas plus grande que les autres personnages, mais sa seule présence attire le regard de l’observateur.

Elle cherche un visage mais c’est quelqu’un d’autre qui s’approche d’elle et lui parle en italien avec un accent québécois.

« Buon giorno, il tuo padre non c’è. Ma non ti preoccupare lui sta bene, molto bene. Tieni, mi ha dato questa bottiglia per te ! » (3)

C’est une « bouteille à la mer » ! Elle retire le bouchon, puis secoue la bouteille. Un morceau de papier tombe par terre. Elle le ramasse, le déplie et lit le message :

« J’ai fini par le faire pour de vrai. J’ai cédé à la tentation… » 

En illustration, il a griffonné des vagues, une île minuscule et un palmier, on aurait dit le dessin d’un enfant. Tout en fronçant les sourcils, elle esquissa un sourire.

« A force de raconter des histoires sur son blog, il a voulu vivre l’un de ces récits qu’on entend et qu’on lit dès sa plus tendre enfance. Le mythe de Robinson Crusoe. Combien de fois quand j’étais petite l’ai-je entendue improviser des « il était une fois un homme sur une île déserte… » ? A chaque fois le protagoniste faisait des choix de vie non conventionnels, il avait des habitudes étranges aux yeux des autres,il suivait des règles qu’il s’imposait à lui-même. Ces choix, ces habitudes et ces règles constituaient son exil. Il vivait hors de ce monde. Et puis, il y a aussi cette photo sur son écran de veille où il mime, une pomme dans sa main, la lutte contre la tentation. C’était en février 2015. Il a donc résisté quarante ans avant de croquer cette pomme.»

La valeur des mots

Reed Jobs (le fils de Steve) avait pris contact avec lui. Le contrat de sa vie. Il devait tout simplement trouvé un slogan pour le lancement de l’iMoon. Un contrat énorme puisqu’il toucherait un dollar sur chaque vente dans le monde pendant un an ! Les prévisions tablent sur un chiffre entre cinq cents millions et un milliard de ventes. C’est sa fille qui avait négocié les conditions. Cinq mots pour un minimum de cent millions de dollars par mot. Il tenait là sa revanche car sa carrière de blogueur avait commencé par une série d’articles dans lequel au cours d’un entretien d’embauche on lui posait la question :

C’est bien beau tout ça, mais moi à mon client, comment je les vends vos mots ? Une animation en flash avec du son et un design à faire pâlir d’envie, je peux la facturer plusieurs milliers d’euros. Mais vos mots, c’est combien ? »

Cent millions de dollars ! Même dans son imagination la plus folle il n’aurait pas pu répondre et espérer un tel chiffre. La seule réplique sensée aurait été :

« Mes mots sont trop chers pour vous, cher monsieur ! »

Et quel est ce slogan ? Cette phrase qui allait envahir le monde et conquérir des millions d’êtres humains ? Il fallait trouver une idée qui soit à la fois sensée et exagérée, à la fois banale et profonde, à la fois forte et légère, une idée qui associée à l’objet ne laisse pas indifférent et lance un débat pour alimenter les réseaux sociaux. Ce slogan est :

« La solitude n’existe plus ! »

C’est sorti comme ça, de la même façon qu’un musicien trouve une mélodie ou qu’un auteur pose ses mots sur cette mélodie. Une inspiration simple et fulgurante.

C’est sorti comme ça, en levant les yeux du texte dans lequel Michel Tournier décrit Robinson comme « le  héros et la victime de la solitude ».

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iMoon, sortie prévue le 23 février 2155 

Ce slogan sied comme un gant aux capacités techniques du produit et à sa philosophie.

« Mon père a toujours tenu à ce que ses actes soient conformes à ses paroles. En affirmant aussi fortement que la solitude n’existe plus, il a donc voulu vivre ce slogan. Il est donc resté sur cette île déserte. Mais il ne l’aurait jamais prémédité, il attendait une ouverture, une possibilité, une circonstance favorable. Il attendait que le destin lui offre une opportunité. Et cet accident a immédiatement déclenché l’attitude à adopter, dans son cerveau cela aura été, croyez-moi je le connais sur le bout des doigts, plus rapide que l’allumage de la flamme d’une allumette. »

C’était aussi le sens qu’il entendait donner à son blog qui reprend le titre d’une célèbre chanson rock acoustique : « More Than Words ». Un énorme succès, plusieurs millions de disques vendus dans le monde, des milliers de reprises, des accords que tous les guitaristes connaissent et jouent dans les salles d’attente des aéroports. Mais aujourd’hui, plus de cinquante ans après la sortie de cette chanson, son blog est devenu un succès encore plus grand et sa notoriété a dépassé celle de cette chanson.

Il a même réalisé son rêve puisqu’il a co-écrit les paroles de trois albums de Nuno Bettencourt, le compositeur de « More Than Words ».

Il est donc resté seul sur cette île déserte. Seul mais avec un objet extraordinaire, l’iMoon, avec lequel il continuera à bloguer et à rester en contact avec sa famille, ses amis, et ses relations professionnelles.

C’est exactement ça la tentation de l’île déserte. Tenter de vivre seul, technologie le permettant. Et c’est la vie qu’il avait commencé à vivre quarante-cinq ans plus tôt.

Car pour céder à la tentation de l’île déserte, l’île déserte n’est pas nécessaire.

On peut vivre sur une île déserte en plein Paris ou se fabriquer une cabane dans son jardin. Plutôt qu’à Robinson Crusoe, on ressemble alors à Vendredi.

« Je suis l’aborigène de mon domicile, un autochtone de ma ville et un… sauvage aux yeux de mes voisins ! »

On se coupe physiquement du reste du monde, au moins partiellement, le contact avec les autres ne se fait plus avec le toucher et l’odorat, rarement avec la parole, mais avec l’ouïe et la vue, le plus souvent avec les mots et les images. Mais le plus important, c’est le rôle de la raison. Contrairement à ce qu’un naufragé risque en vivant seul sur une île déserte, on ne perd plus la raison, c’est même l’inverse qui se produit, on est vraiment concentré sur notre raisonnement. On prend le temps de réfléchir avant d’écrire et d’échanger, il n’y a pas la pression des regards fixés sur vous, la clepsydre est inépuisable et si votre interlocuteur s’en va, il reviendra plus tard.

Quand on s’éloigne du monde traditionnel, celui qui nous porte à sortir de chez nous,  on se fabrique une solitude. Grâce à cet objet, énonce ce slogan, la solitude n’existe plus, même si on ne sort pas de chez nous. Ce paradoxe va encore plus loin car c’est justement quand une chose n’existe plus qu’on finit par la réinventer. Elle prend une nouvelle identité.

La Mer de la Tranquillité

« Il existait une forte et sérieuse expression dans son regard et un détachement des choses ordinaires qui l’entouraient comme s’il avait été plongé dans la méditation. L’homme souvent regrettait son retour dans le monde, qui ne pouvait, malgré ses agréments, lui rendre la tranquillité de sa solitude. »

IMG_2104Ces mots sont de Sir Richard Steele, un écrivain et journaliste irlandais qui a rencontré au début du XVIIIe siècle Alexander Selkirk, un pirate écossais dont l’histoire a inspiré Daniel Defoe pour son roman « Robinson Crusoe ».

Changeons le contexte en mettant en scène ce personnage au XXIe siècle. C’est ce que le blogueur français veut tenter mais c’est aussi ce que des millions d’internautes vivent tous les jours depuis le début de l’ère numérique. Ils ont créé un isolement, leur île déserte située au milieu de la mer de la tranquillité.  Cette Mer de la Tranquillité que les blogueurs embarqués dans le spacebus « Jules Verne »  viennent justement de visiter sur la Lune. Une solitude qui pousse, pour reprendre les mots de Richard Steele, à la méditation.

Mais alors que Alexander Selkirk vivait une solitude pure et absolue, le blogueur isolé sur son île vit une solitude relative car il a en main son iMoon. Cela revient à dire que si Alexander avait eu dans ses mains un iMoon, il n’aurait pas pu prétendre être complètement seul.

« La solitude n’existe plus ! »

L’iMoon, l’objet le plus sophistiqué et simple de l’histoire de l’humanité, a enterré la solitude.

Elle n’existe plus mais on la cherche comme un pirate cherche un trésor. Et cette quête est source de retour sur soi, de questionnement et de méditation.

C’est le processus même du blogueur, par exemple, celui qui est en train d’écrire cet article.

Il a dix-sept ans quand il lit « Vendredi ou les Limbes du Pacifique » de Michel Tournier. C’est sur ce livre qu’il sera interrogé quelques mois plus tard à l’oral du bac de français pour un piètre résultat, écrasé qu’il était par la pression du contexte.

De l’iPad à l’iMoon, il a eu entre les mains des instruments qui lui ont permis d’éviter de vivre encore des situations aussi pénibles.

En plus de ça, il était à un âge où on se contente de répéter ce que d’autres ont déjà pensé. Alors quand l’examinateur pose une question plus précise et personnelle, le malheureux candidat bafouille car il n’a pas les moyens de répondre. Il tremble car les fondations ne sont pas suffisamment consolidées.

Mais ce moment, il l’a bien vécu, il existe encore quelque part en lui. Il suffit alors de peu de choses pour provoquer l’étincelle qui va éclairer son intérieur, si sombre d’habitude. Notre corps a bien quelques fenêtres comme les yeux et il faut les ouvrir bien grands pour faire entrer la lumière. C’est ce qui s’est passé en voyant miraculeusement au sommet d’un tas de livres la couverture du « Vent Paraclet ». C’était comme une apparition du Saint-Esprit (le Paraclet).

Immédiatement, il fait le rapprochement entre cet homme qui est en train de taper frénétiquement sur son clavier et l’homme qui s’agite, l’âme en peine, sur une île déserte.

La différence réside dans le fait que le naufragé pirate du XVIIIe siècle gardera pour lui ses réflexions alors que le naufragé blogueur du XXIe siècle les transmettra presque simultanément au monde entier.

Nos vies sont faites de boucles et en restant sur cette île déserte suite au naufrage de la navette spatiale, le blogueur français a reconnu l’une d’entre elles. Il avait donc l’opportunité de boucler cette boucle.

Alexander Silkirk n’existait plus aux yeux du monde, le blogueur naufragé existe encore car il a la possibilité de garder le contact avec les autres.

« La solitude n’existe plus ! »

L’iPad avait commencé à effriter la solitude, l’iMoon, l’a pulvérisée.
Ou presque, car le libre arbitre existe encore. Et ceux qui choisiront de ne pas acheter l’iMoon pourront encore vivre de vrais moments de solitude.

à suivre… (car il reste de nombreuses questions en suspens et des rebondissements à raconter)

CHAPITRE II

Denis Gentile
Sous le clavier du Digital Storyteller, votre histoire deviendra fascinante
Sous le clavier du Digital Storyteller, votre histoire deviendra fascinante

En complément de cette histoire, je vous invite à lire l’article « Le récit d’un storyteller est faussement autobiographique ». J’apporte quelques précisions sur le contenu de ce texte et sur le storytelling.

(1) «  Je vais vous raconter une histoire. Mais avant, éteignez votre iMoon car j’aimerais que cette histoire reste secrète encore quelques heures jusqu’à ce que je vous donne mon feu vert. Ecoutez-moi attentivement.  » Merci à Chris Simon pour la traduction de cette phrase.

(2) Giovanni Soldini est un navigateur italien. En 1999, lors d’une course en solitaire autour du monde, il va secourir la navigatrice française Isabelle Autissier.

(3) «  Bonjour, ton père n’est pas ici. Mais sois tranquille, il va bien, même très bien. Tiens, il m’a donné cette bouteille pour toi ! »

L’inspiration n’est pas que littéraire, c’est le principe de ce blog. Trois titres du même groupe illustrent musicalement cet article : The Police avec « Walking on the Moon », « Message in a Bottle » et « So Lonely ».

Sur les réseaux sociaux, critique bien ordonnée commence par soi-même !

Il était une fois un jeune blogueur… de bonne humeur.

Community Manager aussi à ses heures perdues journalières car son terrain d’action, c’est justement le web. Il serait plus précis de dire la blogosphère et les réseaux sociaux. Il y trouve de la lecture, des sujets de conversation, l’inspiration pour un nouvel article et surtout d’autres personnes avec qui échanger.

Il y trouve encore des fenêtres pour observer d’autres horizons. Des vues différentes de celles qu’on lui propose sur les écrans télés et les journaux en papier. Et quand un blogueur reproduit le même contenu que ces vieux médias, alors il ferme le rideau et en ouvre un autre, moins répétitif, plus étonnant.

Ce jeune blogueur, certains d’entre vous le connaissent déjà. J’ai publié et co-écrit deux articles avec lui. Il s’appelle Thomas Redworn. Un québécois qui me fait danser à chaque fois qu’il prononce une phrase. Et cette bonne humeur on a forcément envie de la transmettre. Ce matin au téléphone, j’ai lui ai posé la question évidente et banale : « Mais quel est donc ton secret ? »

Heureusement sa réponse a été moins évidente et banale.

« Tu vois Denis, il faut s’entourer de merveilleux et ça commence par l’endroit où tu passes le plus de temps. Cet endroit, c’est mon bureau. C’est là que j’écris. On devrait tous avoir des notions d’architecture d’intérieur. Ecrire, c’est puiser en soi des ressources infinies, des matières premières  que l’on transformera en mots, puis en phrases, puis en histoires. C’est comme fabriquer une chemise avec du coton de qualité (1) ou mettre en bouteille un vin issu d’un bon raisin. Et pour cela tu dois te mettre dans les meilleures dispositions. Il faut le climat idéal pour permettre la culture du coton et la croissance de la vigne. Et pour moi qui écrit, ce climat idéal c’est la décoration de mon bureau. Je ne pourrais pas m’atteler à mes textes si j’étais dans les cloisons d’une entreprise. Etre free-lance, ça change tout. »

« Tu vois Thomas, j’ai fait la même chose. Par exemple, il y a ma bibliothèque. Il y a là tous les livres qui ont provoqué en moi l’étonnement. Tu les connais, je ne vais pas en faire la liste. Mais je peux dire ce qu’il n’y a pas ou presque pas. Ce sont des livres sur mon métier. J’évite de lire des trucs sur le Blogging, le Community Management ou le Storytelling. Ce que je sais sur ces disciplines, je le trouve dans des biographies d’artistes, de philosophes ou de personnalités historiques, je le trouve dans mes romans de jeunesse, je le trouve dans des ouvrages sur l’art. Et je m’interroge quand je les relis en me posant cette question :

« Qu’est-ce qu’il y a dans ce livre qui peut m’aider dans mon métier ? »

C’est la seule façon que je connaisse de développer mon style, un style qui ne ressemble qu’à moi, sans trop répéter ce qui se dit ailleurs et sans devenir le clone d’un gourou. Et ça me freine aussi quand il s’agit de donner des conseils car j’aurais alors la prétention de créer justement le clone de moi-même. Je préfère alors inventer une histoire qui pourra inspirer le lecteur plutôt que de lui donner des directives. Je n’y arrive pas tout le temps. Tu liras parfois quelques conseils dans mes articles. C’est bien d’avoir des travers, ça permet aussi de ne pas toujours aller tout droit. »

 Critiquer, c’est se sentir plus fort que l’autre. Dans l’histoire, il y a des critiques passées à la postérité comme celles qui regardent les oeuvres de Michel-Ange. Ils se sentaient donc plus fort que celui qui est encore considéré 500 ans plus tard comme le plus grand artiste de tous les temps ! Ici, photo d’une photo de Robert Hupka de la Pietà de Michelangelo (à la Basilique Saint-Pierre de Rome) vue de dos. Tournons le dos aux critiques.
Critiquer, c’est se sentir plus fort que l’autre. Dans l’histoire, il y a des critiques passées à la postérité comme celles qui regardent les oeuvres de Michel-Ange. Ils se sentaient donc plus fort que celui qui est encore considéré 500 ans plus tard comme le plus grand artiste de tous les temps ! Ici, photo d’une photo de Robert Hupka de la Pietà de Michelangelo (à la Basilique Saint-Pierre de Rome) vue de dos. Tournons le dos aux critiques.

« Tu vois Denis, je suis comme toi. C’est la raison pour laquelle, j’ai ajouté un élément dans mon intérieur. J’ai mis un miroir sur le mur face à la fenêtre et à mon bureau. Et quand je lève la tête, j’observe une réalité à chaque fois différente. Le soleil ne se reflète pas de la même façon, les branches des eucalyptus ne frémissent plus, un nuage passe, les voitures ont allumé leurs phares et le silence finit par se voir. Puis, au milieu de ces scènes, il y a un visage souvent immergé dans ses pensées. A chaque fois, je le regarde. Ce n’est pas, ou très peu souvent, un regard d’admiration ou de contemplation de soi, mais un regard qui s’interroge et qui répète inlassablement :

« et moi, dans tout ça ? ».

Je peux te dire que ça refroidit immédiatement les véhémences, ça glace les virulences et ça congèle les petites vengeances. Notre image que reflète le miroir n’est pas là pour nous glorifier mais pour nous rendre humble. C’est ça mon secret. La mauvaise humeur s’évapore et la pluie est le signe de ma fragilité. »

« La fragilité est l’élément moteur de la bonne humeur. On ne lit pas ça tous les jours. Même si cela me rappelle une pensée de Pascal quand il écrit que « l’homme est un roseau pensant ». Je l’ai dans ma bibliothèque. Je vais retrouver ce passage. Voilà, écoute bien :

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.

C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de se connaître misérable. Penser fait la grandeur de l’homme. L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant… » (2)

Finalement, ce miroir qui est face à toi, au-dessus de ton écran d’ordinateur, il reflète l’image du roseau pensant, c’est bien ça, non ? »

« Tu as percé le mystère Denis. On peut aller plus loin en envisageant les conséquences. Par exemple, quand je publie un contenu sur les réseaux sociaux, un post, un partage ou un commentaire, je m’impose une règle de bonne conduite : je ne critique pas.

Et tu vois, c’est comme une clef, la clef qui m’ouvre la porte de la bonne humeur. »

« Critiquer (ou pire, juger), c’est exactement ce que je voudrais ne jamais faire quand je publie un contenu sur les réseaux sociaux. C’est pas tous les jours facile. Quand j’ai eu l’idée de créer un groupe sur Facebook (#jeblogue), j’ai voulu faire passer un message : oublions les critiques et remplaçons-les par les encouragements. C’est un groupe de blogueurs et les blogueurs n’ont pas forcément bonne presse, ils sont sous le joug des tireurs d’élite. J’explique ça dans mon article « l’étonnement est le début du blog » dans lequel je compare les blogueurs aux philosophes pré-socratiques. Et la recette fonctionne, j’ai vu des blogueurs prendre confiance, s’affirmer et ne pas s’arrêter aux 4 ou 5  fautes d’orthographe qui vont jalonner leur article. Sous le feu des critiques, ils auraient pu sombrer, mais portés par les encouragements, ils ont pris leur envol.

Tout est une question de regard, tu as raison, soyons plus habiles à repérer les bonnes choses plutôt que de nous efforcer à dénicher les petites bêtes.

Parfois, c’est quand même plus fort que nous, on critique quand même. Il y a alors une règle fondamentale sur laquelle repose notre crédibilité : ne jamais s’exclure de la critique. La caractéristique d’un blogueur est l’emploi de la première personne du singulier, le « je ». Si moi, le blogueur, j’emploie le « je », je ne dois pas passer au « tu », au « il » ou au « vous » quand je critique. Au contraire, je dois appeler à la vigilance en me disant que si c’est arrivé à un autre, ça peut très bien aussi m’arriver. Je ne suis pas plus fort que l’autre, en revanche, je peux être plus faible que lui. »

« Tu m’as vraiment mis de bonne humeur aujourd’hui mon cher Thomas. Bon, je vais ajouter moi aussi un miroir dans mon intérieur. Enfin, parodiant un autre Thomas, Thomas d’Aquin, je conclurai notre discussion par cette expression : « Sur les réseaux sociaux, critique bien ordonnée commence par soi-même ! »

« Ca ferait un bon titre Denis. »

« Merci pour cet encouragement Thomas ! »

Sur une idée originale de Denis GentileDigital Storyteller,
avec la participation de Thomas Redworn

(1) Merci à Abdelhamid Niati pour la référence qui a inspiré cette partie du texte : « De la culture du coton au tissu… »
La qualité de la matière première (le coton pour les chemises, le contenu pour les blogs) est essentiel. Vous pouvez faire une chemise avec du mauvais coton et elle ne durera qu’une saison. Comme l’article d’un journal qui n’est valable que le jour de sa parution. En revanche, l’article d’un blog devrait pouvoir être lu le jour de sa parution et plusieurs saisons après tout en gardant la même fraicheur, la même saveur.

(2) « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant . Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. « 

Quand des blogueurs font les community managers

« J’aime », comme dirait notre cher ami Facebook, le titre de cet article. Ces mots n’auraient pas pu être prononcés il y a 20 ans.

En 1994, internet pointait tout juste le bout de son nez. Peu d’entre nous étaient déjà connectés (avec un modem 56k) et avions déjà une adresse email. Les rôles (ou métiers) de blogueurs et community managers n’avaient encore ni sens ni réalité. Seule une imagination à la Jules Verne aurait pu les inventer et les raconter. Aujourd’hui, ils sont aussi courants que l’air et l’eau. A tel point qu’on parle bien de la blogosphère pour désigner ce nouvel espace d’expression !

Mais un blogueur, c’est quoi ? Et un Community Manager, c’est quoi ? Je n’ai pas de réponses toutes faites. A la lumière de ce que je viens de dire dans l’introduction, il y a un principe qui émerge et qui peut nous aider à les définir. « Ces mots n’existaient pas il y a 20 ans », cela signifie qu’il n’y avait pas une réalité qui nous aurait permis d’en parler. Les grecs au temps de Périclès ne pouvaient pas parler de télévision et encore moins la définir, les romains au temps de l’Empire ne pouvaient pas parler de l’avion et aucun égyptien ayant construit une pyramide ne pouvait avoir discuté avec ses collègues de son four à micro-ondes. C’est exactement ce que j’ai vécu quand j’ai passé mon bac dans les années 80. Je ne parlais pas d‘internet avec mes camarades de classe mais je discutais de l’utilité du four à micro-ondes, du film de Bébel qui était passé la veille sur FR3 et du billet d’avion que j’avais réservé pour aller à San Francisco. Vous me suivez ? Je n’invente rien.

A lire les commentaires de certains journalistes sur l’avenir de leur profession, on pourrait croire qu’ils prennent le bateau pour couvrir un événement à l’autre bout du monde !
A lire les commentaires de certains journalistes sur l’avenir de leur profession, on pourrait croire qu’ils prennent le bateau pour couvrir un événement à l’autre bout du monde !

Le blogueur n’est pas…

Le principe peut s’énoncer ainsi : « un mot nouveau désigne une nouvelle réalité ». Cela se traduit de la façon suivante : un blogueur n’est pas un journaliste, n’est pas un écrivain de la même façon qu’un avion n’est pas un bateau ou que la télévision n’est pas un téléphone. On peut dire métaphoriquement qu’un avion est un bateau avec des ailes et que la télévision est une sorte de téléphone avec des images, cela peut aider à en comprendre la réalité en utilisant des comparaisons avec des éléments bien connus, mais cela ne constitue en aucun cas une définition.

Je ne suis pas un journaliste, je ne suis pas un écrivain, je suis un blogueur. Comme le bateau, l’avion permet de voyager, comme le téléphone, la télévision permet de communiquer, comme le journal ou le livre, le blog est un « nouveau » moyen de communication qui nous permet d’écrire.

Mais si l’utilité est la même, alors à quoi bon l’utiliser ? Par conséquent, on s’interroge sur les différences et sur ce que la nouvelle réalité apporte de plus. En 1930, lors de la première coupe du monde de football, les équipes comme la France ou la Belgique, ont fait le voyage vers l’Uruguay sur un bateau. En 2014, aucune des 32 équipes engagées n’a pris le bateau pour aller au Brésil. En 1930, ils ont mis plusieurs semaines, en 2014, cela ne leur a pris que quelques heures. L’avantage de l’avion sur le bateau est donc la vitesse ou la rapidité.

On peut d’ailleurs remarquer la même différence entre la circulation de l’information en 2014 et en 1930. Une information circule plus vite aujourd’hui. Grâce à internet, elle est même diffusée partout en quelques secondes.

Comme le mode de voyager, la façon d’écrire est donc différente. J’ai souvent écrit et j’écrirai encore à ce sujet. Voici une caractéristique sur laquelle j’aimerais insister.

Il n’y a plus de filtres

« Il n’y a plus de filtres ». Ou plus exactement, il n’y a qu’un seul filtre, celui du blogueur et c’est ce qui fait la différence.

Quand l’information était dans les mains d’une élite, il y avait le filtre du pouvoir. Par exemple, le pouvoir politique. Avant de diffuser certaines infos, on demandait l’aval de l’Elysée. Inutile de vous préciser que ce n’est plus le cas aujourd’hui !

Encore présent, il y a le filtre de votre supérieur ou de votre employeur. Pour un journaliste, c’est le rédacteur en chef. C’est lui qui peut apporter des modifications à votre article et en choisir le titre.

Le blogueur ne s’encombre pas, le plus souvent, de ces filtres. Ce qu’il transmet dans un article, c’est sa vision des choses, selon l’angle qu’il choisit en fonction de son vécu, de ses compétences, de ses préférences, de ses connaissances et de ses imperfections. Son article est un produit brut, rugueux, transparent et sincère qui n’existe nulle part ailleurs.

Exemple : quand un blogueur réalise une interview, il ne s’efface pas devant l’autre comme un bon journaliste a appris à le faire. Non, ce qui est intéressant ce ne sont pas seulement les réponses de l’interviewé mais c’est la rencontre entre le blogueur et l’interviewé. Même si c’est la millième fois qu’il répond à des questions, cet interview sera différente des 999 autres et c’est ce qui fera qu’on aura envie et qu’on aura du plaisir à la lire. Le blogueur nous offre des moments uniques. C’est une perspective nouvelle qui va à l’encontre de ce qui a été fait dans la communication du siècle précédent. Ce n’est pas pour rien qu’on baptisait ces moyens de communication avec l’expression « mass média » !

Vouloir faire du blog un mass média est donc une erreur. Le blogueur prend d’autres chemins, bien moins fréquentés.

Et si ces chemins sont moins fréquentés, il aura besoin pour rencontrer son lectorat de passer par d’autres routes, d’autres carrefours et d’autres places.

Ce rôle, c’est celui du Community Manager. C’est lui qui va dire à sa communauté et aux autres communautés qu’il a lu un article qui vaut le détour et qu’il le recommande fortement. Son rôle est donc indispensable et central.

L’idéal est de travailler avec – ou d’attirer l’attention – de plusieurs Community Managers afin que la discussion et le partage puissent s’instaurer dans plusieurs communautés. C’était le pari d’un concept comme le « BlogStorming ».

Le Premier Community Manager

N’oublions pas une chose fondamentale, le premier Community Manager d’un blog, c’est le blogueur lui-même. J’avoue que cet aspect m’intéresse énormément. J’aime quand le blogueur nous raconte pourquoi il a écrit cet article, quand il revient sur les origines de son idée, quand il me dit des choses qu’il n’a pas mis dans son article – faute de place -, quand il me pose des questions, en d’autres termes quand il s’exprime sur son propre travail.

le groupe #jeblogue sur Facebook, 3 règles simples comme un jeu de société !
le groupe #jeblogue sur Facebook, 3 règles simples comme un jeu de société !

Je trouve qu’il manquait un lieu pour cela. C’est la raison pour laquelle j’ai eu l’idée de créer #jeblogue, un groupe sur Facebook où il vient librement parler de ses articles. Il devient ainsi le premier community manager de son blog. Ensuite s’il m’a plu et convaincu, je vais à mon tour être son community manager.

Si vous voulez rencontrer des blogueurs qui font les community managers, c’est sur #jeblogue que cela se passe aujourd’hui. Ce serait d’ailleurs une merveilleuse idée pour un nouveau réseau social. J’en suis convaincu.

Font

Il y a un autre mot, plus ancien, dans ce titre. C’est le verbe « faire » conjugué à la troisième personne du pluriel du présent indicatif : « font ». Il a son importance. J’aurais pu dire « deviennent des » ou « jouent le rôle de », mais cela aurait été un appauvrissement du sens général du titre. Ce « font » évoque-t-il quelque chose pour vous ? Pour moi, ce « font » me rappelle les tables de multiplication que l’on récitait à l’école. Par exemple « 3 fois 7 font 21 ». Il indique donc le résultat d’une multiplication et c’est exactement ce qui se passe lorsque plusieurs blogueurs se mettent ensemble. A chaque partage sur les réseaux sociaux, ils multiplient leur audience.

C’est exactement la philosophie de #jeblogue et c’est pour cela que sur les réseaux – et dans ce groupe mieux qu’ailleurs – des blogueurs font les community managers.

Denis Gentile

Du coca dans les tonneaux ! (la métaphore du contenu dans la stratégie digitale)

C’est l’une des histoires les plus connues dans le monde, elle nous raconte la transformation de l’eau en vin. Deux mille ans plus tard, on vient de vivre un miracle à l’envers. Un signe des temps qui se répète bien trop souvent. Récit.

Je ne sais plus comment je suis arrivé là. En train ? En voiture ? Par téléportation ? Je ne sais plus. Si on mettait un microscope sur ma tempe pour observer ma mémoire, on s’apercevrait qu’il faudrait retirer des milliers de couches de poussière. Je fais pourtant souvent le ménage et ensuite je range consciencieusement ce que je trouve sur des étagères. Ce ménage n’est rien d’autre que le fameux « storytelling » et ces étagères sont mes blogs. Et ces outils sont bien plus efficaces qu’un aspirateur. Car il ne s’agit pas seulement d’une action de propreté dont le but serait de faire table rase, au contraire, c’est une action de propreté pour mieux voir en nous, faire surgir ce qui était tombé dans les oubliettes et pour dialoguer avec une partie de soi. Dans mon métier de blogueur, on appelle ça du contenu. Dans le cas spécifique du blogueur spécialisé en storytelling, ce contenu, ce sont les histoires que l’on raconte.

Alors voilà, me revoilà du côté de Saint-Emilion. La dernière fois, c’était en 1988 avec mes potes de fac.

Encore de la poussière

On passait nos vacances dans une belle mais ancienne demeure. L’hébergement était gratuit. L’argument est décisif quand on est étudiant. Oui mais, car il y a bien un « oui mais » et il n’est pas dérisoire, l’intérieur était inhabitable. Il était inoccupé depuis une bonne dizaine d’années et si on a finalement pu y dormir et y manger, il a d’abord fallu lui donner de nombreux coups de chiffons. Tiens, je viens de comprendre comment j’en suis venu à parler de poussière et dépoussiérage dans l’introduction. C’est tout l’intérêt d’entretenir la mémoire, ça permet de mettre en évidence certaines connexions. Je viens vraiment de la découvrir, ne croyez pas que je triche. Quand on fait du storytelling, souvent on ne connaît pas à l’avance ce que l’on va raconter et la fin – la chute de l’histoire, la morale de la fable – on la découvre comme le lecteur. Parfois, elle se dessine et d’autres fois, on s’embarque sur de fausses pistes. N’oublions jamais que le storyteller est le premier lecteur de l’histoire.

Voici une image de tonneaux non souillés ! Crédit photos: Eric Bouloumié
Voici une image de tonneaux non souillés ! Crédit photos: Eric Bouloumié

On devait donc retaper cette vieille demeure et pour nous remercier les propriétaires nous ont offert le logis. C’est du tourisme intelligent, d’autant que les récréations, entre un coup de balai et un coup d’éponge, étaient plutôt sympas. On a fait la tournée des caves des grands crus classés. Ca se terminait donc toujours en coup de torchon !

On nous a enseigné les rudiments de la dégustation du vin. J’avais 20 ans et je n’avais alors aucun plaisir et aucune connivence avec ce nectar de raisins. On m’a tout expliqué, de la vigne à la bouteille en passant par la cave et le tonneau. On m’a dit comment tenir un verre et comment le manipuler, comment voir les couleurs et sentir les parfums. Surtout, car dire ne suffit pas, on m’a montré tout cela. J’ai commencé à comprendre ce qu’il y avait dans ces contenants que sont les tonneaux, les verres et les bouteilles. Grâce à la connaissance et à l’expérimentation, ma vision a donc changé, mon plaisir aussi.

Tiens je viens d’épousseter une caisse en bois. J’éternue, rien de grave, je suis allergique à la poussière. Je lis ce qu’il y a écrit en même temps que vous : Pavie-Macquin. C’est le château qui a couronné ce moment de ma vie. Bon, j’attends encore pour déboucher l’une des bouteilles. Je commencerai à y penser si cet article dépasse les mille partages sur les réseaux !

Un miracle à l’envers

Oui mais voilà, ce matin, je n’ai plus 20 ans et on est bien en 2014, il n’y a plus de vin dans les tonneaux. Le liquide est bien sombre mais il a moins de corps et il a quelque chose de gazeux. Ce contenu est intrigant et va se révéler inquiétant. Je verse quelques gouttes dans un verre et son aspect m’est familier.

Je ne suis pas seul mais cette fois-ci, ce ne sont pas mes copains de fac mais mes amis rencontrés ces dernières années sur les réseaux sociaux et qui participent activement au groupe #jeblogue sur Facebook. C’est Jacques, un fin gourmet et amateur averti en oenologie, qui a organisé cette réunion. Voici quelques morceaux choisis du dialogue né de cette conjoncture imprévue.

Je m’exclame le premier :

« Mais c’est pas du vin, c’est du coca, il y a du coca dans les tonneaux ! » 

En expert, Jacques confirme immédiatement sans perdre son sang-froid et son humour :

« Oh, c’est une cave tenue par un community manager freelance débutant ! Juste de quoi paraître, un besoin de communiquer en affichant ses propres codes. Goutons… Coca Cola, un nez de vanille, très volatile… Au goût, l’amertume d’un bois jeune, la suavité de la réglisse, avec l’acidité d’une âme en quête de sens. Un vrai sens de la communication, avec une expérience inédite, celle de la consommation d’un coca millésimé. »

Frédéric y voit un bon signe, rien ne vient altérer son optimisme et sa bonne humeur :

« Et quel bonheur pour moi de pouvoir partager ces quelques instants avec vous tous ! Juste entre nous : Ne pensez-vous pas que ce Coca est comme un gout de « reviens-y » ? Comme une agréable surprise que l’on nous aurait tendue, celle d’apprécier le nectar à tel point que nous en reprendrions encore et encore…

Mais gardons cela secret entre nous, car comme le dit si bien Alessandro Manzoni : « Un des plus grands bonheurs de cette vie, c’est l’amitié ; et l’un des bonheurs de l’amitié, c’est d’avoir à qui confier un secret. » »

Et Stéphane trouve une ouverture et ne se désunit aucunement :

« L’un des bonheur de l’amitié, comme tu le dis, réside dans le partage, dans la valeur de ce que l’on partage, dans la rareté ou la découverte. Tu veux me faire boire un Coca issu d’une barrique contenant normalement du vin…. Je ne pousserai nul cri outrancier mais me permettrai de refuser cette proposition pourtant courtoise. Le dégoût et les déboires de cette universelle boisson ne trouvent grâce à mes papilles. Je me contenterai de t’inviter à une table sur laquelle de fiers crus chatoyants, aux robes rubis, aux suavités gustatives, honoreront une amitié par le partage de la rareté, non d’une universalité et d’un bonheur mal vendu de façade. A chacun l’âge venu, la découverte, ou l’ignorance, disait le poète ! »

Autre son de cloche, ou devrais-je dire, une réaction qui n’est pas du même tonneau du côté dAbdelhamid et du reste de la compagnie :

Combien de canettes pour un tonneau ?
Combien de canettes pour un tonneau ?

« Du coca ? (Il se précipite vers le premier tonneau) Ici du coca, et là encore du coca ! J’ai inspecté tous les tonneaux et force est de constater qu’ils contiennent uniquement du coca. Je comprends vos airs étonnés mais voyez vous-mêmes, c’est du coca. Du sucre cocaïné en lieu et place de spiritueux. Un sacrilège ! Mais quel esprit tordu et torturé a pu mettre du coca dans toutes ces cuves sans que personne ne s’en rende compte. Parce qu’il faut une sacré quantité de coca pour remplir tout ça et je vous laisse imaginer une telle quantité de soda transportée et transvasée. Ca ne passe pas inaperçu. La chose la plus inquiétante est de savoir pourquoi cela tombe sur nous et à  ce moment précis. Qui pouvait savoir que nous nous trouverions ici pour nous duper de la sorte. L’atmosphère de cette cave ne me rassure pas. »

Sandie débusque le piège du mauvais coup marketing :

« Damned, du coca ! Et même pas du « coca zéro » en plus… Non, je ne suis même pas d’humeur à rire là… Mais je ne crois pas au complot. Si c’est une tentative du viticulteur pour nous intriguer, c’est raté. Genre « notre vin est si exceptionnel qu’on ne le laisse pas être dégusté par n’importe qui ! Ça serait comme donner de la confiture aux cochons » » J’ai pas fait 900 km pour boire du coca. Si c’est ça, les cochons vont appeler la Répression des Fraudes ! »

Gwenaelle voit débarquer les américains :

« A chauvin, 3 cochonnets et demi…  ! C’est le D-day vinicole. Mais qui veut libérer la vigne ? Ce n’est plus une libération, c’est une invasion ! L’inculture cocaïenne se déchaine jusque dans nos tonnelets. De la métamorphose à la métempsychose, Kafka se serait-il pris pour Jésus, transformant notre Nicolas en Père Noël, et notre latin breuvage en flambeau américain ?  De déception j’en perds mon latin.

Quittons ces caves insurgées  Aux armes amis du verre à pied, et que viva la revolution ! »

Enfin Morgane montre du doigt la porte de la cave :

« OK. Donc on a perdu Gwen… Ils sont forts quand même chez coca. Mais tu as raison, à n’en pas douter. Allons enfants du Tastevin, la junk drink ne passera pas par nous ! Le jour de boire est arrivé. Contre nous de la tyrannie consumériste, l’étendard grenat est levé ! Entendez-vous, dans nos campagnes, rugir ces féroces assoiffés ? Levons-nous, oui levons-nous et quittons séant l’antre du diable… »

Et à défaut d’une cuite, on a tous pris la fuite !

Et vous ? Il me semble que vous étiez là aussi mais je ne me souviens pas de votre réaction. Aidez-moi à retrouver la mémoire (à dépoussiérer mon cerveau) en participant aux commentaires.

Le contenu change tout !

Cette histoire tragi-comique  a une finalité bien précise. Celle de montrer l’importance du contenu à l’ère du tout numérique dans la communication.

Vous avez un site, que mettez-vous dans votre site ?
Vous avez un blog, que mettez-vous dans votre blog ?
Vous avez une communauté sur Facebook ou Google +, que servez-vous à vos invités ?

Posez-vous bien ces questions, il n’est pas trop tard, le coca n’a pas encore envahi les tonneaux du monde entier, et pour y répondre vous vous tournerez certainement vers quelques viticulteurs, vignerons ou sommeliers.  Dans la blogosphère (les caves du web) et le monde des réseaux sociaux (les vignes), ce sont des blogueurs, des community managers et des digital storytellers.

Avec eux, le cauchemar passera et il n’y aura plus jamais de coca dans les tonneaux des grands crus classés de Saint-Emilion !
denis-gentile-by-daniel-do-mtw3Sur une idée originale de Denis Gentile, Digital Storyteller,

avec la participation des dialoguistes Jacques Tang (Zoom Consultants), Frédéric Hinix (Prospection Ciblée), Stéphane Favereaux (Comm’ des Mots), Abdelhamid Niati (Mon Encre), Sandie Giacobi (Les Filles du Marketing), Gwenaelle Carré Guyot (Le Zèbre à Carreaux) et Morgane Sifantus (Mo’ pour mots). Du« Photographe sur Bordeaux » Eric Bouloumié (la photo des tonneaux). Un grand merci à vous tous. Une dernière question : qui a dit que la blogosphère était ennuyeuse ?

On est tous des électriciens

1961, le petit Luigi n’a pas encore quinze ans. Son père et son frère ainé sont partis quelques mois plus tôt en France. Lui est resté en Italie, avec sa mère, sa sœur et ses autres frères. Ils se réuniront au plus vite, le temps pour les deux éclaireurs de trouver du boulot dans une usine de la région parisienne et un toit pour abriter toute la famille.

Luigi (1 & 2) sait qu’il n’aura aucune difficulté à s’insérer dans ce nouveau monde. Il est jeune, fort, beau et en plus, c’est un as de la mécanique. Pas la peine de parler français pour désosser le moteur d’une voiture ! Il n’aura aucun mal à convaincre un garagiste à l’embaucher. Il en est certain.

Radio

En effet, à peine arrivé, c’est au quart de tour qu’il démarre dans son nouvel environnement. Au bout de quelques semaines, il parle déjà le français, il s’est fait plein de copains et s’est plongé dans une nouvelle passion : la radio. On peut désormais écouter de la musique au volant de sa voiture. C’est magique. Aujourd’hui, c’est un peu comme avoir accès au web où que vous soyez avec un iPad.

Si vos parents ou grands-parents écoutaient de la musique dans les années 60 quand ils partaient en voyage, c’est peut-être grâce à Luigi. C’est aussi un musicien au look de rocker avec son blouson en cuir et ses cheveux longs. Il gratte sur sa guitare acoustique les tubes du moment comme « Le Pénitencier », la version française de « The House of the Rising Sun ». Dans les années 90, il aurait pu jouer le titre de ce blog « More Than Words ».

Je me souviens quand il a installé l’autoradio dans la 304 de papa ! Les K7 audio étaient plus grosses que les futurs VHS et Betamax ! Plus tard, il installera aussi les alarmes. Indispensables pour ne pas se faire voler son autoradio. Et le métier va évoluer pendant plus de 20 ans. Le rôle de l’électricien automobile va prendre encore plus d’importance. L’expert qu’il est devenu va lui permettre d’occuper une place centrale et recherchée parmi les garagistes et concessionnaires.

C’est la belle époque. Oubliée la maison de rêve abandonnée en Italie, oublié le cabanon raffistolé de bric et de broc quand il est arrivé en France. Il habite désormais dans une grande maison avec sa femme et ses enfants. Sa maison, celle de sa famille et de la vie qu’il a réussi à construire. Je le considérais comme un héros. Et cette comparaison est bien réelle et vivante puisque je parle de lui quarante ans plus tard, comme si c’était hier.

Il y aurait tant à dire sur ce conte de fées de l’après-guerre et cela pourrait être l’objet d’un blog ou d’un roman. Je me contente d’un bref article pour illustrer l’évolution des mœurs et des structures.

Electronique

Mais le progrès technologique ne s’arrête plus et frappe un premier coup dans les années 80 et assénera le coup du K.O. dans les années 90.

L’électricité va être dépassée par l’électronique. Il va falloir assimiler de nouveaux schémas et souder de nouveaux circuits.

Depuis sa naissance, il a tout appris sur le tas, comme on dit. Son métier comme la langue française. A tel point qu’il a pratiquement oublié sa langue natale. Empiriquement et avec l’expérience, il est devenu un expert. Mais là, ce n’est plus possible. Il faut lire de longues notices, suivre des cours, prendre des notes et étudier le soir.

C’est trop de choses d’un coup ! Lui, le roi du garage, va être relégué dans un coin du hangar. On le laisse seul s’arracher les cheveux avec les composants électroniques. Malgré tout, cela fonctionne encore avec l’électricité. Et la couleur des fils n’a pas changé. Il y en a juste beaucoup plus.

On est tous des électriciens
On est tous des électriciens

On vit une époque où tout évolue de plus en plus rapidement. Luigi a été pendant plus de 20 ans le meilleur dans son domaine. Moi, si je ne m’intéresse pas à l’actualité des logiciels, des réseaux sociaux et des supports de communication, je ne resterai pas longtemps un spécialiste. Même chose pour les communicants d’aujourd’hui, du journaliste au pratiquant en marketing en passant par l’écrivain, s’ils s’accrochent (comme le journal Libération depuis quelques mois) au support  papier et au courrier postal, leur efficacité va s’effondrer ! Car même le courrier est devenu électronique.

Je vous laisse raconter vos histoires et compléter la liste des métiers. Car des exemples comme celui-ci on en connaît forcément et tous les métiers sont touchés par la révolution numérique. Pas seulement le mécanicien, l’électricien, le plombier, le journaliste ou le community manager, mais aussi l’assureur, le banquier ou encore les politiques.

Des banques (et les politiques bien sûr) qui ont plongé le monde dans une crise financière car, entres autres choses qui ne sont pas de ma compétence, elles n’ont pas bien assimilé le passage de l’électrique à l’électronique. (Et dire que c’est à eux que nous confions notre argent !) Ceux qui persisteront dans cette voie seront voués à provoquer d’autres crises. Irrémédiablement.

100% numérique

C’est aussi tout l’intérêt de développer une stratégie cent pour cent numérique avec une communication dans les mains des artisans du web 2.0. : chef de projet informatique, community manager, blogueur, web designer, consultant en référencement naturel, etc.

Et avec le métier, la relation avec le client évolue aussi. Aujourd’hui, il y a plus d’intérêt à vous réunir avec des internautes et dialoguer avec eux, que de faire des réunions en interne avec vos collaborateurs. C’est là que se décide le futur de votre entreprise et de votre marque.

Etes-vous prêt à suivre ce mouvement ?
Et immédiatement, car la prochaine nouveauté technologique ne vous attendra pas !

Si ça peut vous rassurer, on ne se salit plus les mains comme il y a 50 ans.

Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile
  1. Ce récit, parfois fictif, parfois réel, est dédié à mon oncle et à ma famille.
  2. Il s’agit d’un article paru pour la première fois en janvier 2013 sur un blog client. Il a été remixé (sans les références à ce client et sans les photos) pour pouvoir être publié sur mon blog. Il y a des choses plus importantes que le Duplicate Content dans la vie. C’est mon article le plus « Unplugged », mon préféré aussi, il avait donc sa place sur mon blog.

 

 

Il était une fois un Digital Storyteller

En lançant ma version unplugged de More Than Words, j’ai voulu insister sur le storytelling. Mais quelle est la fonction de celui qui fait du storytelling ? Rien de mieux qu’une histoire pour l’expliquer !

Il était une fois un petit garçon qui comptait ses pas et faisait attention à ne pas mettre le pied sur les jointures et les crevasses entre les morceaux d’asphalte.

Il reste extrêmement concentré car il doit alterner des pas de fourmi, des pas de girafe et des sauts de kangourou. Il ressemble à un farfadet qui fait des acrobaties dans la grisaille banlieusarde.

Pour bien jouer, il doit éviter les pas de fourmi sinon il ne pourra plus battre son record. Son meilleur score date déjà d’il y a plus d’un mois, 463 pas entre l’école du Petit Ivry et le pavillon, pourtant, il a grandi et mesure déjà un mètre quarante. C’est le plus grand garçon de sa classe. Même s’il y a quatre filles qui le dépassent. Mais la roue tourne.

Son regard est toujours dirigé vers le bas. Le monde autour de lui est encore trop haut. Les H.L.M. sur sa gauche et les poteaux des lampadaires juchés en plein milieu du trottoir. S’il devait lever les yeux, il aurait un vertige à l’envers.

Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n'y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire.
Un Digital Storyteller à Disneyland Paris, le lieu par excellence du storytelling. Il n’y a pas que le texte, la photo aussi doit raconter une histoire.

Dans son cartable, il a sa dernière rédaction. Le sujet était vaste. Il fallait raconter une histoire. Il avait choisi d’inventer une nouvelle aventure du Petit Nicolas et ses copains. Il a eu un excellent neuf sur dix. Sauf que, ce n’était pas la meilleure note. Pierre, un rouquin aux cheveux en brosse et avec des taches de rousseur, avait obtenu un dix sur dix. Mais il n’avait rien à redire, l’histoire de Pierre était bien meilleure et à pleurer de rire. Il avait tout simplement raconté un truc qui lui était arrivé le week-end d’avant alors qu’il jouait dans son jardin, il a senti un truc lui chatouiller les fesses. Il avait une guêpe dans son short. Quand il a lu sa rédaction, tous les élèves de la classe étaient pliés en deux.

Ce jour-là, il a compris que les meilleures histoires sont celles qui partent d’un fait qui t’a vu protagoniste parce que pour les autres c’est plus facile de t’imaginer dans la situation.

En plus de ça, son histoire était plus courte, elle n’était donc pas ennuyante comme certains livres que la maîtresse leur avait demandé de lire.

La semaine dernière, il avait dû déclarer forfait. Ni école, ni parcours olympique, une vilaine angine l’avait cloué au lit. C’était chouette d’être malade. Tu restes sous la couverture et on s’occupe de toi. Une vie de roi, comme le bon roi Dagobert, le personnage historique préféré des enfants. Encore une histoire de culotte, décidément c’est un thème populaire. Il était vraiment fort son ami Pierre.

On est au milieu des années 70 et il n’y a pas vraiment de programmes intéressants à la télé pour les enfants durant la journée. Il n’y a pas non plus d’ordinateurs. Il faut bien le préciser car cela peut sembler étrange pour un gamin né dans les années 2000.

L’athlète des mots

Mais il y avait bien mieux que tout cela. Il y avait tata et son gros livre de contes. Elle passait toute la journée à lui raconter ces histoires avec des princes, des princesses et des animaux. Parfois, elle était contrainte de la lire trois fois de suite. Enfin, la troisième fois, elle ne regardait même plus le texte !

Bien sûr, le petit garçon savait déjà lire mais malade, il se sentait trop faible pour le faire. Ecouter quelqu’un qui lisait pour toi, c’était vraiment moins fatigant.

Quelques années plus tard, il a compris que son imagination avait suivi un entraînement intensif et qu’il serait devenu un athlète des mots.

Comme la plupart des athlètes, il allait devoir sauter des obstacles et surtout souffrir de nombreuses blessures. Les deux plus graves portent des chiffres douloureux : trois et zéro ! On a changé de décennie et les copies ne sont plus notées sur dix mais sur vingt. Le petit garçon est devenu un adolescent blessé. Car tout le long de la saison scolaire, il récoltait souvent la meilleure note. Ce n’était donc que des accidents comme un tacle sur la cheville. Mais il revenait toujours plus fort qu’avant.

Devenu étudiant en philosophie, il allait s’en donner à cœur joie. Il écrivait tout le temps et partout. Pendant les cours, dans le métro, dans le train, dans son lit et même pendant les examens ! C’est d’ailleurs son coup de maître ou plutôt son plus grand coup de folie.

Il est assis sur un banc de la Sorbonne et il va défier les grands noms qui ont essuyé ces mêmes bancs pendant des siècles. Sur sa copie, il ne va pas disserter en trois parties comme cela était convenu, mais il va composer des vers. Quatre quatrains pour un poème qui s’intitule : « Divagations sur un sujet de philosophie ».

Ce que l’on peut retenir, au-delà des qualités lyriques du petit garçon, devenu un adolescent blessé et désormais un étudiant poète, c’est le caractère du personnage fait d’improvisations. Il improvise certains moments de sa vie et les transforment ainsi en autant de moments uniques qui empruntent des chemins déserts, qui souvent ne se répèteront pas.

Dessin de ©Koffi Apenou tiré du livre "Le Passant Florentin" de Denis Gentile
Dessin de ©Koffi Apenou tiré du livre « Le Passant Florentin » de Denis Gentile

Ce n’était certainement pas la meilleure façon de décrocher une mention et son PH101 (c’est le nom de l’examen), mais c’était une graine qui un jour deviendra un arbuste et rendra moins désertique les abords de son chemin.

Mais l’arbuste se révélera trop frêle pour se protéger des loups. Les loups peuplent son nouveau monde. Il est logiquement devenu journaliste rédacteur. Il écrit et en échange on le remunère. Que demander de plus ? C’est alors qu’il comprend que l’argent et la passion ne suffisent pas à son bonheur. Ce qui lui manque, c’est un modèle, ou si vous préférez, un mentor. Quelqu’un qui le guide dans cette jungle où seul l’égo et la prépotence permettent de survivre.

Le premier blog de l’histoire ?

Les blessures sont provoquées par des morsures et seule la fuite sera salvatrice. Il traverse la frontière alpine un dimanche 27 octobre et il va subir le plus grand choc de sa vie. Un véritable big bang personnel. Une rencontre avec la créativité à l’état pur dans la capitale de la Renaissance : Florence (Firenze). Il trouve enfin la matière qui lui manquait. Une matière qui ressemble à un remède pour panser ses blessures, ses égarements, ses morsures. Il allait enfin pouvoir remplir son monde comme le big bang a rempli l’univers.

Il décide de mettre tout ça noir sur blanc et il écrit son premier livre.

Oui, mais voilà, il n’écrit pas un roman. Il écrit un blog. On est en plein anachronisme car on vient de changer de décennie et si vous avez bien suivi, on est alors dans les années 90. On commence tout juste à lire des articles qui traite d’une nouvelle invention nommée internet mais ce n’est encore qu’un champ défriché.

Ses textes seront bien imprimés et distribués dans plusieurs librairies. On bascule alors dans une autre décennie, mieux encore, dans un nouveau siècle. Voici le moment clef, celui qui donne un sens à toute une vie.

L’action se déroule rue de Rivoli à Paris, le libraire engage la conversation avec une jeune italienne. Elle a pris en main le livre de l’écrivain anachronique. Avec enthousiasme, il lui explique le fonctionnement de ce livre pas comme les autres. Il lui donna des indications comme on en trouve sur une carte du trésor. Elle l’achète avec joie et s’installera sur un banc du jardin des Tuileries pour lire l’histoire du Passant Florentin. Quelques années plus tard, elle épousera son auteur. Vous savez, le petit garçon, l’adolescent blessé, l’étudiant poète, l’écrivain anachronique, l’athlète des mots et désormais l’éternel amoureux.

Vous voyez, cette histoire nous montre que les mots changent la vie. Surtout quand il s’agit de la vie d’un personnage dont les mots sont la vocation.

Vous comprendrez aussi clairement que son blog ne pouvait pas s’intituler autrement : More Than Words. Ce récit est l’illustration même de cette chanson d’amour.

Vous constaterez enfin qu’il a su interpréter ce que Pierre, son copain de classe, avait compris bien avant lui :

Pour raconter une histoire, il faut partir de son histoire.

C’est là le secret des plus grands conteurs. Des conteurs qui de nos jours s’expriment sur des blogs, un support numérique, c’est pourquoi on les appelle désormais des Digital Storytellers.

Je suis l’un d’entre eux.

Denis Gentile

DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile

 

A lire aussi sur le Digital Storyteller :
mon interview sur ma conception du métier de Digital Storyteller sur le blog de Chris Simon : « Il était une fois le Digital Storytelling »
le profil de Joel Buckland, un Digital Storyteller (en anglais) C’est un post de Joel sur Facebook qui m’a donné l’idée de cet article.
Un autre Digital Storyteller, un autre Denis explique le rôle de Digital Storyteller : « Une évolution du rôle de Community Manager »
– Je vous conseille l’ouvrage de mon ex-collègue Disney Sébastien Durand :« Storytelling, Réenchantez votre communication »

Avec quelle marque aimeriez-vous collaborer ? 13 Community Managers répondent

J’avais l’idée de cet article ludique depuis un moment et les 150 ans de Martini m’ont poussé à la concrétiser. Comment est-elle née ? (1)

J’ai travaillé 15 ans pour une marque qui représente un rêve pour beaucoup et qui figure dans le top 10 des marques les plus connus au monde : Disney.

Parmi les choses que j’ai apprises sur le terrain de cette longue expérience, il y a cette conviction :

Dans le monde impitoyable du travail, si tu ne demandes rien, tu n’auras rien !

Tout a commencé au département des relations V.I.P. J’avais suivi la formation pour être guide et accompagner les célébrités pendant leur séjour dans le parc d’attraction. Mais les premiers mois, on ne m’avait pas encore appelé pour « partir en tour » comme on dit dans le jargon des CM (l’employé disney est un Cast Member).

On est en 1993 et une amie m’apprend que mon « dream tour » (encore du jargon CM !) vient visiter le parc. Je suis aux anges 🙂 Oui mais voilà, il a été attribué à un autre guide expérimenté. A partir de ce moment, j’ai usé de toute mon influence (déjà !) auprès des managers pour pouvoir d’une façon ou l’autre y participer et rencontrer enfin le chanteur qui a composé la bande originale de ma jeune existence : Eros Ramazzotti. Et ça a fonctionné. Il y aura deux guides pour ce tour, Danielle l’expérimentée et Denis l’apprenti.

EuroDisney - 1993 - Eros Ramazzotti avec Danielle et Denis
EuroDisney – 1993 – Eros Ramazzotti avec Danielle et Denis

J’ai influencé ma communauté pour obtenir ce que je désirais et j’ai démarré une nouvelle carrière. Je suis devenu le guide officiel des joueurs de foot. Le premier, celui qui deviendra un ami (c’était plus de 10 ans avant facebook), Marco Simone. Ensuite, c’est Marco qui a fait intervenir sa communauté, car lorsque un autre joueur de Milan arrivait aux portes du parc, il demandait à rencontrer Denis !

Cet exemple s’est vérifié dix fois. Le plus parlant est lorsque j’ai demandé à intégrer l’équipe qui devait développer le premier intranet de la société. Décisif puisque cette équipe deviendrait l’équipe internet !

Alors voilà aujourd’hui, j’ai d’autres rêves et je me suis dit que mes collègues CM (cette fois-ci pour dire Community Managers) en avaient aussi.

Et cet article sera notre moyen de communication pour en parler et pourquoi pas pour influencer la communauté qui nous conduira à la réalisation de ce rêve.

Voici les 3 questions à lesquelles Anthony Rochand, Carole Blancot, Eric Messeca, Frédéric Hinix, Haydée Bouscasse, Hervé Loevenbruck, Isabelle Clément, Jacques Tang, Muriel Cossard Guy, Sophie Trinquand, Valérie Thuillier et Abdelmoujib Ghazzal (qui a encore beaucoup à apprendre sur le Community Management, mais surtout qui a envie d’apprendre et de bien faire) ont eu bien voulu répondre :

« Et si vous pouviez choisir la marque pour laquelle vous aimeriez mener des actions en tant que Community Manager :
1 – Quelle est-elle ? (une seule marque)
2 – Citer une bonne raison ?
3 – Quel serait le premier tweet ? »

J’ai classé les réponses en trois catégories subjectives : les humanitaires, les passionnés et les professionnels. Ne vous attachez pas trop à ces étiquettes, chaque Community Manager cité ayant bien évidemment un esprit humanitaire, passionné et professionnel.

Les humanitaires

Valérie Thuillier

Pas une marque à proprement parler mais plutôt une cause ? La Chaîne de l’Espoir
? La cause des enfants malades et blessés est plus que motivante ! Opérée du coeur je suis particulièrement sensibilisée à ces enfants qui manquent d’argent pour être opérés !
Tweet :  Rejoignez la page de La Chaîne de l’Espoir pour nous aider à sauver des #enfants malades ou blessés. www.facebook.com/chainedelespoir

Frédéric Hinix (Prospection Ciblée)

Même si je sais qu’ils ont une excellente Community Manager, je citerais la marque Talentéo
? J’apprécie particulièrement leur vocation souhaitant permettre de faciliter la rencontre entre entreprises et professionnels en situation de handicap.
Tweet : Et si nous démontrions ensemble que talents et handicap peuvent être compatibles ?

Les passionnés

Carole Blancot (Spot Pink)

Yamaha
? Parce que je roule en FZ8
Tweet : Twello le BtoC, à moto on circule plus vite 😉

Haydée Bouscasse (Travel Plugin)

commeuncamion.com 
? Drôle et décalé, ce site de mode masculine m’interpelle car j’attache beaucoup d’importance à l’élégance de l’homme (j’ai relooké tous mes mecs), le dirigeant est humain et très compétent et je le connais personnellement.
Tweet : Fini d’être habillé comme un sac @commeuncamion sort enfin son livre http://bit.ly/16FaUek Offrez le en cadeau à quelqu’un que vous aimez

Hervé Loevenbruck 

Canterbury
? Marque historique du rugby et des All Blacks
Tweet : #Rugby #Maillots Canterbury, la marque, vous connaissez ? Maintenant oui ! http://bit.ly/SsKni4 Cc @RugbyramaFR Merci pour le RT

Eric Messeca (Humain au cœur du numérique)

France
? Parce que ses belles régions différentes sont habitées par des gens de talents.
Tweet : La France, maintenant vous ne la verrez plus comme avant. Now you will not see France as before. Ora non vedrete più la Francia come prima.

metro-mtw
un Community Manager pour sortir de l’anonymat

Les professionnels

Isabelle Clément (The social guideline)

J’aimerais mener des actions de Community Management pour la RATP !
? Parce que je suis persuadée qu’il faut travailler l’e-réputation de cette institution en lançant des actions de sensibilisation (montrer l’envers du décor sous un aspect informationnel, ouvrir le dialogue sur la gestion des régie des transports, exploiter le potentiel des artistes du métro, etc.). Je ne manque pas d’idées sur le sujet !!)
Le premier tweet serait un message sybillin du genre : » Découvrez-nous autrement » ou « Dans le ventre du monstre ».

Muriel Cossard Guy (UrbanBike Montpellier)

Donatello
? J’ai envie de voyager  rien qu’en regardant la page de couverture de leurs catalogues
Tweet : les voyages en liberté une envie d y goûter dès la première page

Sophie Trinquand (Web ‘n Vous)

Barbera (Huile d’Olive)
? Source infinie d’inspiration
Tweet :  Souviens-toi de vivre #huiledolive. Metti l’olio d’oliva nel tuo piatto

Abdelmoujib Ghazzal (Razketing)

Lacoste
? Les valeurs qu’elle représente pour moi à savoir : Classe, Unique et Simple
Tweet : Etre Unique est un privilège qui n’est pas donné à tout le monde

Jacques Tang

Biocoop
? J’aime bien les explorateurs entrepreneurs.
Tweet : DU beau, du bon, du bio!

Anthony Rochand (Les cafés d’Anthony)

Je serais tenté de travailler pour Oasis,
? Une marque sérieuse qui ne se prend pas trop au sérieux avec une stratégie digitale originale. Notamment avec la création de ses personnages humoristiques et de ses slogans qui font le buzz régulièrement.
Tweet, un call to action : Please RT si vous aimez « adoptez la #fruitattitude avec nos 2 nouveaux sujets fruités »

Denis Gentile

A mon tour de participer à ce tour de table. La marque, je l’ai annoncée en introduction : Martini.
? Tout simplement parce que c’est le produit alimentaire que je préfère et que c’est une marque italienne ! Pour être précis, il s’agit du Martini Bianco comme James Bond. J’aime aussi le côté artistique de leurs publicités.
Et mon tweet ? Welcome to the #Martini#BlogStorming#Party : pour chaque commentaire, un verre de Martini pour votre équipe !

Une dernière remarque : je ne comprends pas les sociétés qui passent une annonce pour trouver un Community Manager. Le métier d’un CM est d’être présent sur les réseaux sociaux. Il suffit donc de jeter un coup d’œil attentif sur les communautés qui traitent des thèmes proches à la marque en question et de faire une recherche sur google, cela me semble être du bon sens et ne demande pas plus de temps que de lire des centaines de CV, la plupart ne correspondant pas d’ailleurs au profil recherché.

Une marque qui cherche son Community Manager peut facilement le trouver. Ce qui manquait était d’en faire la demande. Voilà, c’est fait.

Et ça continue dans les commentaires ci-dessous et sur les réseaux sociaux. Vous pouvez tous y participer, même si vous n’êtes pas un Community Manager.

les verres Martini, l'objet de design par excellence
les verres Martini, l’objet de design par excellence

(1) Cet article est la deuxième partie d’un article paru en 2012 : Le Community Manager peut il choisir ses clients ?

Le CV d’un blogueur, community manager et concepteur rédacteur web

Cet article est mon CV et ma lettre de motivation. J’ai choisi de me présenter de cette façon pour attirer l’attention des personnes et des entreprises qui souhaitent s’attacher mes services.
pieds-florentins
Extrait du livre « Le Passant Florentin »,
dessin de Koffi Apenou.
2 passants font un pas…
l’un vers l’autre.

Commençons par une définition : Je suis un Passant Florentin.

Le Passant Florentin est le titre de mon premier livre publié en 2002. Je me suis identifié à mon protagoniste romanesque qui un beau jour d’automne met les pieds à Florence (Firenze). Ses premiers pas dans la capitale de la Renaissance vont complètement transformer sa vie. L’histoire de ce livre est tout simplement le récit de cette métamorphose : comment et pourquoi Denis Gentile est devenu le Passant Florentin.

Il va découvrir des choses dont il n’imaginait même pas l’existence. Il a de nombreux points communs avec des personnages que nous connaissons bien comme Candide, Socrate ou le Petit Prince. Sur son chemin, il rencontre Dante, Michel-Ange, Brunelleschi et tous les génies qui ont rendu ce lieu unique.

A son tour, il veut laisser une trace et contribuer à la mesure de son talent à rendre unique ce qu’il fait.

C’est cette philosophie qui me guide et que l’on retrouve dans mon parcours : passé, présent et bien sûr futur.

C’est comme si tout commençait par cette idée : « Avant d’arriver ici, je ne savais pas que cela existait ! » La transformation peut alors s’opérer.

Disney

Avant de travailler à Euro Disney (1992-2007), je ne savais pas ce qu’était une attraction ! Un manège oui, mais une attraction non. Pourtant ils m’ont engagé et j’y suis resté 15 années. Ce n’est pas rien comme expérience.

J’y ai exercé tous les métiers ou presque : opérateur dans un call center, agent de change, hôte d’accueil, guide VIP trilingue, guichetier, responsable des objets trouvés, traducteur bilingue au service sécurité et parfois au commissariat, chef de gare, conducteur d’autobus impérial, formateur, intégrateur html, conseiller clientèle, chef de projet web, chargé de la communication interne, responsable de la communication, rédacteur d’offres marketing, webmaster et quelques autres plus compliqués à définir comme en charge du Duty Manager Report ! Soit en fin de compte une vingtaine de fonctions différentes.

Aujourd’hui, c’est pour moi une matière inépuisable lorsque je cherche une idée ou un exemple pour un article ou un projet.

Revenons sur 3 de ces métiers :

Avant de travailler à Euro Disney, je ne savais pas ce qu’était l’internet. Mais en 1992, c’était normal. Je suis passé entre 1996 et 2007 des rudiments du web à l’expertise. J’ai appris une cinquième langue pour dialoguer avec la machine : le HTML et faire des sites. J’ai été formé à tous les métiers du web, sauf blogueur. Mais ça, c’est venu plus tard.

La Guest Relations Team devant le Château de la Belle au Bois Dormant. M'avez-vous reconnu ?
La Guest Relations Team devant le Château de la Belle au Bois Dormant. M’avez-vous reconnu ?

Avant de travailler à Euro Disney, je n’avais jamais encore rencontré les héros de mon adolescence. Mieux , je n’aurais jamais imaginé que certains d’entre eux seraient devenus mes amis comme l’ancien joueur du PSG : Marco Simone ou l’actuel entraîneur de la Fiorentina : Vincenzo Montella. Je garde d’excellents souvenirs en tant que guide V.I.P., notamment avec Didier Deschamps, Frank Sauzée, Roberto Baggio, Eros Ramazzotti et même Diego Maradona.

Avant de travailler à Euro Disney, je ne connaissais pas le parcours d’un objet perdu. En quelques mois, j’ai tout appris pour pouvoir organiser de fond en comble ce département et en définissant les procédures légales et pratiques. Pour la première fois, j’ai expérimenté cette observation qui me colle à la peau : comment rendre intéressant un sujet qui ne l’est pas !

Pour en savoir plus sur mes années Disney, je vous conseille ces deux articles :

Community Manager est aussi (et surtout ?) un métier pour les plus de 26 ans !

Un Community Manager raconte ce que vous ne lirez pas ailleurs sur les 20 ans de Disneyland Paris

Mes autres expériences professionnelles

Avant de suivre les formations à l’Institut Equilibrio de Grasse en 2014, je ne savais que le coach était l’héritier de Socrate.

Avant de développer le blog d’Assurance de Prêt Online (2012-13), je ne savais pas que j’allais inventer un concept, le BlogStorming, qui allait faire trembler la blogosphère et les réseaux sociaux. Tout est né d’une question du responsable du projet.

Pour en savoir plus sur le BlogStorming, je vous conseille la lecture de ces 2 articles :

Le Community Manager, cet étrange chevalier qui lutte contre le marketing !

Une Battle de Blogueurs

Quand un CV se transforme en storytelling
Quand un CV se transforme en storytelling

Avant de collaborer avec M. Guy Couturier (2012-13), je ne savais pas que l’enchantement du client était la nouvelle tendance du marketing. Cela m’a réconcilié avec cette discipline. Ce blog mériterait une suite car le mur de l’enchantement a malheureusement rejoint cette ville fantôme nommée World Wide Web !

Mais surtout, je ne savais pas que j’aurais participé à la rédaction d’un livre sur le Marketing de l’Enchantement (paru le 2 novembre 2015 aux éditions Kawa).

Avant de collaborer au blog des blogueurs (NetZ en 2011), je ne connaissais pas WordPress. C’est devenu le logiciel que je maîtrise le mieux. J’ai pu publié l’article qui est devenu la colonne portante de mon travail : « Le blog est l’avenir de la presse écrite! » (version remix)

Avant d’écrire l’article « Glutamate E621 : Quand lire peut vous sauver la vie » (2011), je ne savais pas que cet article deviendrait une référence sur Google.

Avant de lancer mes premiers débats sur Viadeo (2010-11), je ne savais pas que je pouvais en quelques phrases provoquer l’intérêt de milliers d’internautes en quelques jours et même quelques heures.

Avant de devenir journaliste-rédacteur à France-Soir, je ne connaissais rien de la fabrication d’un journal.  Aujourd’hui, je suis encore choqué de la façon dont un rédacteur en chef peut travestir la réalité. Et bien sûr je ne savais pas que vingt ans plus tard le blogueur allait prendre le contre-pied de ce système.

Avant d’écouter la chanson More Than Words du groupe Extreme (1991), je ne savais pas que ce titre serait devenu celui de mon blog. Et je ne savais pas que ce blog deviendrait une référence en matière de rédaction web (cf. interview sur le blog de Frédéric Canevet).

Avant d’écouter mon prof de philo (1986-90), je ne savais pas qu’une matière scolastique puisse m’intéresser autant qu’un match de foot ou qu’un album de Sting ! C’est bien plus tard que j’ai compris que mes profs m’avaient donné « des seaux, des cartons, des sacs et des valises. »

Avant de voir Santa Maria del Fiore (1991), le Ponte Vecchio, le David et la Naissance de Vénus, je ne savais pas que l’art deviendrait ma plus grande passion et Michel-Ange mon héros préféré.

En conclusion car c’est l’objectif de cet article :

Avant de recevoir votre message, je ne savais pas encore que nous pourrions collaborer sur ce projet, transformer et rendre unique votre communication web (ou celle de vos clients) ! Ensemble, nous allons progresser.

Voyez-vous, l’étonnement est le début du blog !

J’invite mes relations sur les réseaux, mes amis et ceux qui viennent de me découvrir, à laisser un commentaire en commençant leur message par l’expression « Avant de connaître Denis Gentile, je ne savais pas … » Merci.

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Cliquez sur l’image pour m’envoyer un mail

Mes nouveaux projets en 2015 : Le développement du groupe #jeblogue sur Facebook et un ebook dont les principaux textes seront d’abord publiés sur ce blog, premier rendez-vous le 10 mars 2015 : Le blogueur et la tentation de l’île déserte

Lire la version italienne de ce CV (version 2013)

Télécharger cet article en pdf

Denis Gentile

A lire aussi pour compléter cet article : « Il était une fois un Digital Storyteller »

Abdelhamid Niati, tell me something I don’t already know

J’aurais pu rencontré Abdelhamid Niati en attendant le bus 183 entre la Porte de Choisy et l’aéroport d’Orly, dans une librairie de Vitry-sur-Seine ou sur les marchés d’Ivry-sur-Seine. Pendant plus de trente ans, on a fréquenté les mêmes lieux et un jour, nous ne le saurons jamais, nos regards se sont peut-être croisés. Mais la véritable rencontre, celle qui ne souffre d’aucune hypothèse, a eu lieu sur les réseaux sociaux. Sur Viadeo, un réseau à la mode au début des années 2000 et dont certains d’entre vous se souviennent sûrement. Je lançais des débats populaires et Abdelhamid avait pris l’habitude de les commenter. Abdelhamid est mon ami le plus fidèle sur les réseaux sociaux. C’est certain, nos lieux communs ont forgé des liens profonds. Quand j’ai lancé ce nouveau concept d’interview basé sur le storytelling, il a été le premier à cliquer sur « j’aime » et il a voulu y participer. Ca tombe bien parce qu’il y a bien des choses que j’avais envie de connaître. Vous savez ces choses que l’on sait de l’autre parce qu’on fréquente les mêmes lieux dans son enfance comme une école, un terrain de foot ou un jardin public.

so please now Abdelhamid, tell me something I don’t already know.

Cette interview se base sur les principes du blog, des réseaux sociaux et du storytelling. On part de sa propre histoire pour découvrir l’inconnu et apporter quelque chose de nouveau aux lecteurs.

Il y a 5 questions communes et une question personnalisée.

1- Dis-moi quelque chose de ton enfance

abdelhamid-niatiJ’ai eu une enfance si particulière que répondre à cette question s’avère complexe.  A 3 ans, dans les bras de Morphée, dame maladie est venue me bercer.  Elle est entrée en moi et sa puissance m’a réveillé de manière convulsive. Une fois la peur et le liquide lacrymal qui en découlent évacués, J’ai vécu avec cet hôte non désiré pendant sept longues années. Dans un premier temps, j’ai tenté de le repousser sans succès. Ensuite et assez rapidement est venu le temps de la tolérance. Je le tolérais seulement ou plutôt l’ignorais comme si il n’était pas là. Seules mes visites à l’hôpital, le 1er lundi de chaque mois me rappelait sa présence. Le docteur Joly (un nom comme celui-ci donne envie de consulter) qui le connaissait mieux que moi s’est vu confier la tâche de s’en occuper. Hors de question pour moi d’occuper mon esprit avec ça car j’avais une vie d’enfant à mener. Une vie d’enfant plus proche des adultes car cette étreinte m’a montré, très tôt ma condition de mortel et les alternatives possibles.  Pour tromper la maladie, j’ai construit tout un univers parallèle à l’aide de mon imagination. Cette création est la résultante de questions que je me suis posées en voyant les personnes aller et venir dans les couloirs aseptisés du CHU. Une simple silhouette et je dessinais le reste. Je donnais un visage à cette silhouette, l’escortais par la pensée, jusqu’à une chambre. Je la sentais ressortir et la voyais quitter l’hôpital et rentrer chez elle. Je parvenais même à lui donner une famille, une maison  et un chat (J’ai toujours préféré les chats du fait de leurs non-dits qui en disent longs).  J’éprouvais beaucoup d’ennui dans la salle d’attente et lorsque le médecin parlait de mon cas avec un membre de ma famille, mes yeux scannaient la pièce d’un œil neuf à chaque nouvelle visite. J’absorbais le vocabulaire médical, imaginais des histoires dans mon univers parallèle.  Ma pensée du moment aurait pu se traduire par ces mots : «chère maladie, tu es là pour le moment mais je ne te laisserai jamais me réduire à néant car tu n’es qu’un obstacle plaisant à surmonter. Tu es une épreuve et sans le savoir, tu viens de donner une saveur sans équivalent à mon existence. En cela je te distingue de la mort ». Cette maladie a fait exploser mon imagination et ma révolte. Il était hors de question de me laisser aller et j’absorbais chaque minute, chaque centimètre de ma vie, de mon entourage.  Je ne laissais rien au hasard, m’attardais sur les détails et ainsi mon côté perfectionniste est né.  Un perfectionniste accompagné d’un sérieux goût pour les défis et la curiosité. J’ai assouvis ma curiosité pour partie dans les livres et dans le monde qui m’entourait. Mon imagination était telle que la frontière entre rêve et réalité était floue, au point de ne pas voir de limites au possible.

2- Dis-moi quelque chose que tu vois en ce moment autour de toi

Je vois des personnes qui souffrent, d’autres qui résistent, d’autres encore qui construisent en dépit des éléments. Je vois une énergie formidable à travers des personnes qui font d’immenses choses à partir de peu. Ces personnes ne sont pas envahies par le doute mais par une foi en l’avenir. Parmi ces personnes il y a des personnes de tout âge  qui viennent en aide aux plus démunis et ne relâchent jamais leurs efforts  pour soutenir les autres. Ils font cela tous les jours avec une énergie incroyable. Cette dynamique en fait des éléments moteurs suivis par d’autres personnes toujours plus nombreuses. J’observe énormément de forêts pousser dans les environnements et les situations les plus hostiles.  Des personnes osent rêver et tout faire pour concrétiser leur rêve.

3- Dis-moi quelque chose d’une personne que tu admires

Observe, comprend, agis. Mon père a donné ce conseil  à ma sœur alors qu’il réparait un appareil à la maison. Cela signifiait observe attentivement et apprend. Ainsi tu pourras mieux saisir le fonctionnement de l’appareil. C’est aussi lui que j’observais avec ses mains magiques. Une montagne d’humanité au cœur fruité dont le regard se posait sur les âmes et les cœurs chagrinés. Quand il ne me prenait pas dans ses bras pour m’étreindre de son amour, je marchais près de lui et nos regards synchronisés par la même ADN, se posaient sur les mêmes endroits ou personnes.  L’observation était le premier pilier et lors de nos promenades dans ParisIl  me montrait ce que personne ne regardait. Au sommet d’un immeuble haussmannien une phrase, sur le côté le nom du maitre d’œuvre et du maitre d’ouvrage.  Il y avait également les quiz géographiques de Paris. A la question quelle est la rue la plus longue, très tôt j’ai su répondre Vaugirard. J’ai compris à travers ses yeux qu’il voyait mes douleurs mes peines et mes hésitations. Il savait les guérir avec de simples mots et son regard. De son deuxième pilier, il comprenait sa chair, sa descendance. Il faisait ça avec tout le monde et prodiguait des conseils et apportait son aide par sa bouche et ses bras. Il écoutait toujours plus qu’il ne parlait. Il comprenait vraiment car il regardait vraiment le monde.   Le troisième pilier était quotidien, en agissant pour sa famille, les voisins, les inconnus.  Il trouvait toujours les bonnes réponses aux problèmes des personnes (nombreuses) qui le connaissaient ou croisaient sa route. Il était la figure en point de fuite. Je te laisse imaginer une personne à l’horizon qui te fais signe de venir parce qu’elle a tracé une route pour toi.  Il a transmis ce fameux triptyque à tous ses enfants avec le conseil de le répéter et de ne jamais rien attendre en retour. Son métier d’électricien dans les travaux publics n’était peut-être pas un hasard. Il apportait la lumière dans l’obscurité. Il l’a fait du quartier de Grenelle à Roland-Garros en passant par le POPB et j’en passe (la liste est longue). Bien plus que de longs discours, il  nous a donné les mots clefs pour ouvrir les portes de la sagesse. Ce dernier mot le caractérise parfaitement. Un homme à la démarche élégante, et à la personnalité unique. Je suis son fruit.

4- Dis-moi quelque chose que tu n’as jamais dit sur les réseaux sociaux

La première question en est un bel exemple car parmi mes amis proches, peu connaissent mon enfance.  Je suis un solitaire qui rêve de vivre ailleurs. Je ne vois rien d’autre. Je dois en garder pour mon premier roman.

5- Dis-moi quelque chose du futur

Le futur, on le construit tous aujourd’hui. Pour  moi les différences sont des sources inépuisables d’enrichissement donc je vois plus de rencontres et d’échanges dans la vie de tous les jours que sur les réseaux sociaux. Je veux voir la colère contenue et la haine asphyxiée par la richesse des échanges entre humains. Pour cela, parler à son voisin est une première étape, puis l’étage du dessous et du dessus doivent suivre, puis le quartier, la ville, la région, le pays, le continent. L’humanité trouvera son salut dans les échanges  et le partage. Les associations d’entraide nous prouvent tous les jours que cela est possible. Ces personnes donnent sans compter sans demander de lauriers et créent l’adhésion des cœurs au lieu de la répulsion.  Le cœur, le myocarde, muscle central et vital sera décloisonné pour adhérer à d’autres cœurs et éviter la suffocation des âmes.  J’avance de cette manière sans me dire que demain c’est la fin. Prendre chaque jour comme il vient et y mettre tout son cœur sera la clef d’un futur riche.

Question personnalisée : Abdelhamid Niati, dis-moi quelque chose de Vitry-sur-Seine (question pas évidente car je te rappelle que tu dois dire quelque chose que je ne sais pas encore et Vitry c’est 30 ans de ma vie avec la moitié de ma famille qui y habitait. Autrement dit, une bonne partie de mes souvenirs sont liés à cette ville et à Ivry aussi bien sûr)

Il y a quelques mois de cela, toi et moi parlions du 183 bus reliant la Porte de Choisy à l’aéroport d’Orly. Tu m’avais rappelé à quel point prendre ce bus était un cauchemar du fait de la route pavée qu’il empruntait. Un trajet sismique que beaucoup empruntaient et empruntent tous les jours au point de préférer rester debout qu’assis. Cette route, la RN 305 devenu RD5 n’est autre que l’ancienne voie royale reliant Vitry sur Seine à la capitale. A croire que la vie d’un roi est secouée et qu’il ne fait pas bon s’assoupir sur son trône.  Autre chose, un tramway reliait Vitry au pont de la Concorde par sa voir 7ter au début du XXème siècle.

Merci Abdelhamid, j’ai peur que notre histoire du 183 ennuient les lecteurs mais entre les deux citations de « autobuesque », ils ont vraiment dû être secoués, dans le bon sens du terme. La dernière question est pour les lecteurs : d’après vous, Abdelhamid Niati vous a-t-il dit quelque chose que vous ne saviez pas encore ?

Retrouvez Abdelhamid Niati sur son blog « Mon encre » (ici, je vous amène à la réflexion !) et tous les jours sur #jeblogue, le groupe de la réciprocité entre blogueurs.

A lire aussi : Aisha Sylla, tell me something I don’t already know

Un expert (du web) n’est jamais seul !

Il était une fois Maud Jenni et Anthony Rochand

les Experts du Web

Les experts du web est une société de micro-conseil et d’accompagnement pour les entreprises basée à Lyon. C’est l’association de deux professionnels du networking et du digital, Maud Jenni et Anthony Rochand. Voici leur histoire intitulée « Un expert (du web) n’est jamais seul ! ».

Ce jour-là, je ne l’oublierai jamais. C’était au début du mois de juillet. Les cigales frappaient des cymbales sous le soleil de la Côte d’Azur. Et j’apprends que Kafi, le chien de Tidou, s’est échappé. Tidou vient d’arriver à Lyon mais il a dû laisser son fidèle compagnon dans son village natal en Provence. Il n’y avait pas de place pour lui dans le nouvel appartement de la famille.

La terrasse de l'Evolution Bar à Lyon
La terrasse de l’Evolution Bar à Lyon

Je n’ai que 10 ans et je n’ai pas lâché ce roman de la journée. Le lendemain, je me suis précipité avec mon père chez le libraire pour m’acheter la suite des aventures de Tidou, l’un des six compagnons.

Je n’ai jamais vécu à Lyon, pourtant mon imagination la connaît mieux que Paris, ma ville natale.

Et là, ce matin, elle frétille comme jamais. Elle me dit : « je connais ce quartier et cette atmosphère ! » Tout a commencé avec une photo, la photo d’une terrasse en plein coeur de la Presqu’île de Lyon.

Les cafés d’Anthony

Puis, j’ai continué en regardant d’autres images. Je me suis déplacé dans le quartier de la Guillotière, au Dream’s Café. Cette fois-ci, mon imagination ne me joue aucun tour. Je vois bien des visages familiers, des personnes que je croise tous les jours sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Maud Jenni et Anthony Rochand.

« C’est ici que j’ai organisé mes premières matinales avec les Cafés d’Anthony. Et avec Maud on continue. Et Anthony ajoute : le patron jurassien du Dream’s Café est une personnalité sympathique et emblématique dans le quartier. »

On s’attache à des personnes et à des histoires, c’est souvent la raison pour laquelle on aime revenir dans un lieu.

« Je me souviens du Café Louis à Levallois-Perret, raconte Maud. C’était avant de partir pour Lyon, j’étais directrice du département e-commerce et avec mes collègues, on refaisait le monde ! On projetait de nouveaux business et on avait aussi quelques idées farfelues.»

Bien sûr, autour d’un café. C’est ce qui se passe aujourd’hui sur les réseaux sociaux. On tapote sur son clavier des messages et on dialogue avec d’autres. Parfois on communique d’un bar à l’autre, d’autres fois, on se prépare chez soi un café ou un thé. Une sorte d’univers virtuellement parfait.

Insuffisant. oui, c’est insuffisant, il faut aller plus loin. Il faut se rapprocher. C’est la conviction d’Anthony. Sous l’impulsion d’un expert du web, Giovanni di Silvestri. « C’est un ami de longue date, un blogueur influent et un grand networker en Suisse Romande. Il m’a montré l’exemple en 2007 avec l’organisation d’Afterwork et de meetings networking. » Sa route est toute tracée et de retour à Lyon, il crée son premier réseau networking en 2008.

Les experts du web

Ce sont les rencontres qui donnent de la valeur à notre histoire et montrer l’exemple est le meilleur des apprentissages. Ces rencontres, Anthony les recherche avec une passion toujours plus forte, jusqu’au jour où…

On change de bar. Certains noms sont un heureux hasard, voire un joli présage et celui-ci se nomme « L’Evolution Bar »! C’est Maud qui débute le récit : « Avec Anthony, nous avons partagé sur les modèles des réseaux sociaux, les besoins du marché, comment agrémenter notre valeur ajoutée quant à nos services. » Une rencontre entre deux pros sur des arguments sérieux et laborieux. Puis Anthony poursuit : « Quand j’ai rencontré Maud, ça nous a paru tout naturel de mutualiser nos compétences, cela a pris tout son sens. Nous sommes associés dans le cadre des Experts du Web mais aussi dans la vie. »

En deux phrases Anthony a gâché le sujet d’un beau roman d’amour. Si j’avais suivi mon instinct de storyteller, je me serais attardé des pages entières sur ces échanges dans les cafés lyonnais jusqu’au déclenchement de l’étincelle, jusqu’au jour où la passion des rencontres s’est métamorphosée en la rencontre la plus passionnelle de sa vie !

Maud Jenni et Anthony Rochand, les experts du web, à Lyon avant les Cafés d'Anthony
Maud Jenni et Anthony Rochand, les experts du web, à Lyon avant les Cafés d’Anthony

Je ne sors pas de mon sujet et de mon idée de départ. On ne raconte pas l’histoire d’une entreprise ou d’une marque sans entrer dans la vie privée de leurs créateurs. Au contraire, méfiez-vous de ceux qui ne laissent rien transparaître. C’est une question d’équilibre et dans le cas de Maud et Anthony, c’est aussi une question de complémentarité.

Et là, on touche du doigt la différence entre un simple spécialiste du web et un expert du web. Les deux peuvent avoir les mêmes compétences dans les mêmes domaines. Du référencement au community management, du codage au graphisme, de la rédaction au marketing, etc. L’expert est forcément un spécialiste mais le spécialiste ne devient un expert que lorsqu’il collabore avec un ou plusieurs autres spécialistes qui deviennent à leur tour des experts !

Avez-vous perdu le fil de mon raisonnement ? Alors, oubliez tout et retenez cela : un expert du web n’est jamais seul, il faut être au moins deux pour devenir un expert du web.

C’est une question d’efficacité. Le principe du World Wide Web est le lien et l’efficacité d’une recherche est basée sur le recoupement de multiples liens. L’efficacité d’une communication sur le web est basée sur le recoupement de plusieurs compétences. C’est l’association des compétences entre au moins deux spécialistes qui font les experts du web.

Ma période la plus faste depuis que je travaille en free-lance date de ma collaboration pour un même client avec Anthony. Je n’étais pas seul et grâce à notre complémentarité, on a obtenu des résultats phénoménaux.

A cette même époque d’ailleurs, Anthony refusait d’employer le terme d’expert, prétentieux et vide de sens. Certains de ses posts sont restés dans ma mémoire. Et quand il a commencé à communiquer sur sa nouvelle société, les experts du web, j’ai été surpris. L’explication est dans l’histoire de sa société, dans l’histoire de sa relation avec Maud. Un véritable déclic qu’il exprime de cette façon :

« Absolument Denis dans le passé j’ai toujours préféré le terme spécialiste à expert, tu as bien suivi mon parcours et tu me connais bien. C’est assez simple en fait, il s’agit aussi de la rencontre avec Maud, les évidences constatées entre nos différents métiers et les convergences. Le référencement naturel aussi de notre marque a été un facteur déterminant dans le choix du nom, finalement cela s’est fait tout simplement. Et puis c’est légitime, nous sommes à mon sens (non j’en suis même certain) deux experts dans le secteur du digital, respectivement dans le networking/social media et le e-business, cela s’est imposé à nous, une vraie révélation, j’ai changé d’opinion par rapport cette appellation « experts ». »

Et Maud renchérit en évoquant l’Allégorie de la Caverne de Platon :

« Pourquoi sortir de la caverne, si ce n’est pour épouser des idées nouvelles, s’intéresser à ce qui nous entoure et embrasser le mouvement ?  Y prendre part, c’est important pour faire sa place et perdurer intelligemment, en interaction avec le reste. Quand j’ai rencontré Anthony, monter une offre commune a fait sens avec la vision que j’avais de mon activité et du business, qui était complémentaire à la sienne. »

La valeur de l’exemple

J’ajoute que c’est une question d’authenticité. Si votre idée rejoint votre histoire, si vous pouvez la justifier par rapport à votre vécu, alors on peut la qualifier d’authentique. Et l’idée des experts du web s’applique de façon exemplaire à l’histoire de Maud et Anthony.

Le storytelling, pour en revenir à ma spécialité, n’est pas une méthode sympathique pour rendre sympathiques des personnes dont on raconte un truc super sympa. Non, le storytelling est utile quand il met en lumière et en valeur l’idée de quelqu’un d’autre et qu’il en montre l’authenticité.

Retrouvez les Experts du Web sur leur site en cliquant sur l'image
Retrouvez les Experts du Web sur leur site en cliquant sur l’image

S’intéresser à l’histoire des autres permet de créer des contenus qui ont une réelle valeur ajoutée. Si j’avais su il y a quelques années que Maud avait été journaliste, je l’aurais interrogée pour mes articles sur les différences entre le journalisme et le blogging. Si j’avais su qu’Anthony avait été directeur d’un magasin dans la grande distribution, j’aurais ajouté son témoignage à mon article « Le blog, c’est mieux que le supermarché ! ».

Peut-être n’est-il pas trop tard pour créer de nouveaux contenus ? Qu’en pensez-vous ?

Plus j’avance dans ce récit, plus je me rends compte que la connaissance de l’autre permet la naissance de nouvelles idées et de nouvelles passions. Mais aussi de nouvelles collaborations qui rendront meilleurs la blogosphère et les réseaux sociaux. Car contrairement à l’opinion de quelques intellectuels de renom, le web n’est pas une poubelle. C’est un merveilleux support et un moyen inégalé de développer des projets et de mieux vivre en société. Pour que cela fonctionne bien, on a besoin des « Experts du web ».

Et puisqu’un expert n’est jamais seul, vous pourriez un jour ou l’autre collaborer avec eux.

Les Experts du Web ont une histoire qui inspire confiance, une histoire qui ne tourne pas le dos au passé et qui regarde dans une même direction. Anthony cite et commente Flaubert :  « L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe. » Cette citation nous donne la capacité de relativiser et de chasser la peur qui souvent nous paralyse dans les projets professionnels ou dans la construction personnelle. C’est aussi pour cela que je veux évoquer mes deux enfants car ils me donnent la motivation nécessaire, la force  d’avancer et l’envie de montrer l’exemple » et c’est le bon exemple Anthony.

D’ailleurs, tu leur conseilleras, s’ils ne l’ont pas encore fait, (et j’invite les autres parents à le faire aussi même s’ils ne sont pas lyonnais) de lire les aventures des six compagnons, notamment le premier tome qui s’intitule « Les six compagnons de la Croix-Rousse ». Regarde-bien les premières phrases, c’est une surprise. Je me dis que ce jour-là, ils ne l’oublieront jamais.

Celui qui choisit l’art comme exemple et modèle remplira sa vie de beauté

« Je reviens sur les lieux des merveilles. Assis sur les mêmes bancs de pierre, j’observe mes muses. Le soleil projette l’ombre de la façade de la Basilique sur la place presque déserte. Les touristes s’excentrent le long des boutiques, au frais de l’art, se protégeant de la chaleur de plomb.

Le ciel s’est paré de son bleu de travail.

Il est temps pour moi de recommencer, de tenir les promesses qui m’ont consacré Passant Florentin.

Le Passant Florentin, Place Santa-Croce, illustration Koffi Apenou.
Le Passant Florentin, Place Santa-Croce, illustration Koffi Apenou.

 

Je suis comme un chevalier, mais sans cheval, au service des Rois de la Renaissance.

Je pense en particulier à Brunelleschi et au Masaccio. Il n’y a pas de plus bel exemple dans la vie que de suivre leurs traces. Il n’y a pas de plus beaux modèles que leurs oeuvres.

Celui qui choisit l’art comme exemple et modèle remplira sa vie de beauté. Sa vie sera belle. »

Ce texte est un inédit du Passant Florentin écrit le 10 septembre 2002 sur la Place Santa-Croce à Firenze. Il est postérieur de sept ans par rapport aux textes publiés dans le livre. Idéalement, il devrait faire partie du Tome 2.

Le Tome 1 n’est plus disponible sur Amazon. Une version numérique est à l’étude.

A lire sur le Passant Florentin : « Digital Storyteller For Ever…Est ! »

Digital Storyteller For Ever… Est !

Digital Storyteller For Ever… Est !

 

Je viens de trahir mon blog ! Cet article était prévu pour lui et au dernier moment j’ai décidé de l’offrir à un autre. Pour essayer, pour voir. C’est une infidélité ! Je l’ai publié sur Medium, Medium est un média qui permet de publier des articles de blog créé par Evan Williams et Biz Stone, les fondateurs de Twitter et Blogger.
De Twitter à Instagram, c’est un voyage dans le monde merveilleux d’un Digital Storyteller !

Tout commence avec un tweet, cliquez et accrochez-vous bien !

La publication d’un article de blog est aussi une affaire de storytelling.

Aaisha Sylla, tell me something I don’t already know

J’ai rencontré Aaisha Sylla sur les réseaux sociaux. Elle est la coordinatrice de la Fondation Sylla Caap, fondation humanitaire en Afrique. J’ai rapidement remarqué trois choses que l’on avait en commun : elle parle italien, elle est souvent dans les Alpes-Maritimes et elle s’intéresse aux autres. Ces posts sur Facebook sont passionnants et j’apprends beaucoup sur le monde grâce à elle. J’avais donc envie d’en apprendre encore plus…

so please now Aaisha, tell me something I don’t already know.

Cette interview se base sur les principes du blog, des réseaux sociaux et du storytelling. On part de sa propre histoire pour découvrir l’inconnu et apporter quelque chose de nouveau aux lecteurs.

Il y a 5 questions communes et une question personnalisée.

1- Dis-moi quelque chose de ton enfance
aaisha-syllaEnfant, je rêvais de partir en Afrique. Je savais que c’était loin, alors je m’imaginais en voiture avec mes parents, franchissant les différentes étapes pour arriver à cette terre de mes rêves… l’Afrique!
C’est sans doute l’une des raisons qui ont fait qu’aujourd’hui l’Afrique est un mot qui fait partie de mon quotidien. Je suis actuellement Coordinatrice de la Fondation Sylla Caap , à être de façon permanente en relation avec les équipes sur place, actuellement au Sénégal, pour gérer les différents solidaires que nous avons. A savoir : la Clinique Daniela Racchi, à Diango, Casamance, centre de protection et de prévention de la mère et de l’enfant, centre qui portera aussi le nom de Aline Sittoe Diatta, (grande héroïne de Casamance).
Puis le projet Afrika Mandela Ranch, ferme école écologique à Rao au nord du Sénégal. Ce projet est une belle aventure, car il se veut un modèle de développement autonome durable sur le plan économique et écologique. Grâce à ce projet, nous avons construit une école élémentaire, l’école Soxna Beye, afin que les enfants des villages alentours puissent être scolarisés. Actuellement, nous finissons la construction d’une école des arts et métiers, l’école Bineta Samb Ba, afin de proposer aux jeunes la possibilité d’avoir une formation débouchant sur une activité économique viable.
2- Dis-moi quelque chose que tu vois en ce moment autour de toi

Ce que je vois autour de moi : un jardin luxuriant, plein de vie, de fleurs, parfums voluptueux qui se dégagent, mêlés aux senteurs de la pluie qui est venue baigner la terre, ces derniers temps

Je rêve de cette luxuriance en Afrique

Les terres du sahara étaient jadis luxuriantes… Peut-on rêver un jour d’un sahara vert ? A Afrika Mandela Ranch, qui se trouve à la porte du désert, nous avons décidé de conjurer le sort et d’y planter des milliers d’arbres… une petite action , mais qui participe à la lutte contre la désertification.

3- Dis-moi quelque chose d’une personne que tu admires

Une personne que j’admire: sans nommer cette personne, ce qui me touche énormément, c’est sa spiritualité intérieure.

4- Dis-moi quelque chose que tu n’as jamais dit sur les réseaux sociaux
J’adore la fantaisie, avoir cette petite folie intérieure qui peut faire changer le monde… en bien !
Je ne vois pas autre chose à dire à ce sujet.
– Moi si 😉  comment sa fait-il que tu parles si bien l’italien ?
– Si je parle italien c’est parce que la moitié du temps je suis en Suisse au siège de la fondation Sylla Caap, dans le Tessin (Suisse italienne). Je l’ai appris comme ça au contact des gens, pas sur les bancs d’école.
5- Dis-moi quelque chose du futur
Le monde sera plus humain. Il faut des films comme celui de Yann Athus Betrand, HUMAN, des citations positives, des sourires échangés, des poignées de mains, des coups de main dans les gestes du quotidien, de l’entraide, des petits gestes qui, mis les uns à côté des autres, peuvent changer la face du monde… Il faut des actes solidaires, ici en Europe, par exemple avec les migrants, les chomeurs, les vieillards… Il faut des actes solidaires en Afrique ou autres peuples démunis… pour changer la face du monde…
tous ces petites gouttes d’eau mises ensemble feront un océan de solidarité et changeront la face du monde. Nous n’avons rien à attendre des grands de ce monde… ceux qui ont le pouvoir décisionnel: de leurs tours d’ivoire, ils ne verront jamais ce petit enfant qui meurt de faim en bas de la tour…
Comment ne rien faire, alors que toutes les 5 secondes, un enfant meurt de faim de par le monde !!! La terre pourrait pourtant nourrir l’humanité entière !
Voilà pourquoi je suis engagée, comme je le suis, dans les projets solidaires de la Fondation Sylla Caap, pour apporter ma petite pierre à la construction d’un monde plus humain.
Question personnalisée : Aisha Sylla, dis-moi quelque chose de l’eau

L’eau c’est la vie, un trésor précieux, le premier élément qui fait penser à la vie.

On vient de découvrir de l’eau sur Mars et donc on se dit: la vie y est possible… c’est bien, mais personnellement, je préfère me dire :
il y a de l’eau sur terre !

Pourquoi tous n’y ont pas accès ?

Que faisons nous pour une plus juste répartition des richesses ? Un plus juste accès aux ressources naturelles?

Pourquoi n’est-ce pas cela la première préoccupation des humains que de donner de l’eau à ceux qui ont soif et donner à manger à ceux qui ont faim ?

Merci Aaisha pour ton témoignage, j’espère qu’il sera partagé par tous ceux qui l’auront lu, chaque partage sera une nouvelle goutte d’eau pour la construction de cet océan de solidarité. Nous pouvons aider la fondation Sylla Caap et faire un don.

La dernière question est pour les lecteurs : d’après vous, Aaisha Sylla vous a-t-elle dit quelque chose que vous ne saviez pas encore ?

 

A lire aussi : Laurence Orsini, tell me something I don’t already know

Laurence Orsini, tell me something I don’t already know

J’ai rencontré Laurence Orsini sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook. Dans ses posts, je sens une force, une fragilité et une sincérité que je retrouve rarement dans mes lectures quotidiennes. Je suis fasciné par sa personnalité alors j’ai eu envie d’en savoir plus. Dans ses réponses, j’ai trouvé une autre Laurence. Plus pudique. Je sens qu’elle se retient. Elle n’a pas l’habitude de répondre à des interviews, c’est certainement la raison pour laquelle elle se livre avec parcimonie. Un détail parmi tant d’autres pour comprendre ce que j’essaie d’expliquer (j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de le dire en introduction), Laurence est malvoyante. Mais c’est vrai que ça je le savais déjà…

so please now Laurence, tell me something I don’t already know.

Cette interview se base sur les principes du blog, des réseaux sociaux et du storytelling. On part de sa propre histoire pour découvrir l’inconnu et apporter quelque chose de nouveau aux lecteurs.

Il y a 5 questions communes et une question personnalisée.

1- Dis-moi quelque chose de ton enfance

Lorsque j’étais toute petite et que je regardais un adulte prendre un stylo pour écrire, je me figurais que c’était comme une baguette magique et je rêvais de pouvoir créer des mondes.

2- Dis-moi quelque chose que tu vois en ce moment autour de toi

Je vois une misère de plus en plus grande, une planète que l’on tue à petits feux et en même temps l’éveil des consciences de tous ceux qui refusent de laisser un tel monde aux générations futures.
Je vois des raisons d’espérer en l’être humain.

3- Dis-moi quelque chose d’une personne que tu admires

Le choix m’a paru cornélien. Parmi tous les grands hommes comme Luther King, Gandhi, Mandela lequel choisir. Ils ont tous véhiculé un message universel de partage, de paix et de compréhension.
Alors étrangement, parce qu’il avait ce même message Bob Marley.

4- Dis-moi quelque chose que tu n’as jamais dit sur les réseaux sociaux

Peut-être une bonne nouvelle pour ceux qui ont aimé Les Anges de la Lune, en plus du tome deux que j’écris en ce moment, je travaille sur une nouvelle saga en plusieurs tomes mais je n’en dis pas plus, c’est un secret.

5- Dis-moi quelque chose du futur

La liste des futurs possibles est longue. Mais j’imagine un monde très futuriste à l’image de La Nuit des Temps de Barjavel.
Des technologies très sophistiquées où les individus seraient dégagés du travail tel qu’il existe afin de pouvoir se consacrer à leurs passions…

Question personnalisée : Laurence Orsini, dis-moi quelque chose des anges

laurence-tellmeCela peut paraître cliché mais j’ai failli mourir plusieurs fois. Je peux même dire que je suis morte une fois. À chaque fois j’ai été sauvée. Je crois que nous avons des entités spirituelles qui veillent sur nous pour nous aider à accomplir ce à quoi nous sommes destinés. Et je crois que quand on doute sur le chemin, ils se manifestent sous une forme ou une autre; une parole, un rayon de soleil. Il suffit d’écouter pour entendre.

C’est la première interview à laquelle je réponds. Merci d’avoir pensé à moi.

Merci à toi Laurence, et pour en savoir plus sur les Anges de la Lune, il n’y a qu’un moyen, lire ton livre ! On y retrouve, c’est mon ressenti, dans un monde futuriste, tes joies, tes épreuves et tes rêves.

La dernière question est pour les lecteurs : d’après vous, Laurence Orsini vous a-t-elle dit quelque chose que vous ne saviez pas encore ?

 

A lire aussi dans la même série : Amandine Legrand, tell me something I don’t already know

Amandine Legrand, tell me something I don’t already know

J’ai rencontré Amandine Legrand sur les réseaux sociaux et notamment grâce au groupe #jeblogue sur Facebook. Son blog « Un sac sur le dos (.com) » remporte un immense succès. Parce que c’est un blog de voyages ? Oui, mais ce n’est pas suffisant. Parce que c’est un blog différent des autres ? Oui, aussi. Surtout, parce que que son auteur, Amandine, a un vrai talent. Elle sait écrire, raconter des histoires et nous fait voyager. Je n’exagère pas en disant qu’elle est l’une des meilleures blogueuses francophones. J’avais donc très envie qu’elle participe à cette série de rencontres.

So please Amandine, tell me something I don’t already know.

Cette interview se base sur les principes du blog, des réseaux sociaux et du storytelling. On part de sa propre histoire pour découvrir l’inconnu et apporter quelque chose de nouveau aux lecteurs.

Il y a 5 questions communes et une question personnalisée.

1- Dis-moi quelque chose de ton enfance

Lorsque je suis née, la famille s’est également agrandie avec un chien, un beau golden retriever répondant au nom de Fidji… Un appel au voyage dès ma plus tendre enfance !

2- Dis-moi quelque chose que tu vois en ce moment autour de toi

La mer ! Je suis actuellement tranquillement installée à la terrasse d’un bar de plage du Sri Lanka, les pieds enfouis dans le sable. J’écris bercée par le roulis des vagues…

3- Dis-moi quelque chose d’une personne que tu admires

La persévérance. Encore aujourd’hui, François, mon compagnon, a suivi un cours de surf. Soyons clair, c’est la seconde fois de toute sa vie qu’il monte sur une planche et la nature ne l’a pas exact prédestiné a être un bon surfeur : entre son manque de souplesse et d’équilibre, c’est un challenge assez corsé ! Mais malgré tout, il y va. Tombe et se remet en piste, inlassablement. Plus que sa persévérance, c’est sa capacité à ne pas abandonner. Accepter humblement de devoir apprendre, surmonter les difficultés et se laisser le temps pour s’améliorer. 

Il faut beaucoup de courage et d’estime personnelle pour persévérer dans un domaine où l’on n’est pas prédisposé au départ !

4- Dis-moi quelque chose que tu n’as jamais dit sur les réseaux sociaux

Je ne suis pas forcément une grande bavarde « dans la vrai vie », mais dès que je commence à écrire, je ne m’arrête plus.

Ce que je n’ai jamais dit donc, c’est que je ne suis pas douée pour synthétiser ! 

J’aime analyser, débattre, creuser, développer… mais pas du tout réduire, limiter, « tailler » dans mon texte. Résultat ? Mes articles ont plutôt tendance à être assez longs… Heureusement, j’ai beaucoup de lecteurs passionnés qui me pardonnent ce « petit travers ».

Mais promis, j’y travaille !

5- Dis-moi quelque chose du futur

Nous arrivons tout doucement au bout de notre année sabbatique de voyage (fin octobre). Nous terminons notre grand voyage par l’Asie (avec le Sri Lanka et la Thaïlande) et quelques jours à Barcelone avant la reprise de la vie sédentaire.

Mais nous avons déjà un grand (très grand !) projet pour 2016 que nous commençons déjà doucement à planifier…

Question personnalisée : Amandine Legrand, dis-moi quelque chose d’un sac à dos

amandine-lMon bébé ! Né en juillet 2013, je l’ai imaginé et créé toute seule. François, pourtant informaticien, ne croyait pas en ce projet et a préféré me faire apprendre les bases de programmation plutôt que de m’aider à construire le site.

Mais après quelques semaines, surpris par l’affluence des lecteurs, il a décidé de s’embarquer dans cette aventure digitale et s’occupe maintenant de toute la partie technique, visuelle (photos et vidéos) et est mon relecteur attentif !

Sans lui, je n’aurai jamais tenu la distance et ne serais sûrement pas arrivée au résultat que nous avons aujourd’hui : un beau travail d’équipe !

Un sac sur le dos n’est pas à proprement parler un site de backpacker ni un carnet de route, mais un blog où je partage ma vision du voyage, à travers des réflexions (ce que je préfère écrire !) et retours d’expériences. On trouve aussi des conseils pratiques, des infos pour organiser un séjour… et des vidéos « d’immersion » et d’humour ! Notre vidéo la plus vue démontre que non, l’accent belge n’existe pas ! (Car oui… nous sommes Belges ^^).

Merci Denis de m’avoir invitée à réaliser ce petit exercice, curieuse de découvrir les interviews des autres blogueurs !

Merci à toi Amandine, je me permets d’ajouter un lien vers un article de ton blog que j’apprécie particulièrement : Le voyage ne sépare pas

La dernière question est pour les lecteurs : d’après vous, Amandine Legrand vous a-t-elle dit quelque chose que vous ne saviez pas encore ?

 

A lire aussi : Chris Simon, tell me something I don’t already know

Chris Simon, tell me something I don’t already know

J’ai rencontré Chris Simon sur les réseaux sociaux et notamment grâce au groupe #jeblogue sur Facebook. Un jour, à ma grande surprise, elle me demande si je voulais bien répondre à ses questions sur le Storytelling. Un an plus tard, elle est la première à avoir répondu à cette interview dont le titre est emprunté à une chanson du groupe Extreme « Tell me something I don’t know ». Pour mémoire, ce blog emprunte son titre à une autre chanson du même groupe. Petit détail, le texte a été écrit par Gary Cherone qui est originaire de Boston, pas très loin de la ville de naissance de Chris, New York (350 km). Je suis donc ravi qu’elle inaugure cette série de rencontres.

So please Chris, tell me something I don’t already know.

Cette interview se base sur les principes du blog, des réseaux sociaux et du storytelling. On part de sa propre histoire pour découvrir l’inconnu et apporter quelque chose de nouveau aux lecteurs.

Il y a 5 questions communes et une question personnalisée.

1- Dis-moi quelque chose de ton enfance

chris-simonJ’ai été malade, une tuberculose. Très 19e siècle. Je suis restée longtemps dans un sanatorium, j’avais 5 ans, ça n’a pas changé ma vie, mais ça a changé mon regard sur le monde.  J’ai vécu dans un microcosme et vu le monde de ce microcosme. L’un des quelques souvenirs qu’il me reste aujourd’hui, est mon jour d’arrivée. On m’a fait visiter tous les bâtiments et je ne me souviens que d’une grande maison. On m’y a fait entrer, c’était une immense salle de jeux. Des enfants jouaient par terre. Je les ai regardés avec un certain dégoût, je crois. Je ne voulais pas être comme eux,  je l’étais et je ne l’étais pas. Nous avions un point commun, la maladie, réunis malgré nous, obligés de jouer ensemble, de vivre sans nos parents. Quelque part, la vie s’était arrêtée, la vie d’avant. Je devais être courageuse, accepter, mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé, j’ai été très indisciplinée et souvent punie. Les punitions m’ouvraient un champ de solitude que je n’avais jamais connu. Je pense que l’écriture est née à ce moment-là,  dans ce champ, alors que je n’avais pas encore appris à écrire, c’est curieux, non ? L’espace de l’écriture s’est creusé en moi sans la calligraphie grâce à un retrait forcé du monde.

2- Dis-moi quelque chose que tu vois en ce moment autour de toi

L’exode, l’exil, la marée des réfugiés, les gens qui fuient, des gens qui cherchent une vie meilleure. J’écoute autour de moi ce qui se dit sur cet exode. Le désespoir, c’est la condition humaine, après ce que l’on en fait, c’est la vie. Tu peux te jeter par la fenêtre du 50e étage pour échapper à un incendie, tu peux ne pas rentrer chez toi à 14 ans pour une simple bêtise que tu as faite et pour laquelle tu ne veux pas être grondée, toujours tu fuiras la mort, c’est ça être vivant. Peu importe que les Européens pensent qu’ils n’ont pas les structures, la place, du travail pour accueillir les réfugiés, du point de vue des réfugiés ça sera toujours mieux, l’espoir qu’une vie est encore possible…

3- Dis-moi quelque chose d’une personne que tu admires

La clairvoyance, être capable de dire non. Non, on ne peut pas faire semblant. Savoir dire non, ne pas accepter ce qu’on nous impose, avoir le courage de parler, dire ce qui n’est pas acceptable et agir pour changer cet état de chose, ne pas accepter ce qui est inacceptable. La vigilance. Ce sont deux disciplines difficiles à maîtriser : la clairvoyance et la vigilance.

4- Dis-moi quelque chose que tu n’as jamais dit sur les réseaux sociaux

Il y a beaucoup de choses que je ne dis par sur les réseaux sociaux ! Le dialogue est difficile, les gens ont des idées très arrêtées sur les choses et les autres. Une fois, j’ai questionné un auteur sur Facebook, il abordait quelque chose de tabou : l’antisémitisme dans le langage quotidien, l’antisémitisme ordinaire, j’ai dialogué avec lui, d’autres se sont contentés de le condamner, alors qu’il cherchait à comprendre, certains l’ont même «defriended». Il y a souvent peu de dialogue, c’est regrettable. C’est rare, mais quand cela arrive, il y a un vrai échange  et on peut enfin écouter et comprendre ce que dit l’autre au lieu de se faire une idée préconçue de ce qu’il va dire ou a dit. Au final cela nous a rapproché tandis que d’autres ce sont éloignés définitivement. Ça n’a pas de sens de se battre pour des idées. Il faut se battre pour des êtres. Alors c’est pour ça, il y a beaucoup de choses que je n’aborde pas, je n’ai pas envie d’être comprise de travers et aussi, je considère que mes idées sur tel évènement ou telle chose ne sont pas forcement indispensables au point de les imposer ou de vouloir les afficher sur les murs des réseaux sociaux. Alors oui, je n’ai jamais dit que je trouvais les opinions ennuyeuses et contreproductives. Aux opinions, je préfère l’échange et les faits.

5- Dis-moi quelque chose du futur

C’est ce que je n’ai pas fait aujourd’hui, ce que tu n’as pas fait aujourd’hui non plus. 😉 et en même temps ce sont les conséquences de ce que nous faisons maintenant ! Le futur à priori c’est plutôt créateur d’angoisses, non ? J’ai passé mon enfance et une bonne partie de mon adolescence à me projeter dans le futur. Aujourd’hui, je ne me projette plus, je sais que je vais mourir.

Question personnalisée : Chris Simon, dis-moi quelque chose d’une boîte à mouchoirs

C’est l’anxiété, la peur qu’il n’y ait pas ou plus ce dont j’ai besoin quand j’en ai besoin. Ce n’est pas la peur du manque, c’est une certaine réalité. Ça ne change rien, le mouchoir essuie les larmes, mais ne les supprime pas, c’est pratique, mais n’a aucune action sur un être. Tu as remarqué ? On n’a jamais de mouchoirs quand on en a besoin, que ce soit pour un rhume ou une grippe, une rupture ou un licenciement… l’émotion surgit là où on ne l’attend pas.
La boîte de mouchoirs suppose que l’on a prévu les larmes, le malheur, la catastrophe, le moment où on allait craquer, le moment où l’émotion allait prendre le dessus sur tout. La boîte de mouchoirs c’est  le convénient, le monde parfait, le monde matérialiste qui te promet une solution pour tout.

Merci Chris, je me permets d’ajouter que la boîte de mouchoirs ou plus précisément « Lacan et la boîte de mouchoirs », c’est aussi une histoire en plusieurs épisodes que tu as publiée. Et vous pouvez commander la saison 1 dédicacée par l’auteur en cliquant sur ce lien.

La dernière question est pour les lecteurs : d’après vous, Chris Simon vous a-t-elle dit quelque chose que vous ne saviez pas encore ?

Auto-portrait d’un DiGital Storyteller

Le storytelling, c’est l’art de raconter son histoire. Le digital storytelling, c’est l’art de raconter son histoire en utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Le mot clef dans cette définition, ce n’est ni le verbe raconter ni le nom histoire, mais c’est le son. Il y a d’ailleurs dans ma réponse un jeu de mots volontaire qui permet de comparer et rapprocher le storytelling à la musique.

L’équivalent du storytelling dans le monde musical, c’est le rock. Autrement dit, le storyteller est l’alter ego du rocker !

Je crois que cela vaut bien quelques mots d’explication.

Quand un romancier raconte une histoire, il dispose de plusieurs centaines de pages. Quand un compositeur d’opéra raconte une histoire, il dispose de plusieurs heures.

Le storyteller n’est pas un romancier, car il n’a pas autant de pages à sa disposition. De la même façon qu’un rocker n’est pas un compositeur d’opéra car il n’a que quelques minutes pour raconter une histoire en musique. Pourtant en trois minutes, il est capable de faire passer son message.

Quittons la musique et revenons à l’autre son, l’adjectif possessif. Dans ses récits, le storyteller part d’un principe : il va du connu vers l’inconnu. Ce connu, c’est quelque chose qui appartient à son histoire. Il va commencer par exprimer un truc qu’il a vécu, qu’il a appris, qu’il aime, qu’il déteste, qu’il ressent, qu’il a envie de partager, etc. Autrement dit, il raconte une histoire sous un angle qui est le sien et qui va rendre unique la suite du récit. C’est ce que le lecteur vient chercher, quelque chose qui n’existe pas ailleurs…

Ce sont deux extraits de ma réponse à l’écrivain Chris Simon qui me pose la question suivante : « Qu’est-ce que le Digital Storytelling ? »

L’intégralité de l’interview en cliquant sur ce lien : « Il était une fois le Digital Storytelling »

En quoi consiste mon métier ?

J’écris des articles de blogs, des histoires, des messages, des commentaires et des appréciations que je diffuse ensuite sur les réseaux sociaux pour développer la réputation d’une marque et améliorer son référencement dans les moteurs de recherche.

Je pose aussi beaucoup de questions et ces questions suscitent des débats que je dois animer sur la blogosphère et les réseaux sociaux.

Je m’intéresse surtout aux autres, aux contenus qu’ils publient, aux questions qu’ils posent. Je le fais naturellement mais c’est aussi une règle fondamentale : si vous voulez que les autres s’intéressent à vous et à votre travail, vous devez d’abord vous intéresser à eux et à ce qu’ils font.

Ma réponse à une étudiante qui me pose la question suivante : en quoi consiste exactement votre métier ?

En une phrase  je devrais donc dire :

« Mon métier consiste à faire en sorte que les autres s’intéressent à vous et à votre travail. »

La réponse à la question précédente était : « Concepteur Rédacteur Web, Community Manager, Blogueur et Digital Storyteller »

Mon métier ? Rendre unique votre communication sur le web !

Votre site dort depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Les liens sont cassés et le contenu est périmé.
Il donne l’impression que vous avez fermé les portes.
Je le reprends en main et je vais lui redonner des couleurs !

Votre page Facebook a subi le même sort
et personne ne s’y intéresse.
Je vais m’en occuper et lui donner de la valeur.

Votre communication sur le web est comme un jardin,
ne laissez pas les mauvaises herbes envahir votre terrain,
vos activités méritent d’être présentées de la meilleure des façons.

Votre site, votre blog, vos réseaux sociaux sont
la première impression que l’on a de votre société,
je vais prendre le temps de la soigner !

DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile

A ce sujet, je vous conseille la lecture de l’article « Le Community Manager et la Ville Fantôme »

Mes prestations

Avez-vous déjà pensé à personnaliser votre communication web pour construire votre identité, vous démarquer de vos concurrents et dialoguer avec vos clients ?
C’est possible et c’est ma mission. Comment faire ?

Racontez votre histoire, l’histoire de votre entreprise, l’histoire de votre idée, l’histoire de votre passion, l’histoire de vos employés, l’histoire de vos produits ou de vos services. Racontez cette histoire en plusieurs épisodes sur votre blog, mettez-la en scène et animez votre communication sur les réseaux sociaux sur un ton décalé et qui sort des sentiers battus.
Vos personnages vont devenir les héros de vos clients et des internautes, comme les personnages de Disney sont devenus les héros des enfants.

Storytelling et Digital Storyteller

Comment faire pour raconter ces histoires ? Tout simplement grâce au storytelling. Un storytelling adapté à la blogosphère et aux différents réseaux sociaux de Facebook à Instagram et adopté par votre communauté.
Qui peut raconter ces histoires ? Un Digital Storyteller.
Je suis l’un d’entre eux et je vous propose de dérouler le fil de ces histoires.
L’histoire a d’ailleurs commencé par la lecture de ce prologue qui se transformera d’abord en dialogue puis en collaboration.
3 prestations à partir de 1000 euros :

1- Une collaboration ponctuelle : avec la rédaction de 4 à 8 articles pour votre blog comprenant l’écriture d’un scénario, le choix des illustrations, la mise en page, l’intégration du texte et la diffusion des articles sur les réseaux sociaux. Animation du débat et réponse aux commentaires sur le blog.
2- Une collaboration complète : avec la réalisation de votre blog de A à Z comprenant l’élaboration de la ligne éditoriale, l’écriture d’un scénario pour les premiers articles, la rédaction du premier article, la rédaction de la page « à propos », la mise en page, l’intégration du texte, des illustrations et la diffusion sur les réseaux sociaux. (Le nom de domaine, l’hébergement et l’achat du modèle sont à la charge du client.)
3- Une collaboration sociale : avec l’animation et création d’un groupe sur Facebook, d’une communauté sur Google + et d’un compte sur Instagram. L’idée est de faire du storytelling sur les réseaux sociaux avec des publications racontant votre histoire.

Le début d’une histoire commune

Une autre prestation est disponible sur devis :
Une collaboration éditoriale avec une prestation de rédacteur en chef : si vos employés ont envie de participer à la rédaction d’articles pour votre blog, je vous propose d’en être le rédacteur en chef. Je rédige une ligne éditoriale, j’oriente les sujets en leur posant des questions, je corrige et mets en forme leurs articles, j’intègre les textes et les illustrations. L’avantage de cette prestation est d’avoir un blog régulièrement mis à jour, de dynamiser la communication à l’intérieur de votre entreprise, d’élargir votre audience et d’attirer l’attention des moteurs de recherche.
denis-gentile-by-daniel-do-mtw3D’autres prestations sont proposées sur devis avec la collaboration de professionnels du web :

  • Référencement : afin d’améliorer votre position sur Google, je travaille avec des techniciens du référencement.
  • Community management : pour privilégier le dialogue sur les réseaux sociaux, je vous conseille de travailler avec un ou deux Community Managers supplémentaires.
  • Dessins et photos : toutes vos illustrations doivent être inédites, c’est indispensable pour développer votre identité. Le meilleur moyen est de faire appel à un illustrateur et à des photographes.
  • Web Design : pour personnaliser votre communication web et mettre votre blog aux couleurs de votre entreprise.
  • Marketing : afin de définir et mettre en place une vraie stratégie marketing en rapport avec les contenus que je développe pour vous et en amplifier la portée.
  • Rédactionnel : la proposition est originale car il s’agit d’écrire des articles à quatre, six, huit ou dix mains. J’y vois un triple intérêt : multiplier par deux (et plus) la créativité, élargir les compétences et construire des articles sous la forme d’un dialogue et donc à l’image même des moyens de communication utilisés. C’est une façon de montrer son authenticité et sa cohérence.
  • Traduction : en italien principalement, mais aussi toutes les autres langues.

Pour chacune de ces collaborations avec d’autres professionnels, je vous propose d’être le chef de projet. Vous n’avez rien à faire, je me charge de tout. Avoir plusieurs intervenants permet de rendre plus riche le storytelling car ce sont autant de nouveaux personnages qui entrent dans votre histoire 2.0 !
On en discute dès maintenant.  Je vous écoute. 

DiGi, comme Digital et Denis Gentile
DiGi, comme Digital et Denis Gentile

Denis Gentile

Pour en savoir plus : mon CV sous forme de storytelling et mon histoire : il était une fois un Digital Storyteller

Le blog d'un Digital Content Manager et Storyteller